Plante à bulbe · Iridacées
Crocus Crocus vernus
Aussi appelé : Crocus printanier, Crocus de printemps, Spring crocus
Le crocus printanier est un petit bulbe des prairies de montagne d’Europe, qui ouvre de mi-février à début avril des coupes violettes, mauves ou blanches aux stigmates orange vif. Il ne dépasse pas 10 à 15 cm en fleur, et la touffe s’élargit d’année en année par ses caïeux. Il demande surtout une terre allégée de sable, du soleil et un vrai froid en hiver, sans lequel il ne fleurit pas. Il convient aux pelouses, aux potées et au pied des arbres caducs, sous lesquels il fleurit avant la sortie des feuilles.
- Type
- Plante à bulbe
- Famille
- Iridacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De février à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3 à 8, le corme encaisse -20 à -25 °C sans la moindre protection. Il lui faut même une période de froid en hiver, faute de quoi il ne fleurit pas.
Dimensions : 10 à 15 cm de hauteur en fleur, pour une touffe large de 5 à 8 cm. Laissée tranquille, elle s’élargit d’année en année par ses caïeux.
Floraison : De mi-février à début avril, des coupes violettes, mauves ou blanches, souvent striées, aux stigmates orange vif, sans parfum notable.
Substrat : Terre de jardin ordinaire allégée de sable ou de gravier, sans matière organique fraîche. pH idéal entre 6,0 et 7,5.
Exposition : Plein soleil de préférence, mi-ombre claire acceptée. Sous un arbre caduc il est chez lui, puisqu’il fleurit avant que les feuilles ne sortent.
Arrosage : Rien à faire en pleine terre, la pluie d’hiver suffit. En potée, tous les 15 à 20 jours de l’automne à février, puis tous les 8 à 12 jours tant que le feuillage reste vert.
Durée de vie : Vivace à corme. Chaque corme ne vit qu’une saison mais se remplace par ses caïeux, et une touffe tient 10 ans et plus.
Multiplication : Séparation des caïeux de mi-juin à août, une fois le feuillage jauni, et replantation en septembre à 8 cm de profondeur.
Arrosage & entretien
Arrosage : En pleine terre, aucun apport, la saison de végétation coïncide avec les pluies. En potée, tous les 15 à 20 jours d’octobre à février, tous les 8 à 12 jours de mi-février à début mai, puis plus une goutte jusqu’en septembre.
Fertilisation : Un engrais à bulbes à libération lente, pauvre en azote et riche en potasse, griffé en surface à l’apparition des pointes en février. C’est le seul apport de l’année.
Rempotage : Les potées se refont chaque automne en terreau neuf, les plus gros cormes replantés et les caïeux mis de côté. En pleine terre, la touffe se divise tous les 3 à 4 ans, à sec, pendant la dormance estivale.
Taille : Seules les fleurs fanées se pincent, en mars et avril. Le feuillage ne se coupe qu’entièrement jauni, en mai ou juin, sous peine de vider le corme de sa réserve.
Exposition & substrat
Exposition : Le maximum de lumière de février à mai, 4 à 6 heures de soleil direct suffisent. Les corolles restent obstinément fermées par temps gris, ce n’est pas un défaut de culture.
Emplacement : Extérieur toute l’année, sans aucun abri. Rocaille, bordure, pied de haie, pelouse tondue tard ou jardinière exposée au sud ou à l’ouest.
Substrat : Sol léger et caillouteux plutôt que riche, terre de jardin avec un tiers de sable grossier ou de gravillon. En pot, terreau et sable par moitié.
pH : De 6,0 à 7,5. Une terre calcaire ne le gêne pas, une terre acide et lourde beaucoup plus.
Drainage : C’est le point qui décide de tout. Un sol qui garde l’eau en été fait pourrir le corme pendant son repos, bien plus sûrement que le froid de l’hiver.
Multiplication
Caïeux : de mi-juin à août, tous les 3 à 4 ans, déterrer la touffe dont le feuillage a jauni et séparer à la main les caïeux formés autour de l’ancien corme. Les garder au sec et à l’ombre, puis les replanter en septembre à 8 cm de profondeur, les plus petits en pépinière pour un an. La séparation des caïeux, de mi-juin à août quand le feuillage a jauni, est la méthode la plus simple et réussit presque toujours. Les caïeux se replantent en septembre et les plus gros fleurissent dès le printemps suivant.
Les autres méthodes
Bouturage : Le crocus ne se bouture pas.
Semis :
SemerPossible mais lent : semer les graines dès leur maturité au début de l’été, dehors en terrine, couvertes de 5 mm de terreau sableux ; elles lèvent après l’hiver et fleurissent au bout de 3 ans. Les plants reproduisent l’espèce, mais pas toujours la couleur exacte des fleurs.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le crocus se féconde mal lui-même. Les capsules sortent de terre en mai ou juin, au ras du feuillage qui jaunit ; les récolter quand elles s’entrouvrent, avant que les fourmis n’emportent les graines. Il faut des abeilles et des pieds d’origines différentes, si bien qu’une touffe issue d’un seul corme donne peu. Semer les graines fraîches, sans les garder.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La fusariose et les pourritures du corme se voient à une pointe qui noircit ou à un corme mou et poudreux à la plantation. Il n’existe pas de traitement, on écarte les cormes suspects et on ne replante pas au même endroit avant 3 ans. La pourriture grise tache parfois les fleurs lors d’un printemps humide, sans conséquence.
Parasites fréquents : Mulots et campagnols dévorent les cormes sous terre, les écureuils les déterrent juste après la plantation. Les moineaux déchiquettent les corolles, surtout les jaunes, et les limaces cisaillent les jeunes pousses au ras du sol. Un grillage à mailles fines posé sur la zone plantée règle le cas des rongeurs.
Prévention : Planter assez profond, dans un sol qui ressuie vite, et ne jamais arroser l’emplacement pendant l’été. Espacer les touffes pour que l’air circule pendant la floraison. Trier les cormes à l’achat en écartant ceux qui sont blessés ou spongieux.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible, le corme et la fleur ne provoquent qu’un trouble digestif passager si on les avale. Le vrai danger tient à la confusion avec le colchique d’automne (Colchicum autumnale), riche en colchicine et potentiellement mortel.
Toxicité animaux : L’ASPCA classe le crocus de printemps parmi les plantes non toxiques pour le chien et le chat, au pire responsables d’une irritation digestive. Le colchique, lui, est gravement toxique pour le chien, le chat et le cheval.
Symptômes : Après ingestion de plusieurs cormes, salivation, vomissements et diarrhée, qui cèdent seuls. Aucune irritation cutanée n’est rapportée au contact du feuillage ou de la sève.
Précautions : Ranger les sachets de cormes hors de portée des enfants et des chiens, qui les confondent volontiers avec des bulbes comestibles. Pour distinguer les deux plantes, le crocus a trois étamines et fleurit en fin d’hiver avec ses feuilles, le colchique en a six et fleurit nu en septembre.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le perce-neige et l’iris réticulé, qui ouvrent au même moment de l’hiver et demandent le même sol drainé. Le narcisse nain ‘Tête-à-tête’, dont le feuillage prend le relais quand celui du crocus jaunit. L’hellébore ou la pulmonaire au-dessus, qui occupent la place laissée vide tout l’été.
Associations à éviter : Les massifs d’annuelles arrosés tout l’été, qui noient les cormes en dormance. Les couvre-sol vigoureux comme le lierre ou la grande pervenche, qui étouffent la touffe en deux saisons. Les planches que l’on bêche au printemps, où la binette sectionne les cormes sans qu’on les voie.
Conseil : Naturalisé dans une pelouse, il impose de retarder la première tonte jusqu’à la mi-juin. Les jeter à la volée et les planter là où ils tombent, par taches de vingt ou trente, donne un résultat bien plus juste qu’un alignement.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Cormes installés en pleine terre ou en potée profonde, au soleil ou sous un arbre caduc, dans un sol drainé qui ne reste pas détrempé pendant l’été.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début octobre à mi-février : tous les 15 à 20 jours ; de mi-février à mi-mai : tous les 8 à 12 jours | Garder la potée juste fraîche pendant l’enracinement, puis un peu plus suivie tant que le feuillage est vert, car c’est lui qui recharge le corme pour l’année suivante. |
| Engrais à libération lente | De mi-février à fin mars | Griffer une poignée d’engrais à libération lente à l’apparition des pointes. L’azote pur ferait de la feuille molle au détriment du corme. |
| Floraison | De mi-février à mi-avril | La floraison dure 2 à 3 semaines selon la douceur, plus tôt sur la façade atlantique, jusqu’en avril en altitude. Un temps couvert la prolonge, les corolles restant fermées. |
| Fleurs fanées | De mars à avril | Retirer les corolles fanées évite la mise à graine et laisse toute l’énergie au corme. Le geste n’a d’intérêt qu’en potée ou en massif soigné ; dans une pelouse naturalisée, laisser faire. |
| Rabattage | De mai à juin | Couper les feuilles vertes trop tôt prive le corme de sa réserve et fait disparaître la touffe en 2 ou 3 ans. On attend le jaunissement complet, puis on les retire d’un geste. |
| Repos sec | De mi-mai à mi-septembre | Le corme entre en sommeil complet dès que le feuillage a disparu et ne demande plus rien jusqu’en septembre. Un sol mouillé en juillet est la première cause de pourriture. |
| Division de touffe | De mi-juin à fin août, tous les 4 ans | Tous les 3 à 4 ans, déterrer une touffe devenue fleurie de moins en moins et séparer les caïeux. On les replante en septembre, les plus petits en pépinière pour un an. |
| Inspection parasitaire | De septembre à avril | Les dégâts se voient plus souvent que le coupable : un grillage à mailles fines posé sur la plantation règle le cas des rongeurs. Les oiseaux s’attaquent surtout aux variétés jaunes, rarement aux violettes. |
| Mise en place des plants | De mi-septembre à fin novembre | Enterrer les cormes dès que le sol se rafraîchit, idéalement en octobre, pour qu’ils s’enracinent avant les gelées. Plantés en décembre ils fleurissent encore, mais plus tard et plus bas. |