Arbuste · Rosacées
Amélanchier Amelanchier lamarckii
Aussi appelé : Amélanchier de Lamarck, Amélanchier du Canada, Juneberry
L’amélanchier est un arbuste ou petit arbre caduc, venu d’Amérique du Nord et naturalisé en Europe, qui se couvre de mi-mars à fin avril d’une nuée de fleurs blanches étoilées, au moment où sortent ses jeunes feuilles cuivrées. Il atteint 4 à 6 m en port de gerbe, souvent sur plusieurs troncs, et ne craint aucun hiver en France métropolitaine. Il demande une terre profonde, fraîche et plutôt acide, car le calcaire actif jaunit son feuillage. Passé ses trois premières années, où il faut l’arroser l’été, il se passe d’arrosage et vit couramment plus de 50 ans.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 4, soit environ -30 °C, sans aucune protection nécessaire nulle part en France métropolitaine. Seule sa floraison très précoce est exposée, une gelée d’avril peut la roussir et faire perdre les fruits de l’année, jamais l’arbre.
Dimensions : 4 à 6 m de hauteur pour 3 à 5 m d’étalement à maturité, jusqu’à 8 m en sol profond. Port en gerbe, souvent sur plusieurs troncs partant de la souche.
Floraison : De mi-mars à fin avril, nuée de fleurs blanches étoilées légèrement parfumées, avant ou avec les jeunes feuilles cuivrées.
Substrat : terre de jardin profonde, fraîche et drainée, enrichie de terreau de feuilles ou de compost à la plantation ; pH idéal de 5,5 à 6,5. Un calcaire actif marqué fait jaunir le feuillage entre les nervures.
Exposition : plein soleil pour la floraison et les couleurs d’automne, mi-ombre parfaitement acceptée et même préférable au sud de la Loire.
Arrosage : 10 à 15 L tous les 5 à 8 jours au cœur de l’été, les trois premières années seulement. Ensuite plus rien, sauf sécheresse de plus d’un mois qui le défeuille par le bas.
Durée de vie : vivace ligneuse, arbuste ou petit arbre caduc, qui dépasse couramment 50 ans en place.
Multiplication : Prélèvement de drageons enracinés de mi-octobre à début mars, ou marcottage simple d’une branche basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : rien d’octobre à mars, la pluie suffit. Les trois premières années, arroser tous les 10 à 14 jours d’avril à juin, tous les 5 à 8 jours en juillet et août, toujours au pied et en grande quantité d’un seul coup pour faire plonger les racines.
Fertilisation : un à deux seaux de compost mûr étalés sous la couronne en fin d’hiver, une fois par an, et rien d’autre. Un engrais azoté donne des pousses molles qui attrapent l’entomosporiose et fleurissent moins l’année suivante.
Rempotage : la culture en bac est possible dans 80 L au minimum, à rempoter ou surfacer tous les 3 ans en fin d’hiver. En pleine terre la question ne se pose pas, ses racines traçantes s’étendent bien au-delà de la projection du houppier.
Taille : une taille très légère tous les 2 ans, entre novembre et février, hors sève. On retire le bois mort, les branches qui se croisent et la plus vieille charpentière au ras de la souche pour laisser monter un rejet neuf.
Exposition & substrat
Exposition : plein soleil à mi-ombre, 5 à 6 heures de soleil direct suffisent. Au nord de la Loire le plein soleil donne les rouges d’automne les plus vifs, au sud une ombre d’après-midi lui évite de griller.
Emplacement : extérieur toute l’année, en isolé près d’une terrasse, en haie libre ou en lisière de massif arbustif. Aucune orientation ne lui est interdite, mais il lui faut 3 à 4 m de dégagement.
Substrat : terre profonde, fraîche et riche en humus, allégée si besoin, avec du terreau de feuilles à la plantation. Il déteste les sols compactés et les terres qui se dessèchent en profondeur l’été.
pH : de 5,5 à 7, l’optimum se situant entre 5,5 et 6,5. Au-delà de 7,5 avec du calcaire actif, la chlorose s’installe et ne se rattrape qu’à grand-peine.
Drainage : il veut du frais en permanence mais jamais d’eau stagnante. Une terre lourde et asphyxiante l’hiver provoque un dépérissement lent des racines, que l’on attribue souvent à tort à une maladie du feuillage.
Multiplication
Drageons : les drageons qui partent de la souche se détachent à la bêche avec leurs racines, de mi-octobre à début mars hors gel, et se replantent aussitôt dehors. Le prélèvement d’un drageon enraciné au pied ou le marcottage simple au printemps : lents, mais sûrs.
Les autres méthodes
Bouturage : Difficile pour un amateur : des boutures de tiges herbacées de 10 cm, prélevées en mai-juin et piquées dans un mélange de terreau et de perlite, à l’étouffée sous abri et à l’ombre, s’enracinent parfois en 6 à 8 semaines. L’hormone de bouturage, facultative, améliore un peu la reprise.
Semis :
SemerDès la récolte, en juin-juillet, semer les graines débarrassées de leur pulpe en terrine laissée dehors, couvertes de 0,5 cm : le froid de l’hiver est indispensable, et la levée vient au printemps, parfois au suivant. Les plants ressemblent beaucoup à la mère sans lui être toujours identiques, et fleurissent au bout de 4 à 5 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs, fécondées par les abeilles, nouent seules leurs baies. Cueillir les baies en juin, dès qu’elles virent au pourpre noir et avant que les oiseaux les mangent, puis les écraser et rincer les graines. Les semer fraîches : une graine séchée entre en dormance profonde et peut attendre 2 ans avant de lever.
Division et autres méthodes : Marcottage simple : au printemps, courber une branche basse, l’entailler légèrement par-dessous, l’enterrer sur 10 cm et la maintenir d’un crochet, puis la sevrer un an plus tard.
Maladies & parasites
Maladies courantes : l’entomosporiose est la première, des taches brunes cerclées de pourpre semées de points noirs, qui défeuillent l’arbre dès le mois d’août. La rouille marque les feuilles de pustules orangées et vient toujours d’un genévrier planté à proximité, car le champignon passe l’autre moitié de son cycle dessus : c’est le genévrier qu’il faut éloigner. Le feu bactérien reste rare mais possible sur cette rosacée, et impose alors de couper 40 cm sous la zone noircie en désinfectant l’outil à chaque coupe.
Parasites fréquents : des pucerons sur les jeunes pousses au printemps, délogés d’un jet d’eau ou laissés aux coccinelles. Chenilles et tenthrèdes grignotent quelques feuilles sans aucune conséquence pour un arbre établi. Les oiseaux ne sont pas des parasites, mais ils sont le seul vrai problème au moment des fruits.
Prévention : ne jamais mouiller le feuillage, ne pas planter à moins de 10 m d’un genévrier, aérer la ramure d’une taille légère. Ramasser et évacuer les feuilles tombées les années où le feuillage a été taché. Un sol frais et paillé fait un arbre vigoureux, et un arbre vigoureux encaisse tout cela sans en mourir.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune, l’amélanche est un fruit comestible que l’on mange cru, en confiture ou en tarte, et ni le feuillage ni le bois ne sont toxiques. Les pépins renferment, comme ceux des pommes, des traces d’hétérosides cyanogènes, sans la moindre portée aux quantités avalées.
Toxicité animaux : non toxique pour le chien, le chat, le cheval et les rongeurs domestiques, l’amélanchier ne figure sur aucune liste vétérinaire de plantes dangereuses. Ses fruits sont au contraire une nourriture recherchée par les oiseaux du jardin.
Symptômes : rien à attendre d’une ingestion ordinaire, tout au plus un trouble digestif passager après une très grosse quantité de fruits, comme avec n’importe quel fruit. Le contact avec les feuilles ou la sève n’irrite pas la peau.
Précautions : aucune précaution particulière, l’arbre convient sans réserve à un jardin fréquenté par des enfants ou des animaux. Apprendre simplement à reconnaître la maturité, le fruit mûr est pourpre presque noir et se détache seul, le fruit rouge encore ferme est âpre.
Associations de plantes
Bonnes associations : narcisses, scilles et muscaris fleurissent sous sa couronne avant qu’il ne l’ombre et profitent du même sol frais. Hortensias et azalées partagent son goût pour l’humus acide et la mi-ombre, et prennent le relais quand sa floraison d’avril est passée. Un tapis de géranium vivace ou d’épimédium tient le pied propre sans concurrencer ses racines traçantes.
Associations à éviter : les genévriers, quels qu’ils soient, hébergent l’autre moitié du cycle de la rouille et lui expédient la maladie chaque printemps. Lavande, romarin et cistes veulent un sol sec, pauvre et calcaire, exactement l’inverse du régime frais et acide qu’il réclame. Le noyer, enfin, inhibe presque tout ce qui pousse sous lui, l’amélanchier compris.
Conseil : le planter là où on le voit depuis une fenêtre, car ses trois moments, la floraison d’avril, les fruits de juin et le feuillage rouge d’octobre, ne durent que 2 ou 3 semaines chacun. Ne pas supprimer les rejets du pied pendant les dix premières années, c’est d’eux que vient son port en gerbe.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste planté en pleine terre au jardin, au soleil ou à mi-ombre, en sol profond, frais et drainé, plutôt acide à neutre, en France métropolitaine tempérée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à juin : tous les 10 à 14 jours ; de juillet à août : tous les 5 à 8 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 15 à 21 jours | Donner 10 à 15 L d’un seul coup plutôt qu’un filet quotidien, pour que les racines descendent chercher l’eau. Un sujet installé se passe de tout, mais une sécheresse longue le défeuille par le bas dès le mois d’août. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 3 à 4 semaines | Regarder le dessous du feuillage, où se lisent les deux ennuis habituels de l’espèce, l’entomosporiose et la rouille venue d’un genévrier voisin. Aucune des deux ne tue l’arbre, mais elles le défeuillent dès le mois d’août et gâchent la couleur d’automne. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Épandre le compost sous la couronne en fin d’hiver, juste avant de remettre le paillis. L’amélanchier ne réclame aucun engrais, et un excès d’azote donne des pousses molles, sensibles aux taches, et moins de fleurs l’année suivante. |
| Paillage | De mars à avril | Couvrir toute la projection du houppier avant que la terre ne se réchauffe, car les racines sont traçantes et courent à quelques centimètres sous la surface. C’est la fraîcheur maintenue au sol, plus que l’arrosage, qui décide de la vigueur de l’arbre. |
| Floraison | De mi-mars à fin avril | Une nuée de fleurs blanches étoilées couvre l’arbuste avant la plupart des autres floraisons du jardin. Une gelée d’avril peut la roussir sans aucune conséquence pour l’arbre, seuls les fruits de l’année sont perdus. |
| Fructification, récolte | De début juin à mi-juillet | Récolter quand le fruit passe du rouge au pourpre presque noir et se détache à la moindre traction. Les merles vident un arbre non protégé en 3 ou 4 jours, un filet léger est le seul recours. |
| Mise en place des plants | De mi-octobre à mi-mars | Mettre en place pendant le repos de la végétation, pour que les racines aient tout l’hiver et tout le printemps avant leur premier été. Le collet reste au niveau du sol, un amélanchier enterré trop bas végète des années. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à mi-décembre | Ramasser les feuilles tombées et les sortir du jardin plutôt que de les laisser sur place ou de les composter. L’entomosporiose passe l’hiver dessus et réinfecte le jeune feuillage dès les premières pluies de printemps. |
| Taille de structure | De novembre à février, tous les 2 ans | Retirer hors sève le bois mort, les branches qui se croisent et la plus vieille charpentière, coupée au ras de la souche pour laisser monter un rejet neuf. L’amélanchier construit seul sa silhouette en gerbe, une taille sévère la détruit pour 5 ou 6 ans. |