Fougère · Cyathéacées
Fougère arborescente argentée Cyathea dealbata
Aussi appelé : Fougère argentée, Fougère arborescente de Nouvelle-Zélande, Ponga, Silver fern
La fougère arborescente argentée est une fougère de Nouvelle-Zélande, dont elle est l’emblème, reconnaissable au revers blanc argenté de ses frondes. Chez nous, son stipe ne dépasse guère 1 à 2 m sous une couronne de 3 à 4 m, et ne gagne que quelques centimètres par an. Elle demande un humus acide toujours frais, une ombre claire à l’abri du vent et des arrosages abondants, jusque sur le stipe. Moins rustique que Dicksonia antarctica, avec laquelle on la confond souvent, elle ne tient que -3 à -5 °C, protégée, et se réserve aux jardins doux et humides.
- Type
- Fougère
- Famille
- Cyathéacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -3 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Exigeante
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 9, environ -3 à -5 °C sur un sujet protégé, nettement moins rustique que Dicksonia antarctica avec laquelle on la confond souvent.
Dimensions : stipe de 5 à 8 mètres en climat favorable, 1 à 2 mètres en culture sous nos latitudes, pour une couronne de 3 à 4 mètres.
Floraison : Aucune : fougère arborescente, elle se reproduit par spores, portées sous ses frondes au revers argenté.
Substrat : humus forestier acide, léger et constamment frais, pH de 5 à 6.
Exposition : mi-ombre à ombre claire, à l'abri du vent et du soleil direct.
Arrosage : abondant et fréquent, sur le substrat et sur le stipe, qui absorbe l'eau par ses racines adventives.
Durée de vie : Fougère arborescente vivace, 50 à 100 ans, son stipe ne grandissant que de quelques centimètres par an.
Multiplication : Uniquement par semis de spores en surface, à l’étouffée et à 20 °C, récoltées en fin d’été ; plusieurs années avant une jeune fougère.
Arrosage & entretien
Arrosage : trois fois par semaine en été, en mouillant le stipe sur toute sa hauteur et le cœur de la couronne, deux fois en hiver. Une eau douce est nettement préférable.
Fertilisation : engrais liquide à demi-dose une fois par mois d'avril à septembre, versé sur le substrat et non dans la couronne.
Rempotage : tous les 3 ans au printemps, dans un pot profond permettant au stipe de rester stable, avec un mélange humifère.
Taille : couper les frondes sèches à une dizaine de centimètres du stipe, les bases persistantes participant à sa structure. Ne jamais toucher aux crosses en développement.
Exposition & substrat
Exposition : ombre claire ou mi-ombre, 2 heures de soleil doux au maximum. Le revers argenté des frondes, qui fait tout son intérêt, se dégrade au soleil direct.
Emplacement : extérieur en climat océanique très doux, sinon serre froide humide ou véranda. Toujours à l'abri du vent, qui dessèche les frondes et déchire le limbe.
Substrat : terreau de feuilles, tourbe ou fibre de coco et écorce fine, riche et aéré.
pH : franchement acide, de 5 à 6.
Drainage : le substrat doit rester humide sans être asphyxiant ; l'écorce dans le mélange assure cet équilibre. Le stipe ne doit jamais tremper dans l'eau.
Multiplication
pour un amateur, l’achat d’un jeune plant ; le semis des spores, seule multiplication possible, demande 3 à 5 ans de patience avant d’obtenir une petite fougère.
Les autres méthodes
Bouturage : ne se bouture pas, et un stipe coupé, contrairement à celui de Dicksonia antarctica, ne se réenracine pas.
Semis :
Semerrécolter les spores en fin d’été, quand les amas bruns du revers des frondes sont mûrs, en posant une fronde sur une feuille de papier pendant 2 jours. Les poudrer en surface, sans les couvrir, sur de la tourbe ou de l’humus fin passé à l’eau bouillante, dans une boîte fermée, à la lumière sans soleil et à 20 °C, à l’intérieur. Un voile vert apparaît en 3 à 6 semaines, les premières frondes en 3 à 6 mois ; les spores reproduisent fidèlement l’espèce.
Récolter les grainesPas de graines en culture : c’est une fougère, elle se reproduit par spores, qu’un seul pied suffit à produire, sans pollinisateur. Elles perdent vite leur vigueur : les semer dans les semaines qui suivent la récolte, ou les garder au plus quelques mois dans une enveloppe de papier, au réfrigérateur. La fécondation se fait ensuite sur le voile vert, qui a besoin d’une fine pellicule d’eau : c’est pourquoi la boîte doit rester fermée et humide.
Division et autres méthodes : aucune : le stipe est unique, ne forme pas de rejets et ne se divise pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : peu de maladies véritables, l'essentiel des ennuis venant de l'air trop sec, qui brunit et racornit les pointes de frondes. La pourriture du cœur survient si de l'eau stagne dans la couronne par temps froid, et se solde par des crosses qui noircissent sans se dérouler. Un stipe qui se dessèche à la base signale un arrosage insuffisant de sa surface.
Parasites fréquents : cochenilles farineuses à la base des frondes et dans les écailles du stipe. Limaces et escargots dévorent les crosses tendres au printemps. L'araignée rouge apparaît en atmosphère sèche.
Prévention : maintenir une hygrométrie élevée par bassinage du stipe et une exposition abritée. Protéger la couronne d'un voile en hiver, en évitant de la fermer hermétiquement.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune toxicité documentée, la moelle du stipe ayant même été consommée traditionnellement en Nouvelle-Zélande. Les écailles et les poils du stipe sont en revanche irritants pour la peau.
Toxicité animaux : aucune toxicité connue pour le chien ou le chat. Ne pas la confondre avec la fougère aigle, cancérogène pour le bétail, qui est une tout autre plante.
Symptômes : démangeaisons et micro-irritations après manipulation du stipe à mains nues ; rien de notable en cas d'ingestion accidentelle de fronde.
Précautions : porter des gants et des manches longues pour manipuler ou rempoter la plante, les écailles s'implantant facilement dans la peau.
Associations de plantes
Bonnes associations : les fougères de sous-bois basses, Blechnum ou Polystichum, occupent le pied et partagent ses exigences. Les hostas apportent un feuillage large en contrepoint des frondes découpées. Un tapis de mousse ou de Soleirolia conserve l'humidité au sol.
Associations à éviter : les plantes de plein soleil et de sol drainé, incompatibles avec son ombre humide. Les vivaces gourmandes en engrais azoté. Éviter les grands arbres à racines superficielles, qui lui prendraient l'eau dont elle a un besoin constant.
Conseil : l'installer là où on la voit par en dessous, en contrebas d'un chemin ou d'une terrasse. Le revers argenté des frondes est sa signature et reste invisible quand on la regarde d'en haut.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Fougère arborescente gélive cultivée en grand pot, à l’ombre lumineuse et à l’abri du vent pendant la belle saison, hivernée en véranda ou serre froide hors gel, dans un substrat riche en fibres toujours humide ; la pleine terre n’est envisageable que sur le littoral atlantique le plus doux.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 1 à 3 jours ; de mi-septembre à fin avril : tous les 5 à 10 jours | Le tronc de cette fougère est un faisceau de racines qui absorbe l’eau sur toute sa hauteur, et doit rester humide en permanence. Une motte desséchée une seule journée en plein été fait griller la couronne et compromet toute la saison. |
| Brumisation | De début mai à mi-septembre : tous les 1 à 2 jours ; de mi-septembre à fin avril : tous les 2 à 4 jours | Cette espèce vient d’une forêt constamment saturée d’humidité et brunit du bord des frondes dès que l’air devient sec. L’hiver en véranda chauffée est la période la plus délicate, et un plateau de billes d’argile humides sous le pot complète utilement la brumisation. |
| Engrais liquide | De mai à août : toutes les 3 à 4 semaines | Les fougères arborescentes brûlent facilement avec des doses standard, mieux vaut nourrir peu et souvent. Aucun apport de septembre à avril, quand la croissance s’arrête. |
| Inspection parasitaire | De mai à septembre : toutes les 2 à 3 semaines ; d’octobre à avril : toutes les 1 à 2 semaines | Retourner quelques palmes et guetter le piqueté grisâtre qui trahit les acariens en atmosphère sèche, surtout pendant l’hivernage. Surveiller aussi les limaces au printemps, qui dévorent les jeunes crosses en une seule nuit. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Le substrat doit rester humide sans que les racines baignent en permanence dans une eau stagnante et froide. En hiver, une soucoupe pleine dans un local frais fait pourrir la base du stipe. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mars à mai | Les bases de pétioles laissées en place forment le manchon protecteur qui habille et soutient le tronc. Ne jamais toucher à la crosse centrale, unique point de croissance de la plante. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 3 ans | Rempoter au démarrage des nouvelles crosses, en enterrant légèrement la base du stipe pour stabiliser un sujet devenu haut. Ne jamais tasser fortement, les racines aériennes ayant besoin d’un substrat aéré. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à fin mai | Sortir la plante avant le déroulement des nouvelles crosses, plus fragiles encore que les frondes adultes. Arroser copieusement le stipe dans les jours qui suivent, le changement d’air asséchant beaucoup le tronc. |
| Ombrage estival | De début mai à mi-septembre | Le soleil direct de l’après-midi brûle les frondes en quelques heures et efface le revers argenté. Une place trop ventée déchire les palmes et dessèche la couronne aussi sûrement que le soleil. |
| Rentrée à l'automne | De début octobre à mi-novembre | Cette fougère supporte le frais mais pas le gel, qui détruit la couronne sans retour. Rentrer aussi les grands sujets, dont le tronc n’offre aucune protection au bourgeon terminal. |