Arbuste · Buxacées
Buis Buxus sempervirens
Aussi appelé : Buis commun, Buis toujours vert, Buis arborescent, Boxwood
Le buis est un arbuste persistant à petites feuilles luisantes, indigène en France sur les coteaux calcaires et cultivé depuis l’Antiquité pour les haies, les bordures et l’art topiaire. Libre, il atteint 1 à 3 m, mais sa croissance de 10 à 15 cm par an le laisse tenir sans peine à la hauteur voulue par la taille. Il ne demande qu’une terre drainante, même calcaire, et une mi-ombre qui épargne son feuillage pendant les étés secs ; une fois installé, il se passe d’arrosage. Son vrai ennemi aujourd’hui est la pyrale, bien plus que l’âge.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Buxacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5, jusqu’à -25 °C, d’une résistance complète sous nos climats.
Dimensions : De 1 à 3 m en port libre, mais maintenu à la hauteur voulue par la taille, la croissance ne dépassant pas 10 à 15 cm par an.
Floraison : En mars et avril, de minuscules fleurs jaune verdâtre à l’odeur de miel, discrètes mais recherchées par les abeilles ; toute la plante est toxique.
Substrat : Ordinaire, frais, drainant, supportant très bien le calcaire, pH 6,5 à 8.
Exposition : Mi-ombre de préférence, le plein soleil brûlant le feuillage en été sec.
Arrosage : Aucun une fois installé, sauf sécheresse prolongée les trois premières années.
Durée de vie : Arbuste vivace très longévif : 150 à 300 ans, et des sujets millénaires existent. La pyrale, non l’âge, est ce qui l’emporte aujourd’hui.
Multiplication : Bouturage de rameaux de l’année à talon en août et septembre, à l’ombre et à l’abri, plantés un an plus tard.
Arrosage & entretien
Arrosage : Arrosez copieusement mais rarement les trois premières années, pour faire descendre les racines. Une fois établi, il traverse seul les étés secs, un paillage suffisant à limiter le stress.
Fertilisation : Un engrais organique riche en azote au printemps, le buis étant gourmand : un feuillage jaunissant en fin d’hiver signale souvent une carence plutôt qu’une maladie.
Rempotage : En bac, tous les 3 ans au printemps. En pleine terre, un surfaçage au compost chaque printemps remplace tout.
Taille : Deux tailles par an, en juin puis fin août, par temps couvert : le soleil sur des feuilles fraîchement coupées provoque des brûlures. Ne taillez jamais dans le vieux bois sans feuilles, il ne repart pas.
Exposition & substrat
Exposition : 3 à 6 heures de lumière, en évitant le plein soleil brûlant de l’après-midi. C’est l’un des rares arbustes de structure qui prospère à l’ombre d’un mur nord.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en haie basse, bordure, topiaire ou bac. Toutes les orientations lui conviennent, avec une préférence pour l’est.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, même argileuse, à condition qu’elle ne soit pas gorgée d’eau en hiver.
pH : De 6,5 à 8. Il prospère en terrain calcaire là où beaucoup d’arbustes de haie échouent.
Drainage : Nécessaire. Les sols lourds détrempés tout l’hiver provoquent un dépérissement racinaire lent et sans symptôme visible au début.
Multiplication
Bouturage : en août et septembre, arracher des rameaux de l’année aoûtés de 10 à 15 cm avec leur talon, ôter les feuilles de la moitié inférieure et les piquer serrés dans un mélange de terreau et de sable. Les placer dehors à l’ombre, sous châssis ou en pleine terre abritée, en gardant le mélange frais ; l’enracinement prend 2 à 3 mois et s’achève souvent au printemps. Planter à l’automne suivant, un an plus tard. Le bouturage de rameaux de l’année, à l’abri du vent : lent, mais d’une réussite très sûre.
Les autres méthodes
Semis :
SemerRarement pratiqué : semer les graines fraîches en fin d’été, dehors en terrine, couvertes de 5 mm, pour une levée au printemps suivant. Le semis reproduit l’espèce, mais la croissance est très lente, et les formes naines ou panachées ne se reproduisent que par bouturage.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les fleurs mâles et femelles naissent sur le même pied, et les abeilles suffisent à les féconder. Les petites capsules à trois cornes brunissent en août et septembre puis éclatent en projetant des graines noires et luisantes ; les cueillir juste avant, les laisser s’ouvrir dans un sachet en papier et semer aussitôt, ces graines se conservant mal. Porter des gants, toute la plante étant toxique.
Division et autres méthodes : Le buis nain de bordure, formé de nombreuses tiges, se divise en mars et avril : arracher la touffe, la séparer en éclats racinés de quelques tiges, replanter plus profond et arroser. Le marcottage simple d’une branche basse au printemps donne aussi un plant sevré l’année suivante.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le dépérissement du buis, ou cylindrocladiose, provoque des taches brunes cernées de sombre puis une défoliation par plaques et des stries noires sur les tiges. Aucun traitement curatif n’est réellement efficace : supprimez les parties atteintes, ramassez toutes les feuilles tombées et n’arrosez jamais le feuillage. Le volutella, moins grave, brunit des rameaux entiers et se maîtrise par la taille des parties touchées.
Parasites fréquents : La pyrale du buis est de loin la menace principale : chenilles vertes à tête noire dans des toiles, capables de défolier un sujet en quelques jours. Surveillez d’avril à octobre et traitez dès les premières chenilles au Bacillus thuringiensis. Le psylle du buis provoque des feuilles en cuillère aux extrémités, sans gravité réelle.
Prévention : Taillez par temps sec et couvert, ramassez systématiquement les déchets de taille, et n’arrosez jamais le feuillage. Un piège à phéromones posé en avril signale l’arrivée des papillons de la pyrale plusieurs jours avant les dégâts.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique. Toute la plante contient des alcaloïdes, dont la buxine, particulièrement concentrés dans les feuilles et l’écorce.
Toxicité animaux : Toxique pour les chiens, les chats et surtout les chevaux et le bétail, chez qui des cas mortels sont documentés.
Symptômes : Vomissements, diarrhée violente, douleurs abdominales et, en cas d’ingestion importante, convulsions et troubles respiratoires.
Précautions : Ne laissez jamais les déchets de taille à portée d’animaux, notamment de chevaux, qui en consomment volontiers. Portez des gants et lavez-vous les mains après la taille.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les vivaces d’ombre qui n’exigent pas d’arrosage estival lui vont bien : hellébores, epimediums, géraniums vivaces. En bordure taillée, il structure des massifs de rosiers ou de vivaces fleuries dont il calme le désordre. Les bulbes de printemps profitent de son couvert avant que la saison ne démarre.
Associations à éviter : Les plantes réclamant des arrosages fréquents sur le feuillage, dont l’humidité entretenue favorise la cylindrocladiose. Évitez aussi de le planter en haie serrée d’un seul tenant : en cas de pyrale ou de maladie, tout part ensemble.
Conseil : Alternez-le avec un autre arbuste de structure, if, houx crénelé ou lonicera nitida, plutôt que de composer une haie de buis pur. Le jour où la pyrale passe, la moitié de la structure reste debout.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pleine terre ou en grand pot, au jardin, en sol drainé et à mi-ombre, sujet conduit en forme taillée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Inspection parasitaire | De début avril à mi-octobre : tous les 10 à 14 jours | La pyrale du buis dévore de l’intérieur et ne se voit qu’une fois les rameaux tissés de fils blancs et le feuillage réduit à des nervures. Trois générations se succèdent d’avril à octobre, et une inspection régulière du cœur est le seul moyen de la prendre à temps. |
| Arrosage | De début juin à mi-septembre : tous les 7 à 12 jours | Installé en pleine terre, le buis traverse l’été sans aide, mais une culture en pot ou en bac sèche vite et se dégarnit du bas. Arroser abondamment en une fois plutôt que d’humidifier souvent la surface. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De janvier à décembre | Les taches brunes qui gagnent de proche en proche signalent le plus souvent le dépérissement du buis, un champignon qui progresse par le feuillage humide. Retirer sans attendre les parties atteintes et les évacuer, sans les laisser au pied. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Le champignon responsable du dépérissement se transporte d’un buis à l’autre sur les lames. Passer un chiffon alcoolisé sur la cisaille avant de commencer coûte une minute et évite de contaminer un sujet sain. |
| Engrais à libération lente | De mars à avril | Un buis taillé chaque année repart plus vite avec un apport de printemps, surtout en pot où le substrat s’épuise. Griffer légèrement puis arroser pour faire descendre l’engrais. |
| Traitement préventif | De début avril à mi-octobre | Le traitement biologique n’agit que sur les jeunes chenilles en train de manger, et perd tout effet sur les grosses. Traiter dans les jours qui suivent la découverte, en mouillant bien l’intérieur de la touffe, et renouveler après une pluie. |
| Paillage | D’avril à mai | Le paillage garde le pied frais l’été et limite la remontée d’éclaboussures porteuses de spores. Le tenir écarté de la base évite de faire pourrir le collet. |
| Taille de structure | De mi-mai à fin juin | La taille de fin de printemps, une fois la première pousse terminée, densifie la forme sans épuiser l’arbuste, et une retouche légère début septembre suffit à la tenir jusqu’au printemps. Tailler sous un soleil ardent brûle les feuilles fraîchement coupées, qui roussissent en quelques jours. |
| Bouturage | D’août à septembre | Les rameaux de l’année, prélevés en fin d’été, s’enracinent lentement mais sûrement à l’ombre et à l’abri du vent. Compter une année entière avant la première plantation. |
| Protection des racines | De décembre à février | En pleine terre, le buis traverse nos hivers sans rien. En pot, la motte gèle en bloc et le feuillage persistant continue de transpirer au soleil d’hiver, ce qui le fait roussir alors que la plante ne peut plus boire. |