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Vivace · Lamiacées

Bugle rampante Ajuga reptans

Aussi appelé : Bugle, Consoude moyenne, Herbe de Saint-Laurent, Bugleweed

La bugle rampante est une vivace couvre-sol des prairies fraîches et des lisières d’Europe, qui tapisse le sol de rosettes persistantes et dresse au printemps de courts épis bleu violet très visités par les abeilles. Son tapis ne dépasse pas 10 à 15 cm de haut, mais s’étend sans fin par ses stolons : un pied couvre 40 à 60 cm en 2 ans. Elle demande surtout une terre qui ne sèche jamais, à mi-ombre ou à l’ombre. En plein soleil dans un sol sec, ses feuilles brûlent sur les bords.

Bugle rampante (Ajuga reptans)
Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Lamiacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-30 °C
Floraison
D’avril à juin
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 4, soit environ -30 °C. Le feuillage reste en place l’hiver en climat doux et se recroqueville sous les fortes gelées avant de repartir au printemps.

Dimensions : Le tapis de feuilles ne dépasse pas 10 à 15 cm, les épis de fleurs montent à 15 à 30 cm en mai. L’étalement n’a pas de limite propre : chaque pied couvre 40 à 60 cm en 2 ans par ses stolons, puis continue.

Floraison : D’avril à juin, épis dressés de petites fleurs bleu violet, parfois roses ou blanches, très visités par les abeilles.

Substrat : Terre fraîche, souple et humifère, enrichie de terreau de feuilles ou de compost. pH 5,5 à 7,5, avec un optimum vers 6,5 ; elle s’accommode de presque tout pourvu que le sol ne sèche pas.

Exposition : Mi-ombre à ombre, avec 2 à 4 heures de soleil doux du matin. Elle ne tolère le plein soleil que si le sol reste humide, faute de quoi les rosettes grillent sur les bords.

Arrosage : Régulier d’avril à octobre : tous les 7 à 10 jours au printemps et en automne, tous les 3 à 5 jours en juillet et août. Ses racines superficielles ne vont pas chercher l’eau en profondeur.

Durée de vie : Vivace stolonifère persistante. Chaque rosette vit 2 à 3 ans, mais le tapis se renouvelle seul et tient indéfiniment, à condition d’être éclairci tous les 3 ans.

Multiplication : Prélèvement des rosettes enracinées au bout des stolons en septembre, replantées aussitôt à 25 à 30 cm d’écart.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours d’avril à juin puis en septembre, et tous les 3 à 5 jours en juillet et août, davantage si elle est au soleil. Arroser au pied et non sur le feuillage, l’eau qui stagne au cœur des rosettes appelant l’oïdium et la pourriture.

Fertilisation : Très peu de chose, un peu de terreau de feuilles épandu entre les rosettes en mars, un printemps sur deux. Une terre trop riche donne un tapis mou qui pourrit au premier automne humide.

Rempotage : En pleine terre, pas de rempotage : on prélève et on replante les stolons enracinés tous les 3 ans, en septembre, quand le centre se dégarnit. En jardinière, renouveler le substrat tous les 2 ans au printemps.

Taille : Un seul geste, la cisaille ou la tondeuse réglée haut sur les épis fanés, fin juin. Le reste de l’année, il s’agit surtout de contenir les stolons à la bêche sur les bordures.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre à ombre franche ; 2 à 4 heures de soleil du matin donnent le meilleur compromis entre couleur et santé du feuillage. Le soleil de l’après-midi en été brûle les rosettes dès que le sol sèche.

Emplacement : Extérieur toute l’année, au pied d’une haie, sous des arbustes, en bordure d’allée ombragée. Les orientations nord et est lui conviennent le mieux.

Substrat : Terre de jardin fraîche et souple, enrichie de compost ou de terreau de feuilles à la plantation. Elle déteste les sols compactés et secs, où les stolons ne s’enracinent pas.

pH : 5,5 à 7,5, optimum autour de 6,5. C’est l’un des couvre-sols les plus indifférents au pH.

Drainage : Il lui faut une humidité constante et un sol qui ressuie malgré tout. C’est en terre détrempée et froide l’hiver que le collet pourrit, et une plaque entière se détache alors d’un seul tenant au printemps.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rosettes : en septembre et début octobre, dehors : couper le stolon, soulever au transplantoir les rosettes enracinées avec leur motte et les replanter à 25 à 30 cm d’écart, puis arroser. C’est aussi le moment d’éclaircir un tapis dégarni au centre et de le ramener dans ses limites. Prélever en septembre les rosettes déjà enracinées au bout des stolons : la reprise est quasi certaine. Les cultivars à feuillage pourpre ou panaché se multiplient ainsi, le semis ne les reproduisant pas.

Les autres méthodes

Bouturage : Inutile, puisque les rosettes s’enracinent seules ; une rosette arrachée sans racines, piquée dehors à l’ombre dans un terreau humide, s’enracine pourtant en 2 à 3 semaines.

Semis :

SemerRarement pratiqué : au printemps, dehors ou sous châssis froid, graines à peine couvertes, avec une levée en 2 à 4 semaines vers 15 °C. Les graines donnent la bugle bleue de l’espèce, jamais les feuillages colorés des cultivars.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : mais des pieds d’origines différentes, voisins, donnent nettement plus de graines. Couper les épis fanés en juin ou juillet, quand les calices brunissent, et les secouer dans un sac en papier pour en recueillir les petites nucules. Les fleurs sont fécondées par les abeilles et les bourdons, et un tapis issu d’un seul clone peut en nouer peu. Les graines se gardent 1 à 2 ans au sec et au frais.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet, due à Sclerotium rolfsii ou à Rhizoctonia, est sa maladie caractéristique : des plaques de rosettes jaunissent, brunissent, puis se détachent sans racines. Arracher les zones atteintes avec la terre, éclaircir le tapis et espacer les arrosages. L’oïdium, voile blanc farineux, s’installe par temps lourd en situation confinée et disparaît après un passage de cisaille.

Parasites fréquents : Limaces et escargots s’attaquent aux jeunes rosettes au printemps, en particulier sur une plantation de l’année. Les pucerons colonisent parfois les épis floraux en mai, sans conséquence durable. En jardinière, l’otiorhynque adulte découpe le bord des feuilles et sa larve mange les racines.

Prévention : Ramasser les feuilles mortes tombées sur le tapis avant l’hiver, car c’est sous cette couche humide que la pourriture démarre. Planter à 25 ou 30 cm, pas plus serré, et éclaircir tous les 3 ans. Arroser le matin, au pied, pour que le feuillage soit sec la nuit.

Toxicité

Toxicité humaine : La bugle rampante n’est pas répertoriée comme toxique ; c’est une plante médicinale traditionnelle, connue sous le nom d’herbe au charpentier pour ses usages cicatrisants. Son feuillage est très amer, ce qui décourage de toute façon d’en manger.

Toxicité animaux : Elle ne figure pas parmi les plantes toxiques pour le chien et le chat. Aucun cas d’intoxication n’est rapporté chez les animaux domestiques.

Symptômes : Rien de documenté. Une ingestion importante causerait tout au plus des troubles digestifs bénins, comme n’importe quel végétal amer avalé en quantité.

Précautions : Aucune précaution particulière n’est requise, y compris dans un jardin fréquenté par de jeunes enfants ou des animaux. La prudence habituelle, qui est de ne pas laisser goûter les plantes d’ornement, suffit.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les hostas partagent son besoin d’ombre et de fraîcheur, et leurs grandes feuilles contrastent avec le tapis ras. Les fougères occupent le même étage humide sans concurrencer ses racines superficielles. Les bulbes de printemps, narcisses et scilles, percent le tapis en mars et fleurissent avant qu’elle ne démarre.

Associations à éviter : Le gazon voisin est la vraie erreur, les stolons y passent et l’on ne les en sort plus. Les vivaces naines de rocaille, joubarbes, sédums, petites campanules, se font étouffer en deux saisons et demandent en plus un milieu sec opposé au sien. Lavande et romarin, pour la même raison de sol et de soleil, n’ont rien à faire à côté.

Conseil : Lui donner une limite dure dès la plantation, bordure enterrée, dalle ou allée gravillonnée. Un tapis contenu est un excellent couvre-sol d’ombre ; un tapis libre en bordure de pelouse devient un désherbage annuel dont on ne voit pas la fin.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Tapis couvre-sol en pleine terre, à mi-ombre ou à l’ombre, sous des arbustes ou au pied d’une haie, dans une terre qui reste fraîche.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à juin : tous les 7 à 10 jours ; de juillet à août : tous les 3 à 5 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 7 à 10 jours Maintenir le sol frais du printemps à l’automne, sans jamais le laisser sécher en surface. Les rosettes n’ont que quelques centimètres de racines : une semaine de sec en juillet les grille alors que la terre reste humide dessous.plus souvent au soleil, moins à l’ombre
Compost, amendementOptionnel En mars, tous les 2 ans Épandre un peu de terreau de feuilles entre les rosettes au redémarrage, un printemps sur deux. La bugle se contente de peu, et une terre trop riche donne un tapis mou qui pourrit au premier automne humide.terreau de feuilles plutôt qu’un engrais
PaillageUtile De début avril à mi-mai Pailler légèrement entre les jeunes plants le temps qu’ils se rejoignent, pour garder la fraîcheur dont dépend la reprise. Une couche épaisse empêcherait les stolons de s’enraciner au passage, et le tapis ne se fermerait pas.couche fine, 2 à 3 cm, entre les pieds seulement
Inspection parasitaireUtile De mai à août Surveiller par temps lourd les plaques de rosettes qui jaunissent puis se détachent sans racines, signe d’une pourriture du collet, ainsi que le voile blanc farineux de l’oïdium. Les limaces, elles, s’attaquent surtout aux jeunes rosettes d’une plantation de l’année.pourriture du collet, oïdium, limaces
Taille après floraisonUtile En juin Couper les épis défleuris dès la fin de la floraison pour rendre au tapis son aspect ras. Les hampes sèches laissées en place retiennent l’humidité au cœur des rosettes.épis fanés, à la cisaille ou à la tondeuse réglée haut
Division de touffeUtile De début septembre à mi-octobre, tous les 3 ans Prélever et replanter à la main les rosettes enracinées quand le centre du tapis se dégarnit, tous les 3 ans environ. C’est aussi l’occasion de ramener la colonie dans ses limites, car elle avance sans prévenir.rosettes déjà racinées au bout des stolons
Ramassage des feuilles mortesEssentiel De début novembre à mi-décembre Retirer les feuilles mortes déposées sur le tapis avant les pluies d’hiver. Sous une couche humide et plaquée, les rosettes pourrissent au collet et le couvre-sol part en plaques au printemps.feuilles mortes tombées des arbres au-dessus