Vivace · Astéracées
Achillée millefeuille Achillea millefolium
Aussi appelé : Millefeuille, Herbe aux charpentiers, Saigne-nez, Herbe à la coupure, Herbe militaire, Yarrow
L’achillée millefeuille est une vivace indigène des prés et des talus de France, au feuillage finement découpé et aromatique. Sa touffe traçante atteint 40 à 80 cm en fleur et se couvre de juin à septembre de larges têtes plates blanches, roses, rouges ou jaunes selon le cultivar. Elle veut le plein soleil et une terre pauvre et drainante, même calcaire, sans arrosage une fois installée, et une division tous les 3 à 5 ans pour rester vigoureuse. Une terre riche fait verser ses tiges au premier orage, et un sol qui reste détrempé l’hiver lui nuit.
- Type
- Vivace
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De juin à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3 à 9, soit des gels de l’ordre de -30 °C encaissés sans la moindre protection. Aucun hiver de France métropolitaine ne l’inquiète, à condition que le sol ne reste pas détrempé.
Dimensions : 40 à 80 cm de hauteur en fleur selon le cultivar, pour 45 à 60 cm d’étalement. La souche est traçante et gagne un peu de terrain chaque année.
Floraison : De juin à fin septembre, corymbes plats de minuscules fleurs blanches chez l’espèce, roses, rouges ou jaunes selon le cultivar, au parfum aromatique du feuillage.
Substrat : Terre ordinaire, même pauvre et caillouteuse, pourvu qu’elle soit franchement drainante ; pH de 6,0 à 7,5, avec une réelle aisance en terrain calcaire. Une terre riche et amendée donne des tiges molles qui versent au premier orage.
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. À la mi-ombre elle s’étiole, fleurit peu et se couche.
Arrosage : Aucun en pleine terre une fois installée, sauf sécheresse prolongée : alors un arrosage copieux toutes les 2 à 3 semaines, de juin à début septembre. La première année seulement, l’arroser régulièrement le temps qu’elle s’enracine.
Durée de vie : Vivace, mais dont la touffe s’épuise par le centre : 3 à 5 ans avant qu’une division ne s’impose, opération qui la rajeunit indéfiniment.
Multiplication : Division de la touffe en mars ou avril, en replantant les éclats de la périphérie, ou semis en surface sous châssis au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : De juin à début septembre, un arrosage copieux au pied toutes les 2 à 3 semaines, et seulement si la sécheresse s’installe. Le reste de l’année, rien : la pluie suffit, et c’est l’eau stagnante de l’hiver qui tue les achillées.
Fertilisation : Aucune, et c’est délibéré : un sol nourri donne des tiges hautes et molles qui s’affaissent, et une floraison plus pauvre. Si la terre est vraiment stérile, une poignée de compost mûr tous les 3 ans au moment de la division suffit largement.
Rempotage : En pot, un contenant profond avec un tiers de sable grossier ou de pouzzolane, substrat renouvelé tous les 2 ans au printemps. En pleine terre, la division de la touffe tous les 3 ans remplit exactement le même office.
Taille : Couper les corymbes fanés au fur et à mesure de juin à septembre pour relancer une seconde floraison, puis rabattre toute la touffe à 10 cm en fin d’hiver. Laisser les tiges sèches debout jusqu’en février abrite les auxiliaires et protège le cœur de la souche.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil franc, 6 à 8 heures par jour. C’est une plante de prairie sèche : avec moins de lumière elle se couche, fleurit mal et prend l’oïdium.
Emplacement : Extérieur toute l’année, sans exception ni hivernage. Un haut de talus, une bordure ou une rocaille exposée au sud ou à l’ouest lui vont mieux qu’un massif régulièrement arrosé.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, plutôt pauvre, allégée de sable grossier ou de gravier si elle est argileuse. Fuir les terreaux riches et les composts frais, qui la font monter et verser.
pH : De 6,0 à 7,5, l’optimum se situant autour de la neutralité. Elle se plaît en terrain calcaire, ce qui la distingue de beaucoup de vivaces de massif.
Drainage : C’est le point critique : l’achillée meurt d’un hiver humide bien avant de mourir de froid. En terre lourde, la planter sur une butte de 15 cm et proscrire tout paillage organique au collet.
Multiplication
Division : en mars ou avril, dehors : soulever la touffe à la fourche-bêche, jeter le cœur épuisé et lignifié, garder les éclats de la périphérie munis de racines et de pousses. Les replanter aussitôt à 40 cm d’écart et les arroser jusqu’à la reprise. La division, réussie à coup sûr, rajeunit en même temps une plante dont le centre s’épuise au bout de 3 à 5 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible mais peu utile : pousses de la base de 5 à 8 cm prélevées en avril, au départ de la végétation, piquées dans un mélange de terreau et de sable, sous abri froid et à l’ombre. L’enracinement prend 3 à 4 semaines.
Semis :
SemerEn mars ou avril, en terrine sous châssis froid, graine à peine plaquée en surface car elle a besoin de lumière pour germer ; la levée prend 2 à 3 semaines vers 15 à 20 °C. Repiquer les plants en mai : ils fleurissent à partir de la deuxième année. L’espèce blanche se reproduit fidèlement, mais les graines des variétés colorées donnent des teintes mélangées, qui retournent souvent au blanc.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : largement autostérile, elle demande le pollen d’un autre pied de semis. Couper les corymbes en septembre ou octobre, quand ils sont secs et bruns, et les secouer dans un sac en papier pour faire tomber les minuscules akènes. L’achillée compte sur les insectes : une touffe unique, issue d’une seule plante divisée, donne peu de graines. Les graines se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais, et pour une couleur précise, les sachets du commerce sont plus sûrs que la récolte.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre le feuillage d’un feutrage blanc après un été lourd ou dans un massif trop serré ; supprimer les feuilles atteintes et aérer la touffe suffit le plus souvent. Une rouille orangée pointille parfois le revers des feuilles en année pluvieuse, sans gravité réelle. La pourriture du collet, en revanche, ne se soigne pas : elle signale un sol qui ne draine pas.
Parasites fréquents : Les pucerons noirs colonisent les jeunes tiges florales au printemps, en manchons bien visibles. Un jet d’eau ou la simple patience en viennent à bout, l’achillée attirant précisément les coccinelles et les syrphes qui les mangent. Les limaces grignotent parfois les jeunes rosettes dans les semaines qui suivent une division.
Prévention : Espacer les pieds de 40 cm au moins pour que l’air circule entre les touffes. Diviser tous les 3 ans, arroser au pied et jamais sur le feuillage. Ne pas pailler le collet : c’est la mesure qui évite le plus de dégâts pour le moins d’effort.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible à l’ingestion, réelle au contact : la sève provoque des dermatites et une photosensibilisation chez les personnes sensibles, les rougeurs se déclarant après exposition au soleil. La plante contient de la thuyone et des lactones sesquiterpéniques ; ses usages en tisane sont anciens, mais elle est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement.
Toxicité animaux : L’ASPCA classe l’achillée millefeuille comme toxique pour le chien, le chat et le cheval, à cause de l’achilléine et des lactones sesquiterpéniques. La gravité reste modérée : des troubles digestifs, jamais d’atteinte cardiaque ni nerveuse.
Symptômes : Chez l’animal, vomissements, diarrhée, salivation excessive, perte d’appétit et abattement après ingestion du feuillage. Chez l’humain, éruption, démangeaisons et petites vésicules sur les zones de contact, aggravées par le soleil.
Précautions : Porter des gants pour la diviser ou la rabattre, surtout si l’on s’y est déjà montré sensible. Il n’y a pas lieu de l’exclure d’un jardin fréquenté par un chien ou un chat, qui n’y touchent guère, mais évitez-la là où un chiot mordille tout ce qui pousse.
Associations de plantes
Bonnes associations : Lavande, gaura et échinacée partagent son exigence de soleil, de sol pauvre et de sécheresse, ce qui permet de mener tout le massif au même régime, c’est-à-dire presque sans arrosage. Les graminées légères, stipa ou pennisetum, donnent du mouvement là où ses corymbes plats font surface pleine. En bordure de potager, elle attire les syrphes et les coccinelles qui nettoient les pucerons des rangs voisins.
Associations à éviter : Hostas, astilbes et fougères veulent l’ombre fraîche et un sol constamment humide : les satisfaire revient à faire pourrir l’achillée. Les petites vivaces lentes, joubarbes ou œillets nains, se font étouffer par sa souche traçante en deux saisons. Les rosiers ne conviennent pas davantage, la fumure qu’ils réclament faisant verser l’achillée.
Conseil : Plantez-la par groupes de trois ou cinq pieds du même cultivar plutôt qu’en sujet isolé, l’effet de nappe ne venant qu’avec le nombre. Pour les bouquets secs, coupez les tiges quand le corymbe est plein mais pas encore bruni : la couleur tient alors tout l’hiver.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe installée en pleine terre, en massif, en bordure ou en rocaille, au plein soleil, dans un sol ordinaire voire pauvre et surtout franchement drainant.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début juin à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Arroser copieusement au pied, très espacé, et seulement pendant les fortes chaleurs. Une touffe installée traverse un été sec sans rien, et l’excès d’eau la fait pourrir bien plus sûrement que la sécheresse ne la menace. |
| Inspection parasitaire | De début mai à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Regarder les jeunes tiges florales et le cœur de la touffe : pucerons noirs au printemps, feutrage blanc de l’oïdium après un été lourd. Une touffe aérée et divisée à temps ne connaît presque jamais ni l’un ni l’autre, et les auxiliaires qu’elle attire font le reste. |
| Rabattage | De mi-février à mi-mars | Rabattre à 10 cm toutes les tiges sèches de l’année passée, juste avant que la nouvelle rosette ne démarre. Les laisser debout tout l’hiver abrite les insectes auxiliaires et protège le cœur de la touffe du ruissellement. |
| Division de touffe | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Soulever la touffe à la fourche-bêche, jeter le cœur épuisé et lignifié, replanter les éclats de la périphérie. C’est la seule façon de garder une floraison dense, et le printemps laisse à la plante toute la saison pour se réinstaller. |
| Semis | De mi-mars à fin avril | Semer en terrine sous châssis froid, la graine à peine plaquée en surface car elle a besoin de lumière pour germer. Les plants repiqués en mai fleurissent à partir de la seconde année. |
| Floraison | De juin à septembre | Les corymbes plats s’ouvrent du début de l’été au début de l’automne et servent de piste d’atterrissage aux syrphes, chrysopes et coccinelles. Pour le bouquet sec, couper quand le corymbe est plein mais pas encore bruni : la couleur tient alors tout l’hiver. |
| Fleurs fanées | De mi-juin à mi-septembre | Couper chaque corymbe dès qu’il brunit, juste au-dessus d’une jeune pousse latérale. C’est ce geste qui relance une seconde floraison jusqu’en septembre et qui limite un semis spontané très abondant. |