Succulente · Crassulacées
Joubarbe arborescente Aeonium arboreum
Aussi appelé : Aéonium, Aéonium arborescent, Joubarbe en arbre, Tree aeonium
La joubarbe arborescente est une succulente des îles Canaries, qui porte ses rosettes de feuilles charnues au bout de tiges nues, comme de petits arbres. En pot, elle atteint 60 cm à 1 m et vit au rythme de son climat d’origine : elle pousse de l’automne au printemps et se repose en été, où elle n’a presque plus besoin d’eau. Elle demande du soleil sans brûlure et un abri dès que le thermomètre passe sous 3 °C. Chaque rosette meurt après avoir fleuri, mais la plante ramifiée continue, et une rosette coupée s’enracine facilement.
- Type
- Succulente
- Famille
- Crassulacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 3 °C
- Floraison
- De février à mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 9 à 11, non rustique : il faut le rentrer dès que la température descend sous 3 °C.
Dimensions : De 60 cm à 1 m de haut en pot, avec des rosettes terminales de 15 à 20 cm portées par des tiges nues.
Floraison : De la fin de l’hiver au printemps, une grappe pyramidale de petites fleurs étoilées jaune vif au cœur de la rosette, qui meurt ensuite : la floraison annonce la fin de cette rosette.
Substrat : Drainant mais pas totalement minéral, deux tiers de terreau pour un tiers de sable grossier ou de pouzzolane, pH 6 à 7.
Exposition : Plein soleil non brûlant à mi-ombre lumineuse.
Arrosage : Régulier de l’automne au printemps, période de croissance, et quasi nul en été, où la plante entre en repos.
Durée de vie : Vivace succulente monocarpique par rosette : chaque rosette meurt après sa floraison, mais la plante ramifiée vit 8 à 12 ans.
Multiplication : Bouturage de rosettes avec 10 cm de tige en septembre ou octobre, la coupe séchée quelques jours avant de la piquer.
Arrosage & entretien
Arrosage : Le calendrier est inversé par rapport aux autres succulentes : arrosez d’octobre à avril quand le substrat est sec en surface, et laissez presque à sec de juin à septembre. Les rosettes se referment alors en bourgeon, ce qui est normal et non un signe de soif.
Fertilisation : Un engrais pauvre en azote, dilué de moitié, une fois par mois pendant la croissance hivernale seulement. Aucun apport en été.
Rempotage : Tous les 2 ans au début de l’automne, à la reprise. Un pot juste à la taille de la motte vaut mieux qu’un pot large, où le substrat reste humide.
Taille : Coupez une tige devenue trop longue à la reprise d’automne : la section repart en plusieurs têtes, et le morceau prélevé s’enracine facilement après quelques jours de séchage.
Exposition & substrat
Exposition : 5 à 6 heures de lumière vive, sans soleil de plein midi derrière une vitre, qui brûle les rosettes. Une lumière insuffisante allonge les tiges et écarte les feuilles.
Emplacement : Dehors du printemps à l’automne, à l’abri de la pluie battante, et à l’intérieur près d’une fenêtre est ou ouest en hiver.
Substrat : Terreau de rempotage allégé d’un tiers de matériaux drainants. Contrairement aux cactées, il apprécie une part de matière organique.
pH : De 6 à 7, neutre de préférence.
Drainage : Indispensable, avec un pot percé et sans soucoupe remplie. Les racines pourrissent vite dans un substrat qui reste humide plus de quelques jours.
Multiplication
Bouturage : en septembre ou octobre, couper une rosette avec 10 cm de tige, laisser sécher la coupe 3 à 7 jours à l’ombre, puis la piquer de 3 cm dans un mélange de terreau et de sable grossier à peine humide, à l’intérieur ou sous abri, en lumière vive sans soleil brûlant. Les racines viennent en 2 à 4 semaines, et l’opération rajeunit au passage un sujet dégarni. Sur une plante panachée, choisir des rosettes bien panachées : une rosette entièrement verte donne une plante verte. La bouture de rosette en septembre ou octobre, au départ de sa saison de croissance, réussit presque à coup sûr. Les cultivars, pourpres ou panachés, se multiplient uniquement ainsi, le semis ne les reproduisant pas.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPossible mais rare : graines minuscules laissées en surface, à la lumière, en automne à l’intérieur, vers 18 à 20 °C, avec une levée en 1 à 3 semaines. Le semis reproduit l’espèce, jamais ses cultivars, et la rosette qui a porté les graines meurt.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : des boutures d’un même clone nouent peu de graines entre elles. Couper la grappe quand elle a séché sur la rosette, en fin de printemps ou en début d’été, et la secouer dans un sac en papier pour recueillir des graines fines comme de la poussière, qui se gardent au sec et au frais jusqu’au semis d’automne. Les fleurs sont fécondées par les insectes ; deux plantes d’origines différentes, fleurissant ensemble, en fournissent bien davantage.
Division et autres méthodes : Aucune : la plante ne fait ni rejets enracinés ni drageons, chaque rosette se bouture.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture des racines et du collet suit presque toujours un arrosage estival, quand la plante est au repos et ne consomme rien. Les tiges deviennent molles et brunes à la base : recoupez au-dessus de la zone saine et laissez sécher avant de replanter. Aucune maladie cryptogamique du feuillage n’est fréquente sur ce genre.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses se logent au cœur des rosettes, en amas cotonneux blancs, et les pucerons sur les hampes florales. Un coton imbibé d’alcool à 70° pour les premières, un jet d’eau pour les seconds. Les cochenilles des racines, plus sournoises, se découvrent au rempotage sous forme d’un feutrage blanc sur la motte.
Prévention : Respecter le repos estival écarte l’essentiel des problèmes. Inspectez le cœur des rosettes tous les mois, c’est là que tout commence.
Toxicité
Toxicité humaine : Non toxique par ingestion. La sève peut cependant irriter légèrement une peau sensible ou les yeux.
Toxicité animaux : Considéré comme non toxique pour les chiens et les chats, et absent des listes de plantes dangereuses de référence.
Symptômes : Une ingestion importante peut provoquer un inconfort digestif passager. Le contact avec la sève cause tout au plus une rougeur brève.
Précautions : Lavez-vous les mains après une taille ou un bouturage, et évitez le contact avec les yeux.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les autres succulentes de climat doux, echeverias, crassulas et kalanchoés, partagent son hivernage à l’abri et sa faible consommation d’eau. Les agaves nains apportent une forme rigide qui contraste avec ses rosettes plates. Toutes acceptent le même substrat, ce qui rend les potées mixtes durables.
Associations à éviter : Toutes les plantes en pleine croissance l’été, plantes fleuries de balcon ou aromatiques, dont les arrosages estivaux le feraient pourrir en plein repos. Écartez aussi les succulentes rustiques de rocaille, sedums et joubarbes, qui demandent l’inverse : dehors l’hiver, secs l’été.
Conseil : Composez ses potées uniquement avec des plantes qui poussent en hiver, sans quoi un seul calendrier d’arrosage ne peut convenir à tout le monde. C’est le point qui décide de la réussite d’une potée mixte.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pot, dehors du printemps à l'automne et hivernage hors gel dans une pièce fraîche et très lumineuse. Plante gélive au cycle inversé, qui pousse de l'automne au printemps et se repose en été.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-septembre à fin novembre : tous les 10 à 14 jours ; de décembre à février : tous les 18 à 25 jours ; de mars à mai : tous les 8 à 12 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 25 à 35 jours | Arroser abondamment en une fois pendant la croissance automnale et printanière, en laissant sécher la motte entre deux apports. En plein été, un simple verre d'eau par mois suffit à empêcher les racines de se dessécher complètement. |
| Inspection parasitaire | De novembre à avril : toutes les 1 à 2 semaines ; de mai à octobre : toutes les 3 à 5 semaines | Les pucerons se massent au cœur des rosettes et sur les hampes florales, où ils déforment les jeunes feuilles. Chercher aussi les amas blancs cotonneux des cochenilles, à tamponner un à un avec un coton imbibé d'alcool à 70 °C. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Les racines fines de cette plante pourrissent en quelques jours si elles baignent. Le risque est maximal en hiver, quand le substrat sèche très lentement. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à fin mai | Augmenter la part de soleil direct par paliers pour éviter les brûlures sur un feuillage habitué à la lumière d'intérieur. Un séjour dehors resserre les rosettes et fonce joliment le feuillage des formes pourpres. |
| Fleurs fanées | De mai à août | Chaque rosette qui fleurit meurt ensuite, mais le reste du sujet ramifié survit sans problème. Retirer la tige épuisée relance les ramifications voisines et évite un foyer de pourriture au cœur de la plante. |
| Repos sec | De début juin à mi-septembre | Les rosettes se referment en boule et les feuilles du bas jaunissent puis tombent : c'est le repos normal de la plante, et non un manque d'eau. Laisser faire et reprendre les arrosages seulement quand les rosettes se rouvrent, vers la mi-septembre. |
| Ombrage estival | De mi-juin à fin août | Placer la plante sous un arbre clair ou contre un mur exposé à l'est pendant la canicule. Les rosettes fermées et peu actives se marquent facilement de taches brunes sèches sous le soleil de midi. |
| Rempotage | De mi-septembre à fin octobre, tous les 2 ans | Rempoter au réveil d'automne, dans un contenant à peine plus large et bien percé, en gardant la plante superficiellement enracinée. Attendre une semaine avant le premier arrosage pour laisser cicatriser les racines abîmées. |
| Taille de structure | De mi-septembre à fin octobre, tous les 2 ans | Raccourcir les tiges devenues longues et nues : de nouvelles ramifications repartent sous la coupe en quelques semaines. La tête coupée s'enracine facilement après 2 ou 3 jours de séchage à l'air libre. |
| Rentrée à l'automne | De début octobre à mi-novembre | La plante pousse pendant l'hiver et réclame alors le maximum de lumière, contrairement à la plupart des plantes grasses. Une pièce chauffée et sombre donne des tiges étirées et des rosettes lâches en quelques semaines. |
Cultivars connus
Aeonium arboreum 'Atropurpureum', Aeonium arboreum 'Dream Color'. Leur entretien est celui de l’espèce, sauf mention contraire dans les conseils ci-dessus.