Succulente · Aizoacées
Griffe de sorcière Carpobrotus edulis
Aussi appelé : Figue des Hottentots, Ficoïde comestible, Hottentot fig, Ice plant
La griffe de sorcière est une succulente rampante d’Afrique du Sud, aux feuilles charnues et aux grandes fleurs jaune pâle ou roses à pourpres, qui ne s’ouvrent qu’au soleil. Basse, de 15 à 30 cm, elle forme en pleine terre des tapis de plusieurs mètres, au point d’être envahissante sur les côtes les plus douces. Partout ailleurs, elle se cultive en pot, dans un mélange pauvre et très drainant, avec peu d’eau et un hiver hors gel. Elle supporte le sel, mais ses tiges gèlent au-delà de -3 à -4 °C.
- Type
- Succulente
- Famille
- Aizoacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -3 °C
- Floraison
- De mai à juillet
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 9b à 11 : elle supporte de brèves gelées jusque vers -3 à -4 °C, au-delà de quoi ses tiges gèlent. Hormis sur les côtes les plus douces, où elle est justement envahissante, elle se cultive donc en pot hiverné hors gel.
Dimensions : 15 à 30 cm de haut ; ses tiges rampantes, qui peuvent s’allonger de plus d’1 m par an, forment en pleine terre des tapis de plusieurs mètres.
Floraison : De mai à fin juillet, quelques fleurs jusqu’en automne : grandes fleurs à fins pétales jaune pâle rosissant en fanant, ou roses à pourpres, ouvertes au soleil seulement, sans parfum.
Substrat : Mélange pauvre et très drainant, moitié terreau, moitié sable de rivière ou gravillons, avec un pH de 6 à 8 ; elle supporte le sel.
Exposition : Plein soleil impératif : ses fleurs ne s’ouvrent qu’au soleil direct.
Arrosage : En pot, tous les 10 à 15 jours de mai à septembre, seulement quand le mélange est sec jusqu’au fond, puis un peu d’eau toutes les 3 à 5 semaines d’octobre à avril.
Durée de vie : Vivace persistante de longue durée : ses tiges s’enracinent à mesure qu’elles avancent, si bien qu’un tapis se maintient de nombreuses années. En pot, une potée dégarnie au centre se renouvelle par bouture au bout de quelques années.
Multiplication : Bouturage de tronçons de tige de 10 cm dans du sable, de fin mai à début août ; ils racinent en 2 à 3 semaines.
Arrosage & entretien
Arrosage : En pot, arroser tous les 10 à 15 jours de mai à septembre, copieusement mais seulement quand le mélange est sec jusqu’au fond. D’octobre à avril, un peu d’eau toutes les 3 à 5 semaines suffit à garder les feuilles fermes, sans jamais laisser d’eau dans la soucoupe.
Fertilisation : Aucun engrais : adaptée aux sables pauvres du littoral, elle n’en a pas besoin. Le rempotage tous les 3 ans suffit à renouveler le mélange.
Rempotage : Tous les 3 ans environ, d’avril à mai, dans un pot large et peu profond en terre cuite bien percée, garni d’un mélange moitié terreau, moitié sable ou gravillons. Le pot doit pouvoir sécher vite entre deux arrosages.
Taille : De mai à septembre, raccourcir au sécateur les tiges qui pendent jusqu’au sol ou débordent de leur place, car chaque nœud au contact de la terre s’enracine. Jeter ces coupes avec les ordures ménagères, jamais au compost ni dans la nature.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 à 8 heures par jour : ses fleurs ne s’ouvrent qu’au soleil direct, vers le milieu de la journée. À mi-ombre, elle fleurit peu.
Emplacement : En pot, sur une terrasse ou un balcon exposé au sud ou à l’ouest de mai à octobre, puis l’hiver dans un local clair, frais et hors gel. Le code de conduite de la filière horticole sur les plantes envahissantes demande de ne pas l’utiliser à moins de 20 km du littoral ni dans les îles, d’où elle gagne les dunes et les falaises.
Substrat : Moitié terreau, moitié sable de rivière ou gravillons, sans aucun ajout d’engrais. Elle se contente d’un mélange pauvre, à l’image des sables où elle pousse à l’état sauvage.
pH : De 6 à 8 : elle s’accommode d’un sol légèrement acide comme d’un sol calcaire, et supporte les embruns salés.
Drainage : Un drainage parfait est indispensable : pot de terre cuite bien percé et jamais d’eau stagnante dans la soucoupe. L’excès d’eau fait pourrir la base des tiges, surtout pendant l’hivernage.
Multiplication
Bouturage : de fin mai à début août, couper des tronçons de tige de 10 cm, les laisser sécher 1 à 2 jours pour que la coupe cicatrise, puis les piquer dans du sable à peine humide, dehors à mi-ombre ou sous abri, sans étouffée. Ils s’enracinent en 2 à 3 semaines ; arroser ensuite très peu. Le bouturage de tronçons de tige dans du sable : il réussit presque toujours. Plante envahissante sur les côtes : ne jamais jeter de tronçons dans la nature.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPossible mais lent : au printemps, à l’intérieur, semer les graines extraites de fruits mûrs en surface sur un mélange de sable et de terreau, à peine couvertes, vers 20 °C ; elles lèvent en 2 à 4 semaines et reproduisent l’espèce. La bouture donne une plante fleurie bien plus vite.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les fleurs donnent en fin d’été des fruits charnus en forme de petite figue, mûrs quand ils jaunissent et ramollissent ; écraser la pulpe, rincer les minuscules graines et les sécher à l’ombre, elles restent bonnes 2 à 3 ans au sec et au frais. Plante envahissante sur les côtes : ne jamais laisser de fruits à la portée des animaux qui en disséminent les graines.
Division et autres méthodes : Les tiges s’enracinent d’elles-mêmes en rampant : de mai à août, couper un tronçon déjà raciné et le replanter aussitôt dans un mélange sableux.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture de la base des tiges, due à un substrat détrempé, est le principal danger, surtout en hiver : les tiges brunissent, ramollissent et se détachent. Couper les parties atteintes, laisser sécher la motte et espacer les arrosages. Par temps doux et humide, des tiges qui pourrissent sous un feutrage blanc parsemé de petits grains noirs signalent la sclérotiniose : supprimer et jeter les parties touchées.
Parasites fréquents : Une cochenille des ficoïdes forme en été, sur les tiges et à la base des feuilles, des amas blancs et cotonneux qui affaiblissent la plante. En hivernage, les cochenilles farineuses s’installent entre les feuilles. Les retirer au coton-tige imbibé d’alcool dès les premiers foyers, ou couper les tiges trop envahies.
Prévention : Un mélange très drainant, des arrosages espacés et un hivernage lumineux et frais préviennent la plupart des problèmes. Inspecter la potée avant de la rentrer, pour ne pas introduire de cochenilles dans la maison.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue : ses fruits mûrs se mangent crus ou en confiture, et ses feuilles, astringentes, se mangent aussi crues ou confites au vinaigre.
Toxicité animaux : Aucune toxicité connue pour le chien, le chat ni les autres animaux domestiques.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit ; un fruit encore vert est seulement très âpre. Le suc des feuilles n’est pas irritant et sert même de remède traditionnel contre les brûlures et les coups de soleil.
Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire. Ne cueillir les fruits que bien mûrs, jaunis et souples, et seulement sur une plante qui n’a reçu aucun traitement.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les agaves et les aloès, en potées voisines : même plein soleil, même mélange sableux, mêmes arrosages espacés et même hivernage hors gel, ce qui simplifie les soins. Les aeoniums, qui partagent ce régime et dressent leurs rosettes à côté de ses tiges retombantes.
Associations à éviter : Les plantes de balcon gourmandes en eau, pétunias, fuchsias ou hortensias, dans une même jardinière : l’arrosage qu’elles réclament fait pourrir ses tiges. Les joubarbes et les petites succulentes basses dans le même bac, qu’elle recouvre en une saison.
Conseil : La cultiver seule, en suspension ou dans son pot large et peu profond posé en hauteur, sur un muret ou une colonne : ses tiges retombantes y forment un rideau fleuri sans jamais toucher le sol, où elles s’enracineraient.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Plante cultivée en pot large et peu profond, dans un mélange très sableux, dehors en plein soleil du printemps à l’automne puis hivernée hors gel dans un local clair et frais, loin du littoral où l’espèce est envahissante.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à septembre : tous les 10 à 15 jours ; d’octobre à avril : toutes les 3 à 5 semaines | Arroser copieusement puis laisser sécher entièrement : les feuilles charnues gardent des réserves pour plusieurs semaines, et c’est l’excès d’eau qui fait pourrir les tiges à leur base. En hiver, juste de quoi empêcher les feuilles de se rider. |
| Inspection parasitaire | De mai à septembre : toutes les 2 à 3 semaines ; d’octobre à avril : chaque mois | Une cochenille des ficoïdes pullule l’été sur les tiges, et la cochenille farineuse s’installe entre les feuilles pendant l’hivernage. Retirer les premiers foyers au coton-tige imbibé d’alcool avant qu’ils ne gagnent toute la potée. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dans la demi-heure : une base de tige qui trempe brunit et pourrit vite, en hiver plus encore qu’en été. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à fin mai | Ressortir la potée dès que le gel n’est plus à craindre : c’est le soleil direct qui fait ouvrir ses fleurs, et à mi-ombre elle fleurit peu. |
| Rempotage | De mi-avril à fin mai, tous les 3 ans | Rempoter tous les 3 ans environ, à la reprise de la croissance, dans un pot de terre cuite bien percé, qui sèche plus vite que le plastique. |
| Floraison | De mai à juillet | La potée se couvre de grandes fleurs jaune pâle qui rosissent en fanant, ou roses à pourpres selon les plantes, larges de 5 à 12 cm ; quelques-unes s’ouvrent encore jusqu’en automne. |
| Rabattage | De mai à septembre | Raccourcir au sécateur les tiges qui touchent le sol, où chaque nœud s’enracinerait. Un fragment de tige abandonné suffit à démarrer une nouvelle colonie : c’est ainsi que l’espèce a envahi falaises et dunes du littoral. |
| Bouturage | De mi-mai à mi-août | Pour renouveler une vieille potée dégarnie au centre, piquer quelques tronçons de 10 cm dans du sable à peine humide : ils s’enracinent en 2 à 3 semaines. |
| Fructification, récolte | De début août à mi-octobre | Cueillir les fruits mûrs, à la chair aigre-douce, qui se mangent crus ou en confiture. Les ramasser tous évite aussi que des animaux n’en emportent les graines hors du jardin. |
| Rentrée à l'automne | De mi-octobre à fin novembre | Rentrer la potée devant une fenêtre bien éclairée d’une pièce non chauffée ou d’une véranda froide : dans la chaleur d’un salon, ses tiges s’étiolent et s’épuisent. |