Plante grimpante · Bignoniacées
Bignone Campsis radicans
Aussi appelé : Jasmin de Virginie, Bignone de Virginie, Trompette de Virginie, Trumpet vine, Trumpet creeper
La bignone est une liane caduque de l’est des États-Unis, qui s’accroche seule aux murs par des racines aériennes et se couvre de juillet à fin septembre de bouquets de grandes trompettes orange à rouge orangé. Sur un support à sa mesure, elle grimpe jusqu’à 10 m et gagne 1 à 3 m par an une fois installée. Peu exigeante sur la terre, même calcaire ou caillouteuse, elle réclame surtout du plein soleil, idéalement contre un mur au sud ou à l’ouest. Elle convient aux grandes surfaces à couvrir ; une terre trop riche ou la mi-ombre lui font donner du feuillage au détriment des fleurs.
- Type
- Plante grimpante
- Famille
- Bignoniacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- De juillet à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 9 : une liane installée supporte -20 à -25 °C. Lors d’un hiver rude, une jeune plante peut geler jusqu’au sol, mais elle repart de la souche au printemps.
Dimensions : Jusqu’à 10 m de haut sur un support à sa mesure, et autant d’étalement si on la laisse courir, avec des pousses qui gagnent 1 à 3 m par an une fois la plante installée.
Floraison : De juillet à fin septembre : bouquets de grandes fleurs en trompette orange à rouge orangé, sans parfum.
Substrat : Peu exigeante : toute terre de jardin bien drainée, même calcaire ou caillouteuse ; pH de 6 à 8. Une terre trop riche donne du feuillage au détriment des fleurs.
Exposition : Plein soleil, idéalement contre un mur au sud ou à l’ouest ; à mi-ombre, elle pousse mais fleurit peu.
Arrosage : Les deux ou trois premières années, 10 litres tous les 7 à 10 jours de mai à mi-septembre ; ensuite, seulement en cas de sécheresse prolongée.
Durée de vie : Liane vivace, ligneuse et caduque, qui vit couramment plus de 30 ans ; une souche bien installée repart même après un rabattage sévère.
Multiplication : Prélèvement d’un drageon ou marcottage simple au printemps, ou bouturage de tiges semi-aoûtées en juillet et août.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les deux ou trois premières années, 10 litres au pied tous les 7 à 10 jours de mai à mi-septembre, en une fois plutôt qu’en petits arrosages. Une bignone installée va chercher l’eau en profondeur et ne demande plus rien, sauf sécheresse prolongée.
Fertilisation : Aucun engrais en terre ordinaire : l’azote fait des mètres de tiges et de feuilles et retarde la floraison. En sol très pauvre, une poignée d’engrais riche en potasse au printemps suffit.
Rempotage : Pas de rempotage : c’est une liane de pleine terre, trop vigoureuse pour vivre longtemps en bac. Si elle doit attendre en pot, choisir un contenant de 50 litres au moins et la mettre en terre dans les 2 ans.
Taille : En février ou mars, hors gel, raccourcir à deux ou trois yeux toutes les pousses latérales de l’an passé, en gardant trois à cinq tiges de charpente. En été, couper au fur et à mesure les tiges qui filent vers les gouttières et les tuiles, et arracher les drageons.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une floraison abondante. À mi-ombre, la liane pousse aussi vite mais fleurit à peine.
Emplacement : Extérieur, contre un mur, une pergola, une clôture solide ou un vieux tronc, orienté au sud ou à l’ouest et à l’abri des vents froids. La tenir à distance des toitures, des gouttières et des enduits fragiles, que ses crampons et ses tiges abîment.
Substrat : Toute terre de jardin meuble et bien drainée lui convient, même calcaire ou caillouteuse. À la plantation, ameublir largement et mêler un peu de compost à la terre, sans plus.
pH : Entre 6 et 8 : elle pousse aussi bien en sol légèrement acide qu’en sol calcaire.
Drainage : Nécessaire : la souche supporte mal une terre gorgée d’eau en hiver, surtout la première année. En sol argileux, alléger la terre de plantation avec du gravier ou planter sur une légère butte.
Multiplication
Marcottage simple : le marcottage simple se fait d’avril à juin : coucher une tige, l’enterrer en son milieu sur 5 cm, la maintenir par un crochet et la sevrer à l’automne. Le marcottage simple est le plus sûr : elle racine vite, avec une réussite presque assurée.
Les autres méthodes
Bouturage : En juillet et août, des boutures semi-aoûtées de 10 à 15 cm, ou en décembre et janvier des boutures ligneuses de 20 cm, piquées dans un mélange de terreau et de sable. Les semi-aoûtées se gardent sous abri, à l’étouffée et à l’ombre, et racinent en 4 à 6 semaines ; les ligneuses passent l’hiver sous châssis froid et racinent au printemps. Porter des gants, la sève et le feuillage irritant la peau.
Semis :
SemerEn mars ou avril, à l’intérieur ou sous abri, couvrir les graines de 5 mm de terreau et les garder à 20 °C : la levée prend 3 à 4 semaines, sans préparation. Les plants ne fleurissent qu’au bout de 4 à 7 ans et ne reproduisent pas fidèlement les cultivars, qui se multiplient par marcotte, bouture ou drageon.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : la bignone est autostérile, et des boutures du même pied ne suffisent pas. Les longues gousses brunissent d’octobre à novembre ; les cueillir avant qu’elles ne s’ouvrent, extraire les graines plates et ailées, et les garder au sec et au frais jusqu’au semis de printemps, un an au plus.
Division et autres méthodes : La bignone émet des drageons autour de la souche : en mars et avril, dehors, en dégager un à la bêche avec un tronçon de racine, le replanter aussitôt et arroser copieusement.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La bignone est rarement malade. L’oïdium peut blanchir quelques feuilles en fin d’été contre un mur mal aéré, sans conséquence sérieuse. Des taches foliaires apparaissent parfois par été pluvieux et disparaissent avec la chute des feuilles.
Parasites fréquents : Les pucerons se massent sur les jeunes pousses et les boutons : un jet d’eau suffit le plus souvent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Des cochenilles peuvent s’installer sur les tiges au pied d’un mur chaud, et les acariens ternir le feuillage par temps sec. Les fourmis qui parcourent la plante viennent surtout boire le nectar que sécrètent ses boutons, sans dégât.
Prévention : Éclaircir chaque hiver les tiges en surnombre pour laisser circuler l’air. Éviter les excès d’azote, qui donnent des pousses tendres appréciées des pucerons. Arroser au pied plutôt que sur le feuillage.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible : l’ingestion de feuilles ou de fleurs provoque au plus des troubles digestifs légers. Le contact avec la sève et le feuillage, en taillant surtout, peut irriter la peau des personnes sensibles.
Toxicité animaux : Aucune intoxication sérieuse n’est décrite chez le chien, le chat ou le cheval. Un animal qui mâche feuilles ou fleurs risque au plus un trouble digestif passager.
Symptômes : Par ingestion, nausées, vomissements ou diarrhée, légers et passagers. Au contact de la sève, rougeur, démangeaisons et léger gonflement de la peau, qui disparaissent d’eux-mêmes.
Précautions : Porter des gants et des manches longues pour la taille et l’arrachage des drageons. Aucune autre précaution n’est nécessaire dans un jardin fréquenté par des enfants ou des animaux.
Associations de plantes
Bonnes associations : Au pied, des vivaces de plein soleil qui supportent le sec, comme les gauras, les népétas ou les orpins d’automne, cachent sa base souvent dégarnie sans souffrir de ses racines. Sur un autre pan du mur, un jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides) garde un décor persistant quand la bignone est nue, dans les régions aux hivers doux. Un céanothe ou un rosier grimpant à floraison de printemps, sur un support voisin, fleurit avant elle et étale la saison.
Associations à éviter : Les grimpantes moins vigoureuses, clématites, chèvrefeuilles ou rosiers, sur le même support : la bignone les étouffe en deux ou trois saisons. Les massifs de vivaces ou le potager au pied, que ses drageons envahissent et dont le bêchage blesse ses racines, ce qui multiplie encore les drageons. Un arbre qu’on veut garder en bonne santé, car elle grimpe dans sa ramure et lui prend la lumière.
Conseil : Lui réserver un support solide et isolé, à 1 m au moins des gouttières et des tuiles, et enterrer à la plantation une barrière anti-racines si un massif est voisin. Elle offre alors de juillet à septembre un mur de fleurs que fréquentent abeilles et bourdons, sans déborder sur le reste du jardin.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Liane installée en pleine terre au pied d’un mur, d’une pergola ou d’une clôture solide, en plein soleil, dans une terre ordinaire et bien drainée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours | Arroser au pied en une fois, plutôt qu’un peu chaque jour, pour inviter les racines à descendre. Une bignone installée trouve seule son eau et ne réclame un arrosage qu’en cas de sécheresse prolongée. |
| Taille de structure | De février à mars | Hors période de gel, raccourcir à deux ou trois bourgeons toutes les pousses latérales de l’année précédente, en gardant une charpente de trois à cinq tiges principales. La bignone fleurit sur les pousses de l’année : une taille franche donne plus de fleurs et contient une liane qui gagne plusieurs mètres par an. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Un paillis de 5 à 7 cm garde la fraîcheur au pied d’un mur chaud et espace les arrosages, le temps que les racines descendent. |
| Palissage, tuteurage | D’avril à août | Attacher les jeunes tiges au support jusqu’à ce que leurs crampons s’accrochent, et couper au fil de l’été celles qui filent vers les gouttières, les volets ou sous les tuiles. Sur un treillage ou une pergola, les crampons ne suffisent pas à porter le poids d’une liane adulte, qu’il faut attacher. |
| Gourmands et rejets | De mai à septembre | Dégager la racine qui porte le drageon et la couper net, car un rejet simplement fauché au ras du sol repart aussitôt. Laissée libre, la bignone colonise massifs et pelouse en quelques années. |
| Inspection parasitaire | De mai à août | Un jet d’eau vient à bout des pucerons massés sur les extrémités, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins » ; au pied d’un mur très chaud, surveiller aussi les acariens, qui ternissent le feuillage. |
| Floraison | De juillet à septembre | Les bouquets de fleurs en trompette se succèdent de juillet à septembre, parfois dès fin juin dans le Midi. Une jeune bignone met souvent 3 à 5 ans avant de fleurir, une plante issue de semis bien davantage. |