Connexion / Inscription →

Arbre · Cupressacées

Cyprès de Leyland Cupressocyparis leylandii

Aussi appelé : Leylandii, Cupressocyparis, Leyland cypress

Le cyprès de Leyland est un conifère hybride du cyprès de Lambert et du cyprès de Nootka, apparu en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle et planté chez nous surtout en haie persistante. Libre, il atteint 15 à 20 m, mais sa pousse rapide se tient en haie entre 2 et 3 m par des tailles régulières. Il se contente de presque tout sol drainé, même pauvre, et ne demande d’arrosage que les trois premières années. La terre lourde gorgée d’eau l’asphyxie, et l’ombre dégarnit sa base.

Cyprès de Leyland (Cupressocyparis leylandii)
Photo : Forest & Kim Starr, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre
Famille
Cupressacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-18 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 6 à 10, soit environ -18 °C pour un sujet installé. Les plants de moins de 2 ans souffrent déjà vers -12 °C, surtout exposés à un vent sec et gelé.

Dimensions : 15 à 20 m de haut et 4 à 5 m d’étalement s’il n’est jamais taillé, avec 90 cm à 1,20 m de pousse par an en jeunesse. En haie, on le maintient entre 2 et 3 m.

Floraison : Aucune fleur décorative : c’est un conifère, qui ne porte que de petits cônes ronds, rares sur une haie taillée.

Substrat : Tout sol ordinaire, profond et bien drainé, même pauvre ou sableux, pH 5,5 à 7,5. Il ne redoute vraiment que les terres lourdes qui restent gorgées d’eau tout l’hiver.

Exposition : Plein soleil de préférence, mi-ombre acceptée. À l’ombre, la base se dégarnit et la haie devient transparente par le bas.

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours au printemps et tous les 4 à 5 jours en été pendant les trois premières années, à raison de 10 à 15 litres par pied. Ensuite plus rien, sauf sécheresse prolongée.

Durée de vie : Conifère à vie longue, plusieurs dizaines d’années en théorie. En haie taillée, on compte plutôt 20 à 30 ans avant que le chancre ou un trou irrattrapable n’impose de remplacer.

Multiplication : Bouturage de rameaux aoûtés à talon en septembre et octobre, sous châssis froid ; hybride, il ne se sème pas.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les trois premières années, tous les 7 à 10 jours d’avril à juin, tous les 4 à 5 jours en juillet et août, tous les 10 à 15 jours en septembre et octobre, avec 10 à 15 litres par pied à chaque passage. Ensuite la haie se débrouille seule, sauf canicule prolongée où un arrosage copieux tous les 15 jours prévient le stress qui appelle le chancre.

Fertilisation : Un engrais à libération lente pour conifères en mars, une poignée par mètre linéaire, pendant les trois premières années. Au-delà, n’en apporter que si le feuillage jaunit : il pousse déjà de près d’1 m par an.

Rempotage : La culture en bac est déconseillée au-delà de 3 ou 4 ans, sa vigueur et son enracinement profond s’en accommodant mal. Si l’on y tient, compter 100 litres au minimum et un surfaçage annuel plutôt qu’un vrai rempotage.

Taille : Une taille par an en septembre, une fois les nichées envolées, en ne coupant que la pousse verte de l’année et en donnant un profil plus large en bas qu’en haut. Ne jamais entamer le bois brun : il ne repart pas, et le trou reste à vie.

Exposition & substrat

Exposition : 6 heures de soleil et plus. Il tolère la mi-ombre, mais une haie plantée le long d’un mur exposé au nord se dégarnit par le bas au bout de quelques années.

Emplacement : Extérieur à demeure, en pleine terre, et à 2 m au moins de la limite séparative dès lors que la haie dépassera 2 m de haut. Il coupe très bien le vent et le bruit, mais assèche le sol sur 3 à 4 m autour de lui.

Substrat : Sol ordinaire, profond, ameubli sur 50 cm au moment de la plantation, sans amendement particulier. Éviter de remplir le trou de terreau pur ou de terre de bruyère : les racines refuseraient d’en sortir.

pH : De 5,5 à 7,5, avec un optimum autour de 6,5. Il accepte le calcaire modéré, mais jaunit en sol très crayeux.

Drainage : Impératif, c’est son point faible. Un sol asphyxié l’hiver conduit au phytophthora, dont le premier signe est un sujet entier qui roussit d’un coup au printemps ; sur terrain lourd, planter sur une butte de 20 cm.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : en septembre et octobre, arracher d’un coup sec des rameaux latéraux aoûtés de 10 à 15 cm avec leur talon d’écorce, et retirer les écailles du bas. Les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous châssis froid ou sous abri, à l’ombre, à l’étouffée légère, avec une hormone de bouturage facultative. Ils s’enracinent en 3 à 5 mois et se repiquent en pot au printemps suivant. Le bouturage de rameaux aoûtés en septembre et octobre, sous châssis froid, est la seule méthode pour un amateur, avec une réussite moyenne.

Les autres méthodes

Semis :

SemerUn amateur ne le sème pas : c’est un hybride dont les cônes ne portent presque jamais de graines viables.

Récolter les grainesPas de graines en culture : hybride, ses rares cônes restent presque toujours vides. Le bouturage de rameaux aoûtés est la seule voie pour un amateur.

Division et autres méthodes : Aucune : c’est un conifère à tronc unique, qui ne drageonne pas ; la greffe reste l’affaire des pépiniéristes.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le chancre du cyprès (Seiridium cardinale) est de loin le plus grave : rameaux qui brunissent par plages, écoulements de résine, lésions brun rouge sur l’écorce, et aucun traitement curatif. Couper très en dessous de la lésion, évacuer les déchets et désinfecter les outils est tout ce qu’on peut faire. Le phytophthora, lié à l’excès d’eau au pied, tue un sujet entier en quelques semaines et ne se rattrape pas davantage.

Parasites fréquents : Le puceron des cyprès (Cinara cupressi) est le premier responsable des plaques brunes en haie : un insecte gris cendré de 3 mm, groupé sur les rameaux de l’intérieur, laissant un miellat collant et de la fumagine noire. Le bupreste du genévrier, en progression en France, creuse des galeries sous l’écorce des sujets déjà affaiblis. Araignées rouges et cochenilles restent secondaires.

Prévention : Ne jamais tailler par forte chaleur ni sur un sujet assoiffé : les plaies sont alors des portes ouvertes au chancre. Désinfecter les outils avant chaque haie et entre deux sujets suspects. Espacer les plants de 80 cm à 1 m plutôt que de les serrer, la concurrence affaiblit toute la ligne et le chancre y court d’un pied à l’autre.

Toxicité

Toxicité humaine : Faiblement toxique par ingestion, ce qui reste théorique tant le feuillage est âcre et résineux. Le vrai risque est cutané : sève et rameaux fraîchement coupés provoquent des dermatites de contact et des irritations des yeux, bien connues des tailleurs de haies.

Toxicité animaux : Peu appétant, il est rarement consommé par le chien ou le chat, chez qui il provoque au pire des troubles digestifs. Chez les ruminants en revanche, le feuillage de Cupressus macrocarpa, l’un de ses deux parents, est documenté comme abortif chez la vache.

Symptômes : Par ingestion, hypersalivation, vomissements et diarrhée. Par contact, rougeurs, démangeaisons et parfois petites cloques sur les avant-bras, apparaissant quelques heures après une séance de taille.

Précautions : Tailler en manches longues, avec gants et lunettes, et se laver les bras ensuite. Ne pas laisser les déchets de taille à portée d’un pâturage et ne pas les brûler à proximité : la fumée est irritante.

Associations de plantes

Bonnes associations : En haie, seuls des conifères de vigueur comparable tiennent le rythme, thuya ou cyprès de Provence, qui se taillent aux mêmes dates. À son pied, le lierre, le géranium macrorrhizum et l’épimédium sont à peu près les seuls à supporter cette ombre sèche et cette concurrence racinaire. Un rideau de graminées hautes planté à 3 m devant la haie casse l’effet de mur sans lui disputer l’eau.

Associations à éviter : Potager et arbres fruitiers à moins de 5 m : il assèche le sol et fait de l’ombre une bonne partie de la journée. Les vivaces gourmandes en eau, hortensias et hostas en tête, dépérissent en deux saisons à son pied. En haie mixte avec des arbustes fleuris, lilas, forsythia ou weigela, il aura recouvert ses voisins en 3 ans.

Conseil : La règle de distance compte ici autant que la botanique : au-delà de 2 m de haut, la haie se plante à 2 m au moins de la limite de propriété, et l’entretien des deux faces vous revient. Réservez le Leyland aux longueurs où sa vigueur est un atout, et préférez un charme ou un laurier-tin partout ailleurs.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Haie de pleine terre, sujets espacés de 80 cm à 1 m, en plein soleil ou à mi-ombre, dans un sol ordinaire bien drainé, et maintenue par la taille entre 2 et 3 m de haut.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à juin : tous les 7 à 10 jours ; de juillet à août : tous les 4 à 5 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 15 jours Arroser copieusement, 10 à 15 litres par pied, plutôt que souvent : les racines doivent apprendre à descendre. Un sujet installé depuis 4 ans se passe d’arrosage, et c’est justement la soif qui ouvre la porte au chancre.les trois premières années seulement ; ensuite, uniquement en sécheresse prolongée
Inspection parasitaireEssentiel D’avril à septembre : toutes les 2 à 4 semaines ; d’octobre à mars : tous les 2 à 3 mois Écarter le feuillage pour regarder les rameaux de l’intérieur, là où le puceron des cyprès laisse des plages brunes qui ne reverdiront jamais. Repéré en mai, il se déloge d’une douche énergique du feuillage, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins » ; repéré en août, le trou dans la haie est acquis.puceron des cyprès et buprestes, à chercher à l’intérieur de la haie
Bois mort et feuilles abîméesEssentiel De janvier à décembreDès que : un rameau ou une branche entière brunit et se dessèche Supprimer sans attendre toute branche qui roussit, en descendant bien au-delà de la lésion. Un brunissement qui progresse le long d’une branche et laisse suinter de la résine signe le chancre du cyprès, contre lequel il n’existe aucun traitement.couper 20 cm en dessous de la zone atteinte, en bois sain
Désinfection des outilsEssentiel De janvier à décembreDès que : avant chaque taille, et entre deux sujets dès que l’un montre une branche brune Désinfecter cisailles et taille-haie avant d’entrer dans la haie et après chaque sujet suspect. Le chancre du cyprès se transmet presque uniquement par les plaies de taille et les lames qui passent de l’un à l’autre.alcool à 70° ou eau javellisée, lames essuyées ensuite
Engrais à libération lenteUtile De début mars à mi-avril Épandre un engrais à libération lente au redémarrage, pendant les trois premières années seulement. Ensuite, n’en remettre que si le feuillage jaunit : un Leyland installé pousse bien assez vite sans qu’on l’y encourage.engrais pour conifères, une poignée par mètre linéaire
PaillageUtile De mi-mars à fin avril Pailler largement au pied pendant les trois premières années, au moment où le sol se réchauffe. C’est ce qui remplace le plus grand nombre d’arrosages, et cela évite d’approcher la tondeuse de troncs encore fragiles.10 à 15 cm d’écorce ou de broyat, sans toucher le tronc
Taille de structureEssentiel De début septembre à mi-octobre Ne couper que la pousse verte de l’année et donner à la haie un profil légèrement trapézoïdal, plus large en bas qu’en haut. Le Leyland ne rejette jamais du vieux bois : une taille trop sévère laisse un trou définitif.un seul passage en septembre, nichées envolées ; jamais dans le bois brun
Mise en place des plantsEssentiel D’octobre à novembre Planter en automne, dans une terre encore chaude, pour que les racines s’installent avant les chaleurs de l’été suivant. Un rattrapage reste possible en mars, mais il oblige à arroser toute la belle saison.80 cm à 1 m entre deux sujets, jamais moins