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Arbre · Fabacées

Mimosa Acacia dealbata

Aussi appelé : Mimosa des fleuristes, Mimosa d’hiver, Mimosa argenté, Acacia argenté, Silver wattle

Le mimosa est un arbre persistant du sud-est de l’Australie, dont les pompons jaune vif au parfum poudré illuminent la fin de l’hiver, de janvier à mars. En pleine terre il atteint 8 à 12 m de haut, davantage dans le Midi ; conduit en grand bac et taillé chaque année, il se tient à 2 ou 3 m. Il veut le plein soleil, un sol léger et sans calcaire, arrosé à l’eau de pluie, et un abri contre les vents froids. Hors du littoral méditerranéen et atlantique, il ne passe l’hiver qu’en bac rentré, car il gèle au-delà de -7 à -10 °C.

Mimosa (Acacia dealbata)
Photo : Alan Mattingly, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre
Famille
Fabacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-10 °C
Floraison
De janvier à mars
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 8b à 10, soit -7 à -10 °C pour un sujet adulte bien établi en sol sec, nettement moins en bac où la motte gèle vite. En pleine terre il n’est fiable que sur le pourtour méditerranéen et la façade atlantique ; ailleurs il se cultive en grand bac hiverné.

Dimensions : 8 à 12 m de haut en France, jusqu’à 20 m dans le Midi, pour 4 à 8 m d’étalement. Conduit en bac et taillé chaque année, il se tient à 2 ou 3 m.

Floraison : De janvier à mars, nuées de petits pompons jaune vif au parfum doux et poudré, le mimosa des fleuristes.

Substrat : Sol léger, acide à neutre, drainant et plutôt pauvre. Il est calcifuge : pH de 5,5 à 6,8, et au-delà de 7,5 la chlorose est certaine.

Exposition : Plein soleil obligatoire, 6 heures directes au minimum, et à l’abri des vents froids et desséchants.

Arrosage : Tous les 2 ou 3 jours en été pour un bac au soleil, tous les 10 à 15 jours l’hiver, saison où il fleurit. Toujours à l’eau de pluie ou à l’eau douce.

Durée de vie : Arbre à vie brève, 30 à 40 ans en pleine terre et souvent moins en bac. Les sujets greffés sur Acacia retinodes durent plus longtemps en sol un peu calcaire.

Multiplication : Semis au printemps après trempage des graines dans l’eau très chaude, ou prélèvement d’un drageon enraciné en mars ou avril.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 2 ou 3 jours en juillet et août pour un bac exposé, tous les 8 à 12 jours à l’automne, tous les 10 à 15 jours l’hiver puisqu’il fleurit alors. Impérativement à l’eau de pluie : le calcaire bloque l’assimilation du fer et jaunit le feuillage.

Fertilisation : En bac, un engrais agrumes ou terre de bruyère tous les 15 jours de mars à juillet, puis arrêt net pour laisser le bois mûrir avant l’hiver. En pleine terre, rien du tout : c’est une légumineuse qui fixe l’azote de l’air.

Rempotage : Tous les 2 ans au printemps, juste après la taille, dans un contenant nettement plus large et un mélange sans calcaire. Sa croissance est rapide et un sujet à l’étroit sèche en une seule journée de canicule.

Taille : Immédiatement après la floraison, en mars, en raccourcissant d’un tiers les rameaux défleuris sans jamais entamer le vieux bois nu qui ne repart pas. Toute taille plus tardive supprime la floraison de l’hiver suivant, les boutons se formant sur les pousses de l’été.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum. À l’ombre il file, s’étiole et ne fleurit pas ; son feuillage argenté encaisse sans broncher le soleil brûlant du Midi.

Emplacement : Extérieur en pleine terre là où le thermomètre ne descend pas sous -7 °C, sinon en grand bac sorti d’avril à novembre puis hiverné en pièce claire entre 3 et 10 °C. Un mur exposé au sud, abrité du vent du nord, reste la meilleure place.

Substrat : Terre légère, acide et siliceuse ; en bac, terre de bruyère mêlée de terreau et d’un tiers de sable grossier. Il prospère naturellement sur les sols pauvres de l’Estérel et des Maures.

pH : 5,5 à 6,8. Il ne supporte ni la terre ni l’eau calcaires.

Drainage : Drainage parfait indispensable, aucune eau stagnante tolérée. Une racine asphyxiée par une soucoupe pleine tue plus de mimosas en bac que le gel lui-même.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : d’avril à juin, à l’intérieur ou sous abri : verser de l’eau presque bouillante sur les graines, les laisser tremper 24 heures, puis les semer une par godet à 5 mm de profondeur, car le jeune plant supporte mal le repiquage. La levée prend 2 à 4 semaines vers 20 °C, et les plants passent leur premier hiver hors gel. Les graines reproduisent l’espèce, mais ni les variétés sélectionnées pour leur floraison ni la tolérance au calcaire des sujets greffés. Le semis réussit presque à coup sûr et donne des plants de 50 cm à 1 m dès la première année. Sur un mimosa franc de pied, un drageon prélevé avec ses racines est encore plus simple.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les gousses plates mûrissent en juin et juillet : les cueillir quand elles brunissent et commencent à s’ouvrir, puis les laisser finir de sécher dans un sac en papier. Un jeune sujet ou un mimosa en bac fructifie peu. Protégées par une enveloppe dure, les graines se gardent plusieurs années au sec et au frais, dans un bocal fermé.

Les autres méthodes

Bouturage : Possible mais aléatoire : boutures semi-aoûtées de 10 à 15 cm prélevées en juillet ou août, piquées dans un mélange de terreau et de sable, à l’étouffée sous abri, vers 18 à 20 °C. L’enracinement prend 6 à 10 semaines, et l’hormone de bouturage, facultative, aide ici nettement.

Division et autres méthodes : Les drageons se prélèvent en mars ou avril : dégager à la bêche celui qui pousse à distance du tronc, le couper avec un morceau de racine, l’empoter et le garder sous abri jusqu’à la reprise. Sur un mimosa greffé, les drageons sont ceux du porte-greffe, Acacia retinodes, et non du mimosa planté ; la greffe elle-même est un travail de pépiniériste.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La chlorose ferrique domine tout : feuillage pâlissant entre des nervures restées vertes, sur sol ou eau calcaire, que l’on corrige au chélate de fer en repassant à l’eau de pluie. La fusariose et le dépérissement des rameaux frappent les sujets déjà affaiblis par un excès d’eau ou par le froid. La gommose suinte sur les plaies de taille mal cicatrisées.

Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses et à bouclier s’installent le long des rameaux, surtout pendant l’hivernage en local confiné, et se retirent au coton imbibé d’alcool, sinon se traitent à l’huile de colza ou avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les pucerons attaquent les jeunes pousses au printemps. Dans le Midi, un psylle déforme parfois les rameaux de l’année.

Prévention : Arroser à l’eau de pluie, garantir un drainage franc, et aérer le local d’hivernage qui est un véritable incubateur à cochenilles. Inspecter le revers des rameaux tous les 15 jours d’octobre à mars, et désinfecter le sécateur entre deux sujets.

Toxicité

Toxicité humaine : Faiblement toxique, aucune intoxication grave documentée par ingestion, et les fleurs sont même utilisées en parfumerie et en confiserie. En revanche son pollen est un allergène respiratoire reconnu, responsable de rhinites et d’asthme de janvier à mars sur le littoral méditerranéen.

Toxicité animaux : Aucun cas d’intoxication sérieuse rapporté chez le chien ou le chat, et l’espèce ne figure pas parmi les plantes dangereuses des centres antipoison vétérinaires. Plusieurs sources la classent néanmoins légèrement toxique à forte dose, les gousses et les graines étant les parties à surveiller, comme chez d’autres acacias porteurs de composés cyanogènes.

Symptômes : Une ingestion importante de gousses ou de graines peut provoquer salivation, vomissements et diarrhée. Le contact avec le feuillage ou l’écorce ne pose aucun problème cutané particulier.

Précautions : Ramasser les gousses tombées si un chien a l’habitude de mâchonner, et éviter de planter un mimosa sous la fenêtre d’une chambre chez un allergique. En cas d’ingestion importante, appeler un vétérinaire.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les arbustes de terre acide et de climat doux, ciste, arbousier et callistemon, qui réclament le même sol drainant et le même plein soleil. Le romarin et la lavande à son pied, qui supportent sa légère ombre et se contentent du sol sec de l’été. Un jasmin d’hiver ou un chèvrefeuille d’hiver à proximité, pour tenir la floraison parfumée jusqu’au printemps.

Associations à éviter : Tout ce qui réclame des arrosages d’été réguliers, hortensia, hosta ou fougère, incompatible avec la sécheresse qu’il exige. Les végétaux de sol calcaire, buis, lilas ou oranger du Mexique, avec lesquels aucun amendement ne peut satisfaire les deux. Et un massif ou un potager installés dessous : ses racines traçantes drageonnent et occupent tout l’horizon superficiel.

Conseil : Tenez-le à 5 m au moins des fondations, des canalisations et de la limite de propriété, ses racines étant superficielles, puissantes et drageonnantes. Sur le littoral méditerranéen et en Corse, où il est classé parmi les espèces exotiques envahissantes, arrachez systématiquement les drageons et ne jetez jamais de déchets de taille dans la nature.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet greffé conduit en grand bac dans un mélange sans calcaire, sorti en plein soleil et à l’abri du vent d’avril à novembre puis hiverné en pièce claire et froide, comme il le faut partout où le thermomètre descend sous -5 °C.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mars à mai : tous les 5 à 7 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 2 à 3 jours ; de mi-septembre à fin novembre : tous les 8 à 12 jours ; de décembre à février : tous les 10 à 15 jours Arroser copieusement en été, un bac exposé séchant en 2 jours, et garder la motte juste humide en hiver puisque c’est la saison où l’arbre fleurit. L’eau calcaire bloque l’assimilation du fer et jaunit le feuillage en quelques semaines.eau de pluie ou eau douce, jamais d’eau calcaire
FloraisonOptionnel De début janvier à mi-mars Les glomérules jaunes s’ouvrent au cœur de l’hiver sur le bois formé l’été précédent, ce qui est la raison pour laquelle toute taille tardive supprime la floraison.dès décembre sur la Côte d’Azur, plutôt février en bac hiverné
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : eau restant dans la soucoupe ou le cache-pot après un arrosage ou une pluie Vider la soucoupe dans l’heure, en hiver comme en été : les racines asphyxient vite dans l’eau stagnante, et c’est la première cause de perte d’un mimosa en bac, avant le gel.
Taille après floraisonEssentiel De début mars à mi-avril Tailler dans les 15 jours qui suivent la chute des fleurs : les boutons de l’hiver prochain se forment sur les pousses de l’été, et une taille de juin les emporterait tous. Le vieux bois nu ne redémarre pas, il ne faut jamais y descendre.raccourcir d’un tiers les rameaux défleuris, sans entamer le vieux bois
Engrais liquideUtile De mars à juillet Nourrir de la fin de la floraison à juillet, puis arrêter net pour laisser le bois mûrir : un mimosa encore en pousse tendre en octobre souffre beaucoup plus du premier coup de froid. En pleine terre, rien, il fixe l’azote de l’air.engrais agrumes ou terre de bruyère, tous les 15 jours, en bac seulement
Correction du pHUtile De mars à septembreDès que : feuillage qui jaunit entre des nervures restées vertes, signe de chlorose sur sol ou eau calcaire Apporter du fer chélaté dès les premiers jaunissements internervaires : le mimosa est calcifuge et une chlorose installée finit par faire tomber tout le feuillage.chélate de fer, et retour à l’eau de pluie dans la foulée
Passage au pot supérieurUtile De mars à avril, tous les 2 ans Passer dans un contenant nettement plus large tous les 2 ans juste après la taille, la croissance étant rapide et un sujet à l’étroit séchant en une seule journée de canicule.terre de bruyère et terreau, un tiers de sable grossier, aucun calcaire
Sortie au printempsEssentiel De mi-avril à mi-mai Ressortir le bac une fois le risque de gelée écarté, en le réhabituant progressivement à la lumière vive pour que le feuillage argenté, amolli par l’hivernage, ne brûle pas.à l’ombre légère une semaine avant le plein soleil
Gourmands et rejetsEssentiel De mai à septembre Arracher au ras de la souche, et non couper, tous les rejets partant du pied ou du sol alentour : sur un sujet greffé sur Acacia retinodes, le porte-greffe prend le dessus en deux saisons si on le laisse faire.drageons du porte-greffe, au feuillage différent de celui du greffon
Rentrée à l'automneEssentiel De mi-octobre à fin novembre Rentrer avant la première vraie gelée : en bac la motte gèle bien avant les racines d’un sujet en pleine terre. Au chaud et dans l’ombre, le mimosa perd ses feuilles et ne fleurit pas.pièce claire et froide entre 3 et 10 °C, jamais un salon chauffé