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Arbre fruitier · Bétulacées

Noisetier Corylus avellana

Aussi appelé : Coudrier, Avelinier, Common hazel

Le noisetier est un arbuste caduc indigène de toute la France, cultivé pour ses noisettes et pour ses longs chatons jaunes qui pendent dès janvier, avant les feuilles. Conduit en cépée, il atteint 3 à 5 m de haut, jusqu’à 6 ou 7 m s’il n’est jamais rabattu, et commence à produire vers 4 ou 5 ans. Il aime une terre profonde, fraîche et riche en humus, calcaire compris, mais souffre d’un sol compacté ou gorgé d’eau l’hiver. Il fructifie nettement mieux au soleil, et son pollen très allergisant est à prendre en compte près de la maison.

Noisetier (Corylus avellana)
Photo : User:Kilom691, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Bétulacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
De janvier à mars
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 4 à 8, le bois supporte -25 à -30 °C sans dommage : c’est une essence indigène de toute la France. Seules les fleurs femelles, ouvertes en janvier, souffrent d’un coup de froid sous -10 °C, et c’est la récolte qui s’en ressent, pas l’arbuste.

Dimensions : 3 à 5 m de haut pour 3 à 4 m d’étalement en cépée entretenue, jusqu’à 6 ou 7 m s’il n’est jamais rabattu.

Floraison : De janvier à début mars, avant les feuilles : de longs chatons mâles jaunes pendants et de minuscules fleurs femelles en pinceau rouge, sans parfum. Le pollen est très allergisant.

Substrat : Terre profonde, fraîche et meuble, plutôt riche en humus. Il accepte le calcaire sans broncher, mais déteste les sols compactés et gorgés d’eau l’hiver.

Exposition : Soleil ou mi-ombre, les deux lui vont. La fructification, elle, est nettement plus abondante au soleil.

Arrosage : Aucun sur un sujet établi, sauf sécheresse de plus de 2 semaines entre juin et août, où 30 L d’un coup sous la couronne évitent les coques vides. Les trois premiers étés après plantation demandent en revanche un arrosage copieux tous les 10 jours.

Durée de vie : Vivace ligneuse, 50 à 80 ans pour une souche, davantage encore quand la cépée est rajeunie tige après tige. Il entre en production vers 4 ou 5 ans.

Multiplication : Marcottage par couchage d’une jeune tige en mars et avril, ou rejets de souche détachés en hiver avec leurs racines.

Arrosage & entretien

Arrosage : Rien de régulier sur un arbuste installé, mais 30 L d’un coup sous toute la couronne dès que la sécheresse dépasse 2 semaines en juin et juillet, quand l’amande se forme. Ses racines traçantes et superficielles souffrent vite, et un pied assoiffé en été donne des noisettes vides à la récolte.

Fertilisation : Deux ou trois seaux de compost étalés en couronne à la fin de l’hiver suffisent pour l’année. Éviter les engrais azotés, qui poussent le noisetier à faire du bois et des drageons plutôt que des fruits.

Rempotage : Ce n’est pas une plante de pot : ses racines traçantes et ses drageons y sont vite à l’étroit. On le plante en pleine terre de novembre à mars hors gel, dans un trou de 60 cm de côté, en étalant les racines et en arrosant copieusement même par temps humide.

Taille : À la fin de l’hiver seulement, entre la chute des chatons et le débourrement, autour de mars. Supprimer chaque année un tiers des plus vieilles tiges au ras du sol, garder six à dix charpentières, et arracher les drageons toute la belle saison.

Exposition & substrat

Exposition : Soleil ou mi-ombre, avec 4 à 6 heures directes au minimum pour bien fructifier. C’est une essence de lisière, elle supporte l’ombre d’un grand arbre mais n’y donne presque plus de noisettes.

Emplacement : Extérieur en permanence, en fond de jardin, en haie libre ou en bosquet, à 5 m au moins d’une maison ou d’une canalisation à cause des racines traçantes. Prévoir la place de deux pieds de variétés différentes, sans quoi la récolte reste symbolique.

Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche et meuble, enrichie de compost à la plantation. Les sols sableux très secs et les argiles compactes le rabougrissent également.

pH : 6 à 7,5, avec une réelle tolérance au calcaire jusqu’à 8.

Drainage : Il lui faut de la fraîcheur mais pas d’eau stagnante : un sol détrempé tout l’hiver asphyxie ses racines superficielles. Sur terrain lourd, planter sur une légère butte règle le problème une fois pour toutes.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : en mars ou avril, dehors, coucher une jeune tige souple de la cépée dans une rigole de 15 cm, la maintenir d’un crochet et recouvrir de terre en laissant sortir l’extrémité ; sevrer l’hiver suivant. Le marcottage par couchage en mars et avril est la multiplication traditionnelle du noisetier : il réussit presque toujours et conserve la variété. La marcotte est sevrée l’hiver suivant et produit vers 3 ou 4 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Il réussit mal. Pour essayer, prélever en juin des pousses semi-aoûtées de 10 à 15 cm, les piquer dans un mélange de terreau et de sable sous abri, à l’étouffée et à l’ombre, avec une hormone de bouturage facultative ; l’enracinement, quand il se fait, demande 8 à 10 semaines.

Semis :

SemerSemer les noisettes fraîches en octobre, dehors en pleine terre, à 5 cm de profondeur, à l’abri des rongeurs sous un grillage ; l’hiver fait le passage au froid et la levée a lieu au printemps. Les graines ne reproduisent pas la variété : les plants donnent des noisettes souvent petites.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le noisetier ne se féconde pas lui-même. Les noisettes sont mûres en septembre et octobre, quand leur enveloppe brunit et qu’elles tombent d’elles-mêmes ; on les sème fraîches, car une noisette desséchée ne germe plus. Un pied isolé ne donne presque rien, il lui faut un autre noisetier, d’une autre variété, à moins de 20 m, son pollen voyageant par le vent en hiver.

Division et autres méthodes : Les rejets de souche se détachent en hiver à la bêche avec leurs racines et se replantent aussitôt.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium blanchit le revers des feuilles en fin d’été sans jamais compromettre l’arbuste, et ne justifie aucun traitement. Le chancre bactérien, Xanthomonas arboricola pv. corylina, creuse des plages brunes déprimées sur les jeunes rameaux qui se dessèchent d’un coup : on coupe largement en dessous et on désinfecte l’outil. La moniliose brunit parfois les fruits en année très pluvieuse.

Parasites fréquents : Le balanin des noisettes, petit charançon à long rostre, pond dans le fruit vert : la noisette tombe percée d’un trou rond parfaitement net et l’amande est dévorée. Le phytopte, un acarien microscopique, transforme les bourgeons en grosses boules rondes et stériles qu’il faut couper et brûler en hiver. Les punaises vertes piquent les jeunes fruits et donnent des amandes avortées ou amères.

Prévention : Ramasser chaque semaine les noisettes tombées prématurément en juin et juillet, et les détruire sans les composter, casse le cycle du balanin mieux que n’importe quel traitement. Aérer la cépée à la taille de fin d’hiver pour que le feuillage sèche vite, et laisser des poules ou un sol travaillé sous la couronne, les larves passant l’hiver dans les premiers centimètres de terre.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue. Le fruit est un aliment courant, les feuilles et l’écorce entrent dans des tisanes traditionnelles, et le bois sert en vannerie. Le seul vrai risque est allergique : la noisette est un allergène alimentaire majeur, et le pollen, émis dès janvier, déclenche des rhinites chez les personnes sensibles aux pollens d’arbres.

Toxicité animaux : Ni les feuilles, ni les rameaux, ni l’écorce ne sont toxiques pour le chien, le chat, le cheval ou les herbivores, qui broutent d’ailleurs volontiers les jeunes pousses. Les noisettes elles-mêmes ne sont pas toxiques, mais elles sont très grasses et leur coque dure peut provoquer occlusion ou étouffement chez un petit chien.

Symptômes : Chez une personne allergique, picotement et gonflement des lèvres, urticaire, jusqu’à la réaction sévère. Chez le chien, vomissements et diarrhée après un excès de fruits gras, et surtout tremblements puis convulsions dans les 12 heures s’il a avalé des noisettes moisies, qui portent des mycotoxines neurotoxiques.

Précautions : Ramasser les noisettes tombées si un chien a accès au jardin, et ne jamais laisser au sol un tapis de fruits moisis après l’automne. Les personnes allergiques aux pollens d’arbres éviteront de tailler l’arbuste en janvier et février, en pleine émission.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les bulbes et vivaces de sous-bois, jacinthe des bois, ail des ours, primevère et anémone sylvie, qui profitent de la lumière avant que le noisetier ne feuille. La consoude plantée au pied, dont les feuilles coupées deux fois l’été font un paillage riche en potasse, exactement ce dont la fructification a besoin. Le groseillier à maquereau et le cassissier, qui se plaisent à la mi-ombre de sa couronne.

Associations à éviter : Le potager et les massifs de fleurs annuelles, qui perdent la partie contre des racines traçantes et des drageons qui ressortent au milieu des rangs. Les plantes de plein soleil et de sol sec, lavande, romarin ou gaura, condamnées à l’ombre en quelques années. Et les arbres à enracinement également superficiel plantés trop près, bouleau ou érable, avec lesquels la concurrence pour l’eau de juin se solde par des coques vides des deux côtés.

Conseil : Plantez toujours deux noisetiers de variétés différentes à moins de 20 m l’un de l’autre, par exemple 'Fertile de Coutard' et 'Merveille de Bollwiller', ou gardez un noisetier commun de haie à proximité. Le pollen voyage par le vent et la plupart des variétés ne se fécondent pas elles-mêmes : c’est la première raison d’un arbuste magnifique qui ne donne rien.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet planté en pleine terre au jardin, conduit en cépée et non en haie taillée, dans une terre profonde et fraîche, au soleil ou à mi-ombre.

GesteQuandComment
FloraisonUtile De début janvier à mi-mars Les chatons jaunes s’allongent et libèrent leur pollen en plein hiver, bien avant les feuilles, tandis que les fleurs femelles se réduisent à un minuscule pinceau rouge sur un bourgeon. Les deux sexes sont sur le même pied mais rarement compatibles entre eux, ce qui rend un second noisetier d’une autre variété nécessaire pour récolter.chatons mâles pendants et fleurs femelles rouges de 3 mm
Taille de structureEssentiel De mi-février à fin mars Supprimer chaque année un tiers des plus vieilles tiges au ras du sol et garder six à dix charpentières bien réparties, en aérant le centre de la cépée. Tailler plus tôt reviendrait à couper les chatons en pleine pollinisation, et donc la récolte.après la chute des chatons, avant le débourrement
Compost, amendementUtile De mi-février à fin mars Épandre le compost en couronne sous le feuillage plutôt qu’au pied du tronc, là où se trouvent les racines nourricières. Éviter les engrais riches en azote pur, qui font du bois et des drageons au détriment des noisettes.deux ou trois seaux étalés sous la couronne, sans enfouir
MarcottageOptionnel De mars à avril Coucher une jeune tige souple dans une rigole de 15 cm, la maintenir avec un crochet et recouvrir de terre en laissant sortir l’extrémité. C’est la multiplication traditionnelle du noisetier, bien plus sûre que le bouturage, et elle conserve la variété.marcotte couchée, sevrée l’hiver suivant
PaillageUtile De début avril à mi-mai Pailler largement sous la couronne sur un sol déjà réchauffé et humide, car le noisetier a des racines traçantes et superficielles qui souffrent vite de la sécheresse. Laisser un cercle nu de 20 cm autour des tiges pour ne pas étouffer le collet.10 cm de broyat, dégagé du tronc
Gourmands et rejetsEssentiel D’avril à septembre Supprimer les drageons dès qu’ils sortent de terre, en tirant d’un coup sec plutôt qu’en coupant, car une coupe nette en fait repartir deux. Sans ce geste répété, le noisetier devient en 3 ou 4 ans un fourré impénétrable qui ne fructifie plus.drageons arrachés au talon plutôt que coupés
Inspection parasitaireEssentiel De mi-mai à fin juillet Chaque noisette percée qui tombe en juin ou juillet contient la larve du balanin, qui s’enfonce ensuite dans le sol pour ressortir l’année suivante. Les ramasser chaque semaine et les détruire, sans les mettre au compost, est le seul moyen efficace de faire baisser la population.ramasser et détruire les noisettes tombées avant maturité
ArrosageUtile De juin à aoûtDès que : plus de 2 semaines sans pluie pendant le grossissement des fruits, ou l’un des trois premiers étés après la plantation Un noisetier établi se passe d’arrosage, sauf en cas de sécheresse prolongée de juin à août : c’est précisément le moment où l’amande se forme, et un stress hydrique donne des coques vides. Arroser abondamment et rarement, sous toute la couronne et non au pied.30 L d’un coup, sous la couronne
Fructification, récolteUtile De mi-août à fin septembre Récolter quand la collerette de feuilles vire au jaune et que le fruit se détache tout seul, en secouant les branches et en ramassant au sol. Faire sécher les noisettes 2 à 3 semaines à plat, dans un endroit aéré, avant de les stocker, sinon elles moisissent.récolte quand l’involucre jaunit et libère la noisette