Arbre · Fabacées
Arbre à soie Albizia julibrissin
Aussi appelé : Albizia, Albizzia, Acacia de Constantinople, Mimosa de Constantinople, Silk tree
L’arbre à soie est un arbre caduc d’Asie, de l’Iran à la Chine, au feuillage finement découpé, qui se couvre en plein été de houppes d’étamines roses, soyeuses et légèrement parfumées. En France, il atteint 6 à 8 m de haut, pour une cime étalée en parasol de 5 à 8 m. Il exige le plein soleil, un sol bien drainé, même pauvre ou calcaire, et l’abri des vents froids. Il ne supporte pas l’eau stagnante, et le froid le limite : un sujet installé tient vers -15 °C, un jeune gèle bien avant.
- Type
- Arbre
- Famille
- Fabacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De juillet à août
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 7 à 9 ; un arbre installé supporte -15 °C environ sur de courtes périodes, un jeune sujet gèle bien avant.
Dimensions : 6 à 8 m de haut en France, parfois davantage, pour une cime étalée en parasol de 5 à 8 m.
Floraison : De juillet à fin août : houppes soyeuses d’étamines roses à base blanche, en pompons sur le feuillage, au parfum léger et doux.
Substrat : Sol bien drainé, même pauvre, sableux ou caillouteux, au pH de 5,5 à 8 ; il tolère le calcaire mais pas l’eau stagnante.
Exposition : Plein soleil indispensable, à l’abri des vents froids.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours en juillet et août les trois premières années, puis seulement en cas de sécheresse prolongée.
Durée de vie : Vivace ligneuse, arbre caduc à croissance rapide mais à vie courte, une trentaine d’années en moyenne.
Multiplication : Semis au printemps après trempage des graines dans l’eau très chaude, en godets profonds, à l’intérieur au chaud.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les trois premières années, arroser copieusement tous les 10 à 15 jours de fin mai à fin juin, puis tous les 7 à 10 jours en juillet et août, en laissant la terre sécher entre deux apports. Dès septembre, espacer pour laisser le bois durcir avant l’hiver ; un arbre installé se passe d’arrosage hors sécheresse prolongée.
Fertilisation : Inutile en général : comme la plupart des Fabacées, il héberge sur ses racines des bactéries qui fixent l’azote de l’air. Un peu de compost à la plantation suffit, et un engrais azoté donnerait des pousses tendres qui gèlent l’hiver.
Rempotage : En pleine terre, aucun ; un jeune sujet en bac se rempote tous les 2 ans au printemps, dans un mélange drainant de terreau et de terre de jardin. Il supporte mal qu’on dérange ses racines : le planter jeune, sans abîmer la motte.
Taille : Les premières années, en mars, former un tronc et une cime en parasol en supprimant les branches basses et mal placées. Ensuite, se limiter au bois mort, à couper en juin une fois les feuilles sorties, car les grosses coupes cicatrisent mal.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour au moins : la chaleur de l’été fait sa floraison et durcit son bois avant l’hiver.
Emplacement : En pleine terre, dans un coin chaud et abrité, par exemple à quelques mètres d’un mur exposé au sud dans la moitié nord de la France. Éviter le bord immédiat d’une piscine ou d’une terrasse, où tombent fleurs, gousses et miellat collant.
Substrat : Une terre ordinaire, même pauvre, sableuse ou caillouteuse, lui suffit pourvu qu’elle soit drainante. Une terre argileuse s’allège de gravier et de sable grossier à la plantation.
pH : De 5,5 à 8 : il accepte aussi bien les sols acides que calcaires.
Drainage : Essentiel, car l’eau stagnante, surtout en hiver, fait pourrir ses racines et favorise les champignons du sol. En terrain lourd, planter sur une butte.
Multiplication
Semis : en avril à l’intérieur ou en mai dehors : verser de l’eau presque bouillante sur les graines et les laisser tremper 24 heures, puis les semer à 1 cm de profondeur, une par godet profond, vers 20 à 25 °C, avec une levée en 1 à 3 semaines. Les graines reproduisent l’espèce, mais pas les variétés à feuillage pourpre, et les jeunes plants passent leur premier hiver hors gel. Le semis au printemps, après trempage des graines dans l’eau très chaude : la levée est rapide et sûre, et les arbres fleurissent au bout de 3 à 5 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs sont fécondées par les papillons et les abeilles. Les gousses plates mûrissent en septembre et octobre : les cueillir quand elles sont brunes et sèches, souvent encore accrochées à l’arbre en hiver. Un seul arbre suffit à en donner beaucoup, et les graines, protégées par une enveloppe très dure, se gardent plusieurs années au sec et au frais.
Les autres méthodes
Bouturage : Les tiges se bouturent très mal ; les boutures de racine réussissent mieux : tronçons de 5 à 8 cm prélevés en février, couchés sous 1 cm de terreau sableux, sous abri à 18 à 20 °C. Les pousses apparaissent en 4 à 8 semaines.
Division et autres méthodes : Les drageons qui naissent parfois autour d’un arbre installé se prélèvent en mars ou avril, à la bêche, avec un morceau de racine, puis s’empotent sous abri jusqu’à la reprise. La greffe des variétés pourpres est un travail de pépiniériste.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le flétrissement fusarien, dû à un champignon du sol, fait sécher brutalement une branche entière en plein été, puis gagne tout l’arbre. Il n’existe aucun traitement : l’arbre atteint s’arrache, et l’on ne replante pas d’albizia au même endroit. En sol détrempé, les racines pourrissent et le feuillage jaunit puis tombe.
Parasites fréquents : Le psylle de l’albizia, petit insecte venu d’Asie, pullule en été sur le feuillage, que son miellat rend collant avant qu’une fumagine noire ne s’y installe. Des jets d’eau puissants, les coccinelles et les syrphes limitent ses populations, et un traitement est rarement justifié. Les cochenilles, plus rares, se brossent en hiver.
Prévention : Un sol drainant, une place chaude et un arbre qu’on ne pousse pas à l’engrais résistent mieux. Désinfecter les outils de taille et éviter les blessures au tronc limitent l’entrée des champignons. Surveiller le miellat dès juin permet d’agir avant que le psylle n’envahisse tout le feuillage.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune intoxication humaine notable n’est décrite. Les gousses et leurs graines renferment cependant une substance neurotoxique et ne se consomment pas.
Toxicité animaux : Les gousses, vertes ou sèches, ont intoxiqué des bovins, des moutons et des chiens qui en avaient mangé en quantité. Leur toxine contrarie l’action de la vitamine B6 sur le système nerveux.
Symptômes : 12 à 24 heures après l’ingestion apparaissent une agitation, des réactions exagérées aux bruits et au toucher, des tremblements, de la salivation, une respiration difficile et parfois des convulsions. Aucun effet n’est connu au contact de la peau.
Précautions : Ramasser les gousses tombées si un chien a l’habitude de les mâchonner, et apprendre aux enfants à ne pas porter les graines à la bouche. En cas d’ingestion par un animal, consulter vite un vétérinaire : la vitamine B6 en injection en corrige les effets.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les lavandes, les cistes et les sauges arbustives partagent son goût pour le soleil, la chaleur et les sols secs, et s’épanouissent en lisière de sa cime. Les graminées légères comme les pennisetums prolongent son allure aérienne jusqu’en automne. Sous son ombrage filtrant, une pelouse ou des vivaces de terrain sec poussent sans difficulté, ce qu’un arbre au feuillage dense ne permet pas.
Associations à éviter : Les plantes de terre fraîche, hortensias ou fougères, réclament un arrosage qui ferait pourrir ses racines. Les grands arbres voisins lui volent le soleil dont dépendent sa floraison et la solidité de son bois. Un bassin ou un massif soigné juste dessous se salit de fleurs, de gousses et de miellat.
Conseil : Un paillis minéral de graviers au pied unifie cet ensemble méditerranéen et garde le collet au sec en hiver. Planter les compagnes à au moins 1 m du tronc laisse ses racines s’installer sans concurrence les premières années.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre planté en pleine terre, en plein soleil et à l’abri des vents froids, dans un sol bien drainé, même pauvre ou calcaire.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mai à fin juin : tous les 10 à 15 jours ; de juillet à août : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement puis laisser la terre sécher : il craint bien plus un sol détrempé que la sécheresse. Espacer dès septembre aide le bois à durcir avant l’hiver. |
| Inspection parasitaire | De début juin à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Ce petit insecte venu d’Asie pullule en plein été ; des jets d’eau puissants sur le feuillage et les coccinelles en limitent les dégâts. |
| Taille de structure | En mars | Supprimer les branches basses et mal placées les premières années évite de devoir tailler gros plus tard, ce que l’arbre adulte cicatrise mal. |
| Bois mort et feuilles abîmées | En juin | Ses feuilles sortent tard, en mai et parfois en juin : avant, rien ne distingue un rameau gelé d’un rameau qui dort. On supprime ensuite ce qui est resté sec, au ras du bois vivant. |
| Floraison | De juillet à août | Il ne fleurit généreusement qu’en plein soleil et à la chaleur ; un arbre issu de semis donne ses premières fleurs au bout de 3 à 5 ans. |
| Fructification, récolte | D’octobre à février | Ramasser les gousses tombées si un chien a l’habitude de les mâchonner ; dans le Midi, cela limite aussi les semis spontanés. |
| Protection des racines | De début novembre à mi-décembre | Son jeune bois, encore mal durci, gèle bien avant celui d’un arbre établi, qui supporte -15 °C environ. Le paillis garde la souche en vie même si les rameaux souffrent. |