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Vivace · Alstroemériacées

Lis des Incas Alstroemeria aurea

Aussi appelé : Alstroemère, Lis du Pérou, Peruvian lily

Le lis des Incas est une vivace du Chili et d’Argentine, l’une des alstroemères les plus rustiques, dont les bouquets orange ou jaune d’or striés de rouge se succèdent de juin à août. Ses tiges atteignent 50 cm à 1 m et disparaissent sous terre chaque hiver, tandis que ses racines charnues étendent la touffe en colonie d’année en année. Elle demande surtout un sol fertile et bien drainé, où la souche ne reste jamais dans l’eau à la mauvaise saison. Elle convient à un massif où elle a de la place, car dans une petite plate-bande elle finit par envahir ses voisines.

Lis des Incas (Alstroemeria aurea)
Photo : JJ Harrison (https://www.jjharrison.com.au/), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Alstroemériacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-10 °C
Floraison
De juin à août
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 8 à 10 : c’est l’une des alstroemères les plus rustiques, dont la souche enterrée supporte environ -10 °C, et des froids plus vifs sous un épais paillis, dans un sol bien drainé.

Dimensions : 50 cm à 1 m de haut ; la touffe, large de 50 cm au départ, s’étend ensuite en colonie par ses racines charnues et peut envahir un petit massif.

Floraison : De juin à août, en bouquets de fleurs orange ou jaune d’or dont les pétales supérieurs sont striés et ponctués de rouge ; elles n’ont pas de parfum.

Substrat : Sol fertile, riche en humus et surtout bien drainé, où les racines ne restent jamais dans l’eau l’hiver ; pH de 6 à 7,5, le calcaire étant toléré.

Exposition : Soleil ou mi-ombre légère, à l’abri des vents forts ; dans le Midi, l’ombre de l’après-midi prolonge la floraison.

Arrosage : Une souche installée supporte de courtes sécheresses ; par temps sec, de mai à août, un arrosage copieux tous les 7 à 10 jours prolonge la floraison.

Durée de vie : Vivace au feuillage caduc, originaire du Chili et d’Argentine, qui disparaît sous terre l’hiver et vit 10 ans et plus en formant une colonie qui s’élargit d’année en année.

Multiplication : Division d’une portion de touffe de mi-mars à fin avril, replantée aussitôt à 15 à 20 cm de profondeur.

Arrosage & entretien

Arrosage : Par temps sec, de mai à août, arrosez copieusement au pied tous les 7 à 10 jours, la première année surtout, pour que l’eau descende jusqu’aux racines charnues. Ne l’arrosez pas l’hiver en pleine terre : la souche se repose sous terre et pourrit dans un sol détrempé.

Fertilisation : En mars, étalez 2 à 3 cm de compost mûr au pied, sans l’enfouir ; en pot, ajoutez de mai à juillet un engrais riche en potasse, comme un engrais pour tomates, tous les 15 jours. Évitez les engrais riches en azote, qui donnent des feuilles au détriment des fleurs.

Rempotage : En pleine terre, aucun : la souche n’aime pas être dérangée, et l’on ne divise la touffe que tous les 4 ans environ, en mars ou avril, en la soulevant avec une grosse motte. En pot, rempotez tous les 2 à 3 ans au printemps dans un contenant d’au moins 30 cm de profondeur.

Taille : Pas de taille : tirez les tiges défleuries d’un coup sec à la base, avec des gants, pour relancer de nouvelles tiges florales ; la première année, coupez-les plutôt au sécateur, le temps que la souche s’ancre. À l’automne, coupez au ras du sol le feuillage sec avant de pailler.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil ou mi-ombre légère, avec au moins 6 heures de lumière directe par jour pour une floraison abondante ; dans le Midi, mieux vaut l’ombre aux heures chaudes de l’après-midi.

Emplacement : En pleine terre, à une exposition sud, est ou ouest, à l’abri des vents qui couchent les hautes tiges. Elle se cultive aussi en grand pot profond, à abriter du gel l’hiver, car la motte y gèle bien plus vite qu’en pleine terre.

Substrat : Terre de jardin ameublie sur 30 cm, enrichie de compost et allégée de sable ou de gravier si elle est lourde. En pot, un mélange de terreau et de terre de jardin avec un tiers de sable convient.

pH : De 6 à 7,5 : neutre de préférence, mais un sol légèrement acide ou calcaire lui convient s’il draine bien.

Drainage : Indispensable, car les racines charnues pourrissent dans un sol gorgé d’eau, surtout en hiver. En terre argileuse, plantez-la sur une butte ou dans une plate-bande surélevée.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : de mi-mars à fin avril, soulever une portion de touffe à la bêche avec un gros paquet de terre, sans casser les racines charnues. La replanter aussitôt dehors, souche à 15 à 20 cm de profondeur, et arroser : la floraison revient souvent l’année suivante. La reprise est bonne si les racines charnues ne sèchent pas.

Les autres méthodes

Bouturage : Elle ne se bouture pas.

Semis :

SemerEn fin d’été ou à l’automne, semer les graines fraîches trempées 24 heures, couvertes de 0,5 cm, en godets profonds laissés dehors ou sous abri froid : le froid de l’hiver lève la dormance, et la levée, irrégulière, vient au printemps. Les graines reproduisent l’espèce avec des nuances de couleur, et la première floraison attend 2 à 3 ans.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs sont fécondées par les abeilles et les bourdons. Les capsules vertes sèchent en août-septembre puis éclatent en projetant leurs graines au loin : les enfermer dans un sachet de papier dès qu’elles brunissent et les laisser s’ouvrir dedans. Les graines se sèment dans les semaines qui suivent : gardées longtemps au sec, elles lèvent beaucoup moins bien.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture des racines charnues, dans un sol gorgé d’eau l’hiver, est la première cause de perte : la touffe ne repart pas au printemps. Par temps humide, la pourriture grise (botrytis) tache fleurs et boutons ; supprimez les parties atteintes et aérez la touffe. Des virus, transmis par les pucerons, marbrent parfois les feuilles et strient les fleurs : ils ne se soignent pas, et l’on arrache la touffe atteinte pour la porter à la déchetterie.

Parasites fréquents : Les limaces et les escargots dévorent les jeunes pousses dès leur sortie de terre, au printemps : ramassez-les le soir, puis, en recours, épandez quelques granulés au phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les pucerons, en colonies au sommet des tiges, se délogent d’un jet d’eau, et les coccinelles et les syrphes les régulent.

Prévention : Plantez dans un sol drainant, n’arrosez jamais la souche l’hiver et paillez-la à l’automne. Surveillez la sortie des pousses de mars à mai, et ne divisez jamais une touffe aux feuilles marbrées, qui propagerait le virus.

Toxicité

Toxicité humaine : Peu toxique à l’ingestion : avalée, elle cause tout au plus une irritation de la bouche ou un trouble digestif léger. Le vrai risque est cutané : toute la plante, et surtout la sève des tiges coupées, contient du tuliposide A, qui libère un allergène de contact puissant, la tulipaline A.

Toxicité animaux : L’ASPCA la classe non toxique pour les chiens, les chats et les chevaux ; mâchée en quantité, elle peut tout au plus provoquer salivation, vomissements ou diarrhée passagers. Malgré son nom de lis des Incas, ce n’est pas un vrai lis : elle ne provoque pas l’insuffisance rénale que les lis (Lilium) et les hémérocalles déclenchent chez le chat.

Symptômes : Au contact répété, chez les personnes sensibilisées, un eczéma du bout des doigts apparaît : rougeur, démangeaisons, puis peau épaissie et crevassée, parfois autour des ongles, comme chez les fleuristes. Après ingestion, on observe de rares nausées ou vomissements, chez l’homme comme chez l’animal.

Précautions : Portez des gants en nitrile pour cueillir, tirer les tiges ou diviser les touffes : les gants en vinyle laissent passer l’allergène. Une personne allergique aux tulipes réagit souvent aussi à l’alstroemère, qui porte le même allergène.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le népéta (Nepeta × faassenii) et la sauge des bois (Salvia nemorosa), aux épis bleu-violet, contrastent avec ses fleurs orange et supportent comme elle le soleil et les sols drainants. L’échinacée pourpre, qui fleurit de juillet à septembre dans les mêmes conditions, prend le relais en fin d’été.

Associations à éviter : Les petites vivaces et les bulbes de printemps plantés tout contre, comme les primevères ou les crocus, sont envahis puis étouffés par ses racines traçantes. Les plantes de terre fraîche et d’ombre, comme les hostas ou les astilbes, demandent des arrosages qui feraient pourrir ses racines charnues.

Conseil : Placez-la au second plan, derrière le népéta ou la sauge, dont les touffes couvrent son pied et masquent son feuillage qui jaunit en fin d’été. Réservez-lui la place de s’étendre, entre un mur et une allée par exemple, plutôt qu’au milieu de vivaces délicates.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Vivace installée en pleine terre, au soleil ou à mi-ombre légère, dans un sol bien drainé où elle reste toute l’année et s’étend peu à peu en colonie.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De mai à août : tous les 7 à 10 jours Un arrosage copieux, qui descend jusqu’aux racines charnues, vaut mieux que de petits apports fréquents. Une souche installée supporte de courtes sécheresses, mais un sol desséché en plein été écourte la floraison.par temps sec seulement, la première année surtout
Compost, amendementUtile De début mars à mi-avril Étaler le compost au pied sans l’enfouir, pour ne pas briser les racines charnues ; un engrais riche en azote donnerait des feuilles au détriment des fleurs.2 à 3 cm de compost mûr, au départ de la végétation
Inspection parasitaireUtile De mi-mars à fin mai Les pousses tendres disparaissent en une nuit humide : ramasser les limaces le soir et, en recours, épandre quelques granulés au phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».limaces et escargots sur les pousses qui sortent de terre
Division de touffeOptionnel De mi-mars à fin avril, tous les 4 ans Soulever une portion de touffe à la bêche et la replanter aussitôt à 15 à 20 cm de profondeur, car les racines charnues cassent net et sèchent vite. C’est aussi l’occasion de reprendre les pousses qui débordent de la place voulue.avec une grosse motte, sans démêler les racines
FloraisonOptionnel De juin à août Les fleurs s’ouvrent en bouquets au sommet de tiges feuillées et tiennent longtemps en vase, ce qui en fait une bonne fleur à couper.fleurs orange ou jaune d’or, aux pétales supérieurs striés et ponctués de rouge
Fleurs fanéesUtile De mi-juin à mi-septembre Saisir chaque tige défleurie près du sol et la tirer d’un coup sec : la souche émet de nouvelles tiges florales, et les graines ne se ressèment pas. La première année, couper plutôt les tiges au sécateur, le temps que la souche s’ancre.avec des gants, la sève étant allergisante
PaillageUtile De mi-octobre à fin novembre Couper au ras du sol les tiges sèches, puis couvrir la souche : le paillis la protège des fortes gelées et, laissé en place, garde ses racines au frais l’été suivant.8 à 10 cm de feuilles mortes ou d’écorces, les deux premiers hivers surtout