Arbre fruitier · Rosacées
Cognassier Cydonia oblonga
Aussi appelé : Cognassier commun, Coignassier, Quince
Le cognassier est un petit arbre fruitier venu du Caucase et d’Asie centrale, cultivé pour ses coings parfumés, que l’on mange cuits, en gelée ou en pâte. Il atteint 4 à 6 m pour 3 à 5 m d’étalement, avec un port bas et tortueux, et donne ses premiers fruits 3 à 5 ans après la plantation. Il demande du plein soleil, un sol profond et frais, et des arrosages copieux en été les 3 premières années. Rustique jusqu’à -20 °C et fleuri assez tard pour échapper aux gelées de printemps, il ne craint guère que le calcaire actif, qui jaunit ses feuilles d’une chlorose tenace.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- En mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 9 : le bois tient sans dommage jusqu’à moins 20 à moins 25 °C. Sa floraison tardive, en mai, lui fait échapper aux gelées de printemps qui ruinent les abricotiers.
Dimensions : 4 à 6 m de haut pour 3 à 5 m d’étalement à maturité, avec un port bas et tortueux, souvent conduit en petit arbre ou en cépée.
Floraison : En mai, de grandes fleurs solitaires en coupe blanc rosé, au parfum léger, ouvertes assez tard pour échapper aux gelées de printemps.
Substrat : Sol profond, frais et riche, même un peu argileux ; pH de 6 à 7, le calcaire actif provoquant une chlorose tenace.
Exposition : Plein soleil, dans un endroit abrité des vents froids.
Arrosage : Arrosages copieux en été les trois premières années, tous les 7 à 12 jours, puis seulement en sécheresse prolongée. Le sol doit rester frais pour que les coings grossissent.
Durée de vie : Vivace, arbre fruitier de 30 à 50 ans, qui donne ses premiers fruits 3 à 5 ans après la plantation.
Multiplication : Bouturage de rameaux ligneux en novembre ou décembre en pleine terre, ou greffe en écusson en août pour les variétés fruitières.
Arrosage & entretien
Arrosage : Un arrosage long tous les 7 à 12 jours de juin à début septembre pendant les trois premières années, puis uniquement lors des sécheresses. Mieux vaut 30 à 50 litres d’un seul coup qu’un peu d’eau chaque jour, qui n’atteint jamais les racines.
Fertilisation : Deux à trois seaux de compost mûr griffés en surface en février ou mars, sur la largeur du houppier. Aucun apport azoté en été, car les pousses tendres qu’il provoque sont la porte d’entrée du feu bactérien.
Rempotage : Sans objet en pleine terre. Un cognassier en grand bac se rempote tous les 3 à 4 ans à l’automne, mais il y reste toujours moins vigoureux et moins productif.
Taille : Taille de structure entre fin novembre et février, hors gel : aérer le centre, enlever le bois mort et les branches croisées. Les fruits se forment à l’extrémité des rameaux de l’année, donc on ne raccourcit pas systématiquement les pousses.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures et plus par jour : c’est le soleil de fin d’été qui fait le parfum du coing. À mi-ombre, les fruits restent verts, petits et fades.
Emplacement : Extérieur, en pleine terre, dans un endroit abrité des vents dominants qui abîment la floraison de mai. Éviter les fonds de vallée où le gel s’accumule et où l’humidité stagnante entretient les maladies du feuillage.
Substrat : Sol profond, frais et riche, même argileux ; il supporte mal les terres sableuses qui sèchent vite. Un apport de compost à la plantation puis chaque fin d’hiver lui suffit.
pH : De 6 à 7. Au-delà, le calcaire actif provoque une chlorose ferrique tenace, feuilles jaunes à nervures vertes, difficile à rattraper.
Drainage : Il aime un sol frais mais pas noyé : l’eau stagnante en hiver asphyxie ses racines traçantes. En terre lourde, une plantation sur une légère butte règle la question.
Multiplication
Bouturage : couper en hiver des rameaux de l’année de la grosseur d’un crayon, en tronçons de 20 à 25 cm. Les enfoncer aux deux tiers dans une terre légère mêlée de sable, dehors, dans un coin abrité et mi-ombragé, et tasser. Les racines se forment au printemps ; garder la terre fraîche l’été et transplanter l’hiver suivant. Le bouturage de rameaux ligneux en novembre ou décembre, dehors : le cognassier fait partie des rares fruitiers qui s’enracinent bien ainsi, avec 50 à 70 % de réussite.
Les autres méthodes
Semis :
Semerstratifier les pépins 2 à 3 mois au froid, dans du sable humide au réfrigérateur, puis les semer en mars, dehors, à 1 ou 2 cm de profondeur ; la levée prend 3 à 6 semaines. Les semis ne reproduisent pas les variétés fruitières et servent surtout de porte-greffes.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : le cognassier est autofertile, ses fleurs se fécondent grâce aux abeilles. Un arbre donne des coings pleins de pépins, à récolter sur les fruits bien mûrs en octobre ou novembre. Laver les pépins de leur mucilage et les garder dans du sable à peine humide au frais jusqu’à la stratification, sans les laisser sécher tout à fait. Les pépins donnent des porte-greffes, jamais la variété du fruit récolté.
Division et autres méthodes : les variétés fruitières se multiplient par greffe ou par bouture, jamais par semis : greffe en écusson en août sur un cognassier de semis ou de bouture, en glissant sous l’écorce incisée en T un œil de la variété, puis en ligaturant. Le marcottage en butte, en hiver, consiste à rabattre un jeune pied au ras du sol et à butter de terre les rejets qui en repartent ; ils s’enracinent en un an. Les drageons du pied se détachent avec leurs racines en hiver.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’entomosporiose est la plaie de l’espèce : taches brunes cerclées de pourpre sur les feuilles et les fruits, puis défoliation en plein été, que l’on contient par le ramassage des feuilles et deux passages de bouillie bordelaise encadrant l’hiver. Le feu bactérien, auquel le cognassier est l’un des fruitiers les plus sensibles, noircit les rameaux en crosse de berger et n’a aucun traitement curatif : couper 30 à 50 cm sous la lésion et brûler. La moniliose momifie les fruits sur l’arbre, et ces momies doivent être décrochées avant l’hiver.
Parasites fréquents : Le carpocapse, chenille qui creuse les fruits, se repère au petit trou bouché de sciure brune ; on le limite par des pièges à phéromone posés dès la mi-mai. Les pucerons cendrés crispent les jeunes pousses au printemps et se règlent à l’eau savonneuse ou en laissant faire les coccinelles. Cochenilles et acariens restent plus rares et signalent surtout un arbre stressé par la sécheresse.
Prévention : Ramasser les feuilles et les fruits tombés à l’automne, sans jamais les composter. Désinfecter le sécateur à l’alcool entre deux coupes et en passant d’un arbre à l’autre. Ne pas planter près d’aubépines, de pyracanthas ou de cotonéasters, réservoirs habituels du feu bactérien.
Toxicité
Toxicité humaine : La chair du coing est comestible une fois cuite et sans danger ; crue, elle est simplement dure, âpre et très astringente. Les pépins, eux, contiennent de l’amygdaline, un composé cyanogène, comme ceux du pommier et du cerisier.
Toxicité animaux : Le fruit n’est pas toxique pour le chien et le chat, mais les pépins et les feuilles le sont, au même titre que chez les autres rosacées. Un coing entier avalé par un chien présente surtout un risque d’occlusion, par sa dureté.
Symptômes : Une quantité importante de pépins mâchés donne maux de tête, vertiges, nausées et essoufflement ; avalés entiers, ils traversent sans effet. Le contact avec les feuilles, les fleurs ou le duvet du fruit n’entraîne rien de particulier.
Précautions : Retirer le cœur et les pépins avant de cuisiner, et ne pas les broyer dans une préparation. Ramasser les fruits tombés si un chien a l’habitude de les mâcher au pied de l’arbre.
Associations de plantes
Bonnes associations : La consoude plantée au pied fournit un paillage riche en potasse, exactement ce que demandent le grossissement et le parfum des coings. Les narcisses en cercle autour du tronc tiennent à distance les campagnols, qui rongent volontiers ses racines superficielles. Un tapis de trèfle blanc entretient la fraîcheur du sol et fixe un peu d’azote sans concurrencer l’arbre.
Associations à éviter : L’aubépine, le pyracantha et le cotonéaster, tous réservoirs de feu bactérien, ne doivent pas border un cognassier. Le noyer libère de la juglone, qui bloque la croissance des jeunes fruitiers plantés sous sa couronne. Un gazon dense mené jusqu’au tronc prive l’arbre de l’eau de surface dont ses racines traçantes dépendent.
Conseil : Garder 1 m de sol nu et paillé autour du tronc, puis récolter les coings avant les premières gelées et les laisser mûrir 3 à 4 semaines au fruitier : c’est là, et pas sur l’arbre, qu’ils prennent leur parfum.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre greffé installé en pleine terre au jardin, en plein soleil, à l’abri des vents froids, dans un sol profond, frais et peu calcaire.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début juin à mi-septembre : tous les 7 à 12 jours | Arroser longuement et rarement plutôt qu’un peu chaque jour, pour que l’eau descende jusqu’aux racines. Passé 3 ans, l’arbre ne réclame de l’eau qu’en sécheresse prolongée, mais c’est la fraîcheur du sol qui fait la qualité du fruit. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De janvier à décembre | Le feu bactérien et la moniliose passent l’hiver dans ce bois et ces momies, et repartent au printemps suivant sur les fleurs. Décrocher aussi les fruits pourris restés accrochés avant la chute des feuilles. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Le cognassier est l’un des fruitiers les plus sensibles à Erwinia amylovora, et un sécateur non désinfecté transporte la bactérie d’une plaie à la suivante. C’est le geste qui coûte le moins et qui évite le plus. |
| Compost, amendement | De février à mars | Nourrir avant le débourrement, pour la floraison de mai et le grossissement des fruits. Aucun apport azoté en été : les pousses tendres qu’il provoque sont la porte d’entrée du feu bactérien. |
| Paillage | D’avril à mai | Pailler avant les chaleurs, car le cognassier a des racines traçantes et superficielles qui souffrent les premières. Un sol qui sèche en juillet donne des coings petits, durs et crevassés. |
| Gourmands et rejets | De mai à septembre | Le cognassier drageonne abondamment et ces rejets appartiennent au porte-greffe : coupés, ils repartent en trois, arrachés à la base ils ne reviennent pas. Supprimer de même les pousses verticales du centre, qui ne fructifient pas et ferment l’arbre. |
| Fructification, récolte | De début octobre à mi-novembre | Cueillir avant les premières gelées, fruit par fruit, car la moindre meurtrissure tourne à la pourriture en cave. Les laisser ensuite mûrir 3 à 4 semaines au fruitier, au frais et à l’abri, avant de les cuisiner. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à fin décembre | L’entomosporiose hiverne sur les feuilles tombées et réinfecte les jeunes pousses au printemps. Ne surtout pas les laisser en paillage au pied de l’arbre. |
| Traitement préventif | De novembre à mars | Deux passages de cuivre encadrant l’hiver réduisent nettement l’entomosporiose et la moniliose de l’année suivante. Ne rien pulvériser pendant la floraison de mai, par égard pour les abeilles. |
| Taille de structure | De mi-novembre à fin février | Aérer le centre et supprimer les branches qui se croisent, sans raccourcir systématiquement les pousses de l’année, car c’est à leur extrémité que le cognassier porte ses fruits. Une taille sévère se paie d’une récolte perdue et d’une forêt de gourmands. |