Succulente · Crassulacées
Oreille de cochon Cotyledon orbiculata
Aussi appelé : Cotylédon, Pig’s ear
L’oreille de cochon est une succulente d’Afrique du Sud aux feuilles charnues couvertes d’une pruine bleutée et bordées d’un liseré rouge. En pot, elle forme une touffe de 40 à 80 cm de haut, surmontée en été de hampes de clochettes orange corail. Elle demande surtout du plein soleil, un substrat très sableux et des arrosages espacés, une fois la motte sèche à cœur. Le froid humide la fait pourrir bien avant le gel, et toute la plante est toxique, à tenir hors de portée des animaux.
- Type
- Succulente
- Famille
- Crassulacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -2 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 9b à 11. Elle encaisse de courtes pointes à -2 °C si le substrat est parfaitement sec, mais le froid humide la fait pourrir bien avant que le gel ne la brûle.
Dimensions : 40 à 80 cm de haut pour 50 à 80 cm d’étalement, plus les hampes florales qui montent à 60 cm au-dessus du feuillage en été.
Floraison : En été, de juin à août, des clochettes pendantes orange à rouge corail au bout de hampes dressées, sans parfum. Toute la plante est toxique, pour les animaux comme pour l’homme.
Substrat : Moitié terreau, moitié sable grossier ou pouzzolane, pH 6 à 7,5. Une poignée de gravier en surface garde le collet au sec.
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. C’est lui qui épaissit la pruine bleutée et dessine le liseré rouge du bord des feuilles.
Arrosage : Tous les 10 à 15 jours d’avril à septembre, une fois la motte sèche à cœur, et une fois toutes les 5 à 6 semaines en hivernage.
Durée de vie : Vivace succulente de longue vie, 10 à 20 ans en pot, qui se renouvelle facilement par bouture de feuille ou de tige.
Multiplication : Bouturage de tiges de mai à août, séchées 5 à 7 jours avant d’être piquées dans un mélange sableux, avec des gants.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieux mais espacé, tous les 10 à 15 jours en saison, toutes les 3 à 4 semaines en mars et en octobre, toutes les 5 à 6 semaines de novembre à février. Arrosez au pied jusqu’à écoulement, jamais sur les feuilles, car l’eau efface la pruine et marque le limbe.
Fertilisation : Engrais pour cactées pauvre en azote, dilué de moitié, une fois par mois de mai à août seulement. Rien le reste de l’année, un excès d’azote donne des feuilles molles qui se couchent.
Rempotage : Tous les 2 à 3 ans, au printemps, dans un pot en terre cuite à peine plus large et un mélange très drainant. N’arrosez pas pendant la semaine qui suit, le temps que les racines blessées cicatrisent.
Taille : Aucune taille de formation, seulement la hampe florale à couper à la base quand elle a bruni, en août ou septembre. Supprimez aussi les feuilles sèches du bas, qui abritent les cochenilles.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour. Dans le Midi, une ombre légère aux heures les plus chaudes de juillet évite les taches brunes sur les feuilles les plus exposées.
Emplacement : Dehors de la mi-avril à octobre, plein sud sur une terrasse ou un rebord. Hivernage sous abri clair et hors gel, véranda ou pièce non chauffée à 5 ou 12 °C, jamais dans un salon chauffé.
Substrat : Moitié terreau ordinaire, moitié sable grossier, pouzzolane ou pumice. Le mélange doit s’égoutter en quelques secondes quand on l’arrose.
pH : 6 à 7,5, du légèrement acide au légèrement calcaire, fourchette large et peu contraignante.
Drainage : C’est le point qui décide de tout. Pot percé, terre cuite de préférence, soucoupe vidée aussitôt, et pot à l’abri quand la pluie dure plus de 2 jours, car l’eau piégée au cœur de la rosette fait pourrir la plante.
Multiplication
Bouturage : de mai à août, couper des tiges de 8 à 10 cm, retirer les feuilles du bas et laisser sécher la coupe 5 à 7 jours à l’ombre. Les piquer dans un mélange moitié terreau, moitié sable, à peine humide, sous abri ou à l’intérieur, à la lumière sans soleil direct : elles s’enracinent en 3 à 5 semaines, sans arrosage avant. Une feuille entière, détachée avec sa base et posée sur le substrat, peut aussi s’enraciner, mais réussit moins souvent. Le bouturage de tiges de mai à août est la méthode la plus sûre et réussit presque toujours. Porter des gants : toute la plante est toxique.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPossible au printemps, à l’intérieur : laisser les graines fines en surface d’un substrat sableux, à la lumière, vers 20 °C, pour une levée en 2 à 3 semaines. Les graines sont rares et les plants varient un peu dans la couleur et la forme des feuilles.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : sorti dehors l’été, il est fécondé par les insectes. En culture, les fleurs nouent rarement : il faut des insectes pour qu’elles forment de petites capsules sèches à récolter en septembre, avec des gants. Les graines, aussi fines que de la poussière, se gardent un an au sec et au frais. Le bouturage reste bien plus sûr.
Division et autres méthodes : Les vieux pieds émettent parfois des ramifications à la base : de mai à août, les détacher au couteau, laisser sécher la plaie quelques jours et les rempoter comme une bouture.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines est pratiquement la seule, et elle vient toujours d’un excès d’eau ou d’un substrat trop fin. Le pied devient mou et brunit à la base : il faut dépoter, couper au propre au-dessus de la zone saine et laisser sécher 3 jours avant de rempoter. Des taches noires molles sur les feuilles après un épisode pluvieux relèvent de la même cause.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses dominent, en amas blancs cotonneux à l’aisselle des feuilles et au collet, surtout pendant l’hivernage. Les cochenilles des racines, plus sournoises, se découvrent au rempotage sous forme d’un feutrage blanc sur la motte. Tamponnez à l’alcool à 70° au coton-tige et rincez la motte à l’eau tiède en cas d’attaque racinaire.
Prévention : Hivernez au frais, au sec et à la lumière, ce qui limite à la fois la pourriture et les cochenilles. Inspectez le collet toutes les 2 à 4 semaines en hiver, toutes les 4 à 6 semaines en saison. Ne brumisez jamais et n’essuyez pas les feuilles, la pruine est une protection naturelle.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion : ses feuilles contiennent des bufadiénolides cardiotoxiques, dont les orbicusides. En Afrique du Sud, le suc est utilisé en application locale sur les cors et les verrues, mais rien de cette plante ne doit être avalé.
Toxicité animaux : Nettement toxique pour les animaux, du chien et du chat au mouton, à la chèvre et à la volaille. Chez les petits ruminants, l’ingestion répétée provoque la krimpsiekte, une intoxication cumulative bien décrite et souvent mortelle.
Symptômes : Par ingestion, salivation, vomissements, douleurs digestives, faiblesse musculaire puis troubles du rythme cardiaque, les toxines s’accumulant d’un repas à l’autre. Par contact, le suc peut irriter une peau sensible ou les yeux si on se frotte le visage après une bouture.
Précautions : Tenez les feuilles hors de portée des animaux qui mâchonnent, et lavez-vous les mains après bouturage ou rempotage. En cas d’ingestion par un enfant ou un animal, appelez sans attendre le centre antipoison ou le vétérinaire en nommant la plante.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’echeveria, qui partage exactement le même mélange drainant et le même arrosage espacé, avec un port en rosette qui contraste avec les feuilles dressées. Le sedum palmeri ou le delosperma, plus rustiques, qui garnissent le pied d’une potée au soleil. Le senecio serpens enfin, dont le bleu répond à la pruine du cotyledon dans une même vasque.
Associations à éviter : Les fougères, impatiens et autres plantes d’ombre à motte fraîche, dont le rythme d’arrosage ferait pourrir le cotyledon en une saison. Les couvre-sols denses au pied du pot, qui retiennent l’humidité contre le collet. Et l’hortensia ou l’azalée, qui réclament un substrat acide et constamment humide, tout le contraire d’ici.
Conseil : Composez la potée avec des plantes de même rythme plutôt que de même allure, et paillez la surface de gravier ou de pouzzolane. Le collet reste sec après chaque arrosage, et le gris minéral met en valeur la pruine bleutée et le liseré rouge des feuilles.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet cultivé en pot dans un mélange très drainant : dehors au soleil de la mi-avril à octobre, hivernage sous abri clair et hors gel, autour de 5 à 12 °C, au sec.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 10 à 15 jours ; en octobre : toutes les 3 à 4 semaines ; de novembre à février : toutes les 5 à 6 semaines ; en mars : toutes les 3 à 4 semaines | Attendre que la motte soit sèche à cœur, puis arroser abondamment en une fois plutôt qu’un peu souvent. L’eau qui reste sur les feuilles efface la pruine bleutée et marque définitivement le limbe. |
| Inspection parasitaire | De novembre à mars : toutes les 2 à 4 semaines ; d’avril à octobre : toutes les 4 à 6 semaines | Écarter les feuilles du bas et regarder le collet, surtout pendant l’hivernage où les amas blancs prospèrent à l’abri. Tamponner à l’alcool à 70° au coton-tige, sans asperger le feuillage. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider immédiatement, en toute saison. Chez une succulente, une soucoupe pleine pendant 2 jours suffit à faire noircir le collet, et la pourriture remonte sans prévenir. |
| Mise à l'abri de la pluie | De janvier à décembre | Glisser le pot à l’abri quand la pluie s’installe, surtout en août et en septembre. L’eau retenue entre les feuilles charnues fait pourrir le cœur de la rosette plus sûrement que dix arrosages. |
| Rempotage | De mi-mars à fin avril, tous les 2 ans | Rempoter tous les 2 à 3 ans au printemps, dans un mélange moitié terreau moitié pouzzolane ou sable grossier, sans arroser pendant la semaine qui suit. La croissance est lente et un pot trop grand garde une humidité que les racines ne consomment pas. |
| Acclimatation à la lumière | De mi-avril à mi-mai | Réhabituer la plante au soleil par paliers à la sortie d’hivernage, à l’ombre légère puis au soleil du matin. Un passage direct du derrière de vitre au plein soleil de mai brûle les feuilles en taches brunes irréversibles. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à fin mai | Sortir dès la mi-avril au Sud, après les Saints de glace au Nord et en altitude. C’est le plein air et l’écart de température entre le jour et la nuit qui donnent la pruine bleutée et le liseré rouge. |
| Engrais liquide | De mai à août | Apporter l’engrais sur substrat déjà humide, une fois par mois seulement. Trop d’azote gonfle des feuilles molles et vert clair qui perdent leur pruine et se couchent. |
| Fleurs fanées | D’août à septembre | Couper la haute hampe portant les clochettes orangées quand elle brunit complètement. Laissée en place, elle épuise la rosette et se casse en travers du feuillage. |
| Rentrée à l'automne | En octobre | Rentrer courant octobre, en devançant les longues pluies froides. C’est le froid humide qui tue cette plante, bien avant la gelée elle-même. |
| Repos sec | De novembre à février | Installer la plante au frais et au sec derrière une vitre, véranda ou pièce non chauffée. Un hiver tiède et arrosé donne des tiges étirées et pâles qui ne redeviendront jamais compactes. |