Arbre · Cupressacées
Cyprès de Lawson Chamaecyparis lawsoniana
Aussi appelé : Faux-cyprès de Lawson, Cyprès de Port-Orford, Chamaecyparis, Lawson cypress
Le cyprès de Lawson est un conifère persistant de l’ouest de l’Amérique du Nord, planté chez nous surtout en haie pour son feuillage dense. Laissé libre, il monte à 15 à 25 m, mais se tient sans peine entre 1,50 m et 3 m conduit en haie. Il demande surtout une terre profonde, fraîche et sans calcaire actif, qui le fait jaunir sans retour. C’est l’un des rares conifères de haie qui accepte la mi-ombre, là où le thuya se dégarnit.
- Type
- Arbre
- Famille
- Cupressacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5, soit environ -25 °C pour un sujet installé. Les jeunes plants souffrent surtout des vents froids et secs d’hiver, qui dessèchent le feuillage plus sûrement que le gel lui-même.
Dimensions : Laissé libre, il atteint 15 à 25 m de haut pour 3 à 5 m d’étalement sous nos climats. Conduit en haie, il se tient sans peine entre 1,50 m et 3 m.
Floraison : Aucune fleur décorative : c’est un conifère. Au printemps, de minuscules cônes mâles rouges libèrent leur pollen, puis de petits cônes ronds se forment.
Substrat : Terre profonde, fraîche et drainante, plutôt acide à neutre, pH 5 à 6,5. Le calcaire actif le fait jaunir entre les rameaux et il ne s’en remet pas.
Exposition : Plein soleil à mi-ombre. C’est l’un des rares conifères de haie qui accepte vraiment l’ombre partielle, là où le thuya se dégarnit.
Arrosage : Les trois premières années, 15 à 20 L par pied tous les 5 à 7 jours au cœur de l’été. Ensuite plus rien, sauf en sécheresse prolongée.
Durée de vie : Conifère persistant très longévif dans son aire d’origine. En haie de jardin français, comptez 25 à 40 ans avant que la sécheresse ou le dépérissement racinaire n’en ait raison.
Multiplication : Bouturage de rameaux aoûtés à talon en septembre ou octobre, sous châssis froid, enracinés au printemps suivant.
Arrosage & entretien
Arrosage : De mai à juin puis en septembre, un arrosage copieux tous les 10 à 15 jours suffit ; en juillet et août, passer à tous les 5 à 7 jours. Rien de novembre à mars, la pluie fait le travail.
Fertilisation : Un engrais organique à libération lente pour conifères, griffé sur la zone des racines en mars, une fois l’an. Aucun apport après juillet, les pousses tardives ne durcissant pas avant les gelées.
Rempotage : Cultivé en pleine terre, il ne se rempote pas : c’est la plantation, en automne de préférence, qui décide de tout. En bac, renouveler la terre de surface chaque printemps et changer de contenant tous les 3 ans.
Taille : De la mi-août à fin septembre, une fois la nidification terminée, sur les pousses vertes de l’année uniquement. Ne jamais entailler le vieux bois : la plaie reste nue à vie.
Exposition & substrat
Exposition : 4 à 6 heures de soleil lui suffisent amplement. Il pousse plus lentement mais se tient mieux à mi-ombre qu’en plein sud sur un sol sec.
Emplacement : Extérieur toute l’année, jamais en intérieur. Les orientations nord et est lui conviennent particulièrement bien.
Substrat : Terre de jardin profonde, enrichie de compost et de terreau de feuilles à la plantation. En sol calcaire, une fosse de terre de bruyère ne fait que retarder l’échéance : mieux vaut choisir une autre espèce.
pH : 5,0 à 6,5 en optimum, jusqu’à 7,0 sans dommage visible. Au-delà, le feuillage pâlit et la croissance s’arrête.
Drainage : Il lui faut de la fraîcheur sans stagnation, ce qui est une exigence étroite. L’eau qui stagne l’hiver ouvre la porte à Phytophthora lateralis, contre lequel il n’existe aucun recours.
Multiplication
Bouturage : de septembre à novembre, arracher des rameaux de l’année de 10 à 15 cm avec un talon, dégarnir la base sur 3 cm et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous châssis froid ou serre froide, à l’ombre et à l’étouffée. Les racines se forment en 4 à 6 mois, l’hormone de bouturage étant facultative ; c’est aussi la seule façon de reproduire les formes colorées ou naines du jardin. Réussite correcte, avec un enracinement au printemps suivant.
Les autres méthodes
Semis :
SemerRécolter les petits cônes en septembre, les laisser s’ouvrir au sec, puis garder les graines 1 à 2 mois au réfrigérateur avant de les semer en mars, dehors ou sous abri froid, couvertes de 2 à 3 mm. La levée demande 3 à 6 semaines ; les graines reproduisent l’espèce, pas les formes colorées ou naines.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte cônes mâles et femelles, mais un second améliore la récolte. Les cônes sont mûrs quand ils virent du vert au brun ; un arbre isolé donne pourtant beaucoup de graines vides, d’où l’intérêt de semer large. Gardées en bocal au sec et au frais, elles restent bonnes 2 à 3 ans.
Division et autres méthodes : Aucune : le conifère ne fait ni rejet ni drageon, et la greffe reste l’affaire des pépiniéristes.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le dépérissement racinaire à Phytophthora lateralis fait bronzer puis roussir le sujet entier en quelques semaines, l’écorce du collet virant au brun sous le grattage. Rien ne le soigne : il faut arracher, et ne pas replanter de Lawson au même endroit. Les chancres à Seiridium et Pestalotiopsis roussissent des rameaux isolés avec des écoulements de résine, et se traitent en coupant largement sous la lésion.
Parasites fréquents : Le bupreste du cyprès, dont la larve creuse sous l’écorce, progresse en France et n’attaque que les sujets affaiblis par la sécheresse ; on le repère aux rameaux bruns dispersés et aux trous de sortie en forme de D. Les acariens tétranyques ternissent le feuillage en gris pendant les étés secs, ce qu’une douche au jet fait reculer. Des cochenilles s’installent parfois au creux des rameaux d’une haie trop dense.
Prévention : Arroser en période sèche est la meilleure protection, un Lawson assoiffé étant aussitôt un Lawson attaqué. Désinfecter la cisaille entre deux sujets d’une même haie. Planter dans un sol qui ressuie, et espacer suffisamment pour que l’air circule.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucun empoisonnement grave n’est documenté pour cette espèce, qui ne figure pas parmi les conifères dangereux. Le risque réel est cutané : les huiles essentielles du feuillage et la sciure provoquent des dermatites de contact chez ceux qui taillent ou débitent longuement.
Toxicité animaux : Les cyprès ne sont pas classés parmi les plantes toxiques pour le chien et le chat. L’ingestion de rameaux peut provoquer vomissements ou salivation, sans gravité aux quantités habituelles.
Symptômes : Par ingestion, troubles digestifs passagers. Par contact répété, rougeurs, démangeaisons et parfois eczéma des avant-bras chez les personnes sensibilisées.
Précautions : Porter gants et manches longues pour tailler, et se laver les bras ensuite. Surtout, ne pas le confondre avec l’if (Taxus baccata), autre conifère de haie, celui-là gravement toxique dans toutes ses parties sauf l’arille rouge.
Associations de plantes
Bonnes associations : Rhododendrons et azalées partagent son goût du sol acide et frais et supportent la mi-ombre qu’il projette. Les bruyères, callunes et ericas, couvrent son pied sans lui disputer l’eau en profondeur. Les fougères comme le polystic ou la fougère mâle prospèrent dans l’ombre du côté nord de la haie.
Associations à éviter : Lavande, romarin et cistes réclament le calcaire, le plein soleil et un sol sec, soit l’inverse exact. Un potager installé au pied d’une haie de Lawson perd la partie, ses racines traçantes pompant l’eau sur 2 m. Et l’on ne replante jamais un Lawson à l’emplacement d’un Lawson mort, le Phytophthora restant des années dans la terre.
Conseil : Espacer les plants de 80 cm à 1 m en haie, jamais 50 cm. Serrés, ils se dégarnissent de la base et le premier été sec en emporte un sur trois, ce qui laisse des trous qu’aucune taille ne comblera.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet planté en pleine terre, en haie ou en isolé, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre profonde et fraîche, non calcaire.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : tous les 10 à 15 jours ; de juillet à août : tous les 5 à 7 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 10 à 15 jours | Arroser copieusement au pied pendant la belle saison, car les racines du cyprès de Lawson sont traçantes et superficielles. Un sujet installé se passe d’eau sauf en sécheresse, mais un sujet assoiffé roussit sans jamais reverdir. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Passer les lames à l’alcool en changeant de pied, car les chancres à Seiridium voyagent d’un sujet à l’autre sur la cisaille. C’est le seul geste qui empêche une haie entière de suivre le premier pied atteint. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mi-février à fin mars | Ôter à la main les rameaux roussis qui s’entassent à l’intérieur du feuillage, avant le départ de la végétation. Laissés en place, ils retiennent l’humidité et nourrissent les chancres. |
| Engrais à libération lente | De début mars à mi-avril | Griffer un engrais à libération lente sur toute la zone des racines au démarrage de la végétation. Ne rien apporter après juillet : les pousses tardives n’ont pas le temps de durcir avant les gelées. |
| Traitement préventif | De mars à octobre | Traiter au cuivre dans les jours qui suivent une taille si le temps reste humide, les plaies fraîches étant la porte des champignons de rameaux. Par temps sec, c’est inutile. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Renouveler le paillis au sortir de l’hiver, quand la terre est encore humide : il garde au frais des racines qui souffrent bien avant que le feuillage ne le montre. Un paillis acide convient d’autant mieux que l’espèce redoute le calcaire. |
| Inspection parasitaire | De mai à août | Passer la haie en revue pendant tout l’été, en cherchant les rameaux isolés qui brunissent et les trous de sortie en forme de D laissés par le bupreste. Les acariens, eux, ternissent le feuillage en gris et cèdent souvent à une douche au jet. |
| Taille de structure | De mi-août à fin septembre | Tailler la haie sur les pousses vertes de l’année, une fois la nidification terminée et avant que le bois ne durcisse. Une coupe qui entame le bois nu laisse un trou définitif : le Lawson ne repart jamais de l’ancien. |