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Vivace · Renonculacées

Ancolie Aquilegia vulgaris

Aussi appelé : Ancolie commune, Ancolie vulgaire, Gants de Notre-Dame, Colombine, Cornette, Columbine

L’ancolie commune est une vivace des lisières de bois d’Europe, spontanée en France, reconnaissable à ses fleurs pendantes munies d’éperons recourbés. Elle forme une touffe de feuillage de 30 cm d’où montent en mai et juin des tiges fleuries de 40 à 80 cm, bleu violacé, roses, pourpres ou blanches. Elle se plaît à mi-ombre, dans un sol frais et drainé, même calcaire, et la pluie lui suffit souvent dès la deuxième année. Chaque pied vit 4 à 5 ans, mais ses semis spontanés renouvellent la colonie ; toute la plante est toxique.

Ancolie (Aquilegia vulgaris)
Photo : The original uploader was Jeffdelonge at French Wikipedia., CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Renonculacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-25 °C
Floraison
De mai à juin
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Très rustique, zones USDA 3 à 8, soit jusqu’à -25 °C sans la moindre protection. Le feuillage disparaît l’hiver et la souche repart de terre au printemps.

Dimensions : 40 à 80 cm de haut en fleur pour 30 à 40 cm d’étalement. Hors floraison, la touffe de feuillage ne dépasse pas 30 cm.

Floraison : De mai à fin juin, fleurs pendantes à éperons recourbés, bleu violacé dans la nature, roses, pourpres ou blanches au jardin, sans parfum notable. Toute la plante est toxique, les graines surtout.

Substrat : Sol frais, humifère et drainé, même caillouteux ou calcaire ; elle pousse spontanément en lisière de bois sur terrain neutre à basique. pH idéal de 6 à 7,5.

Exposition : Mi-ombre, c’est là qu’elle est le mieux. Le plein soleil n’est tenable qu’en sol restant frais, l’ombre dense supprime la floraison.

Arrosage : Tous les 3 à 5 jours en été si le sol sèche, tous les 7 à 10 jours au printemps. À mi-ombre et paillée, la pluie lui suffit souvent dès la deuxième année.

Durée de vie : Vivace de courte vie, 4 à 5 ans, qui se remplace elle-même par ses semis spontanés. C’est la colonie qui dure, pas le pied d’origine.

Multiplication : Semis de graines fraîches dehors, de juin à début septembre, sans protéger du gel ; les semis spontanés renouvellent aussi la colonie.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours de mars à mai, tous les 3 à 5 jours de juin à août si la surface sèche, tous les 10 à 14 jours ensuite. Arroser au pied : un feuillage mouillé le soir appelle l’oïdium.

Fertilisation : Une poignée de compost mûr griffée au pied en mars suffit pour l’année. L’engrais azoté donne des tiges molles qui versent, sans une fleur de plus.

Rempotage : À éviter : la racine pivotante supporte mal d’être dérangée, ce qui exclut aussi la division de touffe, contrairement à la plupart des vivaces de massif. En pot, prendre un contenant profond de 30 cm et renouveler le plant par semis plutôt que le rempoter.

Taille : Supprimer les tiges défleuries en juin pour prolonger la floraison, en laissant deux ou trois capsules mûrir. Rabattre ensuite tout le feuillage à 10 cm en juillet, quand il est miné et blanchi : une rosette neuve repousse en 3 semaines.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre, 3 à 5 heures de soleil doux, idéalement le matin. Elle fleurit aussi au soleil à condition que les racines restent au frais sous un paillage.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en massif, en lisière d’arbustes ou au pied d’une haie. Orientation est ou nord-est, à l’abri du soleil de l’après-midi.

Substrat : Terre de jardin enrichie de compost ou de feuilles décomposées, ameublie sur 30 cm pour laisser descendre le pivot. Elle tolère la caillasse et le calcaire, mais pas la terre tassée.

pH : 6 à 7,5, avec une nette tolérance au calcaire. Inutile de corriger un sol légèrement basique.

Drainage : Drainage nécessaire en hiver : la souche pourrit dans un sol froid et gorgé d’eau, alors qu’une terre fraîche toute l’année lui convient parfaitement. En pot, jamais d’eau laissée dans la soucoupe.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : de juin à début septembre, dès que les capsules brunissent, semer dehors en godets ou en place, graines à peine couvertes de 1 à 2 mm de terreau fin, sans protéger du gel : la levée a lieu au printemps suivant, quand le sol remonte vers 15 °C. Des graines achetées ou gardées au sec passent d’abord 4 semaines au réfrigérateur dans un sachet de sable humide, puis se sèment au printemps. Les ancolies s’hybrident entre elles au jardin : les semis donnent des coloris variés, pas toujours celui du pied mère. Le semis est la méthode la plus sûre : il réussit presque à coup sûr, parce que le froid de l’hiver lève la dormance des graines. Les plants fleurissent la deuxième année.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent seules, mais les bourdons qui les visitent mêlent toutes les ancolies du jardin. Pour retrouver un coloris précis, il faut un pied isolé ou un sachet de graines d’un cultivar nommé. Récoltées quand les capsules brunissent et commencent à s’ouvrir au sommet, les graines noires et brillantes se secouent dans un sac en papier. Gardées au sec et au frais dans une enveloppe, elles restent bonnes 2 ans, mais lèvent moins bien que fraîches.

Les autres méthodes

Bouturage : En pratique, l’ancolie ne se bouture pas : ses tiges creuses et sa racine pivotante ne reprennent pas de façon fiable.

Division et autres méthodes : Aucune de conseillée : la racine pivotante supporte mal d’être coupée, et une touffe divisée reprend mal. Les semis spontanés se déplacent jeunes, au stade 4 ou 5 feuilles, avec leur motte, en septembre ou en mars.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium blanchit le feuillage dès la fin de la floraison, surtout en sol sec et air confiné ; le rabattage de juillet règle le problème mieux qu’un traitement. Une rouille orangée peut marquer le revers des feuilles les années humides, sans menacer la plante. La pourriture du collet ne survient qu’en sol détrempé l’hiver.

Parasites fréquents : La mineuse de l’ancolie trace des galeries blanches sinueuses dans les feuilles d’avril à juin : le dégât est esthétique, retirer les feuilles les plus atteintes suffit. Les pucerons verts s’installent en bout de tiges au moment des boutons, un jet d’eau les déloge. Les limaces sectionnent les jeunes semis spontanés au ras du sol.

Prévention : Pailler pour garder le sol frais, c’est la meilleure défense contre l’oïdium. Rabattre en juillet et évacuer le feuillage au lieu de le laisser sur place, il porte mineuses et spores. Espacer les touffes de 40 cm pour que l’air circule entre elles.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante toxique. Toutes ses parties renferment des hétérosides cyanogènes, qui libèrent de l’acide cyanhydrique, et des alcaloïdes ; les graines et la racine sont de loin les plus concentrées.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat, le cheval et le bétail, quelle que soit la partie. Les intoxications restent rares car la plante est âcre et peu appétente, mais les graines noires et brillantes attirent parfois volailles et rongeurs.

Symptômes : Ingestion : salivation, nausées, vomissements et douleurs abdominales, puis palpitations et vertiges dans les cas sérieux, l’atteinte étant cardiaque et nerveuse. Contact : la sève fraîche irrite la peau et les muqueuses sensibles, comme chez beaucoup de renonculacées.

Précautions : Ne jamais la consommer, fleurs comprises, malgré les usages médiévaux qu’on lui prête encore. Porter des gants pour rabattre le feuillage, se laver les mains après avoir récolté les graines et les ranger hors de portée des enfants.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les hostas et les fougères partagent exactement son exigence de sol frais à mi-ombre, et leur feuillage prend le relais quand l’ancolie est rabattue en juillet. Les géraniums vivaces d’ombre, Geranium phaeum ou nodosum, fleurissent dans la foulée au même endroit. Les tulipes botaniques et les myosotis l’accompagnent en mai puis disparaissent sans la gêner.

Associations à éviter : Les vivaces méditerranéennes de plein soleil, lavande, santoline, ciste, veulent un sol sec et pauvre, à l’opposé du sien. Les couvre-sols envahissants, lierre, pervenche ou Geranium macrorrhizum, étouffent les semis spontanés dont dépend le renouvellement de la touffe. Les rosiers et les phlox, sujets au même oïdium, entretiennent le foyer en plein été, juste avant son rabattage.

Conseil : Laisser deux ou trois capsules mûrir et se ressemer : les jeunes pieds remplaceront la touffe qui décline vers 4 ans. Sachez que les semis spontanés reviennent presque toujours au mauve violacé du type, les ancolies voisines s’hybridant librement ; pour garder une couleur précise, il faut isoler le pied ou semer à part.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Vivace installée en pleine terre, en massif ou en lisière d’arbustes, à mi-ombre, en sol frais, humifère et drainé ; le calcaire ne la dérange pas.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mi-mars à fin mai : tous les 7 à 10 jours ; de juin à août : tous les 3 à 5 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 14 jours Maintenir le sol frais pendant la montée des tiges et la floraison, en arrosant au pied et non sur le feuillage. Une sécheresse en juin écourte la floraison et ouvre la porte à l’oïdium.installée à mi-ombre en sol paillé, la pluie lui suffit souvent dès la deuxième année
Inspection parasitaireUtile De début avril à mi-juin : tous les 7 à 10 jours ; de mi-juin à mi-septembre : tous les 14 à 21 jours Retirer à la main les feuilles les plus minées au printemps plutôt que de traiter : le dégât est esthétique et le rabattage de juillet efface le reste.galeries blanches sinueuses (mineuse de l’ancolie), pucerons verts sur les boutons
Compost, amendementUtile De début mars à mi-avril Griffer un peu de compost mûr au pied à la reprise de végétation. Un excès d’azote donne des tiges molles qui versent et un feuillage plus sensible à l’oïdium, sans une fleur de plus.une poignée suffit, elle se contente de peu
PaillageUtile De mi-avril à fin mai Couvrir le sol de feuilles broyées ou de compost pour tenir les racines au frais tout l’été, collet dégagé. Laisser quelques plaques de terre nue autour de la touffe, sans quoi les graines ne germeront pas.indispensable si la plante reçoit plus de 4 heures de soleil
FloraisonOptionnel De mai à juin La floraison tient 5 à 6 semaines, de mai à fin juin selon la région. Les ancolies voisines s’hybridant librement, c’est le moment de repérer les pieds dont on veut garder la graine.les semis spontanés reviennent presque toujours au mauve violacé du type
SemisUtile De début juin à mi-septembre Semer dès la récolte des capsules, en place ou en godet laissé dehors, sans chercher à protéger du gel qui déclenche justement la germination. La plante fleurit la deuxième année, et les semis spontanés suffisent le plus souvent à entretenir la colonie.graine fraîche à peine recouverte : elle lève après avoir pris le froid de l’hiver
Fleurs fanéesUtile De début juin à mi-juillet Couper les tiges défleuries au fur et à mesure pour gagner 2 ou 3 semaines de floraison. Tout supprimer serait une erreur : la touffe ne vit que 4 ou 5 ans et ce sont ses semis qui la remplacent.laisser mûrir 2 ou 3 capsules, le renouvellement en dépend
RabattageUtile De début juillet à mi-août Rabattre tout le feuillage à 10 cm après la floraison, dès qu’il est miné et blanchi, et évacuer les déchets plutôt que les laisser sur place. La souche refait une rosette fraîche qui tient jusqu’aux gelées.geste propre à l’ancolie : feuillage neuf en 3 semaines
Mise en place des plantsUtile De septembre à octobre Installer les godets à l’automne, en ameublissant 30 cm de profondeur pour laisser descendre la racine pivotante, et compter une floraison dès le printemps suivant. Mars et avril conviennent aussi, mais une ancolie en place ne se déplace plus.par groupes de 3 à 5 godets, 40 cm entre les pieds