Arbuste · Éricacées
Arbousier Arbutus unedo
Aussi appelé : Arbre aux fraises, Arbre à fraises, Fraisier en arbre, Arbousier commun, Strawberry tree
L’arbousier est un arbuste persistant du pourtour méditerranéen et de la façade atlantique, qui porte à l’automne ses clochettes blanc crème en même temps que les fruits rouges de l’année précédente. Il peut atteindre 4 à 8 m, mais reste souvent sous 5 m au jardin, en arbuste ou en petit arbre à plusieurs troncs. Il demande surtout du soleil et une terre bien drainée, même pauvre, et se passe d’arrosage une fois installé. Il convient aux jardins du littoral et aux sols secs ; seul un jeune plant craint le froid ses premiers hivers.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Éricacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De septembre à décembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 7 à 10 : un sujet installé supporte -15 °C en sol bien drainé, mais un jeune plant reste fragile ses deux ou trois premiers hivers.
Dimensions : 4 à 8 m de hauteur et d’étalement à maturité, atteints en 10 à 20 ans ; en jardin, il reste souvent sous 5 m, en arbuste ou en petit arbre à plusieurs troncs.
Floraison : De fin septembre à début décembre : grappes pendantes de clochettes blanc crème, parfois rosées, légèrement parfumées de miel, portées en même temps que les fruits rouges de l’année précédente.
Substrat : Terre légère, sableuse ou caillouteuse, même pauvre, mais toujours bien drainée ; pH de 5,5 à 7,5, car il tolère un peu de calcaire, à la différence de la plupart des éricacées.
Exposition : Plein soleil, à l’abri des vents froids ; il supporte bien les embruns du bord de mer.
Arrosage : Les deux ou trois premiers étés, une dizaine de litres tous les 7 à 10 jours par temps sec ; ensuite plus rien, car il résiste à la sécheresse.
Durée de vie : Arbuste persistant de longue vie, qui se maintient plusieurs décennies et repart de sa souche après un gel sévère ou un incendie.
Multiplication : Semis sous abri en fin d’hiver des graines tirées des fruits mûrs et passées au froid, ou marcottage d’une branche basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les deux ou trois premiers étés, verser lentement une dizaine de litres au pied tous les 7 à 10 jours par temps sec, de juin à début septembre. Un arbousier installé se passe d’arrosage, et l’eau stagnante lui nuit bien plus que la sécheresse.
Fertilisation : Aucun engrais n’est nécessaire : il pousse naturellement dans les sols pauvres du maquis. En sol très appauvri ou en bac, une fine couche de compost mûr au printemps suffit.
Rempotage : En pleine terre, aucun : il reprend mal une fois déplacé, d’où l’intérêt de le planter jeune et à sa place définitive. Un jeune sujet en bac se rempote tous les 2 ou 3 ans en mars ou avril, dans un mélange bien drainé de terre de jardin, de terreau et de sable.
Taille : Une taille légère en mars ou début avril, tous les 2 ans au plus, pour ôter le bois mort et les branches mal placées, ou dégager peu à peu le tronc pour en faire un petit arbre. Chaque rameau coupé emporte les jeunes fruits nés des fleurs de l’automne, qui mettent un an à mûrir.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une floraison et une récolte abondantes. Une mi-ombre légère est tolérée, mais il y fleurit et fructifie peu.
Emplacement : Extérieur, en pleine terre, à l’abri des vents froids du nord et de l’est ; dans les régions aux hivers rudes, contre un mur exposé au sud ou à l’ouest. Le tenir à l’écart des terrasses et des allées, que ses fruits tombés tachent.
Substrat : Terre légère, sableuse ou caillouteuse, même pauvre, pourvu qu’elle s’égoutte vite. En terre argileuse, l’alléger largement de gravier ou planter sur une butte.
pH : De 5,5 à 7,5 : il préfère les sols acides à neutres, mais tolère une terre légèrement calcaire.
Drainage : C’est son exigence principale : une terre détrempée l’hiver asphyxie les racines et ouvre la porte au phytophthora, qui le fait dépérir. Ne jamais le planter dans une cuvette ni dans un sol qui retient l’eau.
Multiplication
Semis : en novembre, écraser les fruits mûrs, laver les graines et les garder 6 à 8 semaines dans du sable humide au réfrigérateur, puis les semer sous abri en février et mars, à peine couvertes de 2 mm de terreau sableux. La levée prend 4 à 8 semaines vers 18 °C ; repiquer en godets et protéger les jeunes plants du gel leurs deux premiers hivers. Les graines reproduisent l’espèce, pas ses cultivars compacts ou à fleurs roses, qui se marcottent. Le semis est le plus sûr : bonne levée et plants vigoureux.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent seules, avec l’aide des bourdons d’automne. Les fruits mettent un an à mûrir et se cueillent quand ils sont rouge vif et tendres sous le doigt, en novembre et décembre. Les graines lavées et séchées se gardent un an au sec et au frais, mais celles de l’année lèvent mieux.
Les autres méthodes
Bouturage : Difficile : prélever en septembre et octobre des boutures semi-aoûtées de 10 à 12 cm avec un talon, et les piquer dans un mélange de terreau et de sable sous châssis froid, à l’étouffée et à l’ombre. L’enracinement prend 2 à 4 mois et la réussite reste faible ; l’hormone de bouturage, facultative, aide un peu.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, dehors : courber une branche basse, inciser l’écorce sur 2 cm du côté du sol, l’enterrer à 10 cm en la maintenant d’un crochet et redresser l’extrémité hors de terre. Sevrer la marcotte au bout de 12 à 18 mois, quand elle a raciné.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La septoriose couvre les feuilles de taches brunes piquetées de points noirs puis les fait tomber, surtout après un printemps ou un automne humide : ramasser les feuilles atteintes et, si elle revient chaque année, pulvériser de la bouillie bordelaise au printemps. Le phytophthora, dans un sol mal drainé, fait jaunir puis sécher la ramure branche après branche, sans remède une fois installé. L’armillaire peut aussi le tuer : un feutrage blanc sous l’écorce du collet et des touffes de champignons couleur miel au pied, à l’automne, le signalent.
Parasites fréquents : Les pucerons se groupent parfois au printemps sur les jeunes pousses, et un jet d’eau en vient à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les cochenilles forment des boucliers bruns sur les rameaux et salissent les feuilles de fumagine : brosser, puis traiter à l’huile de colza en fin d’hiver. Dans le Midi, la grosse chenille verte du pacha à deux queues, un grand papillon méridional, mange quelques feuilles sans nuire à l’arbuste.
Prévention : Planter dans un sol drainant et un endroit aéré, puis ne plus arroser un sujet installé. Ramasser les feuilles tachées tombées au sol et désinfecter le sécateur entre deux coupes. Laisser assez d’espace autour de la ramure pour qu’elle sèche vite après la pluie.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune partie de l’arbousier n’est classée toxique, et ses fruits mûrs sont comestibles. Crus et mangés en quantité, ils restent indigestes et peuvent troubler la digestion.
Toxicité animaux : Il ne figure pas parmi les plantes toxiques recensées pour le chien, le chat ou le cheval. Un chien qui se gave de fruits tombés risque surtout une indigestion passagère.
Symptômes : Après un excès de fruits crus, ballonnements, nausées ou diarrhée, sans gravité. Aucune réaction connue au contact du feuillage.
Précautions : Cueillir les fruits bien mûrs et les manger avec modération, de préférence cuits en confiture ou en gelée. Ramasser les fruits tombés, surtout quand ils fermentent, pour que les enfants et les chiens ne s’en gavent pas.
Associations de plantes
Bonnes associations : La bruyère arborescente et le myrte, ses voisins du maquis, aiment les mêmes terres pauvres et drainantes et ne demandent pas plus d’eau que lui. Les cistes, les romarins et les lavandes, en lisière, supportent la même sécheresse d’été et fleurissent au printemps et en été, quand lui n’offre que son feuillage. La viorne tin, en fleurs de la fin de l’automne au printemps, forme avec lui une haie libre et persistante qui nourrit les pollinisateurs d’octobre à avril.
Associations à éviter : Les plantes de terre fraîche arrosées tout l’été, comme les hortensias ou un gazon tondu jusqu’au tronc : l’humidité permanente au collet appelle le phytophthora. Les lauriers-cerises ou les thuyas plantés trop près, qui le dépassent vite et lui prennent la lumière. Les grands arbres au feuillage dense, sous lesquels il ne fleurit presque plus.
Conseil : Le placer en vue des fenêtres, là où l’on profite à l’automne de ses fleurs et de ses fruits rouges réunis, mais à l’écart des allées. Un tapis de gravier à son pied garde le collet sec et met en valeur son écorce brun-rouge qui se détache en lanières.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste en pleine terre, en plein soleil et à l’abri des vents froids, dans un sol bien drainé ; l’arrosage et le voile ne concernent que les jeunes sujets.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours | Verser l’eau lentement au pied pour qu’elle descende vers les racines, puis laisser la terre sécher entre deux arrosages. Un arbousier installé n’en a plus besoin, et l’excès d’eau le menace bien plus que la sécheresse. |
| Taille de structure | De début mars à mi-avril, tous les 2 ans | Supprimer le bois mort et les branches mal placées, ou dégager peu à peu le tronc des branches basses pour en faire un petit arbre. Chaque rameau coupé emporte les jeunes fruits nés de la floraison d’automne, qui mettent un an à mûrir. |
| Floraison | De mi-septembre à mi-décembre | Les fleurs s’ouvrent pendant que mûrissent les fruits de la floraison précédente, si bien que l’arbuste porte les deux à la fois. Elles nourrissent bourdons et abeilles à une saison où presque rien d’autre ne fleurit. |
| Fructification, récolte | D’octobre à décembre | Cueillir les fruits un à un à mesure qu’ils mûrissent : à la chair farineuse et douce, ils se mangent crus avec modération et font surtout de bonnes confitures. Ramasser ceux qui tombent, qui fermentent vite et tachent les dallages. |
| Voile d'hivernage | De décembre à février | Envelopper la ramure d’un voile d’hivernage double et pailler le pied le temps du froid. Un arbousier installé tient jusque vers -15 °C en sol bien drainé et se passe de protection. |