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Cactée · Cactacées

Cierge du Pérou Cereus repandus

Aussi appelé : Cactus cierge, Cereus du Pérou, Cereus peruvianus, Peruvian apple cactus

Le cierge du Pérou est un cactus en colonne du nord de l’Amérique du Sud, haut de 8 à 10 m dans la nature, où il ouvre en été de grandes fleurs blanches qui ne durent qu’une nuit. Chez nous il se cultive presque toujours en pot, où il monte lentement à 1,50 m à 3 m et ne fleurit que rarement. Il ne supporte que -2 °C quelques heures, et seulement au sec : hors du littoral méditerranéen le mieux abrité, il passe l’hiver dedans, à la place la plus lumineuse. Le manque de lumière et l’eau d’hiver sont ce qui le fait souffrir.

Cierge du Pérou (Cereus repandus)
Photo : Another one of my pictures: This photograph was taken by Medium69 (William Crochot) and released under the license stated below. You are free to use it for any purpose as long as you credit the author (William Crochot), the Source (Wikimedia Commons) a
Type
Cactée
Famille
Cactacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-2 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 9b, environ -2 °C pendant quelques heures et uniquement au sec. En France métropolitaine, il ne passe l’hiver dehors que sur le littoral méditerranéen le mieux abrité, ailleurs il se cultive en pot.

Dimensions : Jusqu’à 8 à 10 m dans son aire d’origine, mais 1,50 m à 3 m en pot après de longues années, pour une colonne de 10 à 20 cm de diamètre qui se ramifie avec l’âge.

Floraison : Rare en pot : seuls les sujets âgés et bien exposés ouvrent en été, pour une seule nuit, de grandes fleurs blanches en entonnoir légèrement parfumées, parfois suivies de fruits rouges comestibles.

Substrat : Mélange à cactées très drainant, un tiers de terreau, un tiers de terre de jardin, un tiers de sable grossier ou de pouzzolane. pH de 6 à 7,5, la neutralité lui convient parfaitement.

Exposition : Plein soleil toute l’année, sans réserve. L’hiver, la place la plus lumineuse du logement, faute de quoi la nouvelle pousse s’étiole en un fuseau pâle.

Arrosage : D’avril à septembre, tous les 12 à 15 jours, en trempant toute la motte et en la laissant sécher entièrement entre deux. Rien du tout de novembre à février.

Durée de vie : Vivace, cactus pérenne. Un sujet en pot bien mené dépasse 30 ans, et les colonnes de pleine terre vivent plus d’un siècle.

Multiplication : Bouturage d’un tronçon de colonne de mai à juillet, planté après 2 à 3 semaines de cicatrisation au sec.

Arrosage & entretien

Arrosage : Un premier apport léger en mars au redémarrage, puis tous les 12 à 15 jours d’avril à septembre, en trempant tout le substrat et en vidant la soucoupe. On espace à un seul arrosage en octobre, puis plus rien jusqu’en mars.

Fertilisation : Un engrais liquide pour cactées, pauvre en azote et riche en potasse, une fois par mois de mai à août uniquement. Jamais sur substrat sec, ni en dehors de cette période.

Rempotage : Tous les 3 à 4 ans en avril, dans un pot lourd à peine plus large, la colonne devenant vite instable. Attendre une semaine avant le premier arrosage pour laisser cicatriser les racines.

Taille : Aucune taille nécessaire. On ne coupe une tête que pour limiter la hauteur ou prélever une bouture, en laissant sécher la plaie une semaine à l’ombre avant de la mettre en substrat.

Exposition & substrat

Exposition : Le plus de lumière possible, au moins 6 heures de soleil direct. Une pousse pâle et étroite au sommet de la colonne signale un manque, et ne se rattrape jamais.

Emplacement : Dehors de fin mai à fin septembre, dedans le reste de l’année devant une fenêtre plein sud, dans une pièce fraîche et claire. Une véranda non chauffée hors gel est l’idéal.

Substrat : Terreau de cactées du commerce allégé d’un tiers de pouzzolane ou de sable grossier, sur un lit de billes d’argile. Éviter les terreaux riches en tourbe, qui restent humides trop longtemps.

pH : De 6 à 7,5, légèrement acide à neutre. Il tolère un substrat un peu calcaire sans dommage.

Drainage : C’est le point où tout se joue. Pot percé, substrat qui ressuie en quelques minutes : une eau qui stagne provoque une pourriture brune à la base, molle et odorante, qu’on ne rattrape qu’en bouturant le haut de la colonne.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : de mai à juillet, couper au couteau propre un segment ou une ramification de 15 à 30 cm, en tenant la colonne avec des gants épais ou une bande de papier journal à cause des épines, et laisser la coupe cicatriser 2 à 3 semaines à l’ombre et au sec. Planter ensuite la bouture debout, enfoncée de 3 à 5 cm, dans un mélange de terreau cactées et de sable grossier ou de pouzzolane, à l’intérieur ou sous abri lumineux, vers 20 à 25 °C. Ne pas arroser la première semaine, puis à peine : les racines se forment en 4 à 6 semaines. Le bouturage réussit presque toujours.

Les autres méthodes

Semis :

SemerAu printemps à l’intérieur, graines laissées en surface à la lumière sur un terreau cactées humide, sous couvercle transparent, à 21 à 25 °C, pour une levée en 2 à 4 semaines. Les graines reproduisent l’espèce, mais il faut des années pour obtenir une colonne de 30 cm.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : plante souvent autostérile, de clones différents fleurissant la même nuit. En pot, la floraison est trop rare pour compter sur ses propres graines : il faut passer le pollen au pinceau. Les fruits rouges mûrs se coupent, la pulpe se rince dans une passoire fine et les graines noires, séchées à l’ombre, se gardent 1 à 2 ans au sec. Le plus simple reste d’acheter des graines ou de bouturer.

Division et autres méthodes : Aucune : la colonne ne fait ni rejet ni drageon, et ses ramifications se prélèvent comme des boutures.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture basale, brune et molle au collet, vient presque toujours d’un excès d’eau ou d’un arrosage donné en hiver. Il faut recouper au-dessus de la zone saine et rebouturer, le traitement chimique n’y peut rien. Les taches liégeuses beiges sur les vieilles côtes ne sont que des cicatrices, sans gravité.

Parasites fréquents : Cochenilles farineuses dans le creux des côtes et au collet, cochenilles à bouclier sur les tiges âgées, araignées rouges quand l’air est sec et chaud derrière une vitre. On retire les amas au coton imbibé d’alcool à 70 degrés, puis on traite à l’huile de colza.

Prévention : Inspecter le fond des sillons une fois par mois, là où les cochenilles s’installent hors de vue. Isoler 3 semaines tout sujet nouvellement acheté. Ne pas mouiller le corps de la plante lors des arrosages.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue. Le fruit, la pitaya du Pérou, se mange cru et se vend sur les marchés d’Amérique du Sud ; le seul danger de la plante est mécanique, ses épines longues et rigides.

Toxicité animaux : Aucune toxicité n’est rapportée chez le chien, le chat ou les rongeurs domestiques, contrairement aux euphorbes qu’on confond souvent avec les cactus colonnaires. Un animal qui s’y frotte risque des piqûres, pas un empoisonnement.

Symptômes : Une tige mâchonnée ne provoque au pire qu’un trouble digestif passager, lié aux fibres et non à un principe actif. Une épine plantée fait une plaie profonde et propre, qui peut s’infecter si le fragment reste sous la peau.

Précautions : Poser le pot hors des zones de passage et hors de portée d’un enfant qui court. Le déplacer avec des gants épais et une bande de journal roulée autour de la colonne.

Associations de plantes

Bonnes associations : En pot séparé mais au même endroit, des plantes qui veulent exactement le même traitement : Echeveria et Agave pour le plein soleil et le repos sec, Aloe vera pour les mêmes arrosages espacés. Un Opuntia à côté supporte le même hivernage frais et lumineux.

Associations à éviter : Ne jamais installer dans le même contenant une plante grasse d’intérieur qui boit l’hiver, comme une crassula fleurie ou un Schlumbergera, car leur rythme est l’inverse du sien. Les fougères et autres plantes d’ambiance humide en voisinage direct créent l’air confiné qui favorise la pourriture. Un couvre-sol dans le pot masque le collet, exactement là où il faut pouvoir regarder.

Conseil : Grouper les pots de cactées sur le même plateau l’été : on arrose tout le monde le même jour et on repère d’un coup d’œil celui qui a déjà soif. Réserver le rang du fond à ce cierge, qui fera vite de l’ombre à ses voisins.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet cultivé en pot dans un mélange à cactées très drainant, hiverné hors gel derrière une fenêtre plein sud et sorti en plein soleil la belle saison, sous un climat de plaine française.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel En mars : tous les 20 à 25 jours ; d’avril à septembre : tous les 12 à 15 jours ; en octobre : tous les 25 à 30 jours Tremper tout le substrat en une fois puis laisser ressuyer complètement, sans mouiller la base de la colonne. Le rythme suit la lumière disponible et s’arrête en même temps qu’elle.la motte sèche de part en part entre deux apports
Inspection parasitaireUtile De janvier à décembre : chaque mois Regarder le fond des sillons entre les côtes, où les cochenilles farineuses s’installent hors de vue et se repèrent trop tard sur une plante de cette taille. Le rendez-vous mensuel compte surtout pendant le repos sec, où la plante reste des semaines sans qu’on y touche.une fois par mois, dans le creux des côtes et au collet
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : après chaque arrosage et après chaque pluie Vider la soucoupe dans le quart d’heure : ce cactus supporte la sécheresse pendant des mois, mais pas 2 heures les racines dans l’eau.
RempotageUtile De début avril à mi-mai, tous les 3 ans Rempoter au redémarrage de la végétation en attendant une semaine avant le premier arrosage, le temps que les racines blessées cicatrisent.pot lourd et à peine plus large, la colonne devenant vite instable
Engrais liquideUtile De mai à août Apporter un engrais pour cactées dilué sur un substrat déjà humide, une fois par mois seulement, pendant la seule période où la colonne s’allonge réellement.engrais cactées pauvre en azote, une fois par mois
Sortie au printempsUtile De mi-mai à mi-juin Sortir le pot une fois tout risque de gelée écarté : l’air libre et le soleil direct donnent une croissance trapue et des côtes marquées que la maison ne permet pas.après les saints de glace, quand les nuits tiennent au-dessus de 10 °C
Acclimatation à la lumièreEssentiel De mi-mai à fin juinDès que : dans les 15 jours qui suivent la sortie du logement Exposer progressivement après l’hiver derrière une vitre, sinon l’épiderme brûle en 2 jours et garde des plages blanches définitives sur toute la hauteur de la colonne.ombre claire d’abord, plein soleil au bout de 2 semaines
Mise à l'abri de la pluieUtile De mi-août à mi-octobreDès que : quand la pluie s’installe plusieurs jours de suite en fin d’été Glisser le pot sous un auvent pendant les épisodes pluvieux prolongés : un substrat détrempé alors que les nuits refroidissent ouvre la porte à la pourriture basale.
Rentrée à l'automneEssentiel De mi-septembre à mi-octobre Rentrer dès que les nuits fraîchissent, motte bien sèche : c’est le froid humide, et non le froid seul, qui tue ce cactus sous nos climats.substrat sec au moment de rentrer, avant les nuits sous 8 °C
Repos secEssentiel De novembre à février Ne plus rien donner de tout l’hiver et garder la plante au frais : ce repos sec prépare la floraison nocturne de l’été suivant et met la plante à l’abri de la pourriture du collet, qui vient toujours d’un arrosage hivernal.pièce claire et fraîche, 8 à 12 °C si possible