Annuelle · Astéracées
Agérate du Mexique Ageratum houstonianum
Aussi appelé : Agérate, Ageratum, Célestine, Floss flower
L’agérate du Mexique vient du Mexique et d’Amérique centrale, où il vit plusieurs années ; chez nous, on le cultive comme une annuelle pour ses petits pompons duveteux bleu mauve, parfois blancs ou roses. Les variétés naines forment des bordures de 15 à 30 cm, les hautes montent à 50 à 70 cm pour le bouquet. Il demande une terre fraîche sans être détrempée, du soleil ou une mi-ombre lumineuse, et des arrosages réguliers tout l’été. Le premier gel le tue : on ne le plante qu’une fois les nuits durablement douces.
- Type
- Annuelle
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 0 °C
- Floraison
- De juin à octobre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Non rustique : la première gelée le détruit, dès 0 °C, et on le cultive partout en France comme une annuelle, sans qu’une zone USDA s’applique. Il ne se plante qu’une fois les nuits durablement au-dessus de 10 °C.
Dimensions : 15 à 30 cm de haut pour les variétés naines de bordure, 50 à 70 cm pour les variétés hautes à couper, sur 20 à 30 cm d’étalement.
Floraison : De juin aux gelées, jusqu’à fin octobre : petits pompons duveteux bleu mauve, parfois blancs ou roses, sans parfum notable. La plante est toxique si elle est ingérée.
Substrat : Terre meuble, enrichie de compost, qui reste fraîche sans être détrempée, ou terreau pour plantes fleuries en jardinière ; pH de 6 à 7.
Exposition : Soleil ou mi-ombre lumineuse ; dans le Midi, une ombre légère aux heures chaudes lui évite de s’épuiser en août.
Arrosage : Tous les 3 ou 4 jours de la plantation à fin juin, tous les 2 ou 3 jours en juillet et août, tous les 4 à 6 jours en septembre et début octobre ; chaque jour en jardinière par forte chaleur.
Durée de vie : Vivace de courte durée au Mexique et en Amérique centrale, d’où il vient, il se cultive chez nous en annuelle : semé en fin d’hiver, il fleurit de juin aux gelées puis meurt.
Multiplication : Semis en surface, à la lumière, de fin février à début avril, à l’intérieur au chaud, puis plantation dehors après les gelées.
Arrosage & entretien
Arrosage : Au pied et sans mouiller le feuillage, tous les 3 ou 4 jours après la plantation, tous les 2 ou 3 jours en juillet et août, puis tous les 4 à 6 jours en septembre et début octobre. En jardinière, l’arrosage devient quotidien par forte chaleur, car l’agérate flétrit au premier coup de sec.
Fertilisation : En pleine terre, une pelletée de compost à la plantation suffit le plus souvent. En jardinière, apporter toutes les 2 à 3 semaines, de juin à début septembre, un engrais liquide pour plantes fleuries, plus riche en potasse qu’en azote.
Rempotage : Pas de rempotage pour une plante renouvelée chaque année, mais un repiquage des jeunes semis en godets dès leurs deux premières vraies feuilles. En jardinière, l’installer chaque printemps dans un terreau neuf, à 20 cm d’intervalle.
Taille : Pincer les jeunes plants au-dessus de la deuxième ou troisième paire de feuilles pour les ramifier, puis couper les bouquets de fleurs brunis au fil de l’été. Si la touffe s’essouffle fin juillet, la rabattre d’un tiers : elle refleurit en septembre.
Exposition & substrat
Exposition : Soleil ou mi-ombre lumineuse, avec au moins 5 à 6 heures de lumière directe pour une floraison serrée. Dans le Midi, une ombre légère aux heures chaudes prolonge la floraison.
Emplacement : Extérieur, de la mi-mai aux premières gelées, en bordure de massif, en potée ou en jardinière, de préférence à l’est ou à l’ouest. Contre un mur plein sud, la chaleur réverbérée dessèche vite les pots et grille les fleurs.
Substrat : Terre de jardin ameublie et enrichie de compost bien décomposé, qui garde la fraîcheur en été. En pot, choisir un terreau pour plantes fleuries, allégé d’un peu de sable ou de perlite.
pH : Entre 6 et 7, légèrement acide à neutre ; un sol un peu calcaire est toléré s’il reste riche et frais.
Drainage : Nécessaire : les racines fines de l’agérate pourrissent vite dans une terre gorgée d’eau, surtout par temps frais. En jardinière, garder les trous d’écoulement dégagés et vider la soucoupe après l’arrosage.
Multiplication
Semis : de fin février à début avril, à l’intérieur, en terrine sur un terreau fin et humide, graines laissées en surface car elles ont besoin de lumière, à 20 à 22 °C : la levée prend 1 à 2 semaines. Repiquer en godets dès deux vraies feuilles et planter dehors fin mai, après les gelées. Les variétés hybrides du commerce ne se reproduisent pas fidèlement à partir de graines récoltées. Le semis à l’intérieur, de fin février à début avril, graines laissées en pleine lumière : il réussit bien et fleurit environ 3 mois plus tard.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. Laisser sécher quelques pompons sur la plante en août ou septembre, puis les cueillir quand ils brunissent et les émietter dans un sac en papier pour en libérer les minuscules akènes noirs. La plupart des agérates de jardinerie sont des hybrides F1, dont les graines donnent des plants plus grands et de couleurs mélangées : les sachets du commerce restent la voie sûre. Les graines se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais.
Les autres méthodes
Bouturage : Rarement pratiqué : des tiges herbacées de 5 à 8 cm prises en août, piquées dans un mélange de terreau et de sable à l’étouffée, à l’intérieur, s’enracinent en 2 semaines. Elles servent seulement à hiverner hors gel, vers 10 à 15 °C, une plante dont on veut garder la couleur.
Division et autres méthodes : Aucune : cultivé en annuelle, il ne fait ni rejets ni souche à diviser.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre parfois les feuilles d’un feutrage blanc en fin d’été, surtout sur des plants serrés ou assoiffés : retirer les feuilles atteintes et aérer la touffe. Dans une terre détrempée, la pourriture des racines et du collet fait flétrir la plante d’un coup, sans remède. La fonte des semis couche les plantules au ras du terreau quand le semis est trop dense ou trop arrosé.
Parasites fréquents : Les aleurodes, petites mouches blanches qui s’envolent quand on secoue la touffe, sont son principal ennemi : pièges jaunes englués et douche du revers des feuilles les limitent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Par temps chaud et sec, les acariens ternissent et jaunissent le feuillage, et reculent quand la terre reste fraîche et paillée. Les pucerons et, juste après la plantation, les limaces complètent la liste.
Prévention : Espacer les plants de 20 à 25 cm pour que l’air circule, et arroser au pied, le matin. Semer dans un terreau neuf et ne planter que dans une terre réchauffée. Tenir l’agérate à l’écart des plantes qui hébergent déjà des aleurodes, comme les fuchsias ou les lantanas.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique par ingestion : toute la plante contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques, qui s’attaquent au foie. Le danger tient surtout à des ingestions répétées, et la plante ne doit jamais servir en tisane ni en remède.
Toxicité animaux : Les intoxications décrites touchent surtout le bétail, bovins et chèvres, qui en broutent dans les pâturages envahis, avec des lésions graves du foie. Chiens et chats en mangent rarement assez pour s’intoxiquer, mais une ingestion peut provoquer vomissements et diarrhée ; lapins, cobayes et tortues ne doivent pas en recevoir.
Symptômes : Après ingestion, nausées, vomissements et douleurs abdominales ; après des ingestions répétées, fatigue, perte d’appétit et jaunisse traduisent une atteinte du foie. Le contact avec la plante n’irrite qu’exceptionnellement la peau des personnes sensibles.
Précautions : Ne pas donner les déchets de massif aux lapins, aux poules ou au bétail, ni les jeter dans un pré. Surveiller les jeunes enfants près des massifs et des jardinières.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les œillets d’Inde et les soucis, dont l’orange répond au bleu lavande de ses pompons, et qui aiment comme lui le soleil et une terre fraîche. L’alysse odorante blanche, plantée en alternance au premier rang, compose avec lui la bordure bleu et blanc classique des massifs. En jardinière, les pétunias et le bacopa retombant partagent son goût pour un terreau toujours frais.
Associations à éviter : Les plantes de terrain sec, comme la lavande ou les euphorbes, que l’arrosage fréquent dont il a besoin ferait pourrir. Les grandes annuelles, comme les cosmos ou les tournesols, plantées trop près : elles le dominent et le privent de lumière dès juillet. Les fuchsias et les lantanas, très appréciés des aleurodes, qui passeraient d’une plante à l’autre.
Conseil : Planter l’agérate par groupes serrés de cinq à sept pieds plutôt qu’en ligne, pour former un tapis bleu continu au premier plan. Ses pompons attirent les papillons tout l’été : quelques pieds en bordure du potager ou près d’une terrasse suffisent à les faire venir.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Semis sous abri chauffé en fin d’hiver, puis plantation en bordure, en massif ou en jardinière après les gelées, au soleil ou à mi-ombre légère, dans une terre riche qui reste fraîche ; la première gelée détruit la plante.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mai à fin juin : tous les 3 à 4 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 3 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 4 à 6 jours | L’agérate flétrit au premier coup de sec et ses pompons brunissent : garder la terre fraîche sans la détremper. En jardinière au soleil, l’arrosage devient quotidien par forte chaleur. |
| Engrais liquide | De début juin à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | En pot, le terreau s’épuise en quelques semaines et la floraison ralentit sans apport ; en pleine terre, le compost de la plantation suffit le plus souvent. |
| Semis | De mi-février à mi-avril | Semer en terrine sur un terreau fin et humide, en pleine lumière, car les graines en ont besoin pour germer, puis repiquer en godets dès deux vraies feuilles. Il faut compter environ 3 mois du semis aux premières fleurs. |
| Mise en place des plants | De mi-mai à mi-juin | Installer des plants endurcis quelques jours dehors, dans une terre ameublie et enrichie de compost, sans enterrer le collet plus bas que la motte. Le moindre gel noircit l’agérate, et une nuit froide le bloque plusieurs semaines. |
| Pincement | De mi-mai à mi-juin | Pincer la pointe des jeunes plants au-dessus de la deuxième ou troisième paire de feuilles, à la plantation : la touffe s’étoffe et porte davantage de bouquets de fleurs. |
| Paillage | En juin | Un paillis de tontes séchées ou de chanvre garde au frais les racines fines et superficielles de l’agérate et espace les arrosages d’été. |
| Floraison | De juin à octobre | Les petits pompons duveteux se renouvellent tout l’été tant que la terre reste fraîche, avec un ralentissement fréquent pendant les fortes chaleurs d’août. Ils attirent les papillons. |
| Inspection parasitaire | De début juin à mi-septembre | Chaque semaine, regarder le revers des feuilles : les aleurodes, petites mouches blanches, y pondent, et les acariens y tissent de fines toiles par temps chaud et sec. Un feutrage blanc sur les feuilles en fin d’été signale l’oïdium, qui recule quand on arrose au pied. |
| Fleurs fanées | De juillet à septembre | Couper les bouquets de fleurs qui brunissent garde la touffe nette et relance la floraison. Si les plants s’essoufflent fin juillet, les rabattre d’un tiers puis bien arroser : ils refleurissent en septembre. |