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Bisannuelle · Malvacées

Rose trémière Alcea rosea

Aussi appelé : Passe-rose, Primerose, Rose à bâton, Rose d’outremer, Hollyhock

La rose trémière est une grande bisannuelle venue d’Orient, cultivée depuis des siècles dans les jardins européens pour ses hampes chargées de fleurs en coupe blanches, roses, rouges, jaunes ou presque noires. Elle monte à 1,50 à 2,50 m, parfois 3 m au pied d’un mur, sur 50 à 80 cm de large seulement. Elle demande surtout le plein soleil et une terre profonde, même pauvre, caillouteuse ou calcaire, où plonger sa racine pivotante. À l’ombre, elle s’étiole, fleurit mal et se couvre de rouille.

Rose trémière (Alcea rosea)
Photo : Peter Haas, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Bisannuelle
Famille
Malvacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
De juin à septembre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 3 à 9, elle encaisse -25 °C et davantage. C’est l’une des plus rustiques des grandes bisannuelles de jardin.

Dimensions : 1,50 à 2,50 m de haut, parfois 3 m au pied d’un mur, pour seulement 50 à 80 cm d’étalement.

Floraison : De mi-juin à début septembre, grandes fleurs en coupe blanches, roses, rouges, jaunes ou presque noires, qui s’ouvrent du bas vers le haut de la hampe.

Substrat : Terre ordinaire, profonde, plutôt sèche, même caillouteuse ou calcaire. Sa racine pivotante réclame de la profondeur plus que de la richesse.

Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum. À l’ombre elle file, fleurit peu et attrape la rouille.

Arrosage : Tous les 8 à 12 jours de mai à septembre la première année, puis presque rien une fois le pivot installé. Toujours au pied, jamais sur le feuillage.

Durée de vie : Bisannuelle, parfois vivace de courte durée sur 3 ou 4 ans. Elle se ressème seule si on laisse quelques capsules mûrir, et la touffe se perpétue ainsi indéfiniment.

Multiplication : Semis en place de mai à début juillet, trois graines par poquet à 1 cm, pour une floraison l’année suivante.

Arrosage & entretien

Arrosage : De mai à septembre, un arrosage copieux tous les 8 à 12 jours sans pluie, toujours au goulot et au pied. Mouiller le feuillage revient à inviter la rouille, qui est ici la maladie qui décide de tout.

Fertilisation : Presque inutile, elle fleurit sur les terres pauvres et les pieds de mur. Une poignée de compost au printemps sur sol maigre, pas davantage : l’excès d’azote favorise la rouille et fait verser les hampes.

Rempotage : Mal adaptée au pot à cause de son pivot, qui exige 40 cm de profondeur. Comme le pied est bisannuel, on ne rempote pas : on ressème.

Taille : Supprimer les fleurs fanées de bas en haut prolonge la floraison de plusieurs semaines. Rabattre la hampe à 10 cm du sol en septembre ou octobre, une fois les graines récoltées.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum. Une exposition très ensoleillée et ventilée sèche vite le feuillage et limite la rouille.

Emplacement : Extérieur en permanence, adossée à un mur orienté sud ou ouest qui la cale contre le vent. C’est la place classique des roses trémières dans les villages de l’Ouest.

Substrat : Profond et ordinaire, même pauvre et caillouteux. Les terres lourdes et humides en hiver ne lui conviennent pas.

pH : 6,5 à 7,5, le calcaire est le bienvenu.

Drainage : Bon drainage indispensable en hiver. L’eau qui stagne au collet fait pourrir la couronne pendant que la plante est au repos, et le pied ne repart pas au printemps.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : de mai à début juillet, directement en place dehors, trois graines par poquet à 1 cm de profondeur, puis ne garder que le plant le plus vigoureux : la levée prend 1 à 3 semaines vers 15 à 20 °C. Les graines récoltées donnent des couleurs mélangées, et les variétés doubles ou d’une teinte précise ne se reproduisent pas toujours fidèlement. Le semis en place de mai à début juillet : il réussit presque toujours et fleurit l’année suivante.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des bourdons. Les fruits, en forme de disque, mûrissent du bas vers le haut de la hampe d’août à octobre : les détacher quand ils sont bruns et secs, puis les égrener à la main. Les fleurs se croisent librement entre roses trémières voisines, d’où le mélange des couleurs ; pour une teinte ou une forme double précise, les sachets du commerce sont plus sûrs. Les graines se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais.

Les autres méthodes

Bouturage : Ne se bouture pas en pratique : la plante repose sur sa racine pivotante.

Division et autres méthodes : Aucune : la racine pivotante supporte mal d’être dérangée. Les semis spontanés se déplacent jeunes, au stade de 3 ou 4 feuilles, avec une bonne motte.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La rouille de la mauve, Puccinia malvacearum, est quasi systématique : pustules orange au revers des feuilles, taches jaunes sur le dessus, défoliation par le bas. On supprime et on détruit les feuilles atteintes, et on traite à la bouillie bordelaise ou à la décoction de prêle tous les 15 jours dès avril. Une fois la hampe atteinte, aucun traitement ne rattrape la saison.

Parasites fréquents : Les limaces et les escargots rasent les jeunes rosettes au printemps. Les altises percent le feuillage de petits trous ronds, les pucerons s’installent sous les feuilles hautes en juin.

Prévention : Arroser strictement au pied, espacer les pieds de 50 à 60 cm pour laisser passer l’air, et ramasser toutes les feuilles tombées à l’automne car les spores y hivernent. Changer d’emplacement tous les 2 ou 3 ans rompt le cycle de la rouille.

Toxicité

Toxicité humaine : Non toxique. Les fleurs sont même comestibles et mucilagineuses, utilisées en tisane comme celles de la guimauve, de la même famille des Malvacées.

Toxicité animaux : L’ASPCA la classe non toxique pour le chien, le chat et le cheval. Un animal qui en croque quelques feuilles risque au pire un trouble digestif passager.

Symptômes : Aucun cas d’intoxication rapporté. En revanche, la pilosité rêche des tiges et des feuilles peut provoquer une irritation de contact chez les peaux sensibles.

Précautions : Des gants suffisent pour l’arrachage et la taille des grandes hampes. Rien de particulier à craindre pour un enfant ou un animal de compagnie au jardin.

Associations de plantes

Bonnes associations : La lavande, la sauge et le gaura, qui partagent son goût du sec et du plein soleil et occupent le premier plan. Un rosier arbustif ou une népéta devant elle, pour masquer le bas de ses tiges que la rouille dégarnit chaque été. Le cosmos et l’achillée, dont la floraison couvre la même période sans lui faire d’ombre.

Associations à éviter : Les autres Malvacées, lavatère, mauve et hibiscus des marais, qui hébergent exactement la même rouille et se contaminent mutuellement. Les plantes de terre fraîche arrosées par aspersion, hortensia ou hosta, dont l’eau retombe sur son feuillage. Et le potager placé derrière elle, qui hérite de 2 m d’ombre portée en pleine saison.

Conseil : Laissez mûrir deux ou trois capsules et ressemez ailleurs dans le jardin plutôt qu’au même endroit. Vous gardez la lignée et vous laissez derrière vous un sol où les spores de rouille n’attendent plus personne.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Semis en place en pleine terre, en plein soleil, adossé à un mur ou en fond de massif, dans une terre ordinaire, profonde et plutôt sèche.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De début mai à mi-septembre : tous les 8 à 12 jours ; de mi-septembre à fin avril : tous les 1 à 2 mois Arroser au goulot, au pied et jamais sur les feuilles, l’eau qui stagne sur le feuillage étant la porte d’entrée de la rouille. Passé la première saison, la racine pivotante va chercher l’eau toute seule.copieux la première année, presque rien ensuite
Inspection parasitaireUtile De mars à mai : tous les 3 à 7 jours ; de juin à septembre : toutes les 1 à 2 semaines Retourner les feuilles du bas chaque semaine : c’est là que la rouille apparaît d’abord, et c’est là que les limaces attaquent les rosettes encore jeunes.limaces au printemps, pustules orange sous les feuilles basses
Traitement préventifEssentiel De début avril à mi-juillet Traiter à la décoction de prêle ou à la bouillie bordelaise dès les premières feuilles, car sur la rose trémière la rouille n’est pas un accident mais la règle, et elle ne se rattrape plus une fois installée.contre la rouille, à renouveler tous les 15 jours
SemisEssentiel De début mai à mi-juillet Semer directement à l’emplacement définitif, trois graines par poquet à 1 cm de profondeur, puis ne garder que le plant le plus vigoureux : repiquée tard, la rose trémière fleurit moins haut.en place, le pivot supporte mal le repiquage
Palissage, tuteurageUtile De mi-mai à fin juin Placer le tuteur avant que la hampe n’atteigne 1 m : un pied de 2 m couché par une averse d’orage ne se redresse plus.tuteur de 2 m, lien souple
FloraisonOptionnel De mi-juin à mi-septembre Les fleurs s’ouvrent progressivement du bas vers le haut pendant tout l’été, chacune ne tenant que 2 ou 3 jours, ce qui étale la floraison sur près de 3 mois.de bas en haut, sur près d’1 m de hampe
Fleurs fanéesUtile De juillet à août Supprimer les fleurs passées au fur et à mesure prolonge la floraison de plusieurs semaines et évite un semis spontané qui envahirait le massif.enlever aussi les capsules, de bas en haut
RabattageUtile De mi-septembre à fin octobre Couper la hampe quand les dernières capsules sont mûres : le pied bisannuel s’épuise, mais une souche laissée en place repart parfois une saison de plus.à 10 cm du sol, une fois les graines récoltées
Ramassage des feuilles mortesEssentiel D’octobre à novembre Ramasser la totalité des feuilles tombées au pied, car les spores de rouille y passent l’hiver et contaminent les jeunes pousses dès le mois de mars.feuilles rouillées détruites, jamais au compost