Succulente · Asparagacées
Agave d'Amérique Agave americana
Aussi appelé : Agave américain, Aloès d’Amérique, Pite, Plante du siècle, Century plant
L’agave d’Amérique est une plante grasse du Mexique, dont les feuilles bleu-gris bordées d’épines forment une rosette de 1,50 à 2 m de haut pour 2 à 3 m d’étalement en pleine terre, moitié moins en pot. Elle ne reste dehors l’hiver que sur le littoral méditerranéen et dans les coins doux de la façade atlantique ; ailleurs, elle hiverne en pot hors gel. Elle veut le plein soleil, un mélange surtout minéral et plus aucun arrosage de novembre à mars, car un hiver pluvieux la fragilise dès -5 °C. Après 10 à 30 ans, elle fleurit une seule fois sur une hampe de 6 à 9 m, puis meurt en laissant ses rejets.
- Type
- Succulente
- Famille
- Asparagacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -10 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 8b à 9, soit environ -10 °C en substrat parfaitement sec, mais guère plus de -5 °C si l’hiver est pluvieux. En pleine terre seulement sur le littoral méditerranéen et dans les microclimats doux de la façade atlantique, ailleurs en pot hiverné hors gel.
Dimensions : Rosette de 1,50 à 2 m de haut pour 2 à 3 m d’étalement en pleine terre, environ moitié moins en pot. La hampe florale, unique, monte de 6 à 9 m.
Floraison : Une seule fois, en été, après 10 à 30 ans : une hampe de 6 à 9 m porte des panicules de fleurs jaunes, puis la rosette meurt ; c’est la fin de la plante, relayée par ses rejets.
Substrat : Deux tiers de matière minérale, sable grossier, pouzzolane et gravier, pour un tiers de terreau. Aucune rétention d’eau, pH neutre à légèrement calcaire.
Exposition : Plein soleil sans réserve, l’emplacement le plus chaud et le plus sec du jardin ou de la terrasse.
Arrosage : Un arrosage copieux toutes les 2 à 3 semaines en été, espacé à 4 ou 6 semaines en septembre et octobre, et plus rien du tout de novembre à mars.
Durée de vie : Vivace monocarpique : 10 à 30 ans sous nos climats, puis elle fleurit une seule fois, énormément, et meurt en laissant les rejets qui la remplacent.
Multiplication : Séparation des rejets en mai ou juin, quand ils atteignent 15 cm, la coupe séchée une semaine avant la mise en pot.
Arrosage & entretien
Arrosage : Toutes les 2 à 3 semaines en juillet et août, toutes les 3 à 4 semaines au printemps, toutes les 4 à 6 semaines en septembre et octobre, rien entre novembre et mars. Arroser d’un coup au pied jusqu’à voir l’eau sortir du pot, jamais dans le cœur de la rosette où l’eau stagnante fait pourrir le collet.
Fertilisation : Deux apports d’engrais pour cactées dilué de moitié entre mai et juillet, et c’est tout. Un agave trop nourri fait des feuilles larges et molles qui tiennent mal l’hiver.
Rempotage : Tous les 3 ans environ, en avril ou mai, dans un pot à peine plus grand, percé, lourd et de préférence en terre cuite. Se protéger avec des gants épais et un carton plié autour de la rosette, les épines terminales traversant un gant fin.
Taille : Aucune taille, la plante se construit feuille à feuille. On se contente de couper à ras les feuilles basses sèches, et l’on peut sectionner la pointe des épines des rosettes placées près d’un passage.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures directes au minimum. Moins que cela, la rosette s’étire, les feuilles s’inclinent et la plante perd sa tenue.
Emplacement : Dehors de mai à octobre, contre un mur sud qui restitue la chaleur, puis dans un local clair et hors gel entre 3 et 10 °C pour l’hiver. Un garage avec fenêtre, une véranda froide ou une serre non chauffée conviennent, une pièce chauffée non.
Substrat : Deux tiers de sable grossier, pouzzolane ou gravier pour un tiers de terreau, avec un lit de billes d’argile au fond du pot. Les terreaux du commerce seuls retiennent beaucoup trop d’eau pour elle.
pH : 6,5 à 7,5, le calcaire ne la dérange pas.
Drainage : C’est le point décisif de toute sa culture. Un pot percé, une soucoupe vidée systématiquement, et un substrat qui ressuie en quelques heures : la pourriture du collet et des racines tue bien plus d’agaves que le froid.
Multiplication
Séparation des rejets : en mai ou juin, avec des gants épais et des lunettes, contre les épines et une sève irritante : dégager le rejet, le séparer de la mère à la bêche ou au couteau avec ses racines s’il en a, et laisser sécher la coupe une semaine à l’ombre. Le planter ensuite dans un mélange très minéral à peine humide, sans arroser la première semaine. Séparer les rejets en mai ou juin quand ils atteignent 15 cm environ : la reprise est quasi certaine, et c’est le seul moyen de garder la plante après sa floraison unique.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : une feuille coupée ne fait pas de racines.
Semis :
SemerRare, puisque les graines ne viennent qu’après une floraison unique : au printemps, à l’intérieur, graines couvertes de 2 mm de sable, vers 20 à 25 °C, avec une levée en 1 à 3 semaines. Elles reproduisent l’espèce, mais pas ses formes panachées, et la croissance est lente.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs nouent seules. Il faut attendre la floraison unique d’une rosette, en climat doux seulement, puis couper en automne les capsules qui brunissent et commencent à s’ouvrir sur la hampe. Fécondées chez nous par les abeilles et d’autres insectes, et non par les chauves-souris de son Mexique natal, les fleurs nouent plus de graines quand un second agave fleurit à proximité. Seules les graines noires et pleines sont bonnes, les blanches étant vides ; elles se gardent plusieurs années au sec et au frais, et les sachets du commerce restent la voie la plus simple.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines, favorisée par un substrat humide et froid, est de loin la première cause de perte : la rosette se déchausse et les feuilles centrales se détachent à la moindre traction. On dépote, on coupe au sain, on laisse ressuyer plusieurs jours et on rempote en substrat neuf et sec. Des taches noires bordées de jaune sur les feuilles signalent une anthracnose, liée à une atmosphère confinée et humide pendant l’hivernage.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses s’installent à l’aisselle des feuilles, en amas cotonneux, et les cochenilles à bouclier sur les faces exposées : on les retire à l’alcool à 70° sur un coton, puis on traite à l’huile blanche. Le charançon de l’agave, Scyphophorus acupunctatus, arrivé dans le Midi depuis une quinzaine d’années, pond au cœur de la rosette : sa larve creuse la souche et y introduit des bactéries qui la liquéfient, et une fois le cœur atteint il n’y a plus rien à sauver. Les acariens apparaissent en hivernage trop sec et trop chaud.
Prévention : Substrat très drainant, arrosage au pied, soucoupe jamais pleine, et hivernage frais plutôt que tiède. Inspecter à l’aisselle des feuilles une fois par mois, ne pas blesser les feuilles en manipulant la plante et désinfecter le sécateur entre deux sujets : les plaies sont la porte d’entrée du charançon comme des pourritures.
Toxicité
Toxicité humaine : La sève est franchement irritante : elle contient des saponines et des raphides d’oxalate de calcium qui provoquent des dermatites de contact parfois longues à guérir, aggravées par l’exposition au soleil. Le danger le plus concret reste mécanique, l’épine terminale, dure comme un clou et longue de 2 à 3 cm, causant des piqûres profondes.
Toxicité animaux : Plante considérée comme toxique pour le chien, le chat et les autres animaux domestiques, par irritation digestive due aux saponines. Les intoxications restent rares, l’animal étant dissuadé par les épines bien avant d’avoir mâché la feuille.
Symptômes : Par ingestion, salivation abondante, irritation de la bouche, vomissements et diarrhée. Par contact, rougeur, brûlure et démangeaison apparaissant dans les heures qui suivent, parfois de petites vésicules qui persistent plusieurs jours.
Précautions : Gants épais, manches longues et lunettes pour tout rempotage ou toute coupe, et rinçage immédiat à l’eau savonneuse de la moindre projection de sève. Couper la pointe des épines ou y glisser un bouchon de liège quand le pot est placé à hauteur d’enfant ou le long d’un passage.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les graminées sèches comme le stipa, dont la légèreté contraste avec la masse rigide de la rosette et qui se contentent du même sol pauvre. Les sédums, joubarbes et delospermas en couvre-sol à distance du collet, qui demandent exactement le même régime d’eau. Les arbustes de garrigue, ciste, romarin ou lavande, dont l’arrosage nul en été convient sans compromis.
Associations à éviter : Tout ce qui réclame un arrosage régulier, hortensia, hosta, fougère ou gazon arrosé, car un seul point d’eau partagé suffit à faire pourrir l’agave. Les vivaces couvrantes qui viennent s’appuyer contre la rosette, lierre ou petite pervenche, qui maintiennent le collet humide toute l’année. Et les plantations en bordure d’allée, de terrain de jeu ou de passage étroit, où ce sont les épines qui font l’accident.
Conseil : Réservez-lui le pire endroit du jardin, le plus sec, le plus caillouteux, le plus exposé, et surélevez le pied sur une butte de gravier. C’est là qu’elle sera la plus belle, et c’est aussi là qu’elle passera l’hiver.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet cultivé en grand pot percé, dans un mélange très minéral, en plein soleil sur une terrasse d’avril à octobre, puis hiverné au sec dans un local clair et hors gel.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : toutes les 3 à 4 semaines ; de juin à août : toutes les 2 à 3 semaines ; de septembre à octobre : toutes les 4 à 6 semaines | Arroser copieusement d’un coup, puis laisser le substrat sécher entièrement avant de recommencer, toujours au pied et jamais dans le cœur de la rosette. L’eau retenue au centre fait pourrir le collet avant tout autre accident. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : chaque mois | Écarter les feuilles basses chaque mois pour chercher les amas cotonneux logés à l’aisselle des feuilles, où ils prospèrent à l’abri du regard. Une rosette qui s’affaisse et dégage une odeur de fermentation signale le charançon de l’agave, désormais présent dans le Midi. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dès que l’eau y stagne, en toute saison. En hiver rien ne s’évapore, et un fond d’eau oublié suffit à noyer des racines qui ne boivent plus. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 3 ans | Rempoter tous les 3 ans environ, au redémarrage de la croissance, dans un contenant à peine plus grand mais assez lourd pour ne pas basculer. Manipuler avec des gants épais et un carton plié autour de la rosette, les épines terminales perçant profondément. |
| Sortie au printemps | En mai | Ressortir le pot une fois les gelées passées, dans un coin abrité du vent qui couche les grands sujets. Dehors, le substrat sèche bien plus vite entre deux arrosages, ce qui est exactement ce que réclame la plante. |
| Acclimatation à la lumière | En mai | Poser d’abord le pot à mi-ombre une quinzaine de jours après l’hivernage, puis le passer au soleil direct. Des feuilles sorties d’un local sombre se marquent de taches brunes définitives si elles prennent le plein soleil d’un seul coup. |
| Engrais liquide | De mai à juillet | Deux apports suffisent pendant la pleine croissance, pas un de plus. Trop nourri, l’agave fabrique des feuilles larges et molles qui supportent mal l’hivernage et perdent la silhouette compacte de l’espèce. |
| Division de touffe | De mai à juin, tous les 2 ans | Détacher les rejets du pied quand ils atteignent une quinzaine de centimètres, et laisser sécher la coupe une semaine à l’ombre avant de les mettre en pot. C’est le seul moyen de garder la plante, la rosette mère mourant après avoir fleuri. |
| Rentrée à l'automne | De mi-septembre à fin octobre | Rentrer dès que les nuits tombent vers 8 °C et que les pluies s’installent, en véranda froide, serre ou pièce lumineuse non chauffée. Un mois de pluie sur un substrat déjà froid suffit à faire pourrir les racines charnues. |
| Repos sec | De novembre à mars | Garder la motte totalement sèche pendant tout l’hivernage, dans un local clair et frais entre 3 et 10 °C. C’est le froid humide, et non le froid, qui tue l’agave sous nos climats : à -10 °C au sec il tient, à -5 °C les pieds mouillés il pourrit. |