Vivace · Astéracées
Coréopsis Coreopsis grandiflora
Aussi appelé : Coréopsis à grandes fleurs, Œil de jeune fille, Tickseed
Le coréopsis à grandes fleurs est une vivace des prairies du sud-est des États-Unis, qui couvre le massif de capitules jaune d’or de juin à début octobre. Il forme une touffe de 40 à 70 cm qui s’élargit lentement sans jamais envahir. Il fleurit d’autant mieux que la terre est maigre et drainée, en plein soleil, et se passe d’arrosage une fois installé. Il ne craint pas le froid mais l’eau stagnante en hiver, et ne vit que 2 à 4 ans en place : on le divise tous les 2 ans ou on le laisse se ressemer pour le garder.
- Type
- Vivace
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De juin à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4, la souche encaisse -25 à -30 °C en sol drainé. C’est l’humidité hivernale, jamais le froid, qui la fait disparaître.
Dimensions : 40 à 70 cm de haut pour 40 à 50 cm d’étalement, les formes naines restant vers 30 cm. La touffe s’élargit lentement et ne devient jamais envahissante.
Floraison : De juin à début octobre, avec une grosse vague jusqu’à mi-juillet, des capitules jaune d’or simples ou doubles, sans parfum notable.
Substrat : Sol ordinaire, plutôt pauvre, caillouteux ou sableux, parfaitement drainé, pH 6 à 7,5. Il fleurit nettement mieux en terre maigre qu’en terre grasse.
Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum. À mi-ombre, les tiges s’étirent, versent sur les voisines et la floraison se clairsème.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours en été la première année seulement, puis rien en dehors d’une sécheresse prolongée. Arroser abondamment et espacer vaut mieux qu’entretenir une humidité permanente, qui fait pourrir le collet.
Durée de vie : Vivace de courte vie, 2 à 4 ans en place ; divisée tous les 2 ans ou laissée se ressemer, la touffe se perpétue indéfiniment.
Multiplication : Division de la touffe en mars ou avril tous les 2 ans, ou semis en godets d’avril à début juin.
Arrosage & entretien
Arrosage : La première année, un arrosage copieux tous les 7 à 10 jours de juin à août, le temps que les racines s’enfoncent. Ensuite, rien : un coreopsis installé passe l’été sans eau, et l’excès lui est bien plus fatal que la soif.
Fertilisation : Une poignée de compost mûr griffée autour de la touffe en mars suffit pour toute l’année. Surtout pas d’engrais azoté, qui donne des tiges molles qui versent et très peu de fleurs.
Rempotage : En pleine terre, c’est la division tous les 2 ans en mars ou avril qui joue ce rôle : on jette le centre épuisé et on replante les éclats du pourtour. En pot, rempoter chaque printemps dans un terreau allégé d’un tiers de sable, sachant que la plante y tient rarement plus de deux saisons.
Taille : Couper les fleurs fanées tous les 3 à 7 jours de juin à octobre, c’est le geste décisif pour prolonger la floraison. Rabattre ensuite la touffe de moitié début août pour une seconde vague, puis laisser le feuillage en place l’hiver et nettoyer les tiges sèches en mars.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour, sans crainte de la chaleur ni de la réverbération d’un mur clair. Chaque heure de soleil en moins se paie en tiges étirées et en fleurs plus rares.
Emplacement : Extérieur toute l’année, sud ou sud-ouest, en bordure, en rocaille ou en premier rang de massif. Il tient très bien en pot sur un balcon exposé, à condition d’un contenant percé et d’un substrat drainant.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, même pauvre, allégée de sable ou de gravier. Éviter le terreau pur, qui retient trop l’eau, et la terre de bruyère, qui ne lui convient pas.
pH : De 6 à 7,5, avec une bonne tolérance au calcaire. Il n’est jamais sujet à la chlorose, même en terrain crayeux.
Drainage : C’est le point critique de l’espèce : en sol lourd, planter sur une butte ou incorporer 20 % de gravier à la terre de plantation. L’eau stagnante en hiver fait pourrir le collet, et c’est la première cause de disparition d’un coreopsis, loin devant le gel.
Multiplication
Division : en mars ou avril, dehors, sortir la souche à la fourche-bêche et jeter le centre épuisé. Séparer à la main ou au couteau les éclats périphériques bien enracinés et les replanter aussitôt à 40 cm d’écart. Arroser une fois pour tasser la terre. La division de la touffe en mars ou avril, tous les 2 ans, est la méthode la plus sûre et reproduit exactement les formes doubles ou naines. Elle réussit presque toujours et prolonge une vivace qui, sans elle, ne vit que 2 à 4 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible mais peu utile : en avril, prélever des pousses de la base de 5 à 8 cm et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous abri à l’ombre. Elles s’enracinent en 3 à 4 semaines.
Semis :
SemerD’avril à début juin, semer en godets sous abri ou dehors, les graines à peine recouvertes de 2 mm de terreau, à 18 à 20 °C, pour une levée en 1 à 2 semaines. Repiquer les plants en place à l’automne. Les graines reproduisent l’espèce simple, mais ni les formes doubles ni les naines.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le coréopsis se féconde mal lui-même. En août et septembre, couper les capitules fanés une fois secs et bruns, puis les égrener pour en tirer les petits akènes noirs. Il lui faut un autre pied fleuri à proximité et les insectes pour bien grainer. Au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans ; pour les formes doubles ou naines, les sachets du commerce sont plus sûrs.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium blanchit le feuillage en fin d’été sur les touffes serrées ou mal aérées ; espacer les plants et rabattre en août suffit le plus souvent. La pourriture du collet et des racines survient en sol humide l’hiver, se voit à une touffe qui noircit à la base et se détache à la main, et ne se traite pas : il faut replanter ailleurs, en terrain drainé. Des taches foliaires brunes apparaissent parfois après un été orageux, sans gravité.
Parasites fréquents : Les limaces et escargots rasent les jeunes pousses au départ de végétation, en avril, et peuvent faire croire à une plante morte en hiver. Les pucerons noirs se massent sous les boutons floraux et déforment les capitules, un jet d’eau en vient le plus souvent à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les cicadelles transmettent la phyllodie, qui verdit et déforme les fleurs de façon spectaculaire : il n’y a pas de remède, on arrache le pied atteint et on l’évacue en déchetterie, sans le composter ni le broyer en paillage.
Prévention : Espacer les plants d’une quarantaine de centimètres pour que l’air circule et que le feuillage sèche vite. Arroser au pied le matin, jamais sur le feuillage, et seulement quand c’est nécessaire. Pailler au gravier plutôt qu’au broyat, et surveiller les jeunes pousses de printemps, moment où tout se joue.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, feuilles et fleurs comprises. Le coreopsis ne figure dans aucune liste de plantes toxiques de référence, ce qui n’en fait pas pour autant une plante alimentaire.
Toxicité animaux : Sans danger connu pour les chiens, les chats et les chevaux, il est classé parmi les plantes non toxiques par les listes vétérinaires usuelles. Un animal qui en mangerait beaucoup n’aurait au pire qu’un trouble digestif d’encombrement.
Symptômes : Aucun symptôme n’est attendu après ingestion, tout au plus un vomissement isolé en cas de grande quantité. Par contact, de rares dermatites sont rapportées chez les personnes déjà sensibles aux Astéracées, comme le chrysanthème ou l’arnica.
Précautions : Aucune précaution particulière, c’est une vivace que l’on peut installer sans crainte dans un jardin d’enfants ou avec des animaux. Porter des gants si l’on est allergique aux Astéracées, et savoir que les pétales tachent les doigts en jaune, sans danger.
Associations de plantes
Bonnes associations : La sauge des bois (Salvia nemorosa) apporte le bleu violet qui fait vibrer le jaune d’or, avec les mêmes besoins de soleil et de sol drainé. Le gaura allège la masse de la touffe et prend le relais en août, juste quand on rabat le coreopsis. Une graminée légère comme Stipa tenuissima tient le massif pendant les 3 semaines de repousse et supporte la même sécheresse.
Associations à éviter : Hostas, astilbes et fougères réclament une ombre fraîche et un sol constamment humide, deux conditions qui font pourrir le collet du coreopsis. L’hortensia impose en plus un arrosage régulier tout l’été, incompatible avec un voisin qui ne veut plus d’eau. Les couvre-sol traçants comme la menthe ou la lysimaque envahissent la touffe en une saison et l’étouffent avant l’hiver.
Conseil : Planter par groupes de trois à cinq pieds à 40 cm les uns des autres plutôt qu’en sujet isolé, l’effet de masse étant tout l’intérêt de cette vivace. Et noter le rabattage de début août quelque part : c’est le geste que l’on oublie, et toute la différence entre un massif défleuri le 15 août et un massif en fleurs le 15 octobre.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe en pleine terre dans un massif ou une bordure, en plein soleil, sol ordinaire plutôt pauvre et surtout bien drainé en hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement tous les 7 à 10 jours de juin à août la première année, le temps que la racine s’enfonce. Ensuite le coreopsis se passe d’eau : un sol constamment humide le fait pourrir au collet bien plus sûrement qu’une sécheresse. |
| Fleurs fanées | De début juin à mi-octobre : tous les 3 à 7 jours | Couper les capitules fanés tous les 3 à 7 jours, tige comprise jusqu’à la première feuille. Laissés en place, ils montent en graines et la touffe cesse de fleurir en 3 semaines. |
| Inspection parasitaire | De début avril à mi-septembre : toutes les 1 à 2 semaines | Passer toutes les 1 à 2 semaines pendant la végétation, en commençant tôt : les jeunes pousses tendres du printemps sont dévorées par les limaces en une nuit. Plus tard, les pucerons se massent sous les boutons et l’oïdium blanchit les touffes trop serrées de fin d’été. |
| Compost, amendement | En mars | Griffer une poignée de compost mûr autour de la touffe en sortie d’hiver. Un sol riche ou un apport azoté donne des tiges molles qui versent, et nettement moins de fleurs. |
| Division de touffe | De mi-mars à fin avril, tous les 2 ans | Sortir la souche tous les 2 ans au printemps, jeter le centre épuisé et replanter les éclats périphériques bien enracinés. C’est la seule façon de garder durablement une vivace dont la vie naturelle est courte. |
| Semis | De début avril à mi-juin | Semer en godet d’avril à début juin et repiquer en place à l’automne pour renouveler le massif. Les semis spontanés au pied de la touffe se repiquent aussi bien, mais ne reproduisent ni les formes doubles ni les naines. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Un paillage minéral de 2 à 3 cm garde le collet au sec et renvoie la chaleur. Broyat et tonte, qui retiennent l’eau, favorisent au contraire la pourriture du collet en hiver. |
| Floraison | De début juin à mi-octobre | La grosse vague va de juin à la mi-juillet, puis la floraison se prolonge jusqu’aux premières gelées si les fleurs fanées sont coupées. Chaque capitule jaune d’or tient environ une semaine. |
| Rabattage | En août | Rabattre la touffe de moitié début août, quand la floraison s’essouffle et que le pied se dégarnit. Elle repart en 3 semaines et refleurit jusqu’en octobre. |
| Ramassage des feuilles mortes | De début octobre à mi-mars | Dégager à la main les feuilles tombées sur la rosette pendant l’hiver. Le coreopsis encaisse -25 °C sans broncher, mais un matelas détrempé posé sur son cœur le fait pourrir. |