Arbuste · Garryacées
Aucuba du Japon Aucuba japonica
Aussi appelé : Aucuba, Laurier du Japon, Laurier tacheté, Spotted laurel
L’aucuba du Japon est un arbuste persistant des sous-bois humides du Japon, aux grandes feuilles vernissées, souvent tachetées de jaune. Il atteint 1,5 à 2,5 m en une dizaine d’années, et seuls les pieds femelles portent des baies rouges, à condition qu’un mâle pousse à proximité. Il se contente d’une terre ordinaire, fraîche et humifère, et prospère jusque dans l’ombre dense d’un mur au nord, où peu d’arbustes tiennent. Le plein soleil, lui, brûle ses feuilles en plaques noires.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Garryacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 7 à 10, soit environ -15 °C pour un sujet installé ; les jeunes plants et les bacs souffrent déjà vers -10 °C. Le froid sec accompagné de vent noircit le feuillage sans tuer la souche, qui repart du pied au printemps.
Dimensions : 1,5 à 2,5 m de haut pour autant d’étalement en une dizaine d’années, croissance lente, 15 à 25 cm par an.
Floraison : Discrète, de fin mars à fin avril : petites fleurs pourpre brunâtre à quatre pétales, en panicules dressées chez le mâle. Les pieds femelles pollinisés portent ensuite des baies rouges légèrement toxiques.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche, humifère et drainée ; pH 5,5 à 7,5, le calcaire modéré ne le gêne pas.
Exposition : Mi-ombre à ombre, y compris l’ombre dense d’un mur au nord ; le plein soleil brûle les feuilles et les marque de plaques noires.
Arrosage : Une dizaine de litres tous les 7 à 10 jours l’été, les deux premières années seulement ; ensuite la pluie suffit hors canicule.
Durée de vie : Vivace, arbuste persistant qui vit couramment plusieurs dizaines d’années sans être déplacé.
Multiplication : Bouturage de rameaux semi-aoûtés en août et septembre, sous châssis à l’ombre, qui garde le sexe et la panachure du pied.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieux et espacé, tous les 7 à 10 jours de juin à septembre pendant les deux premiers étés, puis seulement en sécheresse prolongée. En bac, arroser dès que les trois premiers centimètres sont secs, sans jamais laisser d’eau dans la soucoupe.
Fertilisation : Un seau de compost mûr griffé au pied à la fin de l’hiver suffit en pleine terre. En bac, un engrais à libération lente pour arbustes, apporté en mars.
Rempotage : En bac, tous les 3 ans en mars, avec un simple surfaçage les autres années, dans un mélange de terre de jardin, de terreau et de compost. En pleine terre, il ne se déplace plus une fois installé.
Taille : Facultative, en mars, au sécateur et branche par branche pour ne pas couper les grandes feuilles en deux. Il repart sans difficulté du vieux bois, ce qui autorise un rabattage sévère sur un sujet dégarni.
Exposition & substrat
Exposition : Mi-ombre ou ombre, de zéro à 3 heures de soleil, jamais celui du milieu de journée. Les formes panachées de jaune réclament un peu plus de lumière pour garder leurs dorures, mais brûlent tout autant au soleil direct.
Emplacement : Extérieur, au nord ou à l’est, sous le couvert d’arbres ou contre un mur. Il tolère la ville, la pollution et les embruns, et supporte une véranda fraîche.
Substrat : Terre de jardin enrichie de compost ou de terreau de feuilles, restant fraîche en été sous un paillis.
pH : 5,5 à 7,5, avec une préférence pour un sol légèrement acide à neutre.
Drainage : Nécessaire malgré son goût pour la fraîcheur : un sol gorgé d’eau en hiver fait jaunir le feuillage et pourrir les racines, sans retour possible.
Multiplication
Bouturage : prélever des rameaux de l’année semi-aoûtés de 10 à 15 cm, ôter les feuilles du bas, couper les autres de moitié et piquer dans un mélange de terreau et de sable, dehors à l’ombre sous châssis ou sous cloche, à l’étouffée. Elles racinent en 6 à 8 semaines ; les hiverner sous abri froid et les planter au printemps suivant. Le bouturage en août et septembre, très facile ; c’est aussi la seule façon sûre d’obtenir un pied du même sexe et de la même panachure que celui qu’on aime.
Les autres méthodes
Semis :
SemerEn automne, dehors en terrine, semer les graines tirées des baies mûres, couvertes de 1 cm de terreau ; la levée a lieu au printemps suivant. Les semis ne reproduisent ni le sexe ni la panachure du pied mère, et donnent souvent des plants verts ; se laver les mains après avoir manipulé les baies, légèrement toxiques.
Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : seul un pied femelle porte des baies, et seulement si un pied mâle fleurit à proximité. Les baies rougissent en automne et restent sur l’arbuste jusqu’au printemps ; les cueillir bien rouges, en extraire la graine et la semer aussitôt. Elle ne se conserve pas : une graine qui a séché ne lève plus.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, dehors : courber une branche basse, l’enterrer à 10 cm en la maintenant d’un crochet et redresser l’extrémité hors de terre. Sevrer la marcotte et la replanter au bout d’un an.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Les taches noires sur les feuilles sont le symptôme le plus fréquent, et viennent presque toujours d’une brûlure de soleil ou de gel plutôt que d’un champignon. Une anthracnose de type Phyllosticta peut s’y ajouter en été humide : couper et évacuer les feuilles atteintes. La pourriture racinaire en sol détrempé reste la seule maladie réellement mortelle.
Parasites fréquents : Les cochenilles, farineuses ou à bouclier, sont le ravageur numéro un, en amas blancs ou en boucliers bruns au revers des feuilles et aux aisselles : coton imbibé d’alcool, sinon huile blanche ou insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », deux fois à 15 jours d’intervalle. Les otiorhynques découpent des encoches régulières au bord des feuilles. L’araignée rouge s’installe sur les sujets en véranda trop sèche.
Prévention : Contrôler le revers des feuilles une fois par mois de mai à septembre, en particulier sur les pieds adossés à un mur où l’air stagne. Doucher le feuillage poussiéreux, et ne jamais planter en plein soleil, ce qui affaiblit l’arbuste et ouvre la porte au reste.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxicité faible mais réelle : feuilles et baies contiennent de l’aucubine, un hétéroside iridoïde. Le centre antipoison de Lille a recensé quatre-vingts intoxications en 7 ans, presque toutes des baies avalées par de jeunes enfants, sans séquelle mais avec des troubles digestifs nets.
Toxicité animaux : Les baies rouges présentent le même risque pour le chien et le chat, avec vomissements et douleurs abdominales. L’arbuste n’est pas classé parmi les plantes les plus dangereuses pour les animaux domestiques, mais il vaut mieux éviter qu’ils y goûtent.
Symptômes : Nausées, coliques, vomissements et diarrhée dans les heures qui suivent l’ingestion, parfois un peu de fièvre. Aucun effet irritant connu par simple contact avec le feuillage ou la sève.
Précautions : Apprendre aux enfants à ne pas cueillir ces baies rouge corail, très visibles en hiver quand plus rien ne colore le jardin. En cas d’ingestion de plusieurs fruits, appeler le centre antipoison ; ne planter que des pieds mâles supprime la question, puisque eux ne fructifient jamais.
Associations de plantes
Bonnes associations : Fougères et hostas partagent son goût pour l’ombre fraîche, et leurs feuillages découpés font ressortir ses grandes feuilles vernissées. L’hellébore fleurit à son pied en plein hiver, au moment précis où ses baies sont rouges. Sarcococca et skimmia complètent le massif d’ombre en décalant parfum et fruits sur le reste de la saison.
Associations à éviter : Lavande, ciste et santoline veulent le plein soleil et un sol sec, exactement l’inverse de ce qu’il demande. Les rosiers, sous 3 heures de soleil, s’étiolent et attrapent toutes les maladies du feuillage. Les graminées de prairie sèche dépérissent sous son ombre dense et son paillis humide.
Conseil : Pour obtenir des baies, il faut un pied mâle pour quatre ou cinq pieds femelles, planté à moins d’une dizaine de mètres. Quelques variétés autofertiles fructifient seules, sans voisin mâle.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste installé en pleine terre, à mi-ombre ou à l’ombre d’un mur exposé au nord, dans une terre de jardin ordinaire restant fraîche et correctement drainée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 10 à 15 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement et rarement le temps que l’enracinement se fasse, puis laisser faire la pluie. Hors des deux premiers étés, seule une canicule prolongée, qui fait pendre le feuillage, justifie un arrosage. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Apporter le compost à la fin de l’hiver, avant la reprise : en pleine terre, l’aucuba n’a besoin d’aucun autre engrais. |
| Taille de structure | De début mars à mi-avril | Raccourcir les rameaux un à un avant le départ de végétation ; la cisaille coupe ses grandes feuilles en deux et les moitiés restantes brunissent pour toute la saison. |
| Floraison | De mi-mars à fin avril | C’est à la floraison que le sexe d’un pied se reconnaît : panicules dressées à étamines jaunes chez le mâle, fleurs plus petites à ovaire renflé chez la femelle. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Pailler au printemps pour garder le sol frais tout l’été : l’aucuba supporte l’ombre sèche du pied des arbres, mais il y végète au lieu de pousser. |
| Inspection parasitaire | De mai à septembre | Chercher les cochenilles, premier ravageur de l’arbuste, surtout sur les sujets adossés à un mur où l’air ne circule pas. |
| Bouturage | D’août à septembre | L’aucuba racine sans difficulté en fin d’été, et la bouture est le seul moyen sûr d’obtenir un pied du même sexe que celui qu’on aime. |
| Fructification, récolte | De début octobre à mi-mars | Les fruits ne paraissent que sur un pied femelle pollinisé par un mâle voisin, et tiennent tout l’hiver jusqu’à la floraison suivante. |
| Voile d'hivernage | De décembre à février | Protéger seulement les jeunes plants et les bacs, dont les racines gèlent bien avant celles d’un sujet installé ; un arbuste établi encaisse -15 °C en ne perdant que la beauté de son feuillage. |