Arbre · Araucariacées
Désespoir des singes Araucaria araucana
Aussi appelé : Araucaria du Chili, Pin du Chili, Pehuén, Monkey puzzle tree
Le désespoir des singes est un conifère des Andes du Chili et d’Argentine, aux branches couvertes de feuilles triangulaires, dures et piquantes, serrées en écailles. Sa croissance est très lente : il atteint en France 15 à 25 m de haut pour 8 à 10 m d’étalement, mais en plusieurs décennies, et vit plus d’un siècle sous nos climats. Il demande un sol profond, frais, bien drainé et plutôt acide, au soleil et à l’abri des vents desséchants. Rustique jusqu’à -20 °C, il supporte mal le calcaire actif, et sa place se choisit pour longtemps.
- Type
- Arbre
- Famille
- Araucariacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 7, jusqu'à -20 °C une fois installé, ce qui en fait le plus rustique des araucarias.
Dimensions : 15 à 25 mètres de haut en France pour 8 à 10 mètres d'étalement, atteints en plusieurs décennies tant la croissance est lente.
Floraison : Aucune fleur décorative : c’est un conifère, généralement dioïque, qui porte des cônes mâles allongés brun foncé ou de gros cônes femelles sphériques mûrissant en 2 à 3 ans, seulement sur des sujets de plusieurs décennies.
Substrat : sol profond, frais et bien drainé, plutôt acide à neutre, il déteste le calcaire actif.
Exposition : plein soleil ou mi-ombre légère, à l'abri des vents desséchants.
Arrosage : régulier les trois premières années, ensuite seulement en cas de sécheresse prolongée.
Durée de vie : Arbre très longévif : 700 à 1 000 ans dans son aire chilienne, et plus d’un siècle sous nos climats.
Multiplication : Semis de graines fraîches de fin septembre à novembre, une par pot profond, sous abri froid et sans repiquage tardif.
Arrosage & entretien
Arrosage : copieux une fois par semaine pendant les trois premiers étés, puis l'arbre se suffit à lui-même sauf canicule. En bac, garder le substrat frais sans excès et ne jamais laisser sécher complètement.
Fertilisation : un apport de compost mûr en surface au printemps suffit. Les engrais riches en azote provoquent des pousses molles qui gèlent l'hiver suivant.
Rempotage : tous les 3 ou 4 ans en avril pour un sujet en bac, avec le moins de dérangement racinaire possible.
Taille : aucune, et surtout pas d'étêtage : l'arbre ne reforme jamais de flèche et reste définitivement difforme. Les branches basses qui sèchent se coupent au ras du tronc.
Exposition & substrat
Exposition : plein soleil de préférence, 6 heures et plus, une mi-ombre légère étant tolérée dans le Midi.
Emplacement : extérieur exclusivement, en isolé pour que la silhouette conique s'exprime. Prévoir au moins 6 m de recul, les feuilles étant coupantes.
Substrat : terre de jardin profonde allégée de sable ou de gravier, enrichie de terreau de feuilles. Il se plaît en sol volcanique, ce qui dit son goût du drainage.
pH : acide à neutre, entre 5 et 7. Le calcaire actif provoque une chlorose difficile à corriger.
Drainage : indispensable en profondeur, l'eau stagnante en hiver étant plus destructrice que le froid. Éviter les sols argileux compacts sans amendement.
Multiplication
Semis : de fin septembre à novembre, avec des graines de l’année jamais séchées, semer une graine par pot profond d’au moins 20 cm, pointe vers le bas, enterrée aux deux tiers dans un terreau mêlé de sable, dehors sous abri froid. La levée prend 1 à 3 mois, parfois jusqu’au printemps, et la racine pivotante interdit tout repiquage tardif : planter le jeune sujet en place avec sa motte au bout de 1 à 2 ans. Le semis reproduit l’espèce, mais les graines ne sont fertiles qu’avec un pied mâle à proximité, et le sexe du plant reste inconnu pendant des décennies. Le semis de graines fraîches, dès leur chute, est la seule méthode à la portée d’un amateur, et une graine fraîche lève dans la plupart des cas. Une graine qui a séché ou qui date de l’an passé ne germe plus.
Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : sexes séparés, le vent porte le pollen du mâle. Il faut un arbre femelle de plusieurs décennies et un pied mâle à proximité : un sujet isolé donne des cônes, mais des graines creuses. Le gros cône femelle mûrit en 2 à 3 ans et se désagrège sur l’arbre en automne, lâchant ses grosses graines brunes au pied, qu’on ramasse aussitôt. Elles ne se conservent pas : à l’achat, n’accepter que des graines de l’automne en cours, fermes et lourdes, et les semer sans attendre.
Les autres méthodes
Bouturage : Pratiquement impossible pour un amateur : seule une bouture de la pousse terminale dressée donne un arbre droit, alors que les rameaux latéraux restent à l’horizontale toute leur vie. Prélever cette flèche gâcherait l’arbre mère.
Division et autres méthodes : Aucune : l’araucaria ne drageonne pas, ne se divise pas et ne se marcotte pas, et sa greffe reste une affaire de pépiniériste.
Maladies & parasites
Maladies courantes : le dépérissement des branches basses, qui brunissent puis sèchent de bas en haut, est le trouble le plus fréquent et vient le plus souvent d'un sol asphyxiant ou d'un stress de transplantation. Le phytophthora attaque les racines en terrain lourd et humide, sans remède une fois installé. Un brunissement partiel après un hiver rude est en revanche normal et se rattrape au printemps.
Parasites fréquents : cochenilles à bouclier sur le tronc et les branches, rares mais tenaces, à traiter à l'huile blanche en fin d'hiver. Les jeunes plants peuvent être broutés par les limaces et les lapins.
Prévention : planter dans un sol drainé et pailler le pied les premières années. Ne pas transplanter un sujet installé, il reprend très mal.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune toxicité, les graines étant au contraire comestibles et traditionnellement consommées grillées au Chili sous le nom de piñones. Le vrai danger est mécanique.
Toxicité animaux : aucune toxicité documentée pour le chien ou le chat.
Symptômes : les feuilles, triangulaires et terminées par une pointe très dure, provoquent des piqûres profondes et des coupures. Les cônes femelles, qui pèsent jusqu'à 1 kg, tombent d'une grande hauteur à maturité.
Précautions : ne jamais planter au bord d'un passage, d'une aire de jeux ou d'un stationnement. Porter des gants épais et des lunettes pour toute intervention près du feuillage.
Associations de plantes
Bonnes associations : les bruyères et les azalées partagent son sol acide et drainé, et couvrent le pied sans monter. Les fougères rustiques comme Dryopteris supportent l'ombre sèche qu'il crée en vieillissant. Les graminées basses habillent le dégagement qu'il faut de toute façon lui laisser.
Associations à éviter : tout ce qui exige un sol calcaire, lavandes et cistes du calcaire. Les grands arbres à croissance rapide le priveraient de la lumière dont il a besoin pour rester conique. Éviter les vivaces exigeantes en désherbage manuel au pied, où l'on ne peut pas travailler sans se blesser.
Conseil : planter les compagnes au-delà de la projection des branches basses, pas dessous. On garde l'accès au pied et l'on évite d'avoir à ramper sous un feuillage qui coupe.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Jeune sujet planté en pleine terre, en plein soleil, dans un sol profond, frais et acide à neutre, jamais calcaire, à l’abri des vents desséchants et destiné à devenir un très grand arbre.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à septembre : tous les 6 à 10 jours ; d’octobre à avril : tous les 20 à 30 jours | Les trois ou quatre premières années après la plantation, ne jamais laisser la motte se dessécher pendant les périodes sèches de l’été. Un sujet installé depuis longtemps se passe d’arrosage, sauf sécheresse prolongée. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 4 à 6 semaines ; d’octobre à mars : toutes les 8 à 10 semaines | Regarder le tronc et la face inférieure des branches basses, où les colonies s’installent d’abord. Surveiller aussi tout brunissement qui gagne une branche entière depuis sa base, symptôme d’une pourriture racinaire en sol mal drainé. |
| Correction du pH | De mars à septembre | Apporter de la terre de bruyère ou du soufre horticole en surface et n’arroser plus qu’à l’eau de pluie. Sur un sol franchement calcaire, cet arbre ne s’installe jamais durablement malgré les corrections. |
| Paillage | De mi-mars à mi-mai | Poser le paillis sur un sol déjà réhumidifié par les pluies de printemps, en couronne large qui couvre toute la surface des racines. Il garde le pied frais tout l’été et acidifie doucement la surface en se décomposant. |
| Engrais à libération lente | De mi-mars à fin avril | Cet apport ne se justifie que sur les jeunes sujets et sur les sols pauvres. La croissance de cette espèce est naturellement lente et rien ne l’accélère sans déformer la silhouette. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De septembre à mars | Ne couper jamais une branche encore verte ni la flèche, car cet arbre ne repart pas du bois ancien et la silhouette reste mutilée à vie. Les écailles sont très piquantes, même desséchées. |
| Semis | De mi-septembre à fin novembre | Les graines perdent très vite leur pouvoir germinatif et ne se conservent pas d’une année sur l’autre. La racine pivotante descend aussitôt, ce qui interdit les godets courts et les repiquages tardifs. |
| Ramassage des feuilles mortes | D’octobre à mars | Les rameaux tombés restent durs et pointus pendant des années et rendent le sol impraticable pieds nus. Les évacuer plutôt que les composter, tant leur décomposition est lente. |
| Voile d'hivernage | De mi-novembre à mi-mars | Protéger surtout la flèche terminale, dont la perte compromet définitivement le port de l’arbre. Un sujet bien installé encaisse sans aide des froids bien plus sévères. |