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Bisannuelle · Astéracées

Pâquerette Bellis perennis

Aussi appelé : Petite marguerite, Pâquerette vivace, Fleur de Pâques, Bellis, English daisy

La pâquerette est une petite vivace des prairies et des pelouses d’Europe, dont les variétés horticoles à gros pompons blancs, roses ou rouges garnissent les massifs de printemps. Elle forme une touffe de 5 à 15 cm de haut, jusqu’à 20 cm pour les grosses fleurs, qui fleurit de mars à juin puis souvent à l’automne. Elle demande une terre fraîche, du soleil ou une ombre légère, et de l’eau dès que la chaleur arrive. Elle convient aux bordures et aux potées et se ressème seule ; le froid ne l’atteint pas, c’est la sécheresse de l’été qui la fait disparaître.

Pâquerette (Bellis perennis)
Photo : Johann Georg Sturm (Painter: Jacob Sturm), Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Bisannuelle
Famille
Astéracées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
De mars à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 4 à 8, elle encaisse -25 °C sans la moindre protection. Le froid n’est pas son ennemi : c’est la sécheresse de juillet qui la fait disparaître.

Dimensions : 5 à 15 cm de haut pour 10 à 20 cm d’étalement, les variétés horticoles à gros capitules montant à 20 cm.

Floraison : De mars à fin juin, puis souvent à l’automne : capitules blancs à cœur jaune, rosés ou rouges et pomponnés chez les variétés horticoles, qui se ferment la nuit et par temps couvert.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche, un peu argileuse, enrichie d’une poignée de compost. Elle tolère les sols pauvres, jamais les sols secs.

Exposition : Soleil ou mi-ombre légère, 4 à 6 heures directes. Au sud de la Loire, une ombre aux heures chaudes lui évite de griller dès juin.

Arrosage : Tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 2 ou 3 jours pendant les chaleurs, à peine en hiver. Ses racines sont courtes et superficielles, elles ne vont chercher l’eau nulle part.

Durée de vie : Vivace, le plus souvent conduite en bisannuelle horticole. Une touffe donne le meilleur 3 ou 4 ans, mais elle se ressème seule et se perpétue ainsi indéfiniment.

Multiplication : Semis de juin à juillet, repiqué en août et planté à l’automne, ou division des touffes en septembre.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 5 à 7 jours de mars à mai, tous les 2 ou 3 jours en juillet et août, tous les 7 à 10 jours à l’automne, presque rien de décembre à février. Arroser au pied et le matin, l’eau qui stagne dans le cœur de la rosette ouvrant la porte à l’oïdium.

Fertilisation : Inutile en pleine terre, où le compost de plantation couvre l’année entière. En jardinière, un engrais pour plantes fleuries dilué tous les 15 jours de mars à mai, le terreau d’un pot s’épuisant en quelques semaines.

Rempotage : Pas de rempotage à proprement parler : on divise la touffe tous les 2 ans en septembre et on replante les éclats de trois ou quatre rosettes. En jardinière, renouveler le terreau à chaque remise en place d’automne.

Taille : Couper les fleurs fanées chaque semaine, la tige au ras de la rosette et non le seul capitule, ce qui relance la floraison et évite les semis spontanés. Il n’y a rien d’autre à tailler.

Exposition & substrat

Exposition : 4 à 6 heures de soleil direct suffisent. Elle fleurit aussi à mi-ombre, un peu moins abondamment, et le préfère franchement dans le Midi.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en bordure, en rocaille fraîche, au pied d’un arbuste ou en jardinière d’automne. Une exposition est ou ouest est idéale, le plein sud seulement si le sol reste frais.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, plutôt lourde et gardant l’humidité, additionnée de compost. Un sol sableux et brûlant est la seule situation qu’elle ne tient pas.

pH : 6,0 à 7,5, elle s’accommode très bien du calcaire.

Drainage : Un drainage correct suffit, et elle ne craint pas l’humidité hivernale du sol, contrairement à la plupart des vivaces de rocaille. Seule l’eau stagnante au creux de la rosette, en pot mal percé, fait pourrir le collet.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : de juin à fin juillet, en pépinière ombragée ou en terrine dehors, semer sur un terreau fin en couvrant les graines d’un simple voile de terre de 1 à 2 mm ; la levée prend 1 à 2 semaines vers 15 à 20 °C, sol tenu frais. Repiquer en août, puis mettre en place en septembre et octobre. Les variétés horticoles à pompons ne se reproduisent qu’en partie, et les semis spontanés reviennent vite à la pâquerette simple. Le semis, ou la division des touffes en septembre : deux méthodes faciles et sûres.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : la pâquerette est largement autostérile, les insectes portent le pollen. Les pâquerettes sauvages du gazon croisent les variétés horticoles, d’où des semis qui reviennent vite à la fleur simple. Récolter en juin les capitules fanés, devenus bruns et duveteux, avant qu’ils ne s’égrènent, et les frotter au-dessus d’un papier. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans ; pour des pompons, un sachet du commerce est plus sûr.

Les autres méthodes

Bouturage : Elle ne se bouture pas.

Division et autres méthodes : En septembre, tous les 2 ans, soulever les touffes, les éclater à la main en rosettes munies de racines et les replanter aussitôt à 15 cm, en arrosant. C’est la façon de garder intactes les formes doubles.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium couvre le feuillage d’un feutrage blanc par temps lourd de juin à août ; on retire les feuilles atteintes et on traite au soufre ou à la décoction de prêle. La pourriture du collet suit un excès d’eau en pot ou un paillis posé sur les rosettes. Une rouille blanche existe mais reste rare au jardin.

Parasites fréquents : Limaces et escargots rasent les jeunes rosettes de mars à mai, et c’est là le vrai dégât. Les pucerons s’installent parfois sur les hampes au printemps, un jet d’eau en vient le plus souvent à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». En terre lourde, les larves de tipules peuvent sectionner les racines.

Prévention : Espacer les plants de 15 à 20 cm pour laisser circuler l’air, arroser au pied le matin, et tenir le paillis à l’écart du cœur des touffes. Diviser tous les 2 ans : un pied épuisé et dégarni attrape tout ce qui passe.

Toxicité

Toxicité humaine : Non toxique, et même comestible : jeunes feuilles, boutons et capitules se mangent crus en salade ou confits au vinaigre. C’est l’une des plantes sauvages comestibles les plus communes de France.

Toxicité animaux : Aucune toxicité sérieuse documentée chez le chien, le chat ou les rongeurs, et elle ne figure pas parmi les plantes toxiques répertoriées par les centres antipoison. Quelques sites grand public la classent légèrement irritante, sans cas rapporté à l’appui.

Symptômes : Une ingestion massive donnerait au pire un trouble digestif passager. Comme toutes les Astéracées, elle peut provoquer une dermatite de contact chez les personnes déjà allergiques aux composées, chrysanthème ou arnica.

Précautions : Rien de particulier au jardin, y compris avec de jeunes enfants ou des animaux. Avant de la consommer, s’assurer seulement que la pelouse n’a reçu ni désherbant sélectif ni engrais de synthèse.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les petits bulbes de printemps, muscari, crocus et narcisses nains, qui percent au travers du tapis de rosettes et fleurissent exactement en même temps. La pensée et le myosotis, mêmes besoins en eau et même calendrier de plantation d’automne, pour une jardinière de fin d’hiver. La bugle rampante ou l’alchémille en bordure fraîche, qui prennent le relais quand la pâquerette ralentit en été.

Associations à éviter : Les plantes de terrain sec et pauvre, lavande, thym ou ciste, dont le régime d’arrosage est l’exact inverse du sien. Les vivaces couvrantes vigoureuses, géranium vivace ou népéta, qui l’étouffent en une seule saison. Et une pelouse traitée au désherbant sélectif, produit qui vise précisément les rosettes de pâquerette.

Conseil : Plantez-la en septembre plutôt qu’en mars : les godets de printemps fleurissent 3 semaines puis grillent, ceux d’automne ont tout l’hiver pour s’enraciner et tiennent de février à juin. Laissez deux ou trois capitules monter en graine si vous voulez qu’elle se perpétue seule.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Plants mis en place à l’automne en bordure, en rocaille ou en jardinière, dans une terre ordinaire restant fraîche, au soleil ou à mi-ombre légère.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mars à mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à novembre : tous les 7 à 10 jours ; de décembre à février : toutes les 3 à 4 semaines Arroser dès que la surface sèche, les racines étant courtes et toutes superficielles. C’est la sécheresse d’été, et non le froid, qui fait disparaître les pâquerettes.au pied et le matin, jamais dans le cœur de la rosette
Inspection parasitaireUtile De mars à mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à septembre : toutes les 1 à 2 semaines Écarter les feuilles pour regarder le collet : limaces et escargots rasent les jeunes plants au printemps, et un feutrage blanc annonce l’oïdium des étés orageux.limaces sur les jeunes rosettes, oïdium par temps lourd
FloraisonOptionnel De mars à juin La floraison principale court de mars à juin, chaque capitule se fermant la nuit et par temps couvert, puis repart souvent à l’automne quand la chaleur retombe.remontée fréquente en septembre et octobre par temps doux
Fleurs fanéesUtile De mars à juin Supprimer les fleurs passées chaque semaine pendant toute la floraison entretient la remontée et évite le semis spontané qui gagne la pelouse voisine.couper la tige au ras de la rosette, pas seulement le capitule
Engrais liquideOptionnel De mars à mai En pot, où le terreau s’épuise en quelques semaines, un apport léger de mars à mai soutient la floraison ; en pleine terre le compost de plantation suffit pour l’année.engrais plantes fleuries dilué, tous les 15 jours, en jardinière seulement
PaillageUtile De début mai à mi-juin Étaler un paillis léger avant les chaleurs pour garder le pied frais, sans jamais recouvrir le cœur des rosettes qui pourrirait dessous.2 à 3 cm de tonte séchée ou de compost fin, écartés du collet
SemisUtile De juin à juillet Semer en plein été sur un terreau fin, en couvrant les graines d’un simple voile de terre, puis repiquer en août pour obtenir des rosettes déjà fortes avant les froids.en terrine ombragée, graines à peine recouvertes
Mise en place des plantsEssentiel De septembre à octobre Mettre les jeunes touffes en place à l’automne pour qu’elles s’enracinent avant l’hiver : plantée en mars, la pâquerette fleurit 3 semaines et grille aux premières chaleurs.tous les 15 à 20 cm, le cœur de la rosette hors de terre
Division de touffeUtile En septembre, tous les 2 ans Éclater les touffes tous les 2 ans en septembre : le centre se dégarnit et la floraison faiblit passé la troisième année, alors que les éclats repartent aussitôt.éclats de trois ou quatre rosettes avec leurs racines