Plante à bulbe · Iridacées
Montbrétia Crocosmia crocosmiiflora
Aussi appelé : Crocosmia, Montbretia
Le montbrétia est un hybride de jardin issu de deux espèces d’Afrique du Sud, qui forme des touffes de feuilles en lame d’où partent en été des épis arqués de fleurs orange vif. Il atteint 60 à 90 cm en fleur et s’élargit chaque année, ses cormus s’empilant en chapelets. Il demande surtout du plein soleil, une terre fraîche l’été mais drainante l’hiver, et une division tous les 3 ans pour continuer à fleurir. En sol lourd et détrempé, ses cormus pourrissent bien avant que le froid ne les atteigne.
- Type
- Plante à bulbe
- Famille
- Iridacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De juillet à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 6 à 9, parfois donnée jusqu’en 5 dans un sol sain: paillée, la souche encaisse -12 à -15 °C.
En terre lourde et détrempée, ce sont les cormus qui pourrissent bien avant que le froid ne les atteigne.
Dimensions : 60 à 90 cm de haut en fleur pour 30 à 40 cm par pied.
Floraison : De juillet à début septembre, des épis arqués de fleurs en entonnoir orange vif à rouge orangé, jaunes chez certains cultivars, sans parfum.
La touffe s’élargit chaque année, ses cormus s’empilant et se multipliant en chapelets.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche l’été et drainante l’hiver, améliorée de compost.
Le pH importe peu entre 6 et 7,5, seul l’excès d’humidité hivernale est à craindre.
Exposition : Plein soleil pour des épis nombreux et des tiges qui tiennent debout.
Elle accepte la mi-ombre, mais fleurit moins et s’étiole vers la lumière.
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours de mai à début septembre quand la pluie manque, en mouillant profondément.
Le reste de l’année, rien en pleine terre: les pluies suffisent.
Durée de vie : Vivace à cormus, une touffe vit des dizaines d’années sur place.
Elle demande en revanche une division tous les 3 ans pour continuer à fleurir au lieu de ne faire que des feuilles.
Multiplication : Division de la touffe en mars et début avril tous les 3 ans, en séparant les chapelets de cormus.
Arrosage & entretien
Arrosage : De mai à début septembre, un arrosage copieux tous les 5 à 7 jours en l’absence de pluie, au pied et non sur les fleurs.
De l’automne au printemps, aucun apport: le cormus au repos redoute l’eau stagnante.
Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr griffés autour de la touffe en mars, au débourrement, suffisent en sol correct.
En terre pauvre ou en pot, ajouter un engrais riche en potasse tous les 15 jours de mai à juillet.
Rempotage : En pleine terre il n’y a pas de rempotage, mais une division de la touffe tous les 3 ans en mars, cormus séparés et replantés à 10 cm de profondeur.
En pot, renouveler le substrat chaque printemps, le contenant se remplissant vite de cormus.
Taille : Couper les hampes défleuries à la base de juillet à septembre, en gardant deux ou trois épis pour leurs capsules décoratives.
Ne rabattre le feuillage qu’une fois jaune, en novembre ou décembre: vert, il recharge encore le cormus.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum, c’est là qu’elle donne le plus d’épis.
À moins de 4 heures, les tiges s’allongent, se couchent et la floraison se clairsème.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en massif ou en bordure, idéalement adossée à un mur ou une haie qui coupe le vent.
Une exposition sud ou ouest réchauffe le sol au printemps et avance la floraison de 2 semaines.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, plutôt riche, allégée de compost et de sable si elle est argileuse.
Elle se contente de peu mais fleurit mieux dans un sol profond qui reste frais en juillet.
pH : Entre 6 et 7,5, c’est-à-dire la plupart des sols de jardin.
Elle n’a aucune exigence particulière de ce côté et tolère le calcaire.
Drainage : C’est le point décisif: le cormus supporte le froid sec, jamais l’eau stagnante de novembre à mars.
En sol lourd, planter sur une butte ou ajouter du gravier au fond du trou, sinon la touffe disparaît en un hiver.
Multiplication
Division : en mars ou début avril, dehors, arracher la touffe à la fourche-bêche et séparer les chapelets de cormus empilés. Replanter les plus gros, isolés ou par 3, à 8 à 10 cm de profondeur et à 15 cm d’écart. Les petits cormus de la base se mettent en pépinière pour un an. La division de la touffe en mars et début avril, tous les 3 ans, est la méthode la plus simple et réussit presque toujours. Elle reproduit fidèlement chaque cultivar et relance la floraison d’une touffe trop serrée.
Les autres méthodes
Bouturage : La montbrétia ne se bouture pas.
Semis :
SemerPossible mais peu utile : en mars, sous abri, semer les graines couvertes de 3 mm de terreau vers 15 à 20 °C ; la levée est irrégulière, en 3 à 6 semaines, et la floraison arrive au bout de 2 à 3 ans. Plante hybride, elle ne se reproduit pas fidèlement par ses graines.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : mais, hybride, beaucoup de cultivars donnent peu de graines fertiles. Les capsules se récoltent en septembre et octobre, quand elles brunissent et laissent voir des graines rondes et brunes. Au sec et au frais, elles restent bonnes un an. Pour garder une couleur, la division des cormus reste la seule voie sûre.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du cormus, en sol gorgé d’eau l’hiver, est de loin la première cause de perte: la touffe ne repart pas au printemps.
De la rouille peut tacher le feuillage d’orange en fin d’été par temps humide.
Aucun traitement n’est vraiment utile: on améliore le drainage et on retire les feuilles atteintes.
Parasites fréquents : Les thrips, bien connus des glaïeuls, argentent les feuilles et déforment les boutons qui s’ouvrent mal.
Les araignées rouges apparaissent par été chaud et sec, avec un feuillage piqueté et de fines toiles au revers.
Les limaces attaquent les jeunes pousses tendres en avril, avant que les feuilles ne durcissent.
Prévention : Diviser tous les 3 ans aère la touffe et supprime les vieux cormus, foyers de pourriture.
Une douche du feuillage en soirée pendant les canicules décourage thrips et acariens.
Ramasser les feuilles sèches en fin d’automne prive limaces et spores de leur abri d’hiver.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue: la montbretia ne figure pas sur les listes de plantes toxiques de référence, ni pour le feuillage, ni pour les fleurs, ni pour les cormus.
Elle n’est pas comestible pour autant, et rien ne justifie d’en goûter.
Toxicité animaux : Aucune toxicité répertoriée pour le chien, le chat, le cheval ni les animaux de basse-cour, contrairement aux bulbes de narcisse ou de tulipe souvent plantés à côté.
Un chien qui déterre et croque un cormus risque tout au plus un dérangement digestif passager.
Symptômes : Rien n’est décrit hormis une gêne digestive banale après ingestion d’une grande quantité.
Le contact avec le feuillage ou la sève ne provoque pas d’irritation cutanée connue.
Précautions : Précautions ordinaires du jardin: se laver les mains après avoir manipulé la terre et ranger les cormus hors de portée des jeunes enfants, qui les confondraient avec des bulbes comestibles.
En cas d’ingestion importante et de symptômes, appeler un centre antipoison, humain ou vétérinaire, comme pour toute plante d’ornement.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’agapanthe partage ses besoins, soleil et sol drainé, et son bleu répond à l’orange des épis en juillet.
Les graminées, miscanthus ou stipa, allègent la touffe raide et prolongent le décor en hiver.
Les rudbeckias et les hélénies fleurissent au même moment, avec la même vigueur, et ne se laissent pas étouffer.
Associations à éviter : Les vivaces tapissantes et frêles, comme les campanules naines ou les saxifrages, disparaissent sous les éventails en deux saisons.
Les plantes de sol sec méditerranéen, lavande ou santoline, souffrent des arrosages estivaux dont la montbretia a besoin.
Les petits bulbes de printemps plantés au même endroit se font soulever par les cormus qui s’empilent.
Conseil : La montbretia est traçante et se ressème: en Bretagne et sur la façade atlantique, elle est même considérée comme envahissante hors des jardins.
La planter dans un massif contenu, supprimer les capsules avant maturité et ne jamais jeter de cormus dans la nature ou en tas de déchets verts.
Diviser tous les 3 ans est aussi le meilleur moyen de la garder à sa place.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe installée en pleine terre dans un massif au soleil, sol ordinaire bien drainé, climat de plaine où le gel descend rarement sous -12 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 5 à 7 jours ; de mi-septembre à fin avril : tous les 1 à 2 mois | Arroser copieusement pendant la montée des hampes et la floraison, dès que la terre est sèche sur 3 cm. Hors de cette période la pluie suffit presque toujours, et l’excès d’eau hivernal tue plus de cormus que le froid. |
| Inspection parasitaire | De début juin à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Regarder le revers des feuilles et le cœur des éventails pendant les fortes chaleurs: les thrips argentent le feuillage et déforment les boutons avant même leur ouverture. Une douche du feuillage en soirée suffit le plus souvent à décourager les araignées rouges. |
| Compost, amendement | De début mars à mi-avril | Apporter le compost quand les premières pointes percent le sol. La montbretia fabrique tout son feuillage en quelques semaines et puise d’autant mieux que la terre reste souple et nourrie. |
| Division de touffe | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Arracher la touffe tous les 3 ans et séparer les chapelets de cormus empilés les uns sur les autres. Serrée, une montbretia fleurit de moins en moins et finit par ne plus donner que des feuilles. |
| Floraison | De début juillet à mi-septembre | La floraison s’ouvre de bas en haut sur des épis recourbés, de juillet à début septembre selon l’exposition. Les hampes coupées au stade des premiers boutons ouverts tiennent une bonne semaine en vase. |
| Fleurs fanées | De mi-juillet à fin septembre | Couper les hampes défleuries à leur base pour que la touffe n’épuise pas ses réserves à mûrir des graines. Quelques épis laissés en place prolongent le décor en capsules jusqu’aux premières gelées, et limitent les semis spontanés si on retire le reste. |
| Rabattage | De novembre à décembre | Rabattre les feuilles à 10 cm du sol une fois qu’elles sont sèches, jamais avant: en jaunissant, elles rechargent le cormus pour l’année suivante. Évacuer les débris, qui abritent limaces et spores tout l’hiver. |
| Paillage | De mi-novembre à fin décembre | Couvrir la souche avant les premières fortes gelées: paillés, les cormus encaissent -12 à -15 °C, à nu bien moins. Retirer le paillis début mars pour que le sol se réchauffe et que les pointes sortent sans pourrir. |