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Arbre fruitier · Myrtacées

Feijoa Acca sellowiana

Aussi appelé : Goyavier du Brésil, Goyavier-ananas, Pineapple guava

Le feijoa est un arbuste persistant du sud du Brésil et de l’Uruguay, cultivé autant pour ses fleurs aux étamines rouge vif et aux pétales sucrés que pour ses fruits verts parfumés. Chez nous il forme un buisson dense et arrondi de 2 à 3 m, à croissance lente, qui donne ses premiers fruits environ 3 ans après la plantation. Il réclame le plein soleil, un abri contre le vent qui casse son bois, et de l’eau en été pour que les fruits ne tombent pas. Il convient aux régions douces : dès -6 à -8 °C son feuillage grille, et la récolte manque souvent après un hiver rude.

Feijoa (Acca sellowiana)
Photo : Gabriel Collares, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Myrtacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-12 °C
Floraison
De mai à juin
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 8 à 11 : un sujet adulte supporte -10 à -12 °C, mais ses feuilles et ses jeunes pousses grillent dès -6 à -8 °C, et la récolte manque souvent après un hiver rude.

Dimensions : 2 à 3 m de hauteur et d’étalement en France, davantage sous climat très doux, en buisson dense et arrondi à croissance lente.

Floraison : De fin mai à fin juin : fleurs aux pétales charnus blancs teintés de rose pourpré, d’où jaillit une houppe de longues étamines rouge vif. Les pétales, sucrés, se mangent.

Substrat : Tout sol bien drainé, acide, neutre ou calcaire, de préférence léger et fertile ; pH idéal de 5,5 à 7.

Exposition : Plein soleil, à l’abri des vents dominants qui cassent son bois fragile et font tomber les fruits.

Arrosage : Par temps sec, un arrosage copieux tous les 7 à 10 jours de juin à fin septembre, même adulte : il résiste à la sécheresse, mais ses fruits tombent ou restent petits sans eau.

Durée de vie : Arbuste persistant de très longue vie, jusqu’à un siècle ; les premiers fruits viennent environ 3 ans après la plantation.

Multiplication : Marcottage d’une branche basse au printemps, sevrée l’année suivante ; le semis lève bien mais donne des fruits de qualité inégale.

Arrosage & entretien

Arrosage : De juin à fin septembre, arroser copieusement au pied tous les 7 à 10 jours par temps sec, les premières années comme une fois l’arbuste en production. Un manque d’eau pendant que les fruits grossissent les fait tomber ou les laisse petits.

Fertilisation : De mi-mars à fin avril, étaler du compost mûr sous la ramure avant de pailler, sans gratter la terre où courent ses racines. En sol pauvre, un engrais organique pour arbres fruitiers, à dose modérée, peut compléter.

Rempotage : En pleine terre, aucun. Dans les régions aux hivers rudes, on le cultive en grand bac, rempoté tous les 2 ou 3 ans au printemps dans un mélange de terreau, de terre de jardin et de sable, et abrité l’hiver dans un local clair et hors gel.

Taille : Une taille très légère d’avril à la mi-mai, après les dernières gelées, quand la repousse montre ce que le gel a vraiment tué : ôter alors le bois mort, les branches cassées par le vent et celles qui traînent au sol, sans chercher à éclaircir le centre. Les fleurs naissent surtout sur les pousses du printemps : une taille sévère ou une tonte en haie réduit d’autant la récolte.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour : la floraison et surtout la maturation des fruits en dépendent. À mi-ombre, il pousse bien mais fructifie peu.

Emplacement : Extérieur, en pleine terre, dans un coin chaud abrité des vents dominants, par exemple devant un mur exposé au sud ou à l’ouest. Ses fruits mûrissent surtout sous les climats doux, du littoral atlantique au pourtour méditerranéen ; ailleurs, il reste un bel arbuste persistant au feuillage argenté.

Substrat : Terre ordinaire, légère et fertile, enrichie de compost à la plantation. Il s’accommode des sols acides comme calcaires dès lors qu’ils s’égouttent bien.

pH : De 5,5 à 7 pour les meilleures récoltes, mais un sol calcaire bien drainé lui convient aussi.

Drainage : Indispensable : l’eau stagnante de l’hiver fait pourrir ses racines, d’autant plus exposées qu’elles courent près de la surface. En terre lourde, planter sur une butte et ne jamais bêcher à son pied.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : marcottage simple de mars à mai, dehors : courber une branche basse jusqu’au sol, entailler l’écorce sur 2 cm, l’enterrer de 10 cm, la fixer d’un crochet et laisser l’extrémité dépasser. Elle s’enracine dans l’année et se sèvre au printemps suivant ; la greffe des variétés fruitières reste un travail de pépiniériste. Le marcottage d’une branche basse au printemps est la méthode la plus sûre pour garder un feijoa dont on aime les fruits ; le semis lève facilement mais donne des fruits de qualité inégale, au bout de 4 à 6 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Difficile : boutures semi-aoûtées de 10 à 15 cm, avec un talon, prélevées en août ou septembre et piquées dans un mélange de terreau et de perlite, à l’étouffée sous abri lumineux, vers 20 à 25 °C. L’enracinement prend 2 à 3 mois et la réussite reste faible ; l’hormone de bouturage, facultative, l’améliore nettement.

Semis :

SemerEn mars ou avril, à l’intérieur, graines extraites d’un fruit bien mûr, lavées et séchées, posées en surface et à peine couvertes, à 20 °C : la levée prend 3 à 4 semaines. Les graines ne reproduisent pas fidèlement la plante mère, et les plants ne fructifient qu’après 4 à 6 ans.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : la plupart des feijoas fructifient mal sans le pollen d’un autre. Les fruits mûrissent d’octobre à décembre et tombent d’eux-mêmes quand ils sont prêts : les laisser s’attendrir quelques jours, puis extraire les minuscules graines de la pulpe. Beaucoup de feijoas fructifient bien mieux avec un second pied d’une autre variété à proximité, la fécondation étant assurée par les abeilles et les oiseaux. Lavées et séchées, les graines se gardent environ un an au sec et au frais.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Il n’a presque aucune maladie en France. Seule une terre détrempée l’hiver fait pourrir ses racines, ce qui jaunit puis dessèche la ramure sans remède. Des feuilles brunies après un hiver froid sont des brûlures de gel, pas une maladie : attendre la repousse avant de couper le bois réellement mort.

Parasites fréquents : Dans le Midi, la mouche méditerranéenne des fruits pond dans les feijoas en train de mûrir, dont la pulpe pourrit de l’intérieur sans trace visible : détruire tous les fruits piqués et poser des pièges dès septembre. Les cochenilles se fixent parfois sur les rameaux et les couvrent de fumagine noire : brosser, puis traiter à l’huile de colza en fin d’hiver. Les mésanges qui picorent ses pétales sucrés ne sont pas des ravageurs, elles participent même à la pollinisation.

Prévention : Planter dans une terre drainante, au soleil et à l’abri du vent, et pailler plutôt que biner. Arroser régulièrement l’été pour éviter la chute des jeunes fruits. Dans le Midi, ramasser chaque jour les fruits tombés pour couper le cycle de la mouche.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune partie de la plante n’est réputée toxique : la pulpe du fruit avec ses petites graines, ainsi que les pétales charnus des fleurs, se mangent. La peau, comestible mais amère, se laisse généralement de côté.

Toxicité animaux : Aucune toxicité n’est rapportée pour le chien, le chat ou le cheval. Un chien qui se gave de fruits tombés risque seulement une indigestion.

Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit. Un excès de fruits peut tout au plus provoquer ballonnements ou selles molles, chez l’homme comme chez l’animal.

Précautions : Aucune précaution particulière : c’est un arbuste sans danger connu pour un jardin familial.

Associations de plantes

Bonnes associations : Un second feijoa, issu d’un autre semis, planté à quelques mètres : la pollinisation croisée multiplie la récolte bien plus que n’importe quel autre voisinage. Le grenadier et l’olivier aiment comme lui le soleil, la chaleur et les sols drainants, et forment avec lui un petit verger méditerranéen. L’escallonia et le pittosporum, plantés en écran du côté du vent dominant, protègent son bois cassant et ses fruits qui tombent au moindre coup de vent.

Associations à éviter : Un potager ou un massif de vivaces bêché chaque année à son pied, qui tranche ses racines superficielles. Les grands arbres et les conifères qui l’ombragent, sous lesquels ses fruits ne mûrissent pas avant l’hiver. Dans le Midi, les pêchers et les figuiers tout proches, qui nourrissent tout l’été la mouche méditerranéenne des fruits avant qu’elle ne passe sur les feijoas.

Conseil : Étendre sous toute la ramure un paillis épais et clair, paille ou feuilles sèches : il protège ses racines superficielles, garde l’eau l’été et fait ressortir les fruits verts tombés, à ramasser chaque jour.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste en pleine terre, en plein soleil et à l’abri des vents dominants, dans une région aux hivers doux où les fruits ont le temps de mûrir avant les gelées.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De juin à septembre : tous les 7 à 10 jours Arroser copieusement au pied, en laissant la terre se ressuyer entre deux apports. L’arbuste supporte la sécheresse, mais un été sec fait tomber les jeunes fruits ou les laisse petits.par temps sec, de juin à fin septembre, même adulte
PaillageUtile De mi-mars à fin avril Étaler le compost puis le paillis sous toute la ramure, sans toucher le tronc ni gratter la terre. Ses racines courent juste sous la surface : on paille au lieu de biner, et l’on ne bêche jamais à son pied.compost mûr, puis 5 à 10 cm d’écorces, de paille ou de feuilles
Taille de structureOptionnel De début avril à mi-mai Ôter seulement le bois mort, les branches tuées par le gel ou cassées par le vent et celles qui traînent au sol, sans éclaircir le centre. Les fleurs naissent surtout sur les pousses du printemps : une taille sévère ou une tonte en haie supprime une bonne part de la récolte.après les dernières gelées, une fois la repousse visible
FloraisonUtile De mi-mai à fin juin Un pied seul noue souvent peu de fruits : en planter deux, issus de semis différents, ou passer un pinceau de fleur en fleur. Les pétales se cueillent et se mangent une fois la fleur fécondée, sans nuire à la récolte.pétales charnus et sucrés, longues étamines rouges
Fructification, récolteUtile De mi-octobre à mi-décembre Les fruits mûrs se détachent seuls, souvent le soir, et se ramassent au sol le jour même ou le lendemain. Ils se mangent à la cuillère, coupés en deux, et ne se gardent que quelques jours à la cuisine, un peu plus au réfrigérateur.ramasser chaque jour les fruits tombés
Voile d'hivernageUtile De décembre à févrierDès que : Un froid sous -6 °C est annoncé pendant l’un des trois premiers hivers après la plantation. Envelopper la ramure le temps du froid, sans serrer le voile sur le feuillage. Adulte, il supporte -10 à -12 °C, mais ses feuilles et ses jeunes pousses grillent dès -6 à -8 °C.voile double et paillis épais au pied, retirés au redoux