Vivace · Brassicacées
Arabette du Caucase Arabis caucasica
Aussi appelé : Corbeille d’argent, Arabette, Arabis, Rock cress
L’arabette du Caucase est une petite vivace persistante des rochers calcaires du Caucase et de la Méditerranée orientale, qui forme un coussin de feuillage gris-vert duveteux de 15 à 25 cm de haut pour 40 à 50 cm de large. De fin mars à début mai, elle se couvre de petites fleurs blanches au parfum miellé, parmi les premières ressources des abeilles. Elle demande du soleil et une terre maigre, caillouteuse et filtrante, en rocaille, en bordure ou en haut d’un muret. Le froid ne l’inquiète pas : c’est un sol détrempé en hiver qui la tue.
- Type
- Vivace
- Famille
- Brassicacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De mars à mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 4 à 9 : le froid ne l’inquiète guère, puisqu’elle encaisse −25 °C et plus ; seul un sol détrempé en hiver lui est fatal.
Dimensions : 15 à 25 cm de haut en fleurs pour 40 à 50 cm d’étalement, en coussin persistant au feuillage gris-vert duveteux.
Floraison : De la fin mars à début mai, un coussin couvert de petites fleurs blanches, roses chez quelques cultivars, au parfum doux et miellé. C’est l’une des premières ressources des abeilles au jardin.
Substrat : Terre maigre et filtrante, caillouteuse ou sableuse, calcaire bienvenu, de pH 6 à 8 : à l’état sauvage, elle colonise les fentes des rochers calcaires.
Exposition : Plein soleil ou ombre légère ; dans le Midi, un peu d’ombre l’après-midi l’aide à passer les étés brûlants.
Arrosage : Seulement quand l’été reste sec plus de 2 semaines : un arrosage copieux au pied tous les 10 à 15 jours, les pluies suffisant le reste de l’année.
Durée de vie : Vivace persistante qui se dégarnit au centre au bout de 3 ou 4 ans ; divisée ou ressemée, elle se perpétue indéfiniment.
Multiplication : Division des touffes en septembre et début octobre, ou bouturage de pousses non fleuries après la floraison, sous châssis à mi-ombre.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les pluies lui suffisent, sauf quand l’été reste sec plus de 2 semaines : lui donner alors un arrosage copieux au pied, à renouveler tous les 10 à 15 jours. L’année de plantation, un arrosage hebdomadaire en été l’aide à s’enraciner, toujours le matin et sans mouiller le feuillage duveteux.
Fertilisation : Inutile : plante de rocaille, elle fleurit le mieux quand la terre est maigre. Tout au plus, en sol très sableux, une poignée de compost épandue autour de la touffe au printemps.
Rempotage : Sans objet en pleine terre, où la division de septembre, tous les 3 ans environ, rajeunit le coussin. Cultivée en jardinière, elle se replante au même rythme dans un mélange drainant, moitié terreau, moitié gravier.
Taille : Rabattre toute la touffe de moitié aux cisailles dès la fin de la floraison, en mai, hampes défleuries comprises. Elle repart en rosettes serrées et fleurit mieux au printemps suivant.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 5 à 6 heures par jour au moins, pour un coussin dense et une floraison généreuse. Elle accepte une ombre légère, qui l’aide même à traverser l’été dans le Midi.
Emplacement : Dehors, là où elle peut retomber : crête de muret, joints d’un mur de pierres sèches, rocaille ou bord d’allée surélevé. Elle se plaît aussi en jardinière, dans un mélange très drainant.
Substrat : Elle se contente d’une terre maigre et prospère aussi bien dans les éboulis calcaires que dans un sol sableux, pourvu que l’eau file. Une terre argileuse se corrige en y mêlant un bon tiers de gravier sur 20 cm de profondeur.
pH : De 6 à 8 : elle tolère très bien le calcaire.
Drainage : C’est sa seule vraie exigence : ses rosettes duveteuses, posées sur une terre qui reste mouillée l’hiver, pourrissent en quelques semaines. Un collet entouré de gravier et une plantation un peu surélevée l’en préservent.
Multiplication
Division : en septembre et début octobre, soulever la touffe, la séparer à la main ou au couteau en éclats munis de racines et de quelques rosettes, écarter le vieux centre et replanter aussitôt, en arrosant jusqu’à la reprise. Les tiges couchées qui ont raciné d’elles-mêmes se détachent et se replantent de la même façon. La division des touffes : les éclats munis de racines reprennent presque tous et fleurissent dès le printemps suivant.
Les autres méthodes
Bouturage : Après la floraison, de mai à juillet, prélever des pousses non fleuries de 5 à 8 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, dehors à mi-ombre sous châssis ou sous cloche. Tenu juste humide, le mélange les fait raciner en 3 à 4 semaines, et elles se mettent en place en septembre.
Semis :
SemerD’avril à juin, sous abri ou en pépinière, graines laissées en surface ou à peine couvertes, car la lumière aide la germination ; la levée prend 2 à 3 semaines vers 15 à 20 °C. Repiquer en godets, puis installer les plants en septembre pour une floraison au printemps suivant. L’espèce se reproduit fidèlement, mais les formes roses ou doubles ne se retrouvent pas toujours au semis : on les multiplie par division ou par bouture.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : une touffe isolée donne des graines, les abeilles assurant la fécondation. En juin, les longues siliques fines qui suivent les fleurs jaunissent puis brunissent : les couper avant qu’elles ne s’ouvrent et les laisser finir de sécher dans un sac en papier. Conservées au sec et au frais, elles restent bonnes 2 à 3 ans ; pour une forme rose ou double, un sachet du commerce est plus sûr que ses propres graines.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Par printemps doux et humide, le mildiou tapisse le revers des feuilles d’un duvet grisâtre, et la rouille blanche, commune aux crucifères, y dresse des pustules blanches et poudreuses : couper et jeter les rosettes atteintes, sans les composter. En hiver, un sol qui retient l’eau fait pourrir le cœur des touffes, dont le feuillage gris brunit puis se délite. Seul un meilleur drainage, avant de replanter, empêche la récidive.
Parasites fréquents : Les pucerons se groupent sur les hampes florales au printemps et se délogent au jet d’eau, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les altises, petits coléoptères sauteurs, criblent les feuilles de trous ronds sans menacer un coussin installé. Limaces et escargots s’en prennent surtout aux semis et aux jeunes plants à peine installés.
Prévention : Arroser au pied et jamais le soir, pour que le feuillage feutré sèche vite. Rajeunir le coussin chaque année par la taille de moitié, et tous les 3 ans par la division, avant que le vieux centre ne devienne un foyer de pourriture.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue pour l’homme, ni par ingestion ni au contact.
Toxicité animaux : Aucune intoxication connue chez le chien, le chat, le cheval ou les autres animaux domestiques.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit.
Précautions : Aucune : elle peut border une allée ou un coin de jeux sans risque.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’aubriète violette et la corbeille d’or jaune fleurissent avec elle, dans le même sol sec et ensoleillé : c’est le trio classique des murets au printemps, où son blanc fait ressortir leurs couleurs. Les iris nains accompagnent sa floraison, et les œillets mignardises prennent sa suite en mai et juin, sur le même sol calcaire.
Associations à éviter : Les petites plantes alpines lentes, comme les saxifrages en coussin, se font recouvrir en une saison par ses tiges qui s’étalent et s’enracinent. Crucifère elle-même, elle nourrit les mêmes altises que les choux du potager : mieux vaut ne pas l’installer en bordure du carré de choux.
Conseil : Planter l’arabette en haut du muret et l’aubriète juste en dessous : leurs cascades blanche et violette se mêlent au printemps, et une même taille, fin mai, remet les deux coussins en forme.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Coussin installé en pleine terre, en rocaille, en haut de muret ou en bordure, au soleil ou sous une ombre légère, dans un sol drainant, même pauvre ou calcaire.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Floraison | De mi-mars à mi-mai | Le coussin gris se couvre de fleurs de la fin mars au début mai, parmi les premières du jardin. Une floraison clairsemée signale le plus souvent un coin trop ombragé ou une vieille touffe à diviser. |
| Inspection parasitaire | De mi-mars à fin mai | Au printemps, les limaces entament les jeunes rosettes et des colonies de pucerons s’installent au sommet des hampes. Si l’air reste doux et humide, retourner quelques feuilles : un feutrage grisâtre trahit le mildiou, des cloques blanches et poudreuses la rouille blanche, et les rosettes touchées s’arrachent aussitôt. |
| Semis | De début avril à mi-juin | Semer sous abri ou en pépinière ; la levée prend 2 à 3 semaines. Repiquer en godets, puis installer les plants en septembre : ils fleurissent au printemps suivant. |
| Taille après floraison | De début mai à mi-juin | Passer les cisailles sur tout le coussin dès que les dernières fleurs se fanent : laissée à elle-même, l’arabette s’étire en tiges lâches, se creuse au milieu et fleurit moins l’année suivante. Quelques semaines plus tard, de nouvelles rosettes serrées ont tout recouvert. |
| Arrosage | De juin à août | Mouiller copieusement le pied, puis attendre 10 à 15 jours avant de recommencer si la pluie ne vient pas ; l’année de plantation, un arrosage par semaine en été assure l’enracinement. Le feuillage duveteux ne doit pas rester mouillé : il pourrirait par plaques. |
| Division de touffe | De début septembre à mi-octobre, tous les 3 ans | Séparer des éclats munis de racines et de quelques rosettes, écarter le vieux centre épuisé et replanter aussitôt, en arrosant jusqu’à la reprise. Les tiges couchées qui ont raciné d’elles-mêmes se détachent et se replantent de la même façon. |
| Paillage | De début octobre à mi-novembre, tous les 2 ans | Une couche minérale de 2 à 3 cm garde les rosettes feutrées hors de la terre mouillée, où elles pourrissent pendant les hivers pluvieux. |