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Légume · Brassicacées

Raifort Armoracia rusticana

Aussi appelé : Cran de Bretagne, Cranson de Bretagne, Moutarde des Allemands, Moutarde des capucins, Raifort sauvage, Horseradish

Le raifort est une vivace potagère originaire d’Europe orientale, cultivée pour sa grosse racine blanche au goût piquant, que l’on râpe en condiment. Son feuillage monte à 60 cm à 1 m, mais c’est sous terre qu’il s’étend : ses racines gagnent du terrain chaque année si on ne les contient pas. Il demande surtout une terre profonde, meuble et sans cailloux, et des arrosages copieux en été quand il ne pleut pas. Il convient à un coin du potager qu’on lui abandonne, ou à une culture renouvelée chaque printemps pour des racines jeunes et tendres.

Raifort (Armoracia rusticana)
Photo : Pethan, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Légume
Famille
Brassicacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 3 à 9 : sa racine, profondément enfouie, supporte des froids de −25 °C et au-delà, tandis que les feuilles disparaissent à la fin de l’automne.

Dimensions : 60 cm à 1 m de feuillage, jusqu’à 1,2 m en fleurs, pour 45 à 60 cm d’étalement, mais la touffe gagne du terrain chaque année par ses racines si on ne la contient pas.

Floraison : De la mi-mai à la mi-juin, des panicules de petites fleurs blanches au parfum léger, sans intérêt décoratif. On les coupe dès leur apparition pour que la plante réserve sa vigueur à la racine.

Substrat : Terre profonde, meuble, fraîche et riche en humus, sans cailloux pour que la racine pousse droite, au pH de 6 à 7,5.

Exposition : Soleil ou mi-ombre légère, le plein soleil donnant les racines les plus fournies.

Arrosage : Copieusement tous les 7 à 10 jours de juin à août quand il ne pleut pas ; le reste de l’année, les pluies suffisent.

Durée de vie : Vivace très persistante, qui se maintient des dizaines d’années au même endroit ; on la cultive souvent comme une annuelle, en replantant chaque printemps des fouets pour récolter des racines jeunes et tendres.

Multiplication : Bouturage de racines latérales de 20 à 30 cm, plantées dehors en biais de mars à fin avril, ou division de la souche.

Arrosage & entretien

Arrosage : De juin à août, arroser copieusement tous les 7 à 10 jours quand il ne pleut pas, pour que la terre reste fraîche en profondeur. Une racine qui a eu soif devient ligneuse et fibreuse, d’une âcreté excessive.

Fertilisation : Incorporer du compost bien décomposé de mi-février à fin mars, avant la plantation, sans jamais utiliser de fumier frais, qui fait fourcher les racines. Aucun autre engrais n’est utile : trop d’azote pousse aux feuilles plutôt qu’à la racine.

Rempotage : En pleine terre, pas de rempotage : on replante chaque année, de début mars à fin avril, des fouets de 20 à 30 cm gardés à la récolte, couchés à 45 degrés. En bac, choisir un contenant d’au moins 50 cm de profondeur, qui limite aussi son envahissement.

Taille : Couper les tiges florales à la base dès leur apparition, de mi-mai à fin juin, pour que la plante réserve sa vigueur à la racine. À l’automne, retirer les feuilles fanées par le gel avant la récolte, qui s’étend de la mi-octobre à la mi-mars.

Exposition & substrat

Exposition : Soleil ou mi-ombre légère, avec au moins 5 à 6 heures de soleil par jour. Sous une ombre trop dense, les feuilles s’allongent et la racine reste maigre.

Emplacement : En extérieur et en pleine terre, dans un coin du potager réservé pour des années ou dans un grand bac sans fond enterré qui retient ses racines. L’écarter des planches cultivées chaque année, qu’il envahirait de rejets.

Substrat : Terre profonde, meuble et sans cailloux, riche en humus, ameublie sur 40 cm pour que la racine pousse droite. En bac, un mélange de terre de jardin et de compost mûr convient.

pH : De 6 à 7,5, du légèrement acide au légèrement calcaire. Il s’accommode de la plupart des terres de potager.

Drainage : La terre doit rester fraîche sans être détrempée, car l’eau stagnante fait pourrir la racine en hiver. En sol lourd, cultiver sur une planche surélevée.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : à la récolte d’automne, garder des racines latérales de 20 à 30 cm, de l’épaisseur d’un crayon, coupées droites en haut et en biais en bas pour ne pas les inverser, et les conserver au frais dans du sable. De mars à fin avril, les planter dehors couchées à 45 degrés, le haut à 5 cm sous terre, à 40 à 60 cm les unes des autres ; elles débourrent en 2 à 4 semaines. Le bouturage de racines, les fouets : il est presque infaillible, car le raifort repart du moindre morceau de racine.

Les autres méthodes

Semis :

SemerOn ne le sème pas : sous nos climats, le raifort ne donne presque jamais de graines viables.

Récolter les grainesPas de graines en culture : le raifort fleurit, mais sous nos climats il ne forme presque jamais de graines viables, et le commerce n’en propose pas. Un pied s’obtient en achetant ou en récupérant quelques fouets de racine, puis se multiplie par bouture de racine ou par division.

Division et autres méthodes : Division de la souche au printemps, dehors : déterrer une touffe, la trancher à la bêche en morceaux portant chacun un bourgeon et des racines, et les replanter aussitôt. Chaque fragment oublié en terre repart, c’est aussi ce qui le rend envahissant.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Des taches brunes ou grises, parfois cernées de jaune, marquent les vieilles feuilles en été par temps humide, sans vraiment nuire à la racine : supprimer les feuilles les plus atteintes. La rouille blanche forme des pustules blanches au revers des feuilles, et la hernie du chou, dans les terres contaminées, déforme les racines en excroissances. Aucun traitement n’est utile au jardin : évacuer les parties atteintes et changer la culture de place si la hernie s’est déclarée.

Parasites fréquents : Les altises, minuscules coléoptères sauteurs, criblent les feuilles de petits trous, surtout par temps chaud et sec. Les chenilles de la piéride du chou et les larves de chrysomèles dévorent le feuillage jusqu’aux nervures et se ramassent à la main. Un feuillage vigoureux supporte ces attaques sans que la racine en souffre beaucoup.

Prévention : Garder la terre fraîche et paillée en été, ce qui gêne les altises. Éloigner le raifort des choux, radis et navets, qui partagent ses ravageurs et ses maladies. Replanter des fouets sains, prélevés sur des racines sans taches ni déformations.

Toxicité

Toxicité humaine : La racine est un condiment comestible, mais elle libère en étant râpée une essence de moutarde très irritante pour les yeux, le nez, la bouche et la peau. Consommée en grande quantité, elle irrite fortement l’estomac et l’intestin, et elle est déconseillée aux enfants de moins de 4 ans ainsi qu’en cas d’ulcère digestif ou de maladie des reins.

Toxicité animaux : Au jardin, le risque est faible, chiens et chats n’y touchant guère, mais une racine récoltée et rongée à la cuisine peut irriter fortement la bouche et l’estomac d’un chien. Chez le bétail qui en a brouté en quantité, des inflammations digestives graves, parfois mortelles, ont été décrites.

Symptômes : Brûlures de la bouche et de la gorge, larmoiement, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée en cas d’ingestion excessive. Au contact prolongé de la racine fraîchement râpée, la peau rougit et peut se couvrir de cloques.

Précautions : Râper la racine dans une pièce aérée, avec des gants et sans se toucher les yeux, et ranger les racines récoltées hors de portée des chiens. S’en tenir à un usage de condiment et éviter les préparations médicinales pendant la grossesse et l’allaitement.

Associations de plantes

Bonnes associations : La tradition le plante aux coins du carré de pommes de terre, qu’il protégerait du doryphore : l’effet n’est pas démontré, mais la cohabitation est sans inconvénient s’il reste contenu dans un bac enterré. La rhubarbe et l’oseille, vivaces comme lui et amatrices de terres fraîches, partagent volontiers son coin permanent du potager. Une bordure enfoncée entre eux l’empêche de gagner leurs souches.

Associations à éviter : Les choux, radis, navets et roquettes, de la même famille, partagent ses altises, ses chenilles et la hernie du chou, qu’ils se transmettent d’une culture à l’autre. Les asperges et les fraisiers, installés pour plusieurs années, se feraient envahir par ses racines sans qu’on puisse les en débarrasser. Les légumes des planches bêchées chaque année souffrent aussi de ses rejets, car chaque fragment tranché par la bêche redonne un pied.

Conseil : Enterrer un grand bac sans fond sur 50 cm de profondeur pour y cultiver le raifort : la racine y pousse droite et les rejets restent confinés. À chaque récolte, garder les plus beaux fouets pour la replantation et sortir tout le reste.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au potager, dans un coin réservé ou un grand bac sans fond enterré qui contient ses racines, au soleil ou à mi-ombre légère, dans une terre profonde, meuble et fraîche.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De juin à août : tous les 7 à 10 jours Arroser en profondeur plutôt que souvent, pour que la racine plonge droit vers la fraîcheur. Une racine qui a eu soif en été devient ligneuse et fibreuse, d’une âcreté excessive.par temps sec seulement, copieusement
Compost, amendementUtile De mi-février à fin mars Ameublir la terre sur 40 cm et y incorporer le compost quelques semaines avant de planter les fouets. Une terre tassée ou fumée de frais donne des racines fourchues et tordues, pénibles à éplucher et à râper.compost bien décomposé, jamais de fumier frais
BouturageEssentiel De mars à avril Coucher chaque fouet à 45 degrés, le haut à 5 cm sous terre, en laissant 40 à 60 cm entre eux. Couper le haut droit et le bas en biais au moment de la récolte évite de les replanter à l’envers.fouets de 20 à 30 cm, gros comme un crayon, gardés de la récolte
Gourmands et rejetsUtile D’avril à octobreDès que : Des pousses sortent de terre hors du coin ou du bac réservé Déterrer chaque rejet avec sa racine plutôt que de le couper en surface, ce qui le ferait repartir de plus belle. Le moindre morceau de racine oublié en terre redonne une plante.rejets partis d’un fragment de racine
Inspection parasitaireUtile De mai à août Des feuilles criblées de petits trous trahissent les altises, surtout par temps chaud et sec, et des feuilles rongées jusqu’aux nervures, les chenilles de la piéride du chou. Le feuillage vigoureux supporte ces attaques : ramasser les chenilles à la main et garder la terre fraîche, ce que les altises n’aiment pas.altises, chenilles de piérides, taches brunes des feuilles
FloraisonOptionnel De mi-mai à fin juin Couper les tiges florales à la base dès leur apparition pour que la plante réserve sa vigueur à la racine. Les graines se forment rarement et ne servent pas à la multiplication.grappes de petites fleurs blanches sur des tiges d’1 m
PaillageUtile De mi-mai à fin juin Pailler dès que les feuilles ont pris de l’ampleur, pour garder la terre fraîche tout l’été et espacer les arrosages. Le paillis évite aussi les binages, qui tronçonnent les racines et multiplient les rejets.paille ou tonte sèche, sur une terre humide
Fructification, récolteEssentiel De mi-octobre à mi-mars Dégager la racine à la fourche-bêche et la sortir entière, en gardant les racines latérales, conservées dans du sable frais, pour la plantation suivante. Le goût est le plus vif après quelques nuits froides, et les racines laissées en terre se récoltent au fil des besoins jusqu’en mars.récolte des racines, hors périodes de gel