Vivace · Astéracées
Marguerite des Canaries Argyranthemum frutescens
Aussi appelé : Anthémis, Marguerite arbustive, Chrysanthème frutescent, Paris daisy
La marguerite des Canaries est une vivace arbustive originaire des îles Canaries, cultivée chez nous en pot pour ses fleurs blanches, roses ou jaune pâle, qui se succèdent de mai aux premières gelées. Elle forme une touffe de 40 à 80 cm en pot, jusqu’à 1 m en pleine terre sous climat doux. Elle demande surtout du plein soleil, des arrosages fréquents en été et la suppression des fleurs fanées pour fleurir sans pause. Le gel la tue dès -2 à -3 °C : on la rentre hors gel pour l’hiver, ou on la traite en annuelle.
- Type
- Vivace
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -1 °C
- Floraison
- De mai à octobre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 9 à 11, elle ne tolère qu’une gelée blanche passagère et le gel la détruit dès -2 à -3 °C. Sous nos climats, elle se cultive en pot et s’hiverne hors gel, entre 5 et 10 °C.
Dimensions : 40 à 80 cm de haut en pot, jusqu’à 1 m en pleine terre sous climat doux, pour 40 à 60 cm d’étalement en une seule saison.
Floraison : De mai aux premières gelées, sans interruption si l’on supprime les fleurs fanées : marguerites blanches à cœur jaune, ou roses et jaune pâle selon les variétés, sans parfum notable.
Substrat : Terreau pour plantes fleuries allégé d’un quart de sable grossier ou de perlite, pH 6 à 7.
Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum ; à l’ombre elle file et ne fleurit qu’en bout de tige.
Arrosage : Tous les 1 à 2 jours en plein été dans un pot exposé au sud, tous les 2 à 3 jours au printemps, toutes les 2 à 3 semaines pendant l’hivernage.
Durée de vie : Vivace arbustive gélive, souvent conduite en annuelle ; hivernée, elle tient 3 à 4 ans avant de se dégarnir pour de bon.
Multiplication : Bouturage de tiges non fleuries en fin d’été, hivernées hors gel, ou au printemps à partir du pied rentré pour l’hiver.
Arrosage & entretien
Arrosage : Arroser dès que le premier centimètre de terreau est sec, jusqu’à ce que l’eau ressorte par le drainage, puis vider la soucoupe. Compter 1 à 2 jours d’intervalle de juin à août, 2 à 3 jours au printemps, 2 à 3 semaines l’hiver au frais.
Fertilisation : Engrais liquide pour plantes fleuries, riche en potasse, tous les 10 à 15 jours de mai à septembre. Arrêter tout apport au moment de la rentrée d’automne.
Rempotage : Chaque année en mars, dans un pot de 2 à 3 cm de plus, avec un terreau entièrement renouvelé. Une saison de floraison continue épuise le substrat.
Taille : Rabattre d’un tiers en mars, pincer les jeunes pousses en avril, couper les fleurs fanées chaque semaine. Une seconde coupe d’un tiers à la mi-juillet relance la floraison quand la chaleur l’a interrompue.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour. Une ombre légère en milieu d’après-midi est un avantage pendant les canicules.
Emplacement : Dehors de mi-mai à mi-octobre, sur un balcon sud ou ouest ; l’hiver, local clair et froid entre 5 et 10 °C. Ce n’est pas une plante d’appartement chauffé, où elle s’étiole en quelques semaines.
Substrat : Terreau de qualité additionné de sable grossier, léger et aéré, sans rétenteur d’eau.
pH : Entre 6 et 7, de légèrement acide à neutre.
Drainage : Pot percé, couche drainante au fond, soucoupe vidée après chaque arrosage. L’eau stagnante fait pourrir le collet plus sûrement que le froid ne tue la plante.
Multiplication
Bouturage : prélever des extrémités herbacées sans bouton de 7 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de perlite ou de sable, à l’intérieur ou sous abri lumineux, sans soleil direct, sous un sac transparent aéré chaque jour. À 15 à 20 °C, elles racinent en 2 à 3 semaines. Les jeunes plants passent l’hiver hors gel entre 5 et 10 °C et ne sortent qu’après les dernières gelées. Le bouturage de tiges non fleuries, en août et septembre pour hiverner de jeunes plants hors gel, ou en mars et avril sur le pied hiverné : il réussit presque à chaque fois.
Les autres méthodes
Semis :
SemerRarement pratiqué : les marguerites du commerce sont des cultivars ou des hybrides que le semis ne reproduit pas, et les graines se trouvent peu. Pour semer l’espèce, compter mars sous abri, graines à peine couvertes, et une levée en 2 à 3 semaines vers 18 °C.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : l’espèce attend le pollen d’un autre pied, porté par les insectes. Les capitules de l’espèce, laissés sécher sur la plante en fin d’été, donnent parfois quelques akènes. La plupart des marguerites vendues, hybrides ou à fleurs doubles, n’en forment pas de viables ou donnent des plants sans rapport avec la plante mère. Pour l’espèce, mieux vaut un sachet du commerce, qui se garde 2 ans au sec ; pour une variété, la bouture.
Division et autres méthodes : Aucune : c’est un petit arbuste à tronc unique, qui ne se divise pas et ne drageonne pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre le feuillage d’un feutrage blanc en fin d’été, à traiter au soufre en aérant la plante. La pourriture du collet et des racines suit un substrat détrempé et ne se rattrape pas. Par temps humide, le botrytis fait brunir les fleurs, qu’il faut retirer aussitôt.
Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les boutons au printemps, à déloger au jet d’eau, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La mineuse creuse dans les feuilles des galeries claires et sinueuses : il suffit d’ôter les feuilles atteintes dès les premières. Aleurodes et araignées rouges apparaissent surtout pendant l’hivernage.
Prévention : Inspecter le revers des feuilles chaque semaine d’avril à octobre. Arroser au pied sans mouiller le feuillage et espacer les pots pour que l’air circule. Aérer le local d’hivernage dès que la température extérieure le permet.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité notable n’est documentée pour cette espèce, ni dans les fleurs ni dans le feuillage. Comme chez beaucoup d’Astéracées, la sève peut irriter la peau des personnes sensibles à cette famille.
Toxicité animaux : Elle ne figure pas parmi les plantes signalées comme dangereuses pour le chien et le chat, contrairement aux vrais chrysanthèmes avec lesquels on la confond souvent. Une ingestion importante de feuillage peut néanmoins provoquer des troubles digestifs passagers, comme tout végétal.
Symptômes : Rougeurs et démangeaisons après un contact prolongé avec la sève chez les personnes allergiques aux composées. Vomissements sans gravité chez un animal qui en aurait beaucoup mangé.
Précautions : Des gants suffisent pour tailler si votre peau réagit aux plantes de cette famille. Aucune autre précaution particulière n’est justifiée.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le pélargonium et la verveine retombante partagent exactement son exposition et son rythme d’arrosage, et fleurissent aussi longtemps qu’elle. Le bidens apporte un jaune qui prolonge l’effet jusqu’aux gelées. La gaura ajoute de la légèreté sans jamais lui faire d’ombre.
Associations à éviter : Le fuchsia et l’impatiens réclament l’ombre et une humidité constante, à l’inverse de ses besoins. L’hosta grille là où elle veut du soleil brûlant. Les sedums et autres plantes grasses, qui doivent sécher entre deux arrosages, ne supportent pas son régime d’eau.
Conseil : Prévoyez au moins 10 L de substrat par pied. Un pot de 2 L en plein soleil se dessèche en une demi-journée de juillet, et c’est ce manque d’eau, bien plus que la chaleur, qui arrête la floraison.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet cultivé en pot de 25 à 30 cm sur un balcon ou une terrasse plein sud, sorti à la belle saison et hiverné hors gel dans un local clair et froid.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 2 à 3 jours ; de juin à août : tous les 1 à 2 jours ; de septembre à octobre : tous les 3 à 5 jours ; de novembre à mars : toutes les 2 à 3 semaines | Arroser au pied jusqu’à ce que l’eau ressorte par le trou de drainage. Un pot en plein soleil de juillet se vide en une journée, et la plante fane vite, mais repart après un bassinage. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dans l’heure qui suit. Les racines pourrissent en quelques jours dans l’eau stagnante, y compris en hiver où rien ne s’évapore. |
| Rabattage | En mars | Rabattre la touffe d’un tiers en fin d’hivernage, avant la reprise. Sans cette coupe la plante se dégarnit du bas et ne fleurit plus qu’au bout de branches nues. |
| Rempotage | De début mars à mi-avril | Changer la motte de pot chaque printemps avec un terreau entièrement renouvelé, car une saison de floraison continue épuise le substrat. |
| Pincement | De mi-mars à fin avril | Pincer l’extrémité des jeunes pousses pour forcer la ramification. C’est ce geste qui double le nombre de boutons de la première floraison. |
| Inspection parasitaire | D’avril à octobre | Regarder chaque semaine le revers des feuilles et le dessous des boutons. La mineuse creuse des galeries claires et sinueuses qu’il suffit d’ôter feuille par feuille si on les repère tôt. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à fin mai | Sortir le pot après les dernières gelées, à la mi-mai dans la plupart des régions, en l’installant quelques jours à mi-ombre. Le feuillage formé sous abri brûle s’il reçoit le plein soleil d’emblée. |
| Engrais liquide | De mai à septembre | Apporter l’engrais dans l’eau d’arrosage tous les 10 à 15 jours. Une floraison de 6 mois dans 3 L de terreau ne tient pas sans cet apport. |
| Fleurs fanées | De mai à octobre | Couper les capitules fanés à la base de leur tige toutes les semaines. C’est le geste qui décide de la longueur de la floraison, la plante s’arrêtant dès qu’elle monte à graines. |
| Taille après floraison | En juillet | Rabattre l’ensemble d’un tiers quand la plante s’essouffle au cœur de l’été. Elle refleurit 3 semaines plus tard et tient alors jusqu’aux gelées. |
| Rentrée à l'automne | En octobre | Rentrer le pot avant la première gelée dans une véranda froide, un garage clair ou une serre hors gel. La plante gèle dès -2 °C, mais elle s’étiole tout autant dans un salon chauffé. |