Plante d’intérieur · Marantacées
Ctenanthe Ctenanthe burle-marxii
Aussi appelé : Fishbone prayer plant
La Ctenanthe burle-marxii est une plante de feuillage des forêts du Brésil, dont les feuilles ovales gris-vert sont barrées de traits vert sombre en arêtes de poisson. En pot, elle forme une touffe de 60 à 90 cm qui s’élargit lentement par ses rhizomes. Elle demande surtout une chaleur stable de 18 à 25 °C, une eau douce non calcaire et un substrat toujours frais, jamais détrempé. Elle tolère les pièces peu lumineuses, mais le soleil direct brûle ses panachures et le froid la fait souffrir dès 13 °C.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Marantacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- 13 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 10 à 12 : plante gélive qui souffre dès 13 °C et meurt en dessous de 10 °C. En France, culture exclusivement en intérieur, avec une température idéale de 18 à 25 °C toute l'année.
Dimensions : 60 à 90 cm de hauteur pour un étalement équivalent, la touffe s'élargissant lentement par rhizomes traçants. Les feuilles ovales atteignent 20 à 40 cm de long.
Floraison : Rare en intérieur et sans intérêt : petites fleurs blanches cachées dans des bractées vertes ; la plante se cultive pour son feuillage.
Substrat : Mélange léger, humifère et retenant l'humidité : terreau pour plantes vertes, fibre de coco ou tourbe blonde et perlite, additionné d'un peu d'écorce fine. pH acide à légèrement acide, entre 5,5 et 6,5.
Exposition : Ombre lumineuse ou mi-ombre, sans jamais de soleil direct qui décolore et brûle les panachures. Elle tolère les pièces peu lumineuses mieux que la plupart des Marantacées.
Arrosage : Arroser 1 à 2 fois par semaine en été à l'eau douce non calcaire, pour garder le substrat constamment frais mais jamais détrempé. Réduire à un arrosage tous les 7 à 10 jours en hiver, sans laisser la motte sécher complètement.
Durée de vie : Vivace d’intérieur, 5 à 8 ans. La division de la touffe tous les 2 à 3 ans la maintient dense.
Multiplication : Division de la touffe au rempotage de mi-mars à début mai, éclats tenus au chaud et à l’étouffée.
Arrosage & entretien
Arrosage : D'avril à septembre, arroser 1 à 2 fois par semaine avec de l'eau de pluie ou déminéralisée à température ambiante, dès que le premier centimètre du substrat sèche, puis vider la soucoupe. En hiver, espacer à tous les 7 à 10 jours ; l'eau calcaire ou froide brunit les bords du feuillage.
Fertilisation : Engrais liquide pour plantes vertes dilué de moitié, tous les 15 jours de mars à septembre seulement. Suspendre en automne et en hiver, la plante étant très sensible à l'accumulation de sels qui dessèche les pointes des feuilles.
Rempotage : Tous les 2 ans au printemps, dans un pot large et peu profond à peine plus grand, en respectant les rhizomes superficiels. C'est le moment idéal pour diviser la touffe en éclats munis de racines et de plusieurs feuilles.
Taille : Aucune taille de formation n'est nécessaire : supprimer simplement à la base, avec un sécateur propre, les feuilles jaunies ou aux bords brunis. Les inflorescences blanches, discrètes, peuvent être coupées pour concentrer l'énergie sur le feuillage.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière indirecte modérée à vive, soit 6 à 8 heures de clarté diffuse par jour, sans aucune heure de soleil direct. Trop de lumière délave les motifs argentés, trop peu ralentit la croissance et étiole les pétioles.
Emplacement : Plante d'intérieur exclusivement en France, à placer près d'une fenêtre nord ou est, ou à 2-3 m d'une baie sud voilée. Éviter la proximité immédiate d'un radiateur, d'une climatisation ou d'un courant d'air froid.
Substrat : Mélange aéré et frais, par exemple 40 % de terreau pour plantes vertes, 30 % de fibre de coco ou tourbe blonde, 20 % de perlite et 10 % d'écorces fines ou de vermiculite. Une couche de sphaigne en surface aide à maintenir l'humidité des rhizomes.
pH : Optimum entre 5,5 et 6,5, soit un substrat légèrement acide. Au-delà de pH 7, des chloroses et un brunissement marqué des marges apparaissent.
Drainage : Drainage indispensable malgré son goût pour l'humidité : pot percé, billes d'argile au fond et soucoupe vidée après chaque arrosage. L'eau stagnante provoque le jaunissement des feuilles basses puis la pourriture des rhizomes.
Multiplication
Division : de mi-mars à début mai, dépoter la touffe et la séparer à la main ou au couteau en éclats portant chacun plusieurs tiges et un morceau de rhizome bien enraciné. Les rempoter dans un mélange léger de terreau et de perlite, arroser à l’eau douce, puis les garder sous un sac transparent entre 20 et 25 °C, à l’ombre lumineuse. Aérer chaque jour et retirer le sac quand de nouvelles feuilles se déroulent, après 3 à 4 semaines. La reprise est délicate, mais réussit bien si les éclats sont tenus au chaud et à l’étouffée.
Les autres méthodes
Bouturage : Elle ne se bouture pas en pratique : ses tiges isolées s’enracinent très rarement.
Semis :
SemerUn amateur ne la sème pas : elle fleurit à peine en intérieur et ses graines sont introuvables.
Récolter les grainesPas de graines en culture : en intérieur, il fleurit à peine et ses fleurs n’y nouent pas. La division de la touffe est la seule voie.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture des rhizomes et des racines (Pythium, Rhizoctonia) provoque un jaunissement général, un affaissement des pétioles et une base molle et brunâtre, toujours liée à un excès d'eau ou à un substrat trop froid. Des taches foliaires (Helminthosporium, Fusarium) forment des macules brunes cerclées de jaune en atmosphère confinée. Supprimer les parties atteintes, rempoter dans un substrat neuf et drainant, réduire les arrosages et traiter éventuellement au cuivre en préventif.
Parasites fréquents : Les araignées rouges sont l’ennemi numéro un, favorisées par l’air sec du chauffage : fines toiles au revers des feuilles et limbe piqueté de gris. Les cochenilles farineuses forment des amas cotonneux à l’aisselle des pétioles, tandis que thrips et pucerons déforment plus rarement les jeunes feuilles enroulées. Doucher le feuillage à l’eau tiède, tamponner les cochenilles à l’alcool à 70°, puis, en recours, traiter avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Maintenir une hygrométrie supérieure à 60 % par bassinages, plateau de billes d'argile humides ou humidificateur, ce qui suffit à écarter la plupart des acariens. Arroser à l'eau douce et tiède, sans jamais laisser d'eau dans la soucoupe, et assurer une circulation d'air douce sans courant d'air. Inspecter le revers des feuilles chaque semaine et mettre en quarantaine toute nouvelle plante.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante considérée comme non toxique : la famille des Marantacées ne contient ni oxalates de calcium ni alcaloïdes notables, feuilles, pétioles et rhizomes étant sans danger. Elle n'est pas comestible pour autant, et une ingestion importante reste déconseillée.
Toxicité animaux : Répertoriée comme non toxique pour le chien, le chat et le cheval par les organismes vétérinaires de référence. C'est l'une des rares plantes tropicales d'intérieur réellement sûres en présence d'animaux.
Symptômes : L'ingestion d'une grande quantité de feuillage peut au plus entraîner de légers troubles digestifs mécaniques (vomissements, diarrhée passagère). Aucune irritation cutanée ni oculaire n'est décrite au contact de la sève.
Précautions : Aucune précaution particulière n'est requise, ce qui en fait un excellent choix pour les foyers avec enfants et animaux. Se laver simplement les mains après le rempotage et surveiller l'animal en cas d'ingestion abondante.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les autres Marantacées (Calathea, Maranta, Stromanthe) partagent exactement les mêmes besoins en ombre lumineuse, chaleur et forte hygrométrie, pour un ensemble facile à entretenir. Les fougères d'intérieur (Nephrolepis, Asplenium, Adiantum) et le Fittonia élèvent l'humidité ambiante et couvrent joliment le pied des touffes. Le Philodendron ou le Spathiphyllum, tolérants à l'ombre, apportent du volume et un contraste de feuillage sans lui faire concurrence.
Associations à éviter : Les succulentes et cactées (Echeveria, Aloe, Haworthia) exigent un substrat sec et du soleil direct, à l'exact opposé de ses besoins. Les plantes de plein soleil comme les Ficus panachés ou les Croton se décolorent à l'ombre où elle prospère. Enfin, éviter de la serrer entre de grandes plantes très denses qui bloqueraient la circulation de l'air et favoriseraient les taches foliaires.
Conseil : Regroupez toutes ces plantes tropicales sur un large plateau de billes d'argile humides ou dans une même jardinière : le microclimat créé fait grimper l'hygrométrie et écarte durablement les araignées rouges. Placez les plus hautes derrière pour filtrer la lumière et laissez quelques centimètres entre les feuillages afin que l'air circule.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pot à l'intérieur toute l'année, dans une lumière tamisée sans aucun soleil direct, entre 18 et 25 degrés, à l'abri des courants d'air et jamais en dessous de 15 degrés.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 4 à 6 jours ; d’octobre à mars : tous les 8 à 12 jours | Le substrat doit rester légèrement frais en permanence, sans jamais sécher complètement ni être détrempé. Cette plante est extrêmement sensible au calcaire et au chlore, qui brunissent irrémédiablement le bord des feuilles. |
| Brumisation | De novembre à mars : chaque jour ; d’avril à octobre : tous les 1 à 2 jours | Une hygrométrie d'au moins soixante pour cent est indispensable, faute de quoi les feuilles s'enroulent et sèchent sur les bords. Un plateau de billes d'argile humides ou un humidificateur donne des résultats plus réguliers encore. |
| Engrais liquide | De début avril à mi-septembre : toutes les 3 à 4 semaines | Fertiliser très légèrement et seulement en période de croissance, cette plante étant sensible à l'accumulation de sels. Un rinçage abondant du substrat une fois par an élimine les résidus qui brunissent les pointes. |
| Taille de structure | De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines | Retirer au fur et à mesure les feuilles entièrement jaunies ou desséchées, qui n'ont aucune chance de reverdir. Les feuilles seulement brunies sur le bord peuvent être conservées, ou recoupées en suivant leur contour. |
| Dépoussiérage du feuillage | De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines | La poussière ternit les motifs et réduit la photosynthèse d'un feuillage déjà habitué à peu de lumière. Ce nettoyage permet en outre de repérer les araignées rouges au revers. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : toutes les 1 à 2 semaines | Les araignées rouges sont le ravageur numéro un et prolifèrent dès que l'air devient sec, laissant un feuillage terne piqueté et de fines toiles. Doucher le feuillage à l'eau tiède dès les premiers signes, et surveiller aussi cochenilles et thrips. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Les racines fines pourrissent vite si le pot baigne, alors même que la plante réclame un substrat frais. Le risque est le plus grand en hiver, quand la croissance ralentit. |
| Rempotage | De mi-mars à mi-mai, tous les 2 ans | Rempoter au printemps quand la touffe déborde du contenant, le rhizome traçant restant superficiel. Un pot évasé convient mieux qu'un pot profond. |
| Division de touffe | De mi-mars à mi-mai, tous les 3 ans | Diviser la touffe au rempotage quand elle devient trop dense, c'est le seul mode de multiplication de cette plante. Maintenir les éclats à l'étouffée et au chaud les premières semaines, la reprise étant délicate. |
| Ombrage estival | De début mai à mi-septembre | Cette plante de sous-bois brûle au moindre rayon direct, qui décolore les chevrons et grille le limbe. Une lumière filtrée toute la journée lui convient bien mieux qu'une exposition franche. |