Légume · Apiacées
Céleri Apium graveolens
Aussi appelé : Céleri-rave, Céleri-branche, Ache des marais, Celery, Celeriac
Le céleri est un légume de la famille de la carotte, issu d’une plante sauvage des marais d’Europe, cultivé surtout chez nous pour sa rave. Le feuillage atteint 40 à 60 cm et la boule 8 à 12 cm de diamètre, soit 600 g à 1,2 kg à l’arrachage en octobre-novembre. Il demande une terre profonde, très riche en humus, et des arrosages abondants, sans à-coup, tout l’été. Il souffre dans un sol sec et caillouteux, et un froid sous 10 °C après la plantation le fait monter à graine sans former de boule.
- Type
- Légume
- Famille
- Apiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -5 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 8 pour l’espèce, mais la culture s’arrête bien avant : la rave tient -3 à -5 °C sous un paillis, le feuillage grille dès -5 °C. Un froid sous 10 °C après la plantation la fait au contraire monter à graine sans former de boule.
Dimensions : 40 à 60 cm de haut pour autant d’étalement une fois le feuillage développé. La rave atteint 8 à 12 cm de diamètre, soit 600 g à 1,2 kg à l’arrachage.
Floraison : Aucune en culture : le céleri-rave s’arrache la première année. Laissé en terre, il fleurit l’été suivant en petites ombelles blanc verdâtre et la rave devient ligneuse.
Substrat : Terre profonde, très riche en humus, meuble et gardée fraîche ; pH 6,5 à 7,5. C’est une plante de marais à l’origine, elle veut du gras et de l’eau, pas un sol sec et caillouteux.
Exposition : Plein soleil au nord de la Loire, 6 heures au minimum. Dans le Midi, une ombre légère aux heures les plus chaudes limite le stress hydrique.
Arrosage : Abondant et surtout sans à-coup : tous les 2 à 3 jours en mai-juin, tous les jours ou un jour sur deux en juillet-août, tous les 3 à 4 jours à l’automne. Compter 2 litres par plant, au pied.
Durée de vie : Bisannuelle cultivée en annuelle : semée en février-mars, mise en place en mai, arrachée en octobre-novembre. Laissée en terre, elle fleurit la seconde année et la rave devient ligneuse et immangeable.
Multiplication : Semis en terrine au chaud de fin février à fin mars, repiquage en godet puis mise en place en mai.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours de la reprise à fin juin, tous les jours à un jour sur deux en juillet-août, tous les 3 à 4 jours en septembre-octobre, toujours au pied et jamais sur le feuillage. Un arrêt d’eau suivi d’un gros arrosage fait éclater la rave ou la laisse creuse : c’est la première cause d’échec sur cette plante.
Fertilisation : Fumure de fond au compost bien mûr enfouie à l’automne ou en fin d’hiver, jamais de fumier frais qui fait fourcher la rave. Puis un arrosage d’engrais liquide tous les 15 jours de juin à août, azoté au début, riche en potasse à partir d’août.
Rempotage : Pas de rempotage. Le seul déplacement est le repiquage en godet au stade deux vraies feuilles, puis la mise en place en mai, collet affleurant, à 35-40 cm en tous sens.
Taille : Pas de taille, mais un dégagement du collet deux ou trois fois de juillet à septembre : écarter la terre, couper les racines latérales et les vieilles feuilles étalées. C’est ce geste qui donne une rave ronde et propre au lieu d’un chevelu de racines.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum pour que la rave grossisse. Sous un soleil méridional écrasant, une ombre portée l’après-midi évite que le feuillage se fane chaque jour.
Emplacement : Extérieur au potager, en pleine terre ; seul le semis se fait sous abri chauffé à 18-20 °C. Une jardinière profonde de 30 cm est possible, mais l’arrosage y devient quotidien de mai à septembre.
Substrat : Terre franche ameublie sur 30 cm, très enrichie en compost décomposé, capable de retenir l’eau. Un sol léger et sableux donne des raves petites et fibreuses quel que soit l’arrosage.
pH : 6,5 à 7,5. Sous 6, le bore devient indisponible et le cœur de la rave brunit et se creuse, un défaut qu’on prend souvent à tort pour une maladie.
Drainage : Il veut un sol frais en permanence, mais pas d’eau stagnante qui ferait pourrir le collet. Une terre battante qui croûte après chaque arrosage gêne le grossissement : biner légèrement ou pailler plutôt que de laisser se former une croûte.
Multiplication
Semis : de fin février à fin mars, à l’intérieur ou sous abri chauffé, graines fines pressées en surface d’un terreau humide et à peine voilées, car elles germent mieux à la lumière, vers 18 à 20 °C ; un trempage de 12 heures facilite la levée, qui prend 2 à 3 semaines. Repiquer en godet au stade de deux vraies feuilles, sans jamais laisser sécher la motte ni le plant descendre sous 10 °C, puis mettre en place en mai. Les variétés fixées reproduisent fidèlement la plante, pas les hybrides F1. La seule méthode, sûre si le plant ne prend jamais froid.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles grâce aux insectes. Laisser en terre un beau pied, ou le replanter au printemps après l’hiver, pour qu’il fleurisse la seconde année, puis couper les ombelles en août-septembre, quand les graines brunissent, et les finir de sécher à l’abri. Ses fleurs se croisent entre céleri-rave et céleri-branche en fleur à proximité ; les hybrides F1 s’achètent, leurs graines ne les reproduisant pas. Au sec et au frais, les graines restent bonnes 4 à 5 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Le céleri ne se bouture pas.
Division et autres méthodes : Aucune : bisannuelle arrachée la première année, elle ne se renouvelle que par graines.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La septoriose (Septoria apiicola) est la maladie dominante : taches brunes ponctuées de points noirs sur les feuilles, qui s’étendent et dessèchent le feuillage ; couper les feuilles atteintes, ne jamais mouiller le feuillage, et utiliser des semences saines. Le sclérotinia s’installe sur les raves blessées et se déclare surtout à la conservation. Le cœur creux et brun n’est pas un champignon mais une carence en bore, à corriger par une pulvérisation foliaire de borax très dilué.
Parasites fréquents : La mouche du céleri (Euleia heraclei) creuse des galeries claires qui virent en boursouflures sèches, avec deux vols, mai-juin puis août-septembre. Les limaces dévorent les jeunes plants dans les semaines qui suivent la plantation. Les pucerons, eux, transmettent surtout des viroses et restent secondaires.
Prévention : Voile anti-insectes à mailles fines posé dès la plantation et gardé jusqu’en juillet. Rotation de 4 ans sans aucune ombellifère sur la planche, carotte, persil, panais et fenouil compris. Arroser au pied et le matin, pour que le feuillage soit sec à la nuit.
Toxicité
Toxicité humaine : La rave et les feuilles sont comestibles et consommées couramment. La sève contient en revanche des furocoumarines : déposée sur la peau puis exposée au soleil, elle provoque une photodermatose, particulièrement sur des plants atteints de pourriture, qui en produisent davantage.
Toxicité animaux : Sans danger connu pour le chien et le chat, crue ou cuite, en petites quantités ; les fibres peuvent simplement donner des selles molles. Chez les herbivores, une grande quantité de feuillage peut entraîner une photosensibilisation sur les zones de peau claire.
Symptômes : Par ingestion, rien chez une personne non allergique. Par contact, une rougeur nettement délimitée puis des cloques apparaissent 24 à 48 heures après l’exposition au soleil, souvent en traînées sur les avant-bras.
Précautions : Le céleri figure parmi les quatorze allergènes à déclaration obligatoire de l’Union européenne, et l’allergie peut aller jusqu’à la réaction sévère : le signaler quand on sert un plat qui en contient. Manches longues pour récolter ou nettoyer par temps ensoleillé, et lavage des bras ensuite.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le poireau demande la même terre grasse et le même rythme d’eau, et les deux se cultivent côte à côte sans se gêner. Le chou profite du voisinage, l’odeur du feuillage de céleri brouillant la piste de la piéride. La tomate, plus haute, lui donne l’ombre légère de l’après-midi dans les régions chaudes.
Associations à éviter : Carotte, persil et panais sont de la même famille : mêmes maladies, même mouche, et rotation impossible sur la planche. Le maïs assèche le sol et lui prend l’eau dont il a précisément besoin. La pomme de terre, gourmande et buttée, oblige à travailler la terre au moment où les raves grossissent.
Conseil : Creuser une petite cuvette de terre autour de chaque plant à la plantation et y verser les 2 litres d’un coup à chaque arrosage. L’eau descend aux racines au lieu de ruisseler, et c’est cette régularité, plus que la quantité, qui fait la différence entre une belle rave et une rave creuse.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Céleri-rave au potager, en pleine terre profonde et riche en humus, plein soleil, sol gardé frais tout l’été ; le semis seul se fait sous abri chauffé.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : tous les 2 à 3 jours ; de juillet à août : tous les 1 à 2 jours ; de septembre à octobre : tous les 3 à 4 jours | C’est une plante de marais : le sol ne doit jamais sécher, de la reprise à l’arrachage. Un à-coup d’eau suivi d’un gros arrosage fait éclater la rave ou la laisse creuse et fibreuse. |
| Semis | De mi-février à fin mars | Semer en terrine dès la fin février : la levée demande 2 à 3 semaines et le plant met 10 semaines à être bon à mettre en place. Repiquer en godet au stade deux vraies feuilles, sans jamais laisser sécher la motte. |
| Mise en place des plants | En mai | Mettre en place une fois tout risque de gelée passé : un plant qui prend froid sous 10 °C monte à graine au lieu de faire une rave. Planter sans enterrer le collet, sinon la boule se forme sous terre et prend des racines partout. |
| Traitement préventif | De mai à juillet | Couvrir la planche pendant le premier vol de la mouche du céleri, en mai-juin. Une fois la larve dans la feuille, aucun traitement ne la rattrape et il ne reste qu’à ôter les feuilles minées. |
| Inspection parasitaire | De mai à septembre | Regarder le feuillage chaque semaine par transparence : les galeries claires de la mineuse et les taches brunes ponctuées de noir de la septoriose se voient tôt. Couper et évacuer les feuilles atteintes plutôt que de les laisser au sol. |
| Paillage | En juin | Pailler dès que les plants sont repris, pour garder le sol frais entre deux arrosages en plein été. C’est le geste qui rattrape le plus sûrement une irrigation irrégulière. |
| Engrais liquide | De juin à août | Alterner un apport azoté au début de l’été, quand le feuillage se construit, et un apport potassique à partir d’août, quand la rave grossit. Verser l’engrais dilué dans l’eau d’arrosage, au pied. |
| Gourmands et rejets | De juillet à septembre | Deux ou trois fois dans l’été, écarter la terre autour de la boule et couper au couteau les racines qui partent sur les côtés, ainsi que les vieilles feuilles étalées. C’est ce geste, propre au céleri-rave, qui donne une rave ronde et lisse plutôt qu’un paquet de racines. |
| Protection des racines | De mi-octobre à mi-décembre | La rave supporte -3 à -5 °C sous une bonne couche de feuilles ou de paille, ce qui permet de récolter au fur et à mesure jusqu’en décembre. Au-delà, arracher et conserver en cave, dans du sable à peine humide. |
| Compost, amendement | De novembre à février | Préparer la planche à l’avance avec une fumure de fond généreuse, le céleri-rave occupe le terrain 6 mois et consomme beaucoup. Le fumier non décomposé fait fourcher la rave et la rend spongieuse. |