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Arbuste · Anacardiacées

Arbre à perruques Cotinus coggygria

Aussi appelé : Fustet, Sumac des teinturiers, Arbre à fumée, Smoke bush

L’arbre à perruques est un arbuste caduc d’Europe du Sud et d’Asie, cultivé pour les plumets vaporeux rose fumé à pourpre qui succèdent tout l’été à ses fleurs insignifiantes, puis pour son feuillage qui s’embrase en octobre. Il atteint 3 à 5 m en tous sens, autour de 1,50 m s’il est rabattu tous les 3 ans. Il réclame le plein soleil et un sol pauvre, caillouteux et sec, même très calcaire : en terre riche, il donne peu de plumets et des couleurs ternes. Sa principale menace est la verticilliose, qui peut l’emporter en une saison.

Arbre à perruques (Cotinus coggygria)
Photo : Moreau.henri, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Anacardiacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
De mai à juin
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 5, soit environ -25 °C, ce qui le met à l’abri partout en France métropolitaine. Une gelée tardive peut brûler les jeunes pousses sans conséquence pour l’arbuste.

Dimensions : 3 à 5 m en tous sens, jusqu’à 6 m sur un vieux sujet libre. Rabattu tous les 3 ans, il se tient autour de 1,50 m.

Floraison : De fin mai à fin juin, des fleurs jaune verdâtre insignifiantes et sans parfum ; ce sont les plumets vaporeux rose fumé à pourpre qui leur succèdent, tout l’été, qui font le décor.

Substrat : Sol pauvre, caillouteux, sec, y compris franchement calcaire. pH 6,5 à 8 ; une terre riche donne un bois tendre, peu de plumeaux et des couleurs d’automne ternes.

Exposition : Plein soleil, sans négociation possible. À mi-ombre, les cultivars pourpres virent au vert bronze et l’embrasement d’octobre ne vient pas.

Arrosage : Tous les 12 à 15 jours au printemps et tous les 8 à 10 jours en juillet et août, pendant les deux premières années seulement. Ensuite plus rien, hors canicule prolongée.

Durée de vie : Arbuste caduc vivace, 30 à 50 ans, à condition d’échapper à la verticilliose qui peut l’emporter en une saison.

Multiplication : Marcottage par couchage d’une branche basse en avril et mai, enracinée à l’automne ; les boutures pourrissent le plus souvent.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 12 à 15 jours en mai et juin, tous les 8 à 10 jours en juillet et août, et uniquement le temps de l’installation. Copieux et espacé : l’eau doit descendre profond, puis le sol doit sécher franchement entre deux apports.

Fertilisation : Aucune, ou presque. Une pelletée de compost mûr tous les 2 ou 3 ans suffit, l’azote ne lui apporte que du feuillage vert au détriment de la couleur.

Rempotage : En bac, tous les 2 ou 3 ans en fin d’hiver, dans un mélange très drainant. Comptez 50 cm de côté au minimum, il souffre vite dans un pot trop juste.

Taille : En février et mars uniquement, avant le départ de la sève. Deux écoles : éclaircir légèrement pour garder les perruques, ou rabattre à deux ou trois yeux tous les 3 ans pour des feuilles deux fois plus grandes, en renonçant à la floraison de l’année.

Exposition & substrat

Exposition : 6 heures de soleil direct au minimum. C’est la lumière crue qui fixe le pourpre du feuillage et les rouges d’octobre, rien ne la remplace.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en isolé sur une pelouse ou en fond de massif sec. Sud ou ouest, à l’abri des vents froids qui dessèchent les jeunes pousses.

Substrat : Pauvre et minéral. En terre lourde, plantez sur une butte avec un tiers de terre de jardin pour deux tiers de gravier ou de sable grossier.

pH : 6,5 à 8, il pousse volontiers en terrain calcaire.

Drainage : Impératif, c’est le point qui décide de tout. L’eau stagnante en hiver est sa première cause de mort et ouvre la porte à la verticilliose, qui entre par les racines.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : en avril ou mai, dehors, coucher une branche basse dans une rigole de 10 cm, entailler légèrement l’écorce au point enterré et la maintenir par un crochet sous la terre, en laissant sortir l’extrémité. Garder la terre fraîche l’été, puis sevrer la marcotte à l’automne ou au printemps suivant. Le marcottage par couchage en avril et mai est la méthode la plus sûre : la branche est enracinée à l’automne suivant, là où les boutures pourrissent le plus souvent. C’est aussi la méthode qui reproduit fidèlement les cultivars à feuillage pourpre ou doré.

Les autres méthodes

Bouturage : Il réussit mal. Pour essayer, prélever en juin des pousses tendres de 10 cm, les piquer dans un mélange de terreau et de perlite sous abri, à l’étouffée et à l’ombre, avec une hormone de bouturage facultative ; aérer souvent, car elles pourrissent facilement, et compter 6 à 8 semaines.

Semis :

SemerLes graines fertiles sont rares. À l’automne, les semer dehors en terrine, couvertes de 5 mm, après un trempage de 24 h ; l’hiver assure le passage au froid et la levée a lieu au printemps. Les semis donnent des plants verts, qui ne reproduisent pas les cultivars colorés.

Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : ses pieds sont surtout mâles ou surtout femelles. Les petits fruits secs se forment au cœur des plumets et se récoltent en septembre et octobre, quand ils brunissent ; beaucoup sont vides. Un sujet isolé, ou un cultivar pourpre, en donne rarement de fertiles, et il faut plusieurs pieds proches visités par les insectes. Les graines se sèment l’automne même de la récolte.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La verticilliose éclipse tout le reste : un rameau, puis une branche entière se dessèchent d’un seul côté en plein été, et il n’existe aucun traitement. Coupez largement sous la zone atteinte, évacuez les rameaux en déchetterie, sans les composter ni les broyer en paillage, et désinfectez les lames. Oïdium et rouille restent anecdotiques sur un sujet bien placé.

Parasites fréquents : Peu de chose, quelques pucerons au printemps sur les jeunes pousses. Des cochenilles apparaissent parfois sur un sujet affaibli par un sol trop humide. Un jet d’eau sur les pucerons et un coton imbibé d’alcool sur les cochenilles suffisent le plus souvent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Prévention : Ne le plantez jamais en sol lourd et humide, où la verticilliose s’installe. Désinfectez le sécateur à l’alcool entre deux arbustes. Évitez de blesser le tronc à la tondeuse ou au rotofil, chaque plaie est une porte d’entrée.

Toxicité

Toxicité humaine : Faible par ingestion, mais l’arbre à perruque appartient aux Anacardiacées, la famille du sumac et du manguier. Sa sève contient des composés apparentés à l’urushiol, qui déclenchent des dermatites de contact chez les personnes sensibles.

Toxicité animaux : Peu toxique pour le chien et le chat, avec au pire des troubles digestifs bénins si des feuilles ou de l’écorce sont mâchonnées. Le contact répété avec la sève fraîche peut en revanche irriter la peau ou le museau.

Symptômes : Rougeur, démangeaison et petites vésicules sur les avant-bras, dans les heures ou les jours qui suivent une taille à mains nues. Par ingestion, nausées et diarrhée passagères.

Précautions : Taillez avec des gants et des manches longues, et savonnez la peau aussitôt après. Ne brûlez pas les rameaux frais à proximité, la fumée des Anacardiacées irrite les voies respiratoires.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les graminées blondes, stipa ou miscanthus, dont la légèreté prolonge celle des plumeaux. Lavande, perovskia et caryoptéris, qui réclament exactement le même sol pauvre et sec et fleurissent au moment où la perruque se forme. Un fond de feuillage vert sombre, if ou laurier-tin, contre lequel le pourpre se détache au lieu de s’éteindre.

Associations à éviter : Hortensias, hostas et fougères, qui exigent une terre fraîche toute la saison et condamnent le cotinus à l’asphyxie. Les vivaces gourmandes en engrais, qui verdissent son feuillage. Et surtout, l’emplacement où un érable ou un catalpa est mort de verticilliose : le champignon reste des années dans le sol.

Conseil : Placez-le de manière à l’avoir entre vous et le soleil couchant. Les plumeaux ne prennent leur relief qu’à contre-jour, et c’est à ce moment précis qu’on comprend son nom.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste planté en pleine terre, en isolé ou en fond de massif sec, au plein soleil, dans un sol pauvre et caillouteux parfaitement drainé, même calcaire.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De mai à juin : tous les 12 à 15 jours ; de juillet à août : tous les 8 à 10 jours Arrosez copieusement mais rarement pendant l’installation ; passé 2 ans, l’arbre à perruque se passe d’arrosage et un sol maintenu humide lui coûte plus cher que la sécheresse.les deux premières années seulement
Désinfection des outilsEssentiel De janvier à décembreDès que : avant et après chaque taille, et entre deux arbustes La verticilliose, principale ennemie de cette espèce, voyage sur le sécateur : un passage à l’alcool entre deux sujets coûte dix secondes et évite de contaminer tout un massif.alcool à 70 degrés sur les lames
Taille de structureUtile De mi-février à fin mars Éclaircissez la silhouette à la fin de l’hiver, quand les bourgeons dorment encore : taillé en sève, le cotinus pleure et cicatrise mal.avant le débourrement, jamais en pleine sève
RabattageOptionnel En mars, tous les 3 ans Un rabattage sévère tous les 3 ans donne des feuilles deux fois plus grandes et un pourpre plus franc, mais la perruque ne se forme que sur le bois de l’année précédente et disparaît cette saison-là.à deux ou trois yeux, on renonce aux plumeaux de l’année
Bois mort et feuilles abîméesEssentiel De mars à avril Coupez au ras les branches mortes au redémarrage : chez le cotinus, un rameau qui sèche seul trahit souvent la verticilliose, et l’enlever tôt ralentit sa progression.rameaux desséchés d’un seul côté, signe possible de verticilliose
PaillageOptionnel En avril Un lit de graviers ou d’ardoise garde le pied frais sans l’humidifier, là où un paillis organique épais entretient l’asphyxie racinaire qu’il redoute.paillis minéral plutôt qu’organique
MarcottageOptionnel D’avril à mai Couchez une branche basse dans une rigole et maintenez-la enterrée par un crochet : elle sera enracinée l’automne suivant, là où les boutures de cotinus pourrissent le plus souvent.le bouturage réussit mal, le marcottage presque toujours
FloraisonOptionnel De mi-mai à fin juin Les vraies fleurs sont insignifiantes et passent inaperçues ; elles ne sont que le point de départ de ce qui fera la perruque.panicules de fleurs minuscules et verdâtres
Fructification, récolteUtile De juillet à septembre La perruque n’est pas une floraison mais l’allongement poilu des pédicelles après la fleur, et elle tient d’autant mieux que l’été reste sec ; c’est la raison de ne pas tailler entre juin et septembre.les plumeaux sont les pédicelles duveteux des fleurs stériles