Arbuste · Rosacées
Aubépine Crataegus monogyna
Aussi appelé : Aubépine monogyne, Aubépine à un style, Épine blanche, Noble épine, Épine de mai, Bois de mai, Hawthorn
L’aubépine à un style est un arbuste épineux de la flore française, présent jusqu’à 1 500 m d’altitude, qui se couvre de fin avril à fin mai de fleurs blanches au parfum puissant, très mellifères. Libre, elle atteint 4 à 8 m ; conduite en haie, elle se tient entre 1,5 et 3 m. Elle ne demande qu’un sol qui ressuie, même calcaire ou caillouteux, et deux étés d’arrosage après la plantation. Elle convient aux haies champêtres et aux jardins secs ; à la mi-ombre, elle fleurit nettement moins.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4, l’aubépine à un style supporte -30 °C sans la moindre protection. C’est l’un des arbustes les plus rustiques de la flore française, présent jusqu’à 1 500 m d’altitude.
Dimensions : 4 à 8 m de haut et 4 à 6 m d’étalement en sujet libre ; conduite en haie, elle se tient entre 1,5 et 3 m. Croissance moyenne, 30 à 40 cm par an.
Floraison : De fin avril à fin mai, l’arbuste se couvre de corymbes de fleurs blanches au parfum puissant, un peu âcre, très mellifères.
Substrat : Tout sol ordinaire, même caillouteux, argileux ou franchement calcaire, pourvu qu’il ressuie ; pH idéal entre 6,5 et 8.
Exposition : Plein soleil de préférence, mi-ombre acceptée au prix d’une floraison nettement plus légère.
Arrosage : Tous les 10 à 15 jours de mai à septembre les deux premières années, 10 à 15 L à chaque fois. Ensuite plus rien : elle passe les étés secs seule.
Durée de vie : Vivace ligneuse très longévive, 100 à 300 ans couramment, quelques sujets remarquables dépassant cinq siècles.
Multiplication : Semis des noyaux dépulpés de fin septembre à début novembre, en terrine dehors, pour une levée 18 mois plus tard.
Arrosage & entretien
Arrosage : De mai à septembre, 10 à 15 L tous les 10 à 15 jours pendant les deux premières années, en trempant la motte entière. Passé ce délai, elle ne demande plus rien, même en été sec.
Fertilisation : Presque inutile, l’aubépine poussant spontanément sur les sols pauvres. Une poignée de compost au printemps les deux premières années suffit : un excès d’azote produit des pousses tendres où le feu bactérien s’installe.
Rempotage : Ce n’est pas une plante de pot ; en bac de formation, rempoter tous les 2 à 3 ans en fin d’hiver. En pleine terre, la transplantation devient hasardeuse passé 4 ou 5 ans, la racine pivotante descendant loin.
Taille : En haie, tailler d’octobre à la mi-mars, hors de la nidification des oiseaux qui court de la mi-mars à la fin d’août. Le bois mort se retire en hiver, par temps sec et froid, avec un outil désinfecté.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures et plus : floraison et fructification en dépendent directement. À mi-ombre elle vit très bien mais fleurit environ deux fois moins.
Emplacement : Extérieur strictement, en haie champêtre, en isolé ou en lisière ; toutes les orientations conviennent, y compris les plus ventées et les bords de mer abrités.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, argilo-calcaire de préférence ; elle prospère là où beaucoup d’arbustes renoncent, sur des sols maigres et compacts.
pH : De 6,5 à 8, l’optimum se situant en terrain franchement calcaire.
Drainage : Un drainage ordinaire suffit, mais un sol gorgé d’eau tout l’hiver fait dépérir les racines. Un sol lourd qui ressuie au printemps ne la gêne pas.
Multiplication
Semis : dépulper les fruits, puis semer les noyaux de fin septembre à début novembre dans une terrine de terreau et de sable, couverts de 1 cm, enterrée dehors au nord. Ils réclament une longue stratification froide et lèvent au plus tôt au printemps suivant, souvent seulement au second ; garder la terrine fraîche entre-temps. Les graines reproduisent fidèlement l’espèce. Le semis des noyaux dès la récolte, de fin septembre à début novembre, dehors en terrine, est la méthode de l’espèce, avec une bonne réussite si l’on accepte d’attendre 18 mois. Porter des gants : les rameaux sont très épineux.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : l’aubépine se féconde mal elle-même, les abeilles portent le pollen entre pieds. Les cenelles se cueillent rouge sombre de fin septembre à début novembre, avec des gants à cause des épines. Une haie de plusieurs pieds en porte bien davantage qu’un sujet isolé. Les noyaux ne se conservent pas au sec : séchés, ils lèvent encore plus tard, d’où le semis dès la récolte.
Les autres méthodes
Bouturage : Il réussit mal et ne vaut pas la peine pour un amateur.
Division et autres méthodes : Les formes ornementales à fleurs doubles ou roses se greffent en écusson en août sur un jeune semis d’aubépine. Une branche basse, couchée en terre au printemps et maintenue par un crochet, s’enracine aussi en un an.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le feu bactérien est le vrai danger : rameaux brusquement noircis et recourbés en crosse, avec un exsudat gluant par temps chaud et humide. Il n’existe aucun traitement : couper 50 cm sous la zone atteinte, brûler, désinfecter l’outil, et signaler le foyer à la FREDON de la région. L’entomosporiose, taches brunes sur les feuilles d’été, et l’oïdium restent bénins à côté.
Parasites fréquents : Pucerons au printemps sur les jeunes pousses, qui recroquevillent les feuilles sans conséquence durable. Chenilles défoliatrices ensuite, dont celles du bombyx cul-brun, dont les poils sont urticants pour l’homme. Les nids se coupent en hiver et se brûlent, gants et manches longues de rigueur.
Prévention : Ne jamais tailler par temps doux et humide, période où la bactérie circule et où les plaies restent ouvertes. Éviter l’azote, qui multiplie les pousses tendres. Tenir l’aubépine éloignée des poiriers, pommiers et cognassiers, qu’elle contamine et qui la contaminent.
Toxicité
Toxicité humaine : Espèce sans toxicité notable : les fleurs et les feuilles font une infusion traditionnelle, les cenelles se mangent crues ou en gelée. Comme les pépins de pomme, les noyaux renferment des traces de composés cyanogènes et ne se croquent pas.
Toxicité animaux : Non toxique pour le chien et le chat ; quelques cenelles avalées ne causent au pire qu’un trouble digestif passager.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication en usage normal. Le risque réel est mécanique : les épines, longues de 1 à 2 cm, font des plaies profondes qui s’infectent facilement.
Précautions : Tailler avec des gants et des lunettes, et désinfecter toute piqûre. L’infusion d’aubépine agit sur le rythme cardiaque : elle ne se prend pas en même temps qu’un traitement pour le cœur sans avis médical.
Associations de plantes
Bonnes associations : En haie champêtre avec le prunellier, le noisetier et le cornouiller sanguin, qui fleurissent et fructifient à d’autres moments et étalent la ressource pour les oiseaux. Le charme et le troène lui vont aussi : mêmes besoins, même vigueur, même rythme de taille.
Associations à éviter : Poiriers, pommiers, cognassiers et cotonéasters plantés à quelques dizaines de mètres, tous sensibles au feu bactérien et capables de se le transmettre. Éviter aussi les plantes de terre de bruyère à son pied, incompatibles avec le sol calcaire qu’elle préfère.
Conseil : Planter en racines nues entre novembre et mars, à trois plants par mètre pour une haie : la reprise est meilleure qu’en conteneur et le prix sans rapport. Rabattre les plants de moitié la première année épaissit la base.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet planté en pleine terre, en haie champêtre ou en isolé, au soleil ou à mi-ombre, en sol ordinaire même calcaire ; les rythmes d’arrosage valent pour les deux premières années.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à septembre : tous les 10 à 15 jours | Arroser tous les 10 à 15 jours de mai à septembre le temps de la reprise, en trempant bien la motte plutôt qu’en mouillant la surface. Le reste de l’année et passé 2 ans, la pluie suffit : l’aubépine traverse les étés secs sans aucun apport. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | L’aubépine est l’hôte principal du feu bactérien : un sécateur non désinfecté porte la bactérie d’un arbuste au suivant. Désinfecter entre chaque sujet et ne jamais composter les rameaux coupés. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Un paillis au pied d’une jeune haie garde la fraîcheur et tient les herbes à distance pendant l’installation. Passé 2 ans, l’aubépine se débrouille seule et le paillage devient inutile. |
| Floraison | De mi-avril à fin mai | La floraison blanche, odorante et très mellifère couvre l’arbuste en avril et mai, sur le bois de l’année précédente. C’est ce style unique qui sépare l’espèce de l’aubépine épineuse, qui en porte deux ou trois. |
| Inspection parasitaire | De mai à août | Parcourir la haie après la floraison : un rameau brusquement noirci et recourbé en crosse de berger, avec un exsudat gluant par temps chaud et humide, signe le feu bactérien. Couper 50 cm sous la zone atteinte, évacuer les rameaux en déchetterie, et signaler le foyer à la FREDON de la région. |
| Fructification, récolte | De septembre à octobre | Les cenelles rouges mûrissent en septembre et nourrissent merles et grives jusqu’en décembre. Elles sont comestibles mais farineuses, et chacune ne contient qu’un seul noyau. |
| Semis | De mi-septembre à mi-novembre | Semer les noyaux dépulpés dès la récolte, en terrine enterrée au nord, pour leur donner la longue stratification froide qu’ils exigent. C’est le mode de multiplication de l’espèce, le bouturage réussissant mal. |
| Taille de structure | De début octobre à mi-mars | Tailler la haie d’octobre à la mi-mars, hors de la période où les oiseaux y nichent, de la mi-mars à la fin d’août, au prix d’une partie des boutons floraux déjà formés. Sur un sujet libre, s’abstenir laisse venir les cenelles d’automne. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à mi-décembre | Ramasser et évacuer les feuilles tombées sous la haie lorsqu’elles ont porté les taches brunes de l’entomosporiose. Elles en conservent l’inoculum jusqu’au printemps suivant et relancent la maladie. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mi-novembre à fin février | Retirer le bois mort et les branches qui se croisent quand l’arbuste est nu et la silhouette lisible. Éviter absolument le temps doux et humide, pendant lequel les plaies de coupe sont des portes ouvertes au feu bactérien. |