Arbre · Pinacées
Sapin de Nordmann Abies nordmanniana
Aussi appelé : Sapin du Caucase, Nordmann, Sapin de Noël, Nordmann fir
Le sapin de Nordmann est un conifère persistant des montagnes du Caucase et du nord de la Turquie, celui que l’on vend le plus souvent comme sapin de Noël. Planté au jardin, il forme avec le temps un cône régulier de 20 à 30 m de haut et 6 à 8 m de large, lent à démarrer puis gagnant 20 à 40 cm par an. Il demande une terre profonde, fraîche et humifère, et un arrosage régulier en été pendant ses trois premières années. Il se plaît là où les étés restent frais ; la chaleur et la sécheresse de la plaine méditerranéenne le font souffrir.
- Type
- Arbre
- Famille
- Pinacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4 à 7 : il supporte -25 °C sans dommage, et son débourrement tardif met ses jeunes pousses à l’abri de la plupart des gelées de printemps. Il prospère surtout là où les étés restent frais et arrosés ; en plaine méditerranéenne, la chaleur et la sécheresse le font souffrir.
Dimensions : 20 à 30 m de haut en culture, pour 6 à 8 m d’étalement à la base, en cône régulier garni jusqu’au sol. Lent à démarrer, il gagne ensuite 20 à 40 cm par an.
Floraison : Pas de fleurs, c’est un conifère : un sujet adulte porte près de la cime des cônes dressés de 10 à 20 cm, qui se désagrègent sur l’arbre à maturité au lieu de tomber entiers. Un jeune sapin, et a fortiori un sapin de Noël replanté, n’en porte pas avant de longues années.
Substrat : Terre profonde, fraîche, drainée et riche en humus ; il tolère l’argile et un peu de calcaire tant que le sol ne reste pas gorgé d’eau. pH idéal de 5,5 à 7,0.
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre légère. Jeune, il supporte l’ombre, mais c’est au soleil que sa silhouette reste la plus dense.
Arrosage : 15 à 20 litres tous les 7 à 10 jours en été, les trois premières années. Ensuite, seulement lors des sécheresses prolongées.
Durée de vie : Conifère vivace et persistant, qui vit plusieurs siècles dans ses montagnes natales du Caucase et du nord de la Turquie. Au jardin, il dépasse sans peine le siècle si on lui laisse la place.
Multiplication : Semis au printemps de graines fraîches passées quelques semaines au froid, en terrine dehors ; le bouturage ne réussit pratiquement pas.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les trois premières années, 15 à 20 litres dans une cuvette au pied tous les 7 à 10 jours de juin à août, et tous les 12 à 15 jours de mi-avril à fin mai et en septembre. Ensuite, n’arroser que lors des sécheresses prolongées, qui font roussir puis tomber les aiguilles intérieures.
Fertilisation : Aucun engrais en pleine terre : un paillis de feuilles ou de broyat renouvelé chaque printemps le nourrit en se décomposant. En bac, une poignée d’engrais organique pour conifères au printemps.
Rempotage : Un sapin vendu « en motte » a perdu une grande partie de ses racines à l’arrachage et reprend mal, alors qu’un sapin cultivé en pot les a toutes et se plante sans difficulté. En bac, il lui faut 60 litres au moins et un rempotage tous les 2 à 3 ans en mars, mais sa vraie place est en pleine terre.
Taille : Aucune taille n’est nécessaire, et la flèche ne se coupe jamais : un sapin étêté ne retrouve pas de cime nette. Si elle casse ou gèle, redresser la plus haute branche latérale contre un tuteur pour en faire la nouvelle flèche, et se contenter pour le reste de retirer les branches mortes.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre légère, avec 4 heures de soleil direct au moins pour rester garni jusqu’au sol. Jeune, il supporte l’ombre de grands arbres, mais s’y allonge et s’y dégarnit.
Emplacement : Extérieur toute l’année, à 5 m au moins de la maison, à toute orientation sauf contre un mur sud brûlant. En pot pour les fêtes, 10 jours au plus dans la maison, dans la pièce la plus fraîche et loin des radiateurs.
Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche et riche en humus, enrichie de compost à la plantation ; un sol argileux lui convient s’il ne reste pas détrempé. Il souffre dans les sols superficiels, sableux ou caillouteux qui sèchent l’été.
pH : De 5,5 à 7,0 idéalement ; il tolère un sol légèrement calcaire pourvu qu’il reste frais. En sol calcaire et sec, ses aiguilles jaunissent.
Drainage : Bon drainage indispensable : l’eau stagnante en hiver fait pourrir ses racines, cause fréquente de dépérissement. Sur sol lourd, le planter sur une légère butte plutôt que dans un trou où l’eau s’accumule.
Multiplication
Semis : récolter les graines en septembre sur des cônes encore fermés, puisqu’ils se désagrègent sur l’arbre, et les garder 4 à 6 semaines au réfrigérateur dans du sable humide. Semer en mars dehors, en terrine à mi-ombre, graines couvertes de 5 mm de terreau sableux : la levée prend 3 à 6 semaines vers 15 °C. Les graines reproduisent fidèlement l’espèce, et les plants restent 2 à 3 ans en pot ou en pépinière avant leur mise en place. Le semis est la seule méthode à la portée d’un amateur, mais le jeune sapin pousse très lentement ses premières années.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : le vent le pollinise, mais plusieurs sujets donnent bien plus de graines pleines. Il faut un sapin d’au moins 25 à 30 ans pour porter des cônes, mâles et femelles sur le même arbre. Sorties des cônes mis à sécher dans un carton, les graines se gardent quelques mois au réfrigérateur en bocal fermé, mais germent de moins en moins passé un an. À défaut d’un vieil arbre, les graines du commerce sont la voie la plus simple.
Les autres méthodes
Bouturage : Il se bouture très mal : même en pépinière, les boutures de sapin s’enracinent rarement et donnent des plants qui poussent de travers, si bien qu’un amateur n’essaie pas.
Division et autres méthodes : Aucune : c’est un arbre à tronc unique, sans rejets ni drageons, et la greffe des formes naines est un travail de pépiniériste.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Dans un sol qui reste gorgé d’eau, un champignon du genre Phytophthora détruit les racines : les aiguilles virent au jaune puis au brun sur tout l’arbre, et rien ne le sauve une fois le mal visible. Les sujets affaiblis peuvent aussi succomber à l’armillaire, trahi par un feutrage blanc en éventail sous l’écorce de la base du tronc. Un sapin replanté qui roussit la première année souffre le plus souvent de ses racines abîmées ou d’une terre trop sèche ou trop mouillée, pas d’une maladie : vérifier l’humidité du sol avant tout traitement.
Parasites fréquents : Le chermès du sapin (Dreyfusia nordmannianae), un puceron lanigère, couvre l’écorce et le revers des aiguilles de flocons cireux blancs, et fait vriller et jaunir les jeunes pousses. Sur un jeune sujet, couper les rameaux les plus atteints suffit souvent ; en recours, une huile de paraffine portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », pulvérisée en fin d’hiver. Par été chaud et sec, de minuscules acariens ternissent aussi les aiguilles, ce qu’une douche d’eau sur le feuillage d’un jeune arbre suffit à freiner.
Prévention : Le planter dans une terre profonde et drainée, à une place assez vaste pour ne jamais avoir à le tailler. Pailler chaque printemps et arroser les trois premiers étés, car un sapin assoiffé attire chermès et acariens. Inspecter les jeunes pousses d’avril à juin, quand une attaque se maîtrise encore à la main.
Toxicité
Toxicité humaine : Le sapin de Nordmann n’est pas toxique : ni ses aiguilles, ni ses bourgeons, ni ses cônes ne présentent de danger connu. Sa résine peut tout au plus irriter une peau sensible.
Toxicité animaux : Il n’est pas considéré comme toxique pour le chien, le chat ou le cheval. Mâchonnées par un chiot ou un chat, les aiguilles d’un sapin de Noël font parfois saliver ou vomir, leurs huiles essentielles irritant la bouche et l’estomac.
Symptômes : Chez l’animal, bave, vomissements ou diarrhée passagers, surtout si les aiguilles ont été avalées en nombre. Chez l’humain, au plus une rougeur ou des démangeaisons au contact de la résine.
Précautions : Balayer les aiguilles tombées au pied d’un sapin de Noël et couvrir l’eau du pied d’un sapin coupé, où pullulent des bactéries qui donnent nausées et diarrhée aux animaux qui la boivent. Ne pas le confondre avec l’if, aux aiguilles plates elles aussi mais sans bandes blanches dessous, qui est mortel.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les rhododendrons et les azalées, plantés hors de l’aplomb de ses branches, partagent son goût pour une terre fraîche, humifère et un peu acide. Un bouleau à bonne distance, dont l’écorce blanche se détache en hiver sur son vert sombre. Sous ses branches, là où la lumière manque, fougères, épimédiums et hellébores sont parmi les rares plantes qui s’accommodent de l’ombre et des aiguilles.
Associations à éviter : Les plantes de plein soleil et de sol sec, comme la lavande ou les cistes, qui dépérissent à l’ombre de ses branches. Le gazon jusqu’au tronc, qui lui dispute l’eau et l’azote les premières années, quand ses racines sont encore superficielles. Les autres grands conifères plantés trop près, qui se font de l’ombre et se dégarnissent mutuellement par le bas.
Conseil : Avant de planter un sapin de Noël au jardin, imaginez-le dans 20 ans : un cône de 6 à 8 m de haut et de 4 à 5 m de large. Gardez à son pied un cercle de 1 m sans gazon, paillé chaque printemps, et il s’installera bien plus vite.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre planté en pleine terre, souvent un ancien sapin de Noël, au soleil ou à mi-ombre légère, dans une terre profonde, fraîche et drainée, à 5 m au moins de toute construction.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-avril à fin mai : tous les 12 à 15 jours ; de juin à août : tous les 7 à 10 jours ; en septembre : tous les 12 à 15 jours | Arroser lentement dans une cuvette au pied quand la terre est sèche sur 5 cm. Ensuite, arroser seulement lors des sécheresses prolongées, qui font roussir puis tomber les aiguilles intérieures. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Étaler le paillis sur une terre encore humide de l’hiver, sans le coller au tronc. Les racines d’un jeune sapin restent superficielles, et c’est la fraîcheur du sol en été qui décide de sa reprise. |
| Palissage, tuteurage | D’avril à août | Attacher sans serrer la branche latérale la plus vigoureuse du sommet à un tuteur fixé au tronc, pour en faire la nouvelle flèche, et la libérer au bout de 1 à 2 ans. Sans flèche, plusieurs branches se disputent la cime et le sapin perd sa silhouette conique. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin juin | Le chermès du sapin, un puceron lanigère, se cache sous des flocons blancs sur l’écorce et le revers des aiguilles, et fait vriller et jaunir les jeunes pousses. Sur un jeune sujet, couper les rameaux les plus atteints suffit souvent ; en recours, une huile de paraffine portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », pulvérisée en fin d’hiver. |
| Déplacement saisonnier | De début décembre à mi-janvier | Lui faire passer 3 à 5 jours dans un garage ou une véranda non chauffés avant d’entrer, puis de nouveau avant de ressortir, en gardant la motte humide sans la noyer. Le planter ensuite au jardin hors période de gel, ou le garder en pot à l’abri du vent jusqu’en mars. |