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Arbuste · Scrophulariacées

Arbre aux papillons Buddleja davidii

Aussi appelé : Buddleia, Buddléia de David, Lilas d’été, Arbuste aux papillons, Butterfly bush

L’arbre aux papillons est un arbuste originaire de Chine, dont les longues panicules mauves au parfum de miel attirent les papillons de juillet à octobre. Sa croissance est très rapide : il atteint 2 à 4 m en quelques années, mais une taille sévère chaque printemps le maintient vers 1,5 à 2 m et entretient sa vigueur. Il se contente d’une terre ordinaire, même pauvre, caillouteuse ou calcaire, pourvu qu’elle soit drainée, et ne réclame presque plus d’eau après sa première année. Seule l’ombre lui nuit vraiment : il s’y étire et fleurit peu.

Arbre aux papillons (Buddleja davidii)
Photo : Fernando Losada Rodríguez, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Scrophulariacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
De juillet à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 5 à 9, la souche résistant jusqu'à environ -25 °C. En zone froide, la partie aérienne peut geler et repartir de la base au printemps.

Dimensions : 2 à 4 m de hauteur pour 2 à 3 m d'étalement en quelques années, sa croissance étant très rapide (1 à 1,5 m par an). Une taille annuelle sévère permet de le contenir autour de 1,5 à 2 m.

Floraison : De juillet au début d’octobre : longues panicules mauves à pourpres, parfois blanches ou roses, au parfum de miel, très visitées par les papillons.

Substrat : Peu exigeant : terre ordinaire, même caillouteuse, pauvre ou calcaire, pourvu qu'elle soit bien drainée. pH large, de 6 à 8, avec un optimum autour de la neutralité.

Exposition : Plein soleil impératif pour une floraison abondante et parfumée. À l'ombre, la ramure s'étire et les inflorescences se raréfient.

Arrosage : Arrosages réguliers la première année (10 L par semaine en été) le temps de l'enracinement, puis quasi nuls : l'arbuste est très résistant à la sécheresse. En pot, un arrosage dès que les 5 premiers centimètres sont secs.

Durée de vie : Arbuste vivace de vie brève, 15 à 20 ans. Le recépage annuel au printemps est ce qui le maintient vigoureux.

Multiplication : Bouturage de tiges de l’année en août et septembre, en terreau et sable à mi-ombre ; elles s’enracinent avant l’hiver.

Arrosage & entretien

Arrosage : En pleine terre, arroser copieusement une fois par semaine la première saison, puis seulement en cas de canicule prolongée ; l'arbuste installé se passe d'arrosage. En pot, arroser 1 à 2 fois par semaine d'avril à septembre en laissant sécher la surface entre deux apports, et très peu en hiver.

Fertilisation : Un apport de compost mûr ou de fumier décomposé au pied en fin d'hiver, juste après la taille, suffit largement. Éviter les engrais azotés qui produisent un bois tendre, sensible au gel, au détriment des fleurs.

Rempotage : En pleine terre, aucune transplantation n'est souhaitable après quelques années, le système racinaire devenant profond. En bac, rempoter tous les 2 à 3 ans au début du printemps dans un contenant d'au moins 40 L, avec surfaçage du terreau les autres années.

Taille : Taille indispensable, sévère, en mars : rabattre toutes les branches de l'année précédente à 30-50 cm du sol, au-dessus d'une paire de bourgeons, car la floraison se fait sur le bois de l'année. Supprimer les panicules fanées en été pour relancer une seconde vague de fleurs et limiter la dissémination des graines.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, avec au minimum 6 heures de soleil direct par jour, l'idéal étant 8 heures ou plus. Une exposition trop ombragée réduit fortement le nombre d'inflorescences et attire moins les papillons.

Emplacement : Arbuste de plein air uniquement, à installer en isolé, en haie libre ou en fond de massif, face au sud ou à l'ouest. Il supporte très bien les situations chaudes, réverbérées et les sols de remblai, mais craint les cuvettes humides.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, plutôt légère, même pauvre, sableuse ou calcaire, allégée de gravier si elle est argileuse. En bac, un mélange de terre franche, terreau et sable grossier (40/40/20) donne de bons résultats.

pH : Fourchette optimale de 6 à 8 ; il prospère aussi bien en sol neutre que franchement calcaire. Seuls les sols très acides sous 5,5 lui conviennent mal.

Drainage : Drainage indispensable, surtout en hiver : sur terre lourde, planter sur une légère butte avec un lit de graviers. L'excès d'eau provoque le jaunissement du feuillage puis l'asphyxie et la pourriture des racines (Phytophthora).

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : d’août à fin septembre, prélever des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, coupées sous un nœud, retirer les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, dehors à mi-ombre ou sous châssis ; elles racinent en 3 à 5 semaines. En novembre, des boutures ligneuses de 20 cm piquées aux deux tiers en pleine terre reprennent aussi au printemps. Le bouturage de tiges de l’année, l’un des plus faciles qui soient : la bouture s’enracine avant l’hiver et fleurit dès l’été suivant.

Les autres méthodes

Semis :

SemerPossible en mars et avril sous abri, graines très fines laissées en surface à la lumière, vers 18 à 20 °C : la levée prend 2 à 4 semaines. Les plants ne reproduisent pas fidèlement la couleur des fleurs, et l’arbuste se ressème déjà trop, au point d’être envahissant ; les variétés se multiplient par bouturage.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des papillons et des abeilles. Les fleurs donnent de petites capsules qui brunissent de novembre à février : couper quelques panicules sèches et les secouer dans un sac pour recueillir la poussière de graines, qui se garde 2 à 3 ans au sec et au frais. Couper les autres épis fanés dès la floraison passée, pour que l’arbuste ne se ressème pas dans tout le voisinage. Pour une couleur précise, les graines du commerce ou la bouture sont plus sûres qu’une récolte.

Division et autres méthodes : Aucune : la souche est ligneuse et unique ; un marcottage simple est possible, mais inutile tant la bouture réussit.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Arbuste très robuste, rarement malade. L'oïdium peut couvrir les feuilles d'un feutrage blanc en été confiné et sec, et des taches foliaires brunes (Septoria, Cercospora) apparaissent par temps humide. La pourriture racinaire à Phytophthora, favorisée par un sol détrempé, se traduit par un flétrissement brutal et le dépérissement de branches entières : supprimer le bois atteint, aérer la ramure et améliorer le drainage, un traitement au soufre suffisant contre l'oïdium.

Parasites fréquents : Les araignées rouges provoquent en été sec un feuillage piqueté de gris avec de fines toiles au revers ; les pucerons colonisent les jeunes pousses et les boutons floraux. Cochenilles farineuses aux aisselles et charançons du feuillage (otiorhynques, encoches en demi-lune sur le bord des feuilles) sont plus occasionnels. Doucher le feuillage, déloger les pucerons au jet d’eau, favoriser leurs prédateurs (coccinelles, syrphes, chrysopes) contre pucerons et acariens, et utiliser des nématodes auxiliaires contre les larves d'otiorhynque.

Prévention : Planter en plein soleil, au large (2 à 3 m entre les sujets), pour une bonne circulation de l'air. Tailler sévèrement chaque printemps et évacuer les résidus de taille assainit la ramure et prévient les foyers de parasites. Ne pas fertiliser à l'excès et éviter tout arrosage sur le feuillage, particulièrement le soir.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxicité faible à modérée : la plante contient des saponines (buddlejasaponines) et des glycosides iridoïdes présents dans toutes les parties, notamment les feuilles, les graines et l'écorce. Aucune partie n'est comestible, mais aucune intoxication grave n'est documentée, les ingestions restant anecdotiques.

Toxicité animaux : Risque faible pour le chien et le chat, qui ne s'y intéressent guère ; l'ingestion de feuilles ou de fleurs peut néanmoins provoquer des troubles digestifs. Les saponines sont plus problématiques chez les herbivores et les rongeurs consommant de grandes quantités de feuillage.

Symptômes : Ingestion : nausées, hypersalivation, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée légère, sans gravité en petite quantité. Contact : la sève et les poils fins des feuilles peuvent irriter la peau sensible et les yeux, avec rougeurs et démangeaisons passagères.

Précautions : Porter des gants et des manches longues lors de la taille printanière, qui génère beaucoup de poussière et de sève, et se laver les mains ensuite. Tenir les jeunes enfants à l'écart des fruits secs et contacter un centre antipoison ou un vétérinaire en cas d'ingestion importante.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les vivaces méditerranéennes mellifères (lavande, sauge, népéta, échinacée, origan) partagent son goût du plein soleil et du sol drainé, et prolongent le buffet des pollinisateurs. Les graminées (Stipa, Miscanthus, Perovskia) apportent de la légèreté et masquent la base de la ramure, souvent dégarnie après la taille. Les rosiers arbustifs et les caryoptéris, qui se taillent aussi au printemps, forment un massif cohérent en termes d'entretien.

Associations à éviter : Les plantes d'ombre et de sol frais (hostas, fougères, astilbes, hortensias) souffrent de son ombre portée et surtout de la sécheresse qu'il crée autour de lui. Les vivaces basses et lentes plantées trop près sont vite étouffées par sa croissance rapide et son enracinement puissant. Enfin, les végétaux exigeant un sol constamment humide, comme les Ligularia, sont en opposition directe avec ses besoins.

Conseil : Laissez au moins 1,5 à 2 m entre l'arbuste et ses voisines, et échelonnez les floraisons (lavande en juin, buddleia en juillet-août, asters et sédums en septembre) pour nourrir les papillons toute la belle saison. Attention : l'arbuste aux papillons est une espèce exotique envahissante en France, coupez systématiquement les inflorescences fanées avant la formation des graines pour éviter sa dissémination hors du jardin.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au jardin, en plein soleil, en sol ordinaire même pauvre et bien drainé.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De juin à août : tous les 10 à 15 jours Un buddleia installé traverse l’été sans un arrosage ; l’excès d’eau lui nuit davantage que la soif.les deux premières années seulement, puis en cas de sécheresse durable
RabattageEssentiel De mi-février à fin mars L’arbre aux papillons fleurit sur les pousses de l’année : plus la taille est sévère, plus les panicules sont grosses. Sans elle, l’arbuste monte, se dégarnit du bas et ne fleurit plus qu’à son sommet.à 30 ou 50 cm du sol, sur la charpente
Compost, amendementOptionnel En mars L’arbuste refait chaque année 2 m de bois : un apport au départ de la végétation soutient cette pousse sans la rendre molle.une pelletée de compost griffée au pied après la taille
Bois mort et feuilles abîméesUtile De début avril à mi-mai Le buddleia débourre tard : attendre que les feuilles sortent avant de juger ce qui est mort évite de couper du bois encore vivant.rameaux restés secs après le départ de la végétation
Fleurs fanéesEssentiel De juillet à septembre Chaque panicule coupée à temps en relance deux autres, et la floraison se prolonge jusqu’aux gelées. C’est aussi le seul moyen d’empêcher les milliers de graines de se disperser bien au-delà du jardin.couper juste sous la panicule dès qu’elle brunit
FloraisonOptionnel De début juillet à mi-octobre La floraison démarre 3 mois après la taille et se poursuit tant que les panicules fanées sont retirées.les papillons y viennent surtout aux heures chaudes
BouturageOptionnel D’août à septembre Le buddleia est l’un des arbustes les plus faciles à bouturer : une tige de l’année piquée en août s’enracine avant l’hiver.boutures semi-aoûtées de 15 cm, à l’étouffée