Plante d’intérieur · Gesnériacées
Plante rouge à lèvres Aeschynanthus radicans
Aussi appelé : Plante lipstick, Lipstick plant
La plante rouge à lèvres est une épiphyte des forêts humides de la péninsule malaise et de Java, dont les tiges souples, garnies de petites feuilles charnues, retombent de 60 cm à 1 m. De fin avril à fin août, leurs extrémités portent des bouquets de fleurs tubulaires rouge vif, sorties d’un calice pourpre brun comme un bâton de rouge à lèvres. Elle demande une lumière vive sans soleil de midi, sans laquelle elle ne fleurit pas, et un hiver au-dessus de 13 °C. Elle supporte mieux un oubli d’arrosage qu’un excès d’eau, et se plaît en suspension près d’une fenêtre à l’est ou à l’ouest.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Gesnériacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 10 °C
- Floraison
- D’avril à août
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 11 : originaire des forêts humides de la péninsule malaise et de Java, elle ne supporte aucun gel et perd ses feuilles sous 10 °C. En France, elle vit à l’intérieur toute l’année, au-dessus de 13 °C en hiver.
Dimensions : Tiges souples et retombantes de 60 cm à 1 m de long, pour 30 à 50 cm d’étalement en suspension.
Floraison : De fin avril à fin août : bouquets de fleurs tubulaires rouge vif à gorge jaune, sortant d’un calice pourpre brun au bout des tiges, sans parfum.
Substrat : Mélange léger et aéré, par exemple moitié terreau, un quart d’écorce de pin fine et un quart de perlite. pH légèrement acide, de 5,5 à 6,5.
Exposition : Lumière vive et indirecte, près d’une fenêtre à l’est ou à l’ouest ; le soleil de midi brûle ses feuilles, mais trop d’ombre l’empêche de fleurir.
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours de mars à septembre, quand les deux à trois premiers centimètres sont secs, tous les 8 à 10 jours en automne, puis tous les 10 à 14 jours de décembre à février. Elle supporte mieux un oubli qu’un excès d’eau.
Durée de vie : Vivace persistante qui vit une dizaine d’années et plus, mais dont les tiges se dégarnissent à la base au bout de 3 ou 4 ans. Quelques boutures replantées au centre de la suspension la rajeunissent.
Multiplication : Bouturage de tiges de 10 cm de mai à septembre, dans l’eau ou en terreau léger, à l’intérieur au chaud.
Arrosage & entretien
Arrosage : De mars à septembre, arroser tous les 5 à 7 jours quand les deux à trois premiers centimètres sont secs, à l’eau douce tiède et sans mouiller les fleurs. Espacer à 8 à 10 jours en octobre et novembre, puis à 10 à 14 jours de décembre à février, pendant le repos frais qui prépare la floraison.
Fertilisation : Un engrais liquide pour plantes fleuries à demi-dose toutes les 2 à 3 semaines, de mi-mars à début septembre. Rien de mi-septembre à mi-mars, pour ne pas pousser de longues tiges molles pendant le repos.
Rempotage : Tous les 2 à 3 ans en mars ou avril, dans un pot à peine plus grand, car elle fleurit mieux un peu à l’étroit. Utiliser un mélange aéré de terreau, d’écorce fine et de perlite, sans le tasser.
Taille : Après la floraison, de fin août à fin septembre, raccourcir les tiges d’un tiers juste au-dessus d’une paire de feuilles pour qu’elles se ramifient. Ne rien couper en fin d’hiver, quand les boutons se forment au bout des tiges.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive mais filtrée, 4 à 6 heures de clarté intense par jour, avec au plus un soleil doux du matin ou de fin de journée. À l’ombre, les tiges s’allongent, les feuilles s’espacent et les fleurs se font rares.
Emplacement : À l’intérieur toute l’année, en suspension ou sur une étagère haute près d’une fenêtre à l’est ou à l’ouest, à l’abri des courants d’air. Un séjour d’un mois à 6 semaines dans une pièce claire vers 15 °C, à partir de début décembre, favorise la floraison du printemps.
Substrat : Moitié terreau pour plantes fleuries, un quart d’écorce de pin fine et un quart de perlite, pour un mélange léger qui sèche en surface en quelques jours. Un terreau pour saintpaulias allégé de perlite convient aussi.
pH : Légèrement acide, de 5,5 à 6,5, comme pour la plupart des gesnériacées. Arroser de préférence à l’eau de pluie, car le calcaire laisse une croûte blanche sur le substrat et finit par jaunir les feuilles.
Drainage : Excellent drainage indispensable : ses racines fines d’épiphyte ont besoin d’air et pourrissent vite dans un substrat compact ou une soucoupe pleine. Un pot bien percé et une soucoupe vidée après chaque arrosage suffisent à l’éviter.
Multiplication
Bouturage : tiges herbacées de 10 cm à 3 ou 4 nœuds, prises sur les produits de taille et débarrassées des feuilles du bas, piquées par trois ou quatre dans un godet de terreau et de perlite, ou simplement mises dans un verre d’eau. Les garder à l’intérieur, à 22 à 25 °C, en lumière vive sans soleil, sous un sachet plastique pour plus de sûreté : les racines viennent en 3 à 4 semaines. La bouture de tige, de mai à début septembre, à l’intérieur, dans l’eau ou en terreau léger : elle reprend très bien et sert aussi à regarnir une suspension dégarnie.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPas pour un amateur : les graines sont introuvables dans le commerce, et la plante se bouture si facilement que personne ne la sème.
Récolter les grainesPas de graines en culture : en appartement, les fleurs, pollinisées par les oiseaux dans leurs forêts d’Asie, ne forment presque jamais leurs longues capsules étroites sans pollinisation à la main, et la plupart des plantes vendues sont des sélections bouturées. Les rares graines obtenues, minuscules et munies de poils, se sèment fraîches. La bouture reste la voie normale.
Division et autres méthodes : Marcottage en suspension, de mai à septembre : poser une tige sur un godet de terreau voisin, l’épingler au niveau d’un nœud et garder le terreau humide. Couper le lien avec la mère après 4 à 6 semaines, une fois la marcotte enracinée.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture des racines et du collet, après des arrosages trop fréquents ou un repos trop froid et humide, fait flétrir les tiges puis tomber les feuilles par poignées ; dépoter, supprimer les parties molles et rempoter dans un mélange sec et aéré. Le botrytis couvre de gris les fleurs fanées et les feuilles restées mouillées ; ôter les parties atteintes et arroser sans mouiller le feuillage. Une chute massive des feuilles sans pourriture trahit plutôt un coup de froid sous 10 °C ou un courant d’air.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses forment des amas cotonneux blancs à l’aisselle des feuilles et au cœur de la suspension. Pucerons et thrips s’attaquent aux boutons et aux jeunes pousses, et les araignées rouges piquettent le feuillage en air sec. Retirer les cochenilles au coton imbibé d’alcool, doucher le feuillage hors floraison contre les autres, puis recourir à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins » si l’attaque persiste.
Prévention : Laisser sécher la surface entre deux arrosages et vider la soucoupe de la suspension, souvent oubliée en hauteur. Descendre la plante toutes les 3 à 4 semaines pour inspecter le cœur de la touffe et le revers des feuilles. Isoler quelques semaines toute plante nouvellement achetée avant de l’en approcher.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, pour aucune partie de la plante.
Toxicité animaux : L’ASPCA, centre antipoison animal américain, classe la plante rouge à lèvres (genre Aeschynanthus) non toxique pour le chien, le chat et le cheval.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit, même chez le chat qui joue avec les tiges pendantes ; une grosse quantité de feuilles avalées peut tout au plus provoquer un vomissement passager.
Précautions : Aucune précaution particulière pour la santé, sinon de suspendre la plante hors de portée d’un chat joueur, que les tiges pendantes attirent. Ranger hors d’atteinte l’engrais et les produits de traitement.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les Columnea et les Nematanthus, surnommés plantes poisson rouge, autres gesnériacées retombantes qui demandent la même lumière, le même arrosage et le même substrat aéré. Le Hoya, autre plante suspendue à feuilles épaisses, qui supporte comme elle qu’on espace les arrosages.
Associations à éviter : La fougère de Boston et les autres plantes qui réclament un substrat toujours frais : arrosée à leur rythme dans un groupe, elle pourrirait. Les cactées et plantes grasses de plein soleil, dont la place contre une vitre au sud lui brûlerait les feuilles.
Conseil : Suspendre plusieurs gesnériacées retombantes à des hauteurs différentes devant une même fenêtre à l’est, pour former un rideau fleuri qui s’arrose au même rythme. Les accrocher assez bas pour les décrocher sans peine, afin d’arroser, de vider la soucoupe et d’inspecter le cœur des touffes.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en suspension à l’intérieur, près d’une fenêtre lumineuse sans soleil de midi, entre 18 et 24 °C en croissance et vers 15 °C quelques semaines au cœur de l’hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à septembre : tous les 5 à 7 jours ; d’octobre à novembre : tous les 8 à 10 jours ; de décembre à février : tous les 10 à 14 jours | Ses feuilles charnues gardent une réserve d’eau : elle pardonne un oubli mais pas un excès, qui fait pourrir les racines et tomber les feuilles par poignées. Arroser à l’eau douce et tiède, sans mouiller les fleurs. |
| Engrais liquide | De mi-mars à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Une nourriture légère et régulière soutient la pousse des tiges qui fleuriront. Trop d’engrais donne de longues tiges molles et peu de fleurs. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines | Les cochenilles farineuses se logent à l’aisselle des feuilles et au cœur de la touffe, là où l’on regarde peu une plante suspendue. Descendre la suspension à hauteur d’yeux et écarter les tiges pour l’inspecter. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Les soucoupes clipsées des suspensions se vident mal et passent inaperçues en hauteur. Ses racines d’épiphyte, faites pour sécher vite, pourrissent en quelques jours dans l’eau stagnante. |
| Rempotage | De mars à avril, tous les 2 ans | Elle fleurit mieux un peu à l’étroit, et ses racines fines pourrissent dans un trop grand volume de terre. Un mélange de terreau, d’écorce fine et de perlite reproduit l’aération qu’elle trouve sur les troncs. |
| Floraison | De mi-avril à fin août | Les fleurs émergent en bouquets au bout des tiges, comme un rouge à lèvres de son étui. Une fois les boutons formés, ne plus déplacer la suspension : un changement de lumière ou un courant d’air les fait tomber. |
| Bouturage | De début mai à mi-septembre | Les tiges issues de la taille s’enracinent en 3 à 4 semaines, piquées par trois ou quatre dans un godet de terreau léger ou simplement posées dans un verre d’eau. Replantées au centre d’une vieille suspension dégarnie, elles la regarnissent. |
| Taille après floraison | De mi-août à fin septembre | Chaque tige coupée se ramifie, ce qui regarnit la touffe et multiplie les extrémités qui fleuriront. Ne rien couper en fin d’hiver, quand les boutons se forment au bout des tiges. |
| Déplacement saisonnier | De début décembre à mi-janvier | Ce repos frais, avec des arrosages espacés, déclenche la formation des boutons au bout des tiges. Restée au chaud toute l’année, elle pousse bien mais fleurit peu. |