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Arbre · Sapindacées

Érable du Japon Acer palmatum

Aussi appelé : Érable palmé, Érable japonais, Momiji, Japanese maple

L’érable du Japon est un petit arbre des sous-bois du Japon, de Corée et de Chine, cultivé pour son feuillage palmé, vert, pourpre ou panaché selon les variétés, qui s’embrase à l’automne. L’espèce atteint très lentement 4 à 6 m, et beaucoup de variétés restent sous 3 m, ce qui permet aussi la culture en bac. Il demande une mi-ombre abritée du vent et du soleil de l’après-midi, dans une terre fraîche, humifère et non calcaire. Rustique jusqu’à -20 °C, il souffre surtout des gelées tardives d’avril sur ses jeunes feuilles, de la sécheresse et des sols lourds.

Érable du Japon (Acer palmatum)
Photo : Kurt Stüber [1], CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre
Famille
Sapindacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-20 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 5 à 6, jusqu’à -20 °C ; ce sont les gelées tardives d’avril sur le jeune feuillage, et non le froid de l’hiver, qui font le plus de dégâts.

Dimensions : 4 à 6 m de hauteur pour autant d’étalement chez l’espèce type, atteints très lentement ; beaucoup de variétés restent sous 3 m.

Floraison : En avril et mai, de minuscules fleurs rouge pourpre en petits bouquets, discrètes et sans parfum, suivies de samares ailées : l’arbre se cultive pour son feuillage.

Substrat : Terre humifère, fraîche, légère et drainée, acide à neutre ; il déteste les sols lourds et calcaires.

Exposition : Mi-ombre, à l’abri du vent et du soleil brûlant de l’après-midi, qui dessèche les feuilles par les bords.

Arrosage : Régulier, le sol devant rester frais sans excès ; c’est un arbre de sous-bois qui ne supporte pas la sécheresse.

Durée de vie : Vivace ligneuse. Un érable du Japon dépasse couramment 80 à 100 ans en pleine terre, et une trentaine d’années en pot où les racines restent contraintes.

Multiplication : Semis des samares au printemps après 3 mois au froid ; les variétés se multiplient par marcottage aérien au printemps ou par greffe.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 3 à 5 jours en été, davantage en pot, avec une eau non calcaire pour éviter la chlorose. Réduire fortement en hiver sans laisser la motte se dessécher.

Fertilisation : Un apport de compost mûr ou de terreau de feuilles en surface au printemps suffit. Éviter les engrais azotés, qui donnent de longues pousses tendres et brûlées par le premier coup de vent.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans en fin d’hiver pour une culture en bac, dans un contenant à peine plus grand et un substrat drainant additionné de terre de bruyère. Pour garder l’arbre dans le même bac, retrancher 3 à 5 cm de motte au fond et sur les côtés, sans jamais ôter plus du tiers des racines.

Taille : Le moins possible, et seulement en plein hiver ou à la fin de l’été. Se limiter au bois mort et aux branches qui se croisent : les coupes de gros diamètre cicatrisent mal et l’érable saigne abondamment à la fin de l’hiver.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre lumineuse, avec le soleil du matin et de l’ombre l’après-midi. Les variétés à feuillage pourpre demandent un peu plus de lumière pour tenir leur couleur, les panachées un peu moins pour ne pas brûler.

Emplacement : Extérieur, en sous-bois clair ou contre un mur exposé à l’est, impérativement à l’abri des vents dominants et des courants d’air.

Substrat : Mélange de terre de jardin, de terreau de feuilles et de terre de bruyère, léger et frais, jamais compacté.

pH : Entre 5 et 6,5 ; au-delà de 7 apparaît une chlorose tenace que les apports de fer ne corrigent que provisoirement.

Drainage : Drainage indispensable malgré son goût de la fraîcheur. Ses racines superficielles asphyxient rapidement en sol lourd et gorgé d’eau.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : récolter les samares en octobre, les faire tremper 24 heures dans l’eau tiède puis les garder 3 mois au réfrigérateur dans du sable humide. Semer en mars sous abri, couvertes de 5 mm de terreau : la levée prend 3 à 6 semaines vers 15 °C. Les plants sont des érables du Japon au feuillage vert ou variable, jamais la copie d’une variété. Pour l’espèce, le semis est le plus simple et réussit bien après un passage au froid ; pour garder une variété, le marcottage aérien au printemps est la méthode d’amateur la plus sûre.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : fleurs mâles et hermaphrodites sur le même arbre, fécondées par les abeilles. Beaucoup de samares restent creuses, et seules celles dont la graine est bien renflée valent d’être gardées. Cueillies encore souples, quand elles virent du rouge au brun, elles germent mieux que tombées et desséchées, et ne se conservent pas au-delà du printemps suivant. Récoltées sur un cultivar pourpre ou découpé, elles donnent des plants imprévisibles ; pour l’espèce, les graines du commerce conviennent.

Les autres méthodes

Bouturage : Délicat : boutures herbacées de 8 à 10 cm prises en mai ou juin sur les pousses de l’année, dans un mélange de terreau et de perlite, à l’étouffée, à l’ombre et vers 20 °C sous abri. L’enracinement prend 6 à 8 semaines, hormone de bouturage facultative mais utile ; le plus difficile est de faire passer aux boutures leur premier hiver, hors gel et sans les dépoter.

Division et autres méthodes : Marcottage aérien en avril ou mai : retirer un anneau d’écorce de 2 cm sur une branche de 1 à 2 cm d’épaisseur, l’entourer de sphaigne humide et d’un film plastique ficelé, puis sevrer à l’automne ou au printemps suivant, quand les racines sont visibles. Une branche basse se marcotte aussi au sol, enterrée de 10 cm et fixée d’un crochet ; la greffe en fin d’hiver sur un plant de semis, sous abri, est réservée aux plus avertis.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La verticilliose est la maladie la plus grave : une branche entière flétrit brusquement en pleine saison, et une coupe transversale du rameau montre un anneau brunâtre dans le bois. Il n’existe pas de traitement, il faut couper largement en dessous et désinfecter les outils. L’oïdium et les taches foliaires sont bénins en comparaison.

Parasites fréquents : Les cochenilles s’installent sur les rameaux et laissent un miellat suivi de fumagine noire ; les pucerons colonisent les jeunes pousses au printemps. Les acariens ternissent le feuillage lors des étés chauds et secs. Contre eux, un jet d’eau suffit le plus souvent : savons insecticides et huiles, même autorisés au jardin, peuvent brûler son feuillage fin.

Prévention : Ne jamais blesser le tronc ni tailler en gros diamètre : les plaies cicatrisent mal et laissent entrer les champignons du bois, comme la maladie du corail. La verticilliose, elle, vit dans le sol et entre par les racines, surtout abîmées : ne pas bêcher aux abords, et ne jamais planter un érable là où un arbre ou un arbuste en est mort. Pailler le pied pour garder la fraîcheur, et proscrire les excès d’azote.

Toxicité

Toxicité humaine : Non toxique. Aucune intoxication n’est rapportée chez l’homme, ni par ingestion ni par contact.

Toxicité animaux : Sans danger connu pour le chien et le chat. Pour le cheval, ses samares contiennent un peu d’hypoglycine A, la toxine de la myopathie atypique, en moindre quantité que celles de l’érable sycomore, et aucun cas d’intoxication ne lui est attribué.

Symptômes : Chez l’homme, le chien et le chat, aucun symptôme attendu ; tout au plus des troubles digestifs bénins après ingestion d’une grande quantité de feuillage. Chez le cheval, raideur, faiblesse, urines brun foncé ou animal couché imposent d’appeler le vétérinaire en urgence.

Précautions : Ne pas planter cet érable en bordure d’une pâture à chevaux et, s’ils ont accès au jardin, ne pas les laisser manger les samares à l’automne ni les plantules au printemps. Vérifier aussi qu’il s’agit bien d’un Acer palmatum et non d’un érable rouge, Acer rubrum, dont les feuilles flétries sont gravement toxiques pour eux.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les fougères et les hostas, qui partagent son goût de l’ombre fraîche et couvrent son pied sans le concurrencer en surface. Les azalées et les rhododendrons, mêmes exigences de sol acide et frais. Les mousses et les carex bas, qui composent avec lui l’ambiance de sous-bois japonais dans laquelle il donne le meilleur.

Associations à éviter : Les plantes de sol sec et calcaire comme la lavande ou la santoline, dont les besoins sont exactement inverses des siens. Les vivaces à racines vigoureuses plantées trop près, qui concurrenceraient son enracinement superficiel et fragile.

Conseil : Choisir des plantes compagnes en godets et les planter à la main, sans bêcher, un peu à l’écart du tronc : ses racines courent juste sous la surface. Au pied d’un sujet tout juste planté, se contenter d’un paillage de feuilles ou d’écorces le temps qu’il s’installe.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pot ou en pleine terre, au jardin, en situation abritée du vent et du soleil de l’après-midi, en sol acide à neutre et drainé.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à août : tous les 2 à 4 jours ; de septembre à octobre : tous les 7 à 10 jours ; de novembre à mars : tous les 20 à 30 jours Les racines sont superficielles et le moindre coup de sec brunit aussitôt la marge des feuilles, sans que la brûlure ne s’efface avant l’année suivante. Arroser copieusement en une fois, en laissant la surface ressuyer entre deux apports.eau de pluie de préférence, au pied et non sur le feuillage ; de novembre à mars, en pot seulement, hors gel et par temps sec
Inspection parasitaireUtile D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines Pucerons et cochenilles s’installent sur les pousses tendres du printemps, et le miellat qu’ils laissent noircit ensuite le feuillage. Un rameau qui se dessèche seul, feuilles pendantes, évoque plutôt la verticilliose, qui impose de couper largement en bois sain.jeunes pousses et revers des feuilles
Vidage de la soucoupeUtile De janvier à décembreDès que : présence d’eau sous le pot après un arrosage ou une pluie Une soucoupe pleine en hiver noie des racines qui ne consomment plus rien et gèle en bloc autour d’elles. Vider après chaque pluie prolongée.
RempotageUtile De mi-février à fin mars, tous les 2 ans Le rempotage se fait juste avant le débourrement, quand les bourgeons gonflent sans être ouverts, en démêlant le chignon de racines. Un mélange de terre de bruyère, de terreau et de pouzzolane retient l’eau sans jamais l’emprisonner.avant l’ouverture des bourgeons
Engrais à libération lenteUtile De mars à avril Un apport léger au débourrement suffit, un excès d’azote donnant de longues pousses molles qui se couchent et brûlent l’été. En pot, il remplace le substrat épuisé entre deux rempotages.engrais pour plantes de terre de bruyère, à dose modérée
PaillageEssentiel De mi-mars à mi-mai Le paillage tient les racines fraîches tout l’été, ce qui est la clé de la tenue du feuillage chez cette espèce. Le maintenir à quelques centimètres du tronc évite de faire pourrir le collet.5 cm d’écorce ou de feuilles mortes, écartés du tronc
Ombrage estivalEssentiel De juin à août Le feuillage fin de l’érable du Japon grille par le bord dès que le soleil brûlant s’ajoute au vent, et les formes claires ou panachées marquent les premières. Une ombre portée à partir du milieu de journée vaut mieux que n’importe quel arrosage de rattrapage.protéger du soleil de l’après-midi et du vent sec
Bois mort et feuilles abîméesUtile De mi-août à fin janvierDès que : rameaux desséchés ou écorce éclatée constatés Le bois mort sert de porte d’entrée aux champignons de blessure, particulièrement sur cette espèce à écorce fine. Le retirer de la fin de l’été au cœur de l’hiver, hors gel et forte chaleur, jamais en fin d’hiver ni au printemps, quand l’arbre pleure par chaque plaie.couper en bois vivant, lame désinfectée
Taille de structureUtile De novembre à janvier L’érable du Japon se taille en plein repos, feuilles tombées : au printemps, la sève monte tôt et l’arbre pleure abondamment par chaque plaie, ce qui l’affaiblit durablement. Se limiter à dégager le centre et à supprimer les branches qui se croisent, la silhouette naturelle valant mieux que la coupe.hors gel, sur bois de moins de 3 cm
Protection des racinesUtile De mi-novembre à mi-mars En pleine terre l’espèce est rustique bien au-delà de nos hivers, mais en pot la motte gèle de toutes parts et les racines n’y survivent pas. Emmailloter le pot, ou l’enterrer, plutôt que de couvrir les branches.en pot uniquement, voile ou papier bulle autour du contenant

Cultivars connus

Acer palmatum 'Atropurpureum', Acer palmatum 'Butterfly', Acer palmatum 'Dissectum Garnet', Acer palmatum 'Fireglow', Acer palmatum 'Going Green', Acer palmatum 'Orange Dream'. Leur entretien est celui de l’espèce, sauf mention contraire dans les conseils ci-dessus.

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