Orchidée · Orchidacées
Cymbidium Cymbidium hybridum
Aussi appelé : Orchidée cymbidium, Cymbidium hybride, Boat orchid
Le cymbidium est une orchidée semi-terrestre, issue d’espèces des montagnes d’Asie, qui fleurit de décembre à avril en longues hampes de fleurs cireuses tenant 6 à 10 semaines. Sa touffe de feuilles rubanées atteint 50 à 80 cm, et ses hampes 60 à 120 cm chez les grands hybrides, 30 à 50 cm chez les miniatures. Il demande beaucoup de lumière, des arrosages par trempage à l’eau douce et un été dehors, jusqu’à la fin octobre, puisqu’il tient des nuits à 2 ou 3 °C. Trop à l’ombre, il fait un beau feuillage vert foncé et ne fleurit plus.
- Type
- Orchidée
- Famille
- Orchidacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 2 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 9 à 10. Il tient sans dommage des nuits à 2 ou 3 °C, ce qui lui permet de rester dehors jusqu’à la fin octobre, mais le gel détruit hampes et boutons et abîme les pseudobulbes : il rentre avant la première gelée.
Dimensions : Touffe de feuilles rubanées de 50 à 80 cm, hampes florales dressées de 60 à 120 cm chez les grands hybrides et de 30 à 50 cm chez les miniatures. Étalement de 50 à 80 cm, davantage pour une vieille touffe non divisée.
Floraison : De décembre à avril selon l’hybride, de longues hampes de fleurs cireuses blanches, vertes, jaunes, roses ou brun rouge au labelle maculé, qui tiennent 6 à 10 semaines ; certains hybrides sont parfumés.
Substrat : Écorces de pin de calibre moyen, additionnées de tourbe ou de fibre de coco et de perlite. C’est une orchidée semi-terrestre : elle veut plus de matière fine qu’un phalaenopsis, mais jamais de terreau seul.
Exposition : Très lumineuse, avec une ombre légère aux heures chaudes de l’été. Un feuillage vert clair, presque jaunissant, signale la bonne lumière ; un vert foncé et brillant annonce une plante qui ne fleurira pas.
Arrosage : Tous les 3 à 4 jours en plein été dehors, tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 10 à 14 jours en hiver dans une pièce fraîche. Toujours par trempage du pot, avec une eau douce, suivi d’un égouttage complet.
Durée de vie : Vivace de longue haleine : une touffe se conserve et se divise pendant 10 à 20 ans. Chaque pseudobulbe ne fleurit qu’une fois, puis nourrit les suivants pendant 3 ou 4 ans avant de se dessécher.
Multiplication : Division de la touffe au rempotage, de mars à mai après la floraison, en éclats de 3 ou 4 pseudobulbes feuillés.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tremper le pot un quart d’heure puis l’égoutter entièrement, avec une eau douce à température ambiante. Tous les 3 à 4 jours de la mi-mai à septembre, tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 10 à 14 jours d’octobre à février, car en pièce fraîche un substrat mouillé fait pourrir les pseudobulbes.
Fertilisation : Engrais orchidée un arrosage sur deux, d’avril à octobre : riche en azote jusqu’à la mi-juillet pour grossir les nouveaux pseudobulbes, riche en potasse d’août à octobre pour préparer les hampes. Aucun apport de novembre à mars.
Rempotage : Tous les 3 ans environ, juste après la floraison, en avril ou mai, quand les écorces se décomposent. Diviser en éclats d’au moins trois pseudobulbes pourvus de feuilles et de racines, et replanter dans un pot à peine plus grand, car il fleurit mieux à l’étroit.
Taille : Le feuillage ne se taille pas. On coupe la hampe défleurie à sa base et les feuilles sèches, toujours avec une lame passée à la flamme pour ne pas transmettre le virus de la mosaïque.
Exposition & substrat
Exposition : Le maximum de lumière sans soleil brûlant : 4 à 6 heures de soleil du matin ou de fin de journée lui conviennent. En juillet et août, un ombrage de 30 à 50 % évite les taches brunes sur les feuilles exposées.
Emplacement : Dehors de la fin mai à la fin octobre, sous un arbre clair ou derrière un voile d’ombrage. L’hiver, devant une fenêtre sud ou ouest dans une pièce non chauffée à 10-15 °C, véranda, chambre froide ou cage d’escalier : un salon à 20 °C donne du feuillage et pas de fleurs.
Substrat : Environ 60 % d’écorces de calibre moyen, 20 % de tourbe ou de fibre de coco, 20 % de perlite ou de sphaigne. Ce mélange retient un peu d’eau tout en laissant l’air circuler autour des racines charnues.
pH : 5,5 à 6,5, soit légèrement acide. Une eau calcaire fait dériver le substrat vers le neutre et bloque l’assimilation du fer.
Drainage : Pot percé obligatoire, jamais posé dans un cache-pot qui garde l’eau. L’excès d’eau fait pourrir les racines en quelques jours, mais un substrat vieilli, décomposé et compact asphyxie tout autant : c’est lui qui commande le rempotage.
Multiplication
Division : après la floraison, à l’intérieur ou sous abri, dépoter, démêler les racines et séparer la touffe au sécateur désinfecté en éclats de 3 ou 4 pseudobulbes feuillés, en ôtant les racines mortes. Rempoter chaque éclat dans un mélange d’écorces, de fibre de coco et de perlite, et arroser peu pendant 3 semaines. La division de la touffe au rempotage, juste après la floraison, de mars à mai : elle réussit presque toujours et reproduit fidèlement l’hybride.
Les autres méthodes
Bouturage : ne se bouture pas au sens habituel ; les vieux pseudobulbes sans feuilles peuvent cependant redonner une pousse (voir ci-dessous).
Semis :
Semerun amateur ne le sème pas : c’est une orchidée hybride, dont les graines, minuscules, ne germent qu’en laboratoire.
Récolter les grainesPas de graines en culture : ses graines, sans réserves, ne germent qu’en laboratoire. Inutile de laisser une fleur fanée en place : un cymbidium ne forme de capsule qu’après une pollinisation à la main ; la capsule met près d’un an à mûrir. On passe par la division.
Division et autres méthodes : Les vieux pseudobulbes sans feuilles, nettoyés et posés à demi enfoncés sur de la sphaigne ou de la perlite humide au chaud et à l’ombre claire, donnent une pousse en 2 à 3 mois.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture bactérienne se déclare après un excès d’eau ou une blessure, en taches molles et malodorantes sur les pseudobulbes : couper largement au sain, laisser sécher à l’air et espacer les arrosages. Les taches foliaires noires ou brunes viennent d’un air confiné et humide ; supprimer les feuilles atteintes et aérer. Le virus de la mosaïque du cymbidium, lui, marbre le feuillage de stries nécrotiques, ne se soigne pas, et impose d’isoler puis de détruire la plante.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses et à bouclier se cachent au creux des feuilles et contre les pseudobulbes, où on les retire au coton imbibé d’alcool avant un traitement à l’huile blanche. L’araignée rouge apparaît par air sec et chaud, reconnaissable au piqueté clair et aux fines toiles du revers : doucher le feuillage la fait reculer. Dehors, limaces et escargots attaquent les boutons et les racines qui dépassent, et les thrips déforment les fleurs ouvertes.
Prévention : Arroser le matin pour que le feuillage soit sec le soir, et écarter les feuilles tous les 15 jours pour inspecter la base des pseudobulbes. Désinfecter la lame entre deux plantes, systématiquement. Éviter d’entasser les potées dehors : c’est l’air qui circule entre elles qui empêche la plupart des ennuis.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue. Le genre Cymbidium ne figure pas parmi les plantes toxiques, et ses fleurs servent même de décor comestible dans certaines cuisines d’Asie.
Toxicité animaux : Non toxique pour le chien comme pour le chat, y compris les hybrides horticoles, selon les listes de l’ASPCA. Les orchidées cultivées sont, dans leur ensemble, considérées comme sans danger.
Symptômes : Rien n’est attendu au contact ni après une petite ingestion ; une grande quantité de feuilles coriaces peut provoquer des vomissements ou des selles molles, par simple irritation mécanique. Aucune réaction cutanée n’est décrite avec la sève.
Précautions : Le vrai risque vient de ce qu’on met dessus : huile blanche, anti-cochenilles et engrais se rangent hors de portée et on attend le séchage complet avant de laisser un animal approcher. Les écorces et les billes d’argile avalées posent plus de problèmes que la plante elle-même.
Associations de plantes
Bonnes associations : Ici l’association tient aux conditions partagées plus qu’au voisinage des racines : Coelogyne cristata, Dendrobium nobile et Zygopetalum réclament le même hiver frais et lumineux et se rangent sur la même étagère. Dehors l’été, l’ombre légère d’un érable ou d’un vieux pommier donne exactement la lumière recherchée. Une potée de fuchsias à ses côtés supporte la même mi-ombre et le même arrosage abondant.
Associations à éviter : Phalaenopsis, anthurium et orchidées de serre chaude souffrent sous 16 °C, or c’est justement la fraîcheur nocturne qui fait fleurir le cymbidium : l’un des deux sera sacrifié. Ne pas l’installer près d’une coupe de fruits ni dans une véranda à agrumes, l’éthylène dégagé faisant avorter boutons et fleurs. Enfin, rien d’autre ne se plante dans son pot : un substrat d’écorces ne convient à aucune plante de terreau.
Conseil : Noter la date de rentrée sur un calendrier, car c’est le seul geste dont dépend vraiment la floraison. Placer la potée dehors là où la pluie d’été la lave, mais hors d’atteinte d’un arrosage automatique qui la maintiendrait détrempée.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe en pot dans un substrat d’écorces, sortie à mi-ombre de la fin du printemps à l’automne et hivernée dans une pièce très claire et fraîche, entre 10 et 15 degrés.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mars à mi-mai : tous les 5 à 7 jours ; de mi-mai à mi-septembre : tous les 3 à 4 jours ; de mi-septembre à fin février : tous les 10 à 14 jours | Tremper le pot un quart d’heure puis l’égoutter complètement, et espacer fortement dès la rentrée : en pièce fraîche, des écorces qui restent mouillées font pourrir les pseudobulbes. |
| Inspection parasitaire | De début juin à mi-octobre : toutes les 1 à 2 semaines ; de mi-octobre à fin mai : toutes les 2 à 3 semaines | Écarter les feuilles tous les 15 jours pour chercher les cochenilles blotties contre les pseudobulbes et le piqueté clair de l’araignée rouge au revers, deux hôtes qu’on ne voit qu’en les cherchant. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider systématiquement l’eau sous le pot, y compris pendant la floraison d’hiver où l’on oublie une potée posée dans un cache-pot décoratif. |
| Taille après floraison | De janvier à mai | Couper la hampe défleurie à sa base avec une lame désinfectée, car laissée en place elle continue de puiser dans le pseudobulbe sans plus rien donner. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Passer la lame à la flamme avant de couper quoi que ce soit : le virus de la mosaïque du cymbidium se transmet par la sève d’une plante à l’autre et ne se soigne pas. |
| Engrais liquide | De début avril à mi-octobre | Donner un engrais orchidée un arrosage sur deux, azoté pendant la pousse des nouveaux pseudobulbes puis riche en potasse d’août à octobre, quand se préparent les hampes ; suspendre dès la rentrée. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 3 ans | Rempoter après la floraison, tous les 3 ans environ, quand les écorces se décomposent et retiennent l’eau ; garder un pot juste à la taille de la touffe, car un cymbidium au large ne fleurit pas. |
| Sortie au printemps | De mi-mai à mi-juin | Sortir la potée quand les nuits ne descendent plus sous 10 °C, sous un arbre clair ou derrière un voile d’ombrage, en l’exposant par étapes pour éviter de brûler un feuillage habitué à l’intérieur. |
| Palissage, tuteurage | De début septembre à mi-février | Tuteurer la hampe dès qu’elle se redresse et l’attacher souplement tous les 10 cm, faute de quoi elle se courbe sous le poids des boutons et ne se redresse plus. |
| Rentrée à l'automne | De mi-octobre à mi-novembre | Rentrer avant la première gelée mais le plus tard possible, car ce sont les nuits fraîches de septembre et d’octobre qui déclenchent les hampes florales. |