Vivace · Caprifoliacées
Valériane rouge Centranthus ruber
Aussi appelé : Centranthe rouge, Lilas d’Espagne, Barbe de Jupiter, Valériane des jardins, Red valerian
La valériane rouge est une vivace du bassin méditerranéen qui s’installe d’elle-même dans les vieux murs, les talus et les rocailles. Elle forme une souche de 60 à 90 cm en fleur, couverte de mai à juillet de corymbes rouge carminé, roses ou blancs que les papillons visitent sans relâche. Elle veut du plein soleil et un sol maigre, caillouteux, calcaire si possible : en terre riche ses tiges se couchent, en terre lourde et détrempée sa souche pourrit. Chaque pied vit 4 à 5 ans, mais ses semis spontanés prennent le relais.
- Type
- Vivace
- Famille
- Caprifoliacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De mai à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 9 : la souche encaisse environ -15 °C en sol sec et drainé. En terre lourde et détrempée, elle disparaît bien avant, par pourriture du collet plutôt que par le gel.
Dimensions : 60 à 90 cm de haut en fleur, parfois 1 m, pour 50 à 60 cm d’étalement. La souche s’épaissit et se lignifie d’année en année sans jamais tracer ni drageonner.
Floraison : De mai à début juillet, corymbes de petites fleurs rouge carminé, roses ou blanches, légèrement parfumées et très visitées par les papillons ; une seconde floraison suit en septembre si l’on rabat les tiges fanées.
Substrat : Sol maigre, caillouteux, très drainant, franchement calcaire si possible. Toute terre riche ou fraîchement amendée donne des tiges molles qui se couchent au premier orage.
Exposition : Plein soleil, 6 heures et plus, réverbération d’un mur comprise. À mi-ombre elle fleurit deux fois moins et s’étire.
Arrosage : Copieux mais espacé la première année, toutes les 2 à 3 semaines d’avril à juin puis toutes les 3 à 4 semaines en été. Ensuite plus rien en pleine terre : elle pousse spontanément dans les murs, ce qui dit tout de ses besoins.
Durée de vie : Vivace de vie courte, 4 à 5 ans en moyenne, davantage en sol très pauvre. Le massif, lui, dure bien plus longtemps que le pied : elle se remplace toute seule par ses semis.
Multiplication : Prélèvement de jeunes semis spontanés en septembre et début octobre, ou semis au printemps ; elle ne se divise pas.
Arrosage & entretien
Arrosage : La première année, un arrosage copieux toutes les 2 à 3 semaines d’avril à juin puis toutes les 3 à 4 semaines en juillet et août, de façon à faire descendre la racine pivotante. Ensuite, plus rien en pleine terre même en canicule ; en pot, un arrosage seulement quand le substrat est sec en profondeur.
Fertilisation : Aucune, et c’est volontaire. Compost, terreau et engrais la font monter, verser et fleurir moins : c’est une des rares vivaces qu’on affame exprès.
Rempotage : En pot seulement, tous les 2 à 3 ans en mars, dans un mélange très minéral d’un tiers de terre de jardin, un tiers de sable grossier et un tiers de gravier. Le pot doit être profond plutôt que large, la racine plonge.
Taille : Rabattre toute la touffe à 15 cm fin juin, dès que la première floraison ternit, pour une remontée en septembre. Couper ensuite les hampes fanées avant l’envol des graines, et nettoyer les tiges sèches à la fin de l’hiver.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour, sans crainte de la chaleur ni de la réverbération. Moins de 4 heures et le pied s’étiole, se couche et ne refleurit pas en septembre.
Emplacement : Extérieur uniquement, plein sud ou plein ouest : haut de muret, talus, gravier, pied de mur, joints d’escalier. Ce n’est en aucun cas une plante d’intérieur.
Substrat : Pauvre, caillouteux, calcaire, avec le moins de matière organique possible. Un sol sableux ou une terre à cailloux lui conviennent mieux qu’un bon terreau de plantation.
pH : De 6,5 à 8,5, l’optimum étant franchement alcalin, autour de 7,5. Elle est l’une des rares vivaces à préférer un sol calcaire.
Drainage : Impératif et non négociable. Le seul vrai danger de sa culture est l’eau qui stagne de novembre à mars : en terre lourde, on la plante sur une butte ou dans une rocaille surélevée.
Multiplication
Prélever en septembre et début octobre quelques jeunes semis spontanés, à quatre ou six feuilles, pour remplacer les pieds de plus de 4 ans : la reprise est quasi certaine. Les soulever à la fourche avec leur motte et les replanter aussitôt en terre caillouteuse.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible en avril et mai avec des pousses de la base de 5 à 8 cm, piquées dans un mélange de terreau et de sable, sous châssis à l’ombre : elles racinent en 3 à 4 semaines. Les semis spontanés rendent ce geste rarement utile.
Semis :
SemerEn mars et avril dehors ou sous abri froid, ou en fin d’été, semer les graines à peine couvertes de 2 mm : elles lèvent en 2 à 3 semaines vers 15 à 20 °C. La couleur se reproduit assez fidèlement, la forme blanche donnant parfois des plants roses.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des papillons et des abeilles. Les fleurs donnent en juillet et août de petites graines surmontées d’une aigrette plumeuse qui s’envolent au moindre vent : couper les corymbes dès que les premières aigrettes s’ouvrent et les laisser finir de mûrir dans un sac en papier. Les graines restent bonnes 2 ans au sec et au frais ; pour une couleur sûre, notamment la forme blanche, le sachet du commerce vaut mieux qu’une récolte au jardin.
Division et autres méthodes : Aucune : sa racine pivotante supporte mal la division, et une vieille souche ligneuse reprend mal ; ce sont ses jeunes semis qui la renouvellent.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Presque rien, hors la pourriture du collet et des racines en sol humide l’hiver, qui se traduit par une touffe molle qui ne repart pas en mars. Il n’y a pas de traitement : c’est la place qui se change, ou le sol qu’on draine. Un oïdium blanchâtre peut gagner les pieds trop arrosés ou plantés dans un angle confiné, en fin d’été.
Parasites fréquents : Des pucerons noirs s’installent parfois sur les hampes tendres en avril et mai, réglés d’un jet d’eau, sinon d’un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les limaces et les escargots rasent les jeunes semis et les pousses du départ. Passé le printemps, le feuillage glauque et épais n’attire pratiquement aucun ravageur.
Prévention : Planter en sol drainé, surélevé si la terre est lourde, et ne jamais amender. Supprimer tout arrosage dès la deuxième année. Le rabattage de fin juin aère le pied et supprime d’un coup les foyers de pucerons comme les feuilles qui commencent à blanchir.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue. Les jeunes feuilles se consomment même en salade ou cuites, en Italie et dans le sud de la France, leur amertume étant la seule limite réelle.
Toxicité animaux : Aucune toxicité rapportée chez le chien, le chat, le cheval ou les rongeurs domestiques. Elle ne figure sur aucune liste de plantes toxiques, ni française ni nord-américaine.
Symptômes : Rien n’est attendu, au contact comme à l’ingestion : pas de latex, pas de sève irritante. Une quantité importante de feuillage avalée d’un coup ne donnerait qu’un trouble digestif passager, comme tout végétal.
Précautions : La seule confusion à écarter porte sur le nom : la valériane rouge n’est pas la valériane officinale (Valeriana officinalis) et n’a aucune de ses propriétés sédatives. Ne jamais l’utiliser comme plante médicinale sur la foi de son nom commun.
Associations de plantes
Bonnes associations : Lavande, sauge officinale et santoline partagent son sol maigre et sa sécheresse, et leurs floraisons se relaient de mai à août. L’achillée et le gaura demandent les mêmes conditions et opposent leurs formes légères à ses corymbes pleins. En rocaille, les sedums et les euphorbes de gravier tiennent le premier plan bas devant ses hampes.
Associations à éviter : Hortensias, azalées et rhododendrons veulent l’acide et le frais, exactement l’inverse d’elle. Hostas, fougères et astilbes appellent une ombre humide où elle pourrit en un hiver. Les massifs d’annuelles arrosés tous les 2 jours lui sont tout aussi fatals, même en plein soleil.
Conseil : Lui confier un haut de muret, un joint d’escalier ou un pied de mur au sud, là où rien d’autre ne tient, et n’en garder que deux ou trois pieds en massif. Le geste qui change tout est le rabattage sévère de fin juin : il donne une seconde floraison en septembre et arrête net les semis spontanés.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pied en pleine terre dans un sol maigre, caillouteux et plutôt calcaire, en plein soleil, sur un talus, un haut de muret ou une plate-bande sèche jamais arrosée l’été, ou en grand pot très drainé.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-avril à fin juin : toutes les 2 à 3 semaines ; de juillet à août : toutes les 3 à 4 semaines | Arroser copieusement mais très rarement le premier été, le temps que la racine pivotante descende, puis plus rien du tout : un pied installé traverse une canicule sans une goutte, et l’arrosage régulier le fait s’allonger et se coucher. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe en toute saison, et d’abord l’hiver : la valériane rouge meurt de l’eau froide qui stagne autour de sa souche, jamais du gel lui-même. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mi-février à mi-mars | Nettoyer avant le départ de végétation sans entamer la souche ligneuse : les nouvelles pousses sortent de sa base, jamais du vieux bois de l’année passée. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Un paillis de pierres garde le collet sec et lui rend les conditions du muret où elle s’installe spontanément ; un paillis d’écorce ou de tonte y retient l’humidité et fait pourrir la souche en un hiver. |
| Inspection parasitaire | De mi-mars à mi-mai | Surveiller le seul moment où la plante intéresse quelqu’un, celui des pousses tendres du printemps : passé mai, le feuillage glauque et épais ne subit pratiquement plus rien. |
| Floraison | De début mai à mi-juillet | Les corymbes rouge carminé, roses ou blancs tiennent de mai à début juillet et nourrissent papillons et moro sphinx ; une seconde floraison suit en septembre sur les pieds rabattus à temps. |
| Rabattage | De mi-juin à mi-juillet | Rabattre dès que la première vague ternit : le pied reste compact et refleurit en septembre, là où une touffe laissée monter se couche, se dégarnit et sème partout. |
| Fleurs fanées | De mi-août à fin septembre | Couper les hampes de la remontée avant que les graines plumeuses ne s’envolent : elles germent dans le moindre joint de mur, de marche ou de gravier, à plusieurs dizaines de mètres du pied. |
| Semis | De début septembre à mi-octobre, tous les 3 ans | Prélever en début d’automne quelques jeunes semis pour remplacer les pieds de plus de 4 ans : la racine pivotante supporte mal la division, et une vieille souche ligneuse fleurit de moins en moins. |