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Vivace · Rosacées

Alchémille Alchemilla mollis

Aussi appelé : Alchémille molle, Manteau de Notre-Dame, Pied-de-lion, Lady’s mantle

L’alchémille molle est une vivace des prairies de montagne des Carpates et du Caucase, appréciée pour ses feuilles veloutées qui retiennent les gouttes d’eau et ses nuages de petites fleurs d’un vert jaune acide au début de l’été. Elle forme un coussin de 30 à 40 cm de haut pour 50 à 75 cm de large, sa taille définitive en 2 ou 3 ans. Elle demande surtout une terre fraîche, et prospère jusque sous les arbres, où la plupart des vivaces renoncent. Au soleil, elle ne tient que si le sol reste frais tout l’été, et elle se ressème parfois plus qu’on ne le voudrait.

Alchémille (Alchemilla mollis)
Photo : Krzysztof Ziarnek, Kenraiz, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Rosacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-30 °C
Floraison
De mai à juillet
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 8, elle supporte -30 °C sans la moindre protection. Son feuillage disparaît en hiver et ses bourgeons passent la mauvaise saison au ras du sol, ce qui la met à l’abri partout en France, montagne comprise.

Dimensions : Coussin de feuilles de 30 à 40 cm de haut pour 50 à 75 cm d’étalement, les hampes florales montant à 45 cm. Une touffe atteint sa taille définitive en 2 ou 3 ans.

Floraison : De fin mai à début juillet, nuages de minuscules fleurs vert jaune acide au-dessus du feuillage, sans parfum.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, humifère et surtout fraîche ; elle s’accommode aussi bien de l’argile que du calcaire. pH idéal de 6,0 à 7,5.

Exposition : Mi-ombre de préférence, plein soleil accepté à la seule condition que le sol reste frais tout l’été. Sous les arbres, elle prospère là où bien peu de vivaces tiennent.

Arrosage : Rien à l’ombre en sol frais, la pluie y suffit. Au soleil ou en sol léger, un arrosage au pied tous les 4 à 6 jours en plein été.

Durée de vie : Vivace herbacée de longue vie, 10 ans et plus, rajeunie par division tous les 4 ans. Elle se ressème par ailleurs si abondamment qu’elle se remplace toute seule.

Multiplication : Division de la touffe en mars ou avril, en éclats de la taille d’un poing, ou repiquage des semis spontanés.

Arrosage & entretien

Arrosage : Aucun d’octobre à mars. En situation ensoleillée, arroser au pied tous les 7 à 10 jours au printemps et tous les 4 à 6 jours en plein été, dès que la terre est sèche sur 3 cm ; à mi-ombre en sol frais, la pluie fait presque tout le travail.

Fertilisation : Deux poignées de compost mûr griffées autour de la touffe en mars, et rien d’autre de l’année. Un engrais azoté produit un feuillage mou et démesuré qui s’affaisse à la première pluie d’orage.

Rempotage : En pot ou en jardinière, un contenant de 25 à 30 cm avec un terreau qui retient l’eau, et un rempotage chaque printemps tant elle emplit vite son volume. En pleine terre, la division tous les 4 ans tient lieu de rempotage.

Taille : C’est le geste qui compte : rabattre toute la touffe à 5 cm du sol en juillet, dès que les fleurs brunissent. Un feuillage neuf repousse en 3 semaines et tient jusqu’aux gelées, et la coupe précoce évite les innombrables semis spontanés.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre idéale, soit 3 à 4 heures de soleil direct, plutôt le matin. En plein soleil et en sol sec, le bord des feuilles brunit dès le mois de juillet.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en bordure d’allée, en couvre-sol de massif ou au pied d’arbustes. Une orientation est ou nord lui convient mieux qu’une pleine exposition sud.

Substrat : Terre de jardin profonde et riche en humus, améliorée de compost ou de terreau de feuilles. Elle tolère les terres lourdes, pourvu qu’elles ne restent pas détrempées tout l’hiver.

pH : De 5,5 à 7,5, sans exigence marquée. Elle pousse aussi bien en terrain calcaire qu’en terrain légèrement acide.

Drainage : Drainage moyen, sans précaution particulière : un sol qui garde l’eau est chez elle un atout et non un défaut. Seule l’eau stagnante de l’hiver fait pourrir le collet, en pot surtout.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : en mars ou avril, dehors : soulever la touffe à la fourche-bêche et la séparer en éclats de la taille d’un poing, chacun muni de racines et de quelques bourgeons. Les replanter aussitôt à 40 cm d’écart et arroser. La division de la touffe en mars ou avril : la reprise est presque toujours acquise, et c’est le moyen de garnir une bordure entière.

Les autres méthodes

Bouturage : Inutile : la plante se divise et se ressème si facilement que personne ne la bouture.

Semis :

SemerAu printemps, dehors ou sous châssis froid, graines à peine couvertes, avec une levée en 3 à 5 semaines vers 15 °C ; les graines reproduisent fidèlement l’espèce. Le plus simple reste de repiquer au printemps les semis spontanés, toujours nombreux autour de la touffe.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : la touffe forme ses graines sans fécondation, sans insecte ni second pied. Chaque graine reproduit exactement la plante mère. Couper les inflorescences en juillet ou août, quand elles virent au brun, et les secouer dans un sac en papier. Les graines se gardent 2 ans environ au sec et au frais.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium est son seul vrai problème : un feutrage blanc gagne les feuilles en fin d’été, toujours après une période sèche. Le rabattage de juillet l’emporte d’office avec le feuillage atteint. Une rouille brune apparaît parfois sur les vieilles feuilles laissées en place, et disparaît de la même façon.

Parasites fréquents : Limaces et escargots dévorent les jeunes feuilles au débourrement, en mars et avril, seul moment vulnérable de l’année. Un cordon de cendre ou de coquilles broyées, ou un appât au phosphate ferrique, protège la touffe le temps qu’elle grossisse. Le feuillage adulte, entièrement couvert de poils, n’intéresse ensuite plus personne.

Prévention : Nettoyer le vieux feuillage en fin d’hiver pour supprimer les abris à limaces. Rabattre en juillet plutôt qu’en septembre reste la mesure la plus efficace contre l’oïdium. Ne jamais arroser sur les feuilles : leurs poils retiennent l’eau en perles et la gardent des heures.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue : l’alchémille est au contraire une plante médicinale traditionnelle, bue en infusion pour ses tanins astringents. Ses jeunes feuilles se consomment crues en salade, en petite quantité, leur goût étant très astringent.

Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat et les herbivores domestiques ; elle ne figure sur aucune liste de plantes dangereuses. Ses cousines sauvages sont d’ailleurs broutées sans dommage dans les prairies de montagne.

Symptômes : Rien à attendre d’une ingestion accidentelle, tout au plus une sensation râpeuse en bouche. Le contact avec le feuillage ou la sève n’est ni irritant ni photosensibilisant.

Précautions : Aucune précaution au jardin, même avec de jeunes enfants ou des animaux. En usage interne suivi, l’infusion d’alchémille est traditionnellement déconseillée pendant la grossesse et demande l’avis d’un professionnel de santé, comme toute plante médicinale.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les rosiers, dont elle masque les pieds nus et dont le rose s’accorde à son vert acide : c’est l’association la plus classique des jardins anglais. Les hostas, fougères et heuchères, qui partagent son goût de la mi-ombre fraîche et lui opposent d’autres formes de feuilles. Les géraniums vivaces et les campanules, qui fleurissent en même temps qu’elle et s’entremêlent sans se gêner.

Associations à éviter : Les aromatiques et les plantes de rocaille, thym, lavande ou œillet, qui veulent le sec et le pauvre quand elle veut le frais et le riche. Les vivaces naines de premier plan, qu’elle étouffe en s’étalant et en se ressemant par-dessus. Les paillages minéraux et les allées de gravier, où ses semis spontanés deviennent vite impossibles à suivre.

Conseil : Rabattez avant la chute des graines, en juillet, si vous ne voulez pas la retrouver partout : une seule touffe donne des centaines de plantules dans les joints de dallage. Les hampes coupées au sommet de la floraison sèchent parfaitement tête en bas à l’ombre, et gardent leur couleur tout l’hiver.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe installée en pleine terre, en bordure, en couvre-sol de massif ou au pied d’arbustes, à mi-ombre ou au soleil si le sol reste frais, dans une terre de jardin ordinaire et humifère.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De mi-avril à fin mai : tous les 7 à 10 jours ; de juin à août : tous les 4 à 6 jours Arroser au pied dès que la terre est sèche sur 3 cm, jamais sur le feuillage. Une alchémille qui a soif en plein soleil grille par le bord des feuilles, et ces brûlures ne partent qu’au rabattage.Au soleil et en sol léger seulement ; à l’ombre, la pluie suffit presque toujours.
Ramassage des feuilles mortesUtile De mi-février à mi-mars Arracher à la main ou couper au sécateur les vieilles feuilles brunies avant que les nouvelles ne pointent. Le cœur de la touffe respire, et les limaces y perdent l’abri où elles ont passé l’hiver.Le feuillage de l’an passé, desséché sur la touffe.
Compost, amendementUtile De début mars à mi-avril Apporter le compost dès l’apparition des premières feuilles, sans enterrer le collet. C’est le seul apport de l’année : un engrais azoté donnerait un feuillage mou et démesuré qui s’affaisse au premier orage.Deux poignées de compost mûr, griffées en surface.
Division de touffeUtile De mars à avril, tous les 4 ans Soulever la touffe à la fourche-bêche et la séparer en éclats de la taille d’un poing, chacun muni de racines et de quelques bourgeons. La reprise est presque toujours acquise, et c’est le moyen de garnir une bordure entière sans rien acheter.Ou de septembre à début octobre, indifféremment.
Inspection parasitaireUtile De mi-mars à fin mai Regarder le cœur de la touffe au débourrement, quand les feuilles plissées sortent encore tendres et sans poils. C’est la seule période vulnérable de l’année : adulte, le feuillage duveteux ne tente plus aucun ravageur.Limaces et escargots, sur les jeunes feuilles seulement.
PaillageUtile De mi-avril à fin mai Étaler un paillis fin une fois la terre réchauffée. Il tient la fraîcheur du sol, qui décide de tout chez cette plante, et étouffe au passage une partie des semis spontanés.5 cm entre les touffes, cœur dégagé.
FloraisonUtile De mi-mai à mi-juillet La floraison dure 6 à 8 semaines et se coupe pour le bouquet, fraîche comme séchée. Ce sont les sépales, et non des pétales, qui donnent cette couleur acide si reconnaissable.Nuage vert chartreuse, des fleurs sans aucun pétale.
RabattageEssentiel De début juillet à mi-août Rabattre dès que les fleurs brunissent, sans attendre que les graines tombent. Un feuillage entièrement neuf repousse en 3 semaines et tient jusqu’aux gelées, et l’on s’épargne les centaines de semis spontanés que cette plante sème dans tout le jardin.Toute la touffe à 5 cm, feuilles comprises.