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Arbre · Bétulacées

Charme Carpinus betulus

Aussi appelé : Charme commun, Charmille, Charme d’Europe, Hornbeam

Le charme est un arbre caduc des forêts d’Europe, où il pousse naturellement en sous-étage des chênaies. Libre, il atteint 15 à 25 m, mais on le connaît surtout en charmille taillée de 1,20 m à 3 m, dont le feuillage sec reste accroché en hiver. Il accepte presque tout : sols lourds, argileux, calcaires ou humides, soleil comme ombre, et des froids de -30 °C. Il ne demande de l’eau que les trois premiers étés et convient à qui veut une haie dense là où le hêtre refuse la terre.

Charme (Carpinus betulus)
Photo : Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbre
Famille
Bétulacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-30 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 4, soit environ -30 °C. Aucune protection n’est nécessaire nulle part en France métropolitaine, y compris en moyenne montagne.

Dimensions : 15 à 25 m de haut pour 10 à 15 m d’étalement en arbre libre. Maintenu en charmille, de 1,20 m à 3 m de haut pour 50 à 80 cm d’épaisseur, avec une croissance de 30 à 50 cm par an.

Floraison : Peu décorative : chatons pendants jaune verdâtre en avril et mai, en même temps que les feuilles, suivis de grappes de fruits ailés à trois lobes ; une charmille taillée ne fleurit presque pas.

Substrat : tout sol profond, y compris argileux, lourd, calcaire ou humide en hiver, pH 5,5 à 8. C’est ce qui le sépare du hêtre, qui refuse les terres compactes et asphyxiantes.

Exposition : soleil, mi-ombre ou ombre. 3 heures de soleil lui suffisent, il pousse naturellement en sous-étage de chênaie.

Arrosage : les trois premières années, 10 à 15 L par plant tous les 7 à 10 jours de juillet à début septembre. Ensuite plus rien, hors canicule prolongée.

Durée de vie : arbre caduc à feuillage marcescent, vivace, 150 à 200 ans en arbre libre. Une charmille bien menée passe sans peine 80 ans.

Multiplication : Semis de graines cueillies encore vertes en septembre, dehors, qui lèvent au printemps suivant ou un an plus tard.

Arrosage & entretien

Arrosage : tous les 10 à 15 jours en mai et juin, tous les 7 à 10 jours de juillet à début septembre, 10 à 15 L par plant, au pied et d’un seul coup. Passé 3 ans, une haie installée se passe d’arrosage sauf canicule prolongée.

Fertilisation : 3 à 5 L de compost mûr par mètre de haie, épandus en mars puis griffés. Pas d’engrais azoté : il fabrique une pousse molle et allongée qui attire pucerons et oïdium et oblige à tailler davantage.

Rempotage : ce n’est ni une plante d’intérieur ni une plante de pot durable. En grand bac ou en bonsaï, rempoter tous les 2 à 3 ans en mars en raccourcissant un tiers des racines.

Taille : un passage par an, de la mi-août à fin septembre une fois les nichées envolées, en profil légèrement trapézoïdal, plus large en bas pour que la base reste éclairée. Il supporte le rabattage sur vieux bois, à réserver à la fin de l’hiver et à faire un côté à la fois.

Exposition & substrat

Exposition : du plein soleil à l’ombre. 3 heures de soleil suffisent, ce qui en fait la haie des façades nord et des cours de ville.

Emplacement : extérieur uniquement, en pleine terre. Toutes orientations : il encaisse le vent et la pollution urbaine mieux que la plupart des feuillus de haie.

Substrat : sol profond et frais, limoneux ou argileux. Il prospère exactement là où le hêtre échoue, en terre lourde, compacte et battante.

pH : 5,5 à 8,0, parfaitement indifférent au calcaire.

Drainage : il accepte un sol temporairement engorgé en hiver, ce que peu d’arbres de haie tolèrent. Son point faible est l’inverse : le sable sec et brûlant, où le feuillage grille dès juillet.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : en septembre, récolter les fruits ailés encore verts ou à peine bruns et les semer aussitôt dehors, en caissette ou en pleine terre, couverts de 1 cm, à l’abri des rongeurs. La levée a lieu au printemps suivant, souvent un an plus tard si les graines ont séché, car elles entrent alors en dormance profonde. Le semis reproduit fidèlement l’espèce. Pour une haie, l’achat de jeunes plants en racines nues reste plus rapide.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : un charme isolé donne surtout des graines vides. Chatons mâles et femelles poussent sur le même arbre et le vent les féconde, mais une charmille taillée donne beaucoup de graines vides : cueillir de préférence sur un arbre libre entouré d’autres charmes. Faute de semer aussitôt, garder les graines dehors en jauge, dans du sable humide, pendant 18 mois, jusqu’au deuxième printemps, ou bien les tenir 4 semaines au chaud puis 3 à 4 mois au réfrigérateur dans ce sable humide.

Les autres méthodes

Bouturage : Il se bouture très mal : des boutures herbacées de 10 cm de juin, en terreau et perlite, à l’étouffée sous abri, ne s’enracinent qu’en petit nombre en 6 à 8 semaines, même avec une hormone de bouturage, facultative. Ce n’est pas une voie d’amateur.

Division et autres méthodes : Pas de division pour cet arbre ; le marcottage simple d’une branche basse au printemps donne un plant sevré au bout d’un an. Les formes fastigiées ou pleureuses se greffent sur des charmes semés, un travail de pépiniériste.

Maladies & parasites

Maladies courantes : l’oïdium pose un feutrage blanc sur les jeunes pousses de juin, par temps doux et humide, à traiter au soufre si toute la haie est prise. L’anthracnose marque les feuilles de taches brunes après un printemps pluvieux, sans gravité : ramasser et évacuer les feuilles tombées suffit. Un dépérissement de rameaux à Nectria touche les sujets affaiblis, et se recoupe jusqu’au bois sain.

Parasites fréquents : les pucerons colonisent les pousses tendres de mai et couvrent le feuillage d’un miellat collant que la fumagine noircit ensuite. Les chenilles arpenteuses de la cheimatobie criblent les feuilles à l’éclosion des bourgeons, en avril. Acariens rouges et cochenilles s’installent sur les haies sèches exposées plein sud, au feuillage terne et piqueté de points clairs.

Prévention : pailler et arroser les premières années, car c’est le stress hydrique qui ouvre la porte aux acariens. Ne pas forcer sur l’azote, qui fabrique la pousse tendre dont vivent les pucerons. Poser une bande de glu sur les troncs en octobre contre les femelles aptères de cheimatobie, qui montent pondre à pied.

Toxicité

Toxicité humaine : aucune toxicité connue. Ni les feuilles, ni l’écorce, ni les fruits ailés ne contiennent de principe toxique répertorié, et les jeunes feuilles ont été consommées en salade dans les usages anciens.

Toxicité animaux : sans danger connu pour le chien, le chat, le cheval, le lapin et les rongeurs. Le charme est au contraire une essence fourragère traditionnelle, broutée par le bétail et le gibier.

Symptômes : aucun symptôme d’intoxication n’est décrit. L’ingestion d’une grande quantité de feuilles peut provoquer, comme tout végétal fibreux, un simple trouble digestif chez un animal.

Précautions : aucune du côté de la plante, c’est l’une des haies les plus sûres pour un jardin avec enfants ou animaux. Les précautions concernent la taille : gants et lunettes, le bois est dur et les rameaux coupés fouettent.

Associations de plantes

Bonnes associations : le hêtre vert ou pourpre dans une haie mélangée, même silhouette taillée et même marcescence, avec un contraste de couleur en prime. L’if ou le houx au pied, persistants, qui garnissent le bas quand le charme n’a plus que ses feuilles sèches. Le noisetier et le cornouiller sanguin dans une haie champêtre, pour étager floraisons et fruits pour les oiseaux.

Associations à éviter : les vivaces gourmandes en eau plantées au pied, hortensia ou astilbe, que ses racines traçantes et superficielles assèchent en un seul été. Le potager à moins de 3 m, pour la même raison et pour l’ombre portée. Le bouleau ou le peuplier à proximité, concurrents directs sur les mêmes horizons de surface.

Conseil : planter des baliveaux à racines nues de 60 à 100 cm, 2 à 3 par mètre, entre novembre et mars hors gel : ils rattrapent en 3 ans une haie plantée en conteneur, pour cinq fois moins cher. Et tailler de la mi-août à fin septembre plutôt qu’en octobre, car c’est cette date qui décide si la haie gardera ou non ses feuilles sèches tout l’hiver.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Haie de charmille en pleine terre, sol ordinaire à argileux et profond, exposition soleil ou mi-ombre, plants installés depuis 2 à 3 ans.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De mai à juin : tous les 10 à 15 jours ; de début juillet à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours Arroser au pied, abondamment et espacé, pour obliger les racines à descendre. Passé 3 ans, une charmille installée se passe d’arrosage en dehors des canicules prolongées.10 à 15 L par plant, les trois premières années surtout
Bois mort et feuilles abîméesUtile De début février à mi-mars Sortir le bois sec et les rameaux cassés du cœur de la haie à la fin de l’hiver. Les plaies se referment dès le départ de végétation, et l’air qui circule limite l’oïdium de juin.à l’intérieur de la haie, là où la lumière n’entre plus
RabattageOptionnel De mi-février à mi-mars, tous les 8 ans Rabattre sur vieux bois une haie dégarnie ou devenue trop épaisse, en fin d’hiver. Le charme repart de ses vieilles branches et refait un rideau complet en deux à trois saisons, ce que le hêtre ne pardonne pas.un seul côté à la fois, à 30 cm de l’axe
Compost, amendementUtile En mars Épandre le compost mûr sur toute la ligne au départ de la végétation, puis griffer sans blesser les racines superficielles. L’azote soluble donnerait une pousse molle et allongée, qui appelle pucerons et oïdium et oblige à tailler davantage.3 à 5 L par mètre de haie, jamais d’azote minéral
Ramassage des feuilles mortesUtile De début mars à mi-avril Ramasser au pied de la haie quand les feuilles sèches lâchent enfin, poussées dehors par les bourgeons de mars. C’est ce décalage qui distingue le charme d’un feuillu ordinaire, et ces feuilles font un excellent paillis.au printemps, pas à l’automne : le feuillage est marcescent
PaillageUtile De mi-mars à fin avril Renouveler le paillis sur toute la ligne avant les chaleurs. Les racines du charme sont traçantes et superficielles : elles accusent la sécheresse bien avant le reste de l’arbre.7 à 10 cm de broyat ou de feuilles mortes
Inspection parasitaireUtile D’avril à juin Regarder les jeunes pousses au débourrement, puis de nouveau en juin. Le miellat collant des pucerons et le feutrage blanc de l’oïdium se voient aux extrémités bien avant de gagner la haie entière.pucerons de mai, chenilles arpenteuses, oïdium de juin
Taille de structureEssentiel De mi-août à fin septembre Raccourcir la pousse de l’année une fois les nichées envolées, de la mi-août à fin septembre, en donnant à la haie un profil légèrement trapézoïdal, plus large en bas qu’en haut. Ce profil garde la base éclairée pour qu’elle ne se dégarnisse pas avec les années, et une taille faite avant l’arrêt de végétation entretient la marcescence, ces feuilles sèches qui garnissent la haie tout l’hiver.un passage par an, de la mi-août à fin septembre, une fois les nichées envolées