Arbre fruitier · Actinidiacées
Kiwi Actinidia deliciosa
Aussi appelé : Kiwier, Groseille de Chine, Souris végétale, Kiwifruit
Le kiwi est une liane ligneuse vigoureuse originaire de Chine, au grand feuillage caduc, qui donne les fruits bruns et duveteux du commerce. Sur une pergola, la liane couvre 5 à 8 m, et un pied adulte dépasse 100 kg : le support se dimensionne avant de planter. Il lui faut un sol profond, frais et sans calcaire, beaucoup d’eau en été, et un pied mâle pour polliniser les pieds femelles. Il réussit là où les printemps sont doux, car une gelée d’avril noircit les jeunes pousses et supprime la récolte de l’année.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Actinidiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 7 à 9, la souche installée tient -15 °C sans dommage. Le point faible n’est pas l’hiver mais le printemps : une pousse débourrée noircit dès -2 °C, et une gelée d’avril supprime la récolte de l’année.
Dimensions : Liane de 5 à 8 mètres, jusqu’à 10 sur une grande pergola, pour 3 à 5 mètres d’étalement. Un pied adulte pèse plus de 100 kg : la structure se dimensionne avant de planter.
Floraison : En mai et juin, fleurs en coupe blanc crème virant au jaune, légèrement parfumées ; les pieds sont mâles ou femelles, et il faut les deux pour avoir des kiwis.
Substrat : Sol profond, frais, riche en humus, léger et surtout non calcaire ; pH de 5,5 à 7. Le calcaire actif provoque une chlorose que rien ne rattrape ensuite.
Exposition : Plein soleil, 6 heures au moins, mais impérativement à l’abri des vents froids et desséchants qui déchirent ses grandes feuilles.
Arrosage : 30 à 50 litres au pied tous les 2 à 3 jours de juin à août, tous les 7 à 10 jours au printemps. C’est le fruitier le plus exigeant en eau du jardin tempéré.
Durée de vie : Vivace ligneuse de 30 à 50 ans. Première récolte 4 à 5 ans après la plantation, pleine production vers 8 ans.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées en juillet, à l’étouffée sous abri, ou marcottage d’une tige au printemps, qui garantissent le sexe du plant.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours en avril et mai, puis tous les 2 à 3 jours de juin à août à raison de 30 à 50 litres, au pied et jamais sur le feuillage. Ses racines vivent dans les vingt premiers centimètres du sol et ne vont pas chercher l’eau plus bas.
Fertilisation : Compost mûr et engrais organique azoté en février ou mars, posés en surface sur tout le cercle racinaire. Rien après juillet, pour que le bois de l’année mûrisse avant l’hiver.
Rempotage : La culture en pot n’a de sens qu’avec une variété autofertile naine et un bac de 100 L minimum, à surfacer chaque printemps. En pleine terre la question ne se pose pas, le kiwi ne se transplante pratiquement plus passé 3 ans.
Taille : En décembre ou janvier, jamais plus tard, en rabattant à deux ou trois yeux les rameaux qui ont fructifié. Une taille de février fait pleurer la liane par chaque plaie ; un pincement d’été à quatre ou six feuilles au-delà du dernier fruit complète le travail.
Exposition & substrat
Exposition : 6 heures de soleil au moins, plein sud ou sud-ouest, pour que les fruits atteignent leur sucre avant les gelées. À l’ombre, la liane pousse très bien et ne fructifie pas.
Emplacement : Extérieur toute l’année, contre un mur chaud, une pergola ou un palissage à deux fils, à l’abri du vent. Le vent déchire le feuillage et fait avorter la nouaison en pleine floraison.
Substrat : Terre profonde, meuble et humifère, enrichie de compost à la plantation, plutôt sableuse qu’argileuse lourde. Un paillis permanent compte ici autant que la terre elle-même.
pH : De 5,5 à 7, l’optimum se situant vers 6 à 6,5. Au-delà de 7,5, la chlorose ferrique jaunit le feuillage dès le premier été.
Drainage : Très gourmand en eau mais intolérant à l’eau stagnante, ce qui est toute la difficulté. Dans une argile qui reste détrempée l’hiver, le pourridié gagne le collet : mieux vaut planter sur une légère butte.
Multiplication
Bouturage : tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, à 2 ou 3 nœuds, prélevées en juillet ou août et piquées dans un mélange de terreau et de perlite, à l’étouffée et à l’ombre sous abri, vers 20 à 25 °C : elles s’enracinent en 5 à 8 semaines. Des boutures ligneuses de 20 cm, prises en hiver et piquées sous châssis froid, reprennent aussi mais plus irrégulièrement ; hormone de bouturage facultative. Le bouturage semi-aoûté en juillet, ou le marcottage d’une tige au printemps, reproduit à coup sûr un pied femelle ou mâle connu ; le semis, lui, ne dit pas le sexe du plant avant des années.
Les autres méthodes
Semis :
SemerGraines extraites d’un kiwi bien mûr, lavées, séchées, gardées 1 à 2 mois au réfrigérateur dans du sable humide, puis semées en mars à l’intérieur, à peine couvertes, à 20 °C : la levée prend 2 à 4 semaines. Les plants sont mâles ou femelles sans qu’on le sache avant la floraison, au bout de 5 à 7 ans, et ne reproduisent pas la variété.
Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : seul le pied femelle, fécondé par les abeilles, porte les fruits. Un kiwi du commerce, mûri jusqu’à devenir tendre, fournit des centaines de graines, puisqu’il vient d’un pied femelle fécondé par un mâle ; au jardin, il faut de même un pied mâle pour 6 à 8 femelles, à quelques mètres, seule la variété ‘Jenny’ fructifiant seule. Les fruits se cueillent en novembre, avant les gelées, et finissent de mûrir à l’intérieur. Lavées et séchées, les graines se gardent environ un an au sec et au frais avant leur passage au froid.
Division et autres méthodes : Marcottage simple de mars à mai : coucher une tige souple au sol, l’entailler, l’enterrer de 10 cm en laissant dépasser l’extrémité et la fixer d’un crochet ; elle se sèvre et se plante en novembre suivant. Les variétés fruitières se multiplient par bouture, marcotte ou greffe, jamais par semis.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La bactériose PSA se reconnaît à des taches brunes cernées de jaune sur les feuilles et à des exsudats rougeâtres sur le tronc au printemps, et elle tue la liane en une ou deux saisons. Il n’existe pas de traitement curatif : on coupe largement dans le bois sain, par temps sec, et on évacue les coupes en déchetterie, sans les composter ni les broyer pour le paillage. La chlorose ferrique, feuilles jaunes à nervures restées vertes, n’est pas une maladie mais la signature d’un sol trop calcaire.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses s’installent sous l’écorce des vieux bras et se traitent à l’huile blanche en fin d’hiver. Les araignées rouges bronzent le feuillage lors des étés secs, et l’arrosage suffit le plus souvent à les décourager. Les chats, enfin, sont un vrai ravageur du jeune pied : certains se frottent au collet et grattent les racines jusqu’à déchausser la plante.
Prévention : Tailler uniquement par temps sec et désinfecter le sécateur entre deux pieds, la bactériose entrant par les plaies. Ne jamais laisser de grosse coupe en fin d’hiver, quand la sève monte. Protéger le collet des jeunes plants par un manchon grillagé, contre les chats comme contre les campagnols.
Toxicité
Toxicité humaine : Le fruit se mange sans réserve et aucune partie de la liane n’est réputée toxique. En revanche le kiwi est un allergène reconnu : il contient de l’actinidine et des raphides d’oxalate de calcium, responsables de picotements dans la bouche, et il entre dans le syndrome latex-fruits.
Toxicité animaux : Il n’est répertorié comme toxique ni pour le chien ni pour le chat. La chair en petite quantité ne présente pas de danger, mais son acidité et ses fibres provoquent facilement des troubles digestifs.
Symptômes : Chez la personne sensible, picotements des lèvres et de la gorge, démangeaisons, parfois gonflement des muqueuses qui impose un avis médical. Chez l’animal, vomissements ou selles molles après une grosse quantité de fruits.
Précautions : Introduire le kiwi prudemment chez le jeune enfant et chez toute personne allergique au latex, à la banane ou à l’avocat. Le feuillage attire certains chats qui s’y roulent et en mâchent : sans toxicité, mais avec des vomissements possibles en cas d’excès.
Associations de plantes
Bonnes associations : La bourrache et la phacélie semées à quelques mètres attirent les abeilles, dont dépend directement la nouaison d’une fleur qui ne se pollinise pas toute seule. La consoude en bordure plonge ses racines bien plus bas que le kiwi et fournit un paillis riche en potasse sans lui disputer la surface. Un pied mâle, Tomuri pour une Hayward, est moins une association qu’une condition : sans lui, pas de fruits.
Associations à éviter : Le noyer, dont la juglone inhibe la reprise et la croissance, est à écarter de tout le secteur. Une autre grimpante vigoureuse sur le même support, glycine ou vigne, se fait étouffer en 3 ans, car le kiwi gagne toujours. Enfin, rien de permanent au pied : aromatiques, vivaces ou gazon prennent l’eau exactement là où les racines superficielles la cherchent.
Conseil : Compter un mâle pour cinq à six femelles, plantés à moins de 10 m, et ne jamais tailler le mâle avant sa floraison de mai. En petit jardin, une variété autofertile comme Solo ou Jenny évite de sacrifier un emplacement entier à un pied qui ne donne rien.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Liane en pleine terre au pied d’une pergola ou d’un mur exposé au sud ou à l’ouest, sol profond et frais non calcaire, à l’abri des vents froids, avec un pied mâle pollinisateur à proximité.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 7 à 10 jours ; de juin à août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à octobre : tous les 8 à 12 jours | Arroser sans interruption de juin à août, au pied et jamais en pluie sur le feuillage. Les racines tiennent dans les vingt premiers centimètres du sol : une semaine de sec en août et les fruits tombent avant d’avoir grossi. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Apporter la matière organique en fin d’hiver, sans enfouir, sur un large cercle autour du pied. Le kiwi pousse de 3 m par an et cette croissance se paie en azote. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Étaler le paillis au printemps sur toute la surface occupée par les racines, et le renouveler quand il se tasse. Sur un enracinement aussi superficiel, il remplace la moitié des arrosages d’été. |
| Voile d'hivernage | De mi-mars à mi-mai | Couvrir les jeunes pousses dès qu’une nuit sous zéro est annoncée au printemps. Le bois adulte encaisse -15 °C, mais une pousse débourrée noircit à -2 °C et la récolte de l’année part avec elle. |
| Palissage, tuteurage | De début mai à mi-août | Attacher les pousses de l’année aux fils au fur et à mesure de leur allongement. Une liane non palissée s’enroule sur elle-même et devient impossible à tailler l’hiver suivant. |
| Pincement | De juin à juillet | Pincer en été les rameaux fructifères et supprimer les pousses qui partent dans le vide. Laissée libre, la liane fait 20 m de bois au détriment du calibre des fruits. |
| Mise en place des plants | De mi-octobre à mi-mars | Planter de préférence en novembre, en montant d’abord la structure qui portera la liane : un kiwi adulte pèse plus de 100 kg et ne se déplace plus. L’espèce est dioïque, un pied femelle seul fleurit chaque année sans jamais donner un fruit. |
| Fructification, récolte | De mi-octobre à mi-novembre | Récolter même si les fruits sont encore fermes : ils mûrissent ensuite à la maison en 3 à 6 semaines, plus vite à côté d’une pomme. Un kiwi laissé mûrir sur pied ne se conserve pas. |
| Protection des racines | De mi-novembre à mi-mars | Butter le pied de terre et de feuilles mortes sur 20 cm à l’entrée de l’hiver. Une souche jeune gèle là où un pied installé depuis 5 ans ne craint plus rien. |
| Taille de structure | De décembre à janvier | Rabattre les rameaux qui ont fructifié à deux ou trois yeux au-dessus du bras charpentier, en plein repos. Passé la fin janvier la sève monte et le kiwi pleure par chaque plaie, parfois jusqu’à s’épuiser. |