Vivace · Boraginacées
Myosotis du Caucase Brunnera macrophylla
Aussi appelé : Brunnera, Brunnéra à grandes feuilles, Buglosse de Sibérie, Siberian bugloss
Le myosotis du Caucase est une vivace des sous-bois du Caucase, cultivée pour ses larges feuilles en cœur, souvent argentées ou panachées selon les formes, et pour ses nuées de petites fleurs bleu vif d’avril à fin mai. Il forme une touffe de 30 à 40 cm de haut, 45 cm en fleur, pour 45 à 60 cm d’étalement. Il demande la mi-ombre et une terre fraîche, riche en humus, qui ne sèche pas en été. Insensible au froid jusqu’à -30 °C, il craint en revanche le soleil d’après-midi, qui brûle ses feuilles, surtout chez les formes argentées.
- Type
- Vivace
- Famille
- Boraginacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3 à 8, la souche supporte sans aucune protection des gelées de l’ordre de -30 °C. C’est une vivace de plein hiver, qui n’a jamais besoin d’être rentrée en France métropolitaine.
Dimensions : 30 à 40 cm de haut en feuillage, 45 cm avec les hampes florales, pour 45 à 60 cm d’étalement à maturité.
Floraison : D’avril à fin mai, nuées de minuscules fleurs bleu vif à cœur jaune, semblables à celles du myosotis, flottant au-dessus du feuillage, sans parfum.
Substrat : Terre de jardin fraîche, profonde et riche en humus, allégée de feuilles décomposées ou de compost ; pH de 6 à 7,5.
Exposition : Mi-ombre à ombre claire, 2 à 3 heures de soleil du matin au plus. Le soleil d’après-midi brûle le limbe, surtout chez les formes argentées.
Arrosage : Sol maintenu frais toute la belle saison, tous les 7 à 10 jours au printemps et tous les 3 à 5 jours en plein été sans pluie.
Durée de vie : Vivace rhizomateuse durable, 10 ans et plus en place, rajeunie par division tous les 4 ans environ.
Multiplication : Division de la touffe en septembre, seule méthode qui garde fidèlement une forme panachée ou argentée.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours au printemps, tous les 3 à 5 jours en été sans pluie, puis tous les 10 à 15 jours en automne ; en hiver la pluie suffit. Toujours au pied et jamais sur le feuillage, qui se tache.
Fertilisation : 2 à 3 L de compost mûr griffés autour de la touffe en mars suffisent pour l’année. L’engrais liquide n’apporte rien ici et fait filer un feuillage mou.
Rempotage : Plante de pleine terre, donc pas de rempotage. Ce qui en tient lieu est la division de la touffe, tous les 4 ans en septembre, à la bêche ou au couteau, en éclats portant bourgeon et racines.
Taille : Couper les hampes défleuries fin mai, puis rabattre les feuilles brûlées après la floraison pour obtenir une repousse neuve. Nettoyer le feuillage sec de l’hiver fin février, avant que les fleurs ne montent.
Exposition & substrat
Exposition : Ombre claire à mi-ombre, avec au maximum 2 à 3 heures de soleil matinal. Sous un soleil direct d’après-midi, le limbe se dessèche par les bords en quelques jours et ne se répare pas.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en pied de haie, en lisière d’arbustes ou en massif exposé au nord ou à l’est. Elle se plaît aussi sous un arbre caduc, à condition d’arroser pendant les sécheresses.
Substrat : Terre de jardin enrichie de compost et de feuilles décomposées, restant fraîche sans être détrempée. Elle accepte l’argile si le sol est amendé et paillé.
pH : De 6 à 7,5, l’optimum étant un sol neutre à très légèrement acide. Le calcaire modéré ne la gêne pas.
Drainage : Sol frais en été mais jamais gorgé d’eau l’hiver. Le rhizome pourrit dans une terre lourde qui reste mouillée de novembre à mars : un apport de sable grossier et de compost à la plantation règle la question.
Multiplication
Division : en septembre, dehors, soulever la touffe à la fourche, la séparer à la main ou au couteau en éclats portant chacun 2 à 3 bourgeons et des racines. Replanter aussitôt au même niveau, dans une terre fraîche et humifère, puis arroser copieusement. La division de la touffe quand la terre est encore chaude : les éclats ont 2 mois pour s’enraciner avant l’hiver, et c’est la seule méthode qui garde fidèlement une forme panachée ou argentée.
Les autres méthodes
Bouturage : Elle se multiplie par boutures de racines, de décembre à février : prélever des racines épaisses, les couper en tronçons de 5 cm, les coucher à plat dans un mélange de terreau et de sable et les couvrir de 1 cm, sous châssis froid. Les pousses apparaissent au printemps, en 2 à 3 mois ; les formes panachées donnent ainsi souvent des plants verts, d’où la préférence pour la division.
Semis :
SemerPour l’espèce seulement : semer les graines fraîches en juin et juillet, dehors en terrine, couvertes de 2 à 3 mm. La levée est irrégulière et attend souvent le printemps suivant, après le froid de l’hiver ; les variétés à feuillage argenté ou panaché ne se reproduisent pas par semis.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles et des bourdons. Les fleurs donnent en juin et juillet de petites graines brun noir qui tombent dès leur maturité : surveiller les tiges fanées et les cueillir quand les calices brunissent. Elles perdent vite leur faculté de germer et se sèment fraîches, comme le dit le semis. Seule l’espèce à feuillage vert vaut la peine d’être récoltée ; une forme argentée ou panachée se garde par division.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium marque le feuillage d’un feutrage blanc à la fin de l’été, surtout sur un pied qui a manqué d’eau. Des taches foliaires brunes apparaissent en sol détrempé ou sur feuillage mouillé le soir. Dans les deux cas, rabattre entièrement les feuilles atteintes relance une pousse saine, plus efficacement qu’un traitement.
Parasites fréquents : Limaces et escargots dévorent les jeunes pousses de mars à mai, et peuvent faire disparaître une touffe entière en une nuit. L’otiorhynque laisse des encoches régulières sur le bord des feuilles en été, ses larves rongeant le rhizome sous terre. Ramassage du soir, cendre ou barrière pour les premiers, nématodes auxiliaires arrosés en septembre contre les secondes.
Prévention : Pailler et arroser au pied sans mouiller le feuillage écarte l’essentiel des ennuis. Espacer les touffes de 50 cm pour que l’air circule entre les grandes feuilles. Nettoyer le feuillage hivernal en février retire aussi les spores d’oïdium qui y ont passé la mauvaise saison.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune intoxication humaine n’est rapportée pour cette espèce. Elle n’est pas comestible pour autant : comme d’autres Boraginacées, elle est susceptible de renfermer des alcaloïdes pyrrolizidiniques, hépatotoxiques à dose répétée, et ne doit jamais être consommée.
Toxicité animaux : Considérée comme faiblement toxique pour le chat et le chien, sans danger grave documenté. Un animal qui mâchonne une feuille risque une irritation buccale et un vomissement, pas une urgence vétérinaire.
Symptômes : Par ingestion, salivation, vomissement et selles molles passagères. Par contact, le limbe rugueux et les poils raides des pétioles peuvent irriter une peau sensible lors d’un désherbage prolongé.
Précautions : Des gants suffisent pour la manipuler et pour diviser les touffes. Ne jamais la confondre avec la consoude ou la bourrache pour un usage alimentaire : le feuillage se ressemble au printemps, les usages non.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les hostas partagent exactement ses besoins d’ombre fraîche et sortent 3 semaines plus tard, quand le bleu du Brunnera s’efface. Les fougères persistantes, Dryopteris ou Polystichum, apportent une texture découpée qui met en valeur ses grandes feuilles rondes. L’hellébore prend le relais en fleurs de janvier à mars, juste avant lui, sur le même sol et la même exposition.
Associations à éviter : Lavande, ciste et graminées de terrain sec demandent le plein soleil et un sol drainé l’été, c’est-à-dire l’inverse de ses besoins. L’alchémille mollis et le lierre se ressèment ou s’étalent au point de recouvrir le cœur de la touffe en deux saisons. Les bambous et les érables à racines traçantes assèchent la terre à la profondeur exacte où court son rhizome.
Conseil : Un pied qui s’est affaissé en fin d’après-midi chaud n’a pas forcément soif : il se relève seul à la fraîche. Jugez de l’arrosage le matin, jamais le soir, et vous éviterez l’excès d’eau qui fait pourrir le rhizome.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe installée en pleine terre, en massif d'ombre ou en lisière d'arbustes, à mi-ombre, dans un sol frais et humifère, sans aucune protection hivernale.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à mai : tous les 7 à 10 jours ; de juin à août : tous les 3 à 5 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 15 jours ; de novembre à février : tous les 1 à 2 mois | Arroser au pied, en mouillant largement la terre plutôt qu'en surface, car le rhizome est superficiel et souffre le premier de la sécheresse. Ne pas mouiller les feuilles, qui se tachent et s'ouvrent à l'oïdium. |
| Inspection parasitaire | De début mars à mi-juin : chaque semaine ; de mi-juin à fin octobre : toutes les 2 à 3 semaines | Regarder au collet le soir ou après une pluie pendant tout le printemps : les jeunes pousses, tendres et basses, peuvent disparaître en une seule nuit. |
| Rabattage | De mi-février à mi-mars | Nettoyer le feuillage de l'hiver, semi-persistant et défraîchi, juste avant le départ de végétation, pour dégager les hampes florales qui montent très tôt en mars. |
| Compost, amendement | En mars | Apporter le compost au tout début du débourrement, quand les premières feuilles pointent, parce que le Brunnera construit la totalité de son feuillage en 6 semaines et ne se rattrape pas ensuite. |
| Paillage | En avril | Pailler quand la terre est encore humide de l'hiver et déjà réchauffée : c'est ce qui tient la fraîcheur du pied jusqu'en août, et cette plante d'ombre ne pardonne pas un sol sec en plein été. |
| Fleurs fanées | De mi-mai à fin juin | Supprimer les tiges dès que le bleu vire au vert limite les semis spontanés, abondants et toujours à feuillage vert même sous un pied panaché, et laisse les grandes feuilles prendre toute la place. |
| Taille après floraison | De mi-juin à fin juillet | Rabattre le feuillage abîmé juste après la floraison provoque une repousse neuve qui tiendra jusqu'aux gelées, alors que les feuilles brûlées de juin, elles, ne se répareront pas. |
| Division de touffe | En septembre, tous les 4 ans | Diviser en début d'automne, quand la terre est encore chaude, laisse aux éclats 2 mois pour s'enraciner avant l'hiver et c'est le seul moyen de multiplier fidèlement une forme panachée. |