Légume · Cucurbitacées
Pastèque Citrullus lanatus
Aussi appelé : Melon d’eau, Watermelon
La pastèque est une cucurbitacée coureuse originaire d’Afrique, cultivée chez nous en annuelle pour ses gros fruits à chair sucrée et gorgée d’eau. Ses tiges rampantes de 2 à 3 m couvrent 2 à 4 m² au sol, pour 30 à 40 cm de haut seulement. Elle réclame un sol riche réchauffé avant la plantation, le plein soleil, de l’eau en abondance jusqu’à la mi-juillet et surtout de la chaleur, qui fait le sucre. Facile dans le Midi, elle demande ailleurs un semis sous abri dès la fin mars et un été chaud, car sa croissance s’arrête sous 12 °C.
- Type
- Légume
- Famille
- Cucurbitacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 0 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Aucune rusticité, zone USDA 10 à 11. En France elle se conduit en annuelle : la croissance s’arrête déjà sous 12 °C et le premier gel détruit le pied.
Dimensions : Tiges rampantes de 2 à 3 m, un pied couvrant 2 à 4 m² au sol pour seulement 30 à 40 cm de hauteur.
Floraison : De juin à août, de petites fleurs jaune vif, mâles et femelles séparées sur le même pied, sans parfum notable. Seules les femelles, reconnaissables à leur petit fruit sous la corolle, donnent les pastèques.
Substrat : Sol profond, meuble, riche en humus et bien drainé, réchauffé avant la plantation. pH de 6,0 à 7,0, l’optimum vers 6,5.
Exposition : Plein soleil sans réserve, 6 à 8 heures directes, et à l’abri du vent. C’est la chaleur qui fait le sucre.
Arrosage : Copieux tous les 2 à 3 jours de la plantation à la mi-juillet, puis espacé à 5 ou 7 jours en août pour concentrer les sucres.
Durée de vie : Annuelle stricte : 4 à 5 mois entre le semis de mars et la dernière cueillette de septembre.
Multiplication : Semis en godets individuels sous abri chauffé, de fin mars à fin avril, pour une plantation après les gelées.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours de la plantation à la mi-juillet, copieusement et au pied, sans jamais mouiller le feuillage. Dès que les fruits ont leur taille finale, passer à 5 ou 7 jours : ce léger manque concentre le sucre et évite les fruits qui éclatent.
Fertilisation : Du compost bien décomposé enfoui avant la plantation, puis un engrais liquide riche en potasse tous les 15 jours de juin à la fin juillet. Arrêter tout apport azoté dès la nouaison, sous peine de belles tiges et de fruits fades.
Rempotage : Il n’y en a pas : la pastèque se sème en godet et se plante une seule fois, en pleine terre ou dans un bac de 40 L minimum. Ses racines cassées ne repartent pas, c’est pourquoi on ne la repique jamais à racines nues.
Taille : Pincer la tige principale après cinq feuilles pour ramifier, puis ne conserver que trois à quatre fruits par pied en juin et juillet. Supprimer les nouaisons de fin juillet, qui n’auront pas le temps de mûrir avant les nuits fraîches.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures directes au minimum. En dessous, les fruits restent pâles, aqueux et peu sucrés.
Emplacement : Dehors seulement, une fois la chaleur installée, au sud ou au sud-ouest. Au nord de la Loire, un tunnel ou le pied d’un mur clair change tout au résultat.
Substrat : Terre profonde et meuble, enrichie de compost mûr à l’automne précédent. Dans les régions fraîches, un film noir posé avant la plantation réchauffe le sol de plusieurs degrés.
pH : Entre 6,0 et 7,0, l’optimum vers 6,5. Les sols très calcaires lui conviennent mal et bloquent le fer.
Drainage : Indispensable : l’eau stagnante fait pourrir le collet en quelques jours. Il faut donc arroser beaucoup, mais sur un sol qui ressuie vite, ce qui plaide pour une butte ou une planche surélevée en terre lourde.
Multiplication
Semis : de fin mars à fin avril, à l’intérieur ou sous abri chauffé, enfoncer 2 ou 3 graines à 2 cm dans un godet de 8 à 10 cm, après un trempage facultatif de 12 h, puis tenir à 25 à 30 °C ; la levée demande 5 à 10 jours, et l’on ne garde que le plus beau plant. Planter sans toucher aux racines de mi-mai à début juin, terre réchauffée et gelées passées. Les variétés hybrides F1 ne se reproduisent pas par leurs graines, les variétés anciennes oui, si aucune autre pastèque ne pousse à côté. Bonne réussite si la chaleur est au rendez-vous.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles. Ce sont les abeilles qui portent le pollen des fleurs mâles aux fleurs femelles ; sous abri fermé, le passer soi-même au pinceau. Prendre les graines d’un fruit bien mûr, dont la vrille voisine est sèche et la tache au sol jaune, les rincer et les sécher à l’ombre. Elles se gardent 5 ans au sec et au frais ; deux variétés de pastèque se croisent, mais pas la pastèque avec le melon ou la courge.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas en pratique : c’est une annuelle qui se multiplie par semis.
Division et autres méthodes : Aucune : la plante est annuelle, et la greffe sur courge reste l’affaire des professionnels.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre les feuilles d’un feutrage blanc dès les nuits fraîches de fin d’été, et se traite au soufre en préventif. L’anthracnose marque feuilles et fruits de taches brunes déprimées par temps chaud et humide. La fusariose fait flétrir un pied entier d’un seul coup, sans remède : elle impose de changer d’emplacement.
Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les extrémités et transmettent des viroses, à déloger au jet d’eau, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». L’araignée rouge piquette le feuillage de points jaunes dans les étés secs et sous abri, l’humidité de l’air la freine. Limaces et escargots dévorent les jeunes plants dans les jours qui suivent la plantation, période où il faut les surveiller chaque soir.
Prévention : Arroser au pied et le matin, pour que le feuillage soit sec la nuit. Espacer les pieds d’1 m afin que l’air circule sous les feuilles. Ne pas ramener de cucurbitacée au même endroit avant 4 ans.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune : c’est un fruit potager, dont la chair, les graines et même l’écorce sont comestibles, cette dernière se confisant dans plusieurs régions. Seule réserve, un fruit franchement amer se recrache et se jette, l’amertume signalant des cucurbitacines.
Toxicité animaux : Sans danger pour le chien comme pour le chat, à qui l’on donne couramment un morceau de chair l’été. L’écorce et les pépins en quantité provoquent en revanche des troubles digestifs, et peuvent obstruer le tube digestif d’un petit animal.
Symptômes : Rien à attendre d’une consommation normale, hormis des selles molles en cas d’excès, vu la teneur en eau. Un fruit chargé en cucurbitacines donnerait crampes, nausées et diarrhée, ce qui doit conduire à jeter le fruit entier sans y goûter davantage.
Précautions : Ne pas laisser un fruit entamé plus de 2 heures à température ambiante en été, cette chair sucrée étant un excellent milieu de culture. Goûter un petit morceau avant de servir une pastèque issue de graines ressemées soi-même, car un croisement avec une pastèque sauvage ou à confiture peut ramener l’amertume.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le maïs, planté au nord de la planche, sert de brise-vent sans faire d’ombre aux heures chaudes. Le haricot nain laisse un peu d’azote dans un sol que la pastèque épuise. La capucine, en bordure, attire les pucerons sur elle et se sacrifie volontiers.
Associations à éviter : Le melon, la courge et le concombre partagent son oïdium et ses viroses : côte à côte, ce qui prend l’un prend l’autre dans la semaine. La pomme de terre occupe le même sol profond, réclame une fumure copieuse et complique la rotation. Le fenouil gêne la plupart de ses voisins au potager et n’a rien à faire dans cette planche.
Conseil : Glissez une tuile, une planchette ou une grosse poignée de paille sous chaque fruit dès qu’il atteint la taille d’un poing. Il reste propre, mûrit plus vite au contact d’une surface qui garde la chaleur, et ne pourrit pas par le dessous. C’est le geste qui sauve le plus de pastèques en France.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pleine terre au potager, en plein soleil et à l’abri du vent, sur un sol profond et réchauffé, à partir d’un semis conduit sous abri chauffé.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mai à fin juillet : tous les 2 à 3 jours ; d’août à septembre : tous les 5 à 7 jours | Arroser copieusement pendant la croissance des tiges et le grossissement des fruits, puis espacer nettement dès qu’ils ont atteint leur taille finale. Le feuillage mouillé appelle l’oïdium, et l’eau de trop en fin de course dilue le sucre. |
| Inspection parasitaire | De mi-mai à mi-septembre : chaque semaine | Guetter les pucerons aux jeunes pousses, les points jaunes de l’araignée rouge dans les étés secs, et le feutrage blanc de l’oïdium dès les nuits fraîches d’août. Pris au début, rien de tout cela ne compromet la récolte. |
| Semis | De mi-mars à fin avril | Semer sous abri chauffé, en godet individuel, car la pastèque ne pardonne pas qu’on dérange ses racines au repiquage. Sans cette chaleur de départ, la levée traîne et le cycle ne tient plus dans un été français. |
| Mise en place des plants | De mi-mai à mi-juin | Mettre en place une fois toute gelée écartée et la terre réellement réchauffée, en comptant 1 m autour de chaque pied. Plantée trop tôt, la pastèque boude 3 semaines et ne rattrape jamais ce retard. |
| Paillage | En juin | Pailler dès que les tiges commencent à courir, pour garder la fraîcheur du sol et isoler les fruits de la terre humide. Une pastèque posée à même le sol pourrit par le dessous avant d’être mûre. |
| Pincement | De début juin à mi-juillet | Pincer la tige principale après cinq feuilles pour faire partir les rameaux, puis supprimer les nouaisons en trop. Un pied qui garde tout ce qu’il noue donne des fruits petits et fades. |
| Engrais liquide | De juin à juillet | Apporter un engrais de type tomate pendant la floraison et le grossissement, puis cesser tout apport. L’azote en excès fait des lianes magnifiques et des fruits sans goût. |
| Changement de rythme d'arrosage | En août | Réduire franchement l’eau quand les fruits ont cessé de grossir, sans laisser pour autant le feuillage se faner. C’est ce léger manque qui concentre les sucres et évite les fruits qui éclatent. |
| Fructification, récolte | D’août à septembre | Récolter quand la vrille la plus proche du fruit a séché et que la tache posée au sol vire au jaune crème. La pastèque ne mûrit plus une fois coupée : quelques jours d’erreur se paient en entier. |