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Légume · Astéracées

Artichaut Cynara scolymus

Aussi appelé : Artichaut commun, Artichaut cultivé, Globe artichoke

L’artichaut est un grand légume vivace du bassin méditerranéen, cousin du cardon, dont on récolte le bouton floral avant qu’il ne s’ouvre. Il atteint 1,20 à 1,50 m de haut pour 1 m d’étalement, et une plantation s’exploite 3 à 4 ans avant d’être refaite avec des œilletons. Il demande du plein soleil, un sol profond et riche, frais l’été mais drainé l’hiver, et beaucoup d’eau : 10 à 15 litres par pied tous les 2 ou 3 jours en été. Sa souche tient -8 à -10 °C buttée et paillée, mais craint davantage l’humidité d’un hiver doux que le froid sec.

Artichaut (Cynara scolymus)
Photo : Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Légume
Famille
Astéracées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-8 °C
Floraison
De juillet à août
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 7 à 10. La souche tient -8 à -10 °C buttée et paillée, mais un hiver doux et détrempé la tue plus sûrement qu’un hiver froid et sec.

Dimensions : 1,20 à 1,50 m de haut en pleine végétation pour 1 m d’étalement. Compter 1 m en tous sens entre deux pieds.

Floraison : Aucune recherchée : l’artichaut se récolte en bouton. Un capitule laissé en place s’ouvre en juillet-août en un gros chardon bleu violet, mellifère, mais n’est plus comestible.

Substrat : Sol profond, travaillé sur 40 cm, riche en compost, frais l’été et drainé l’hiver. pH idéal de 6,5 à 7,5.

Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum, à l’abri des vents forts qui couchent les hampes chargées.

Arrosage : Tous les 2 ou 3 jours de juin à août, à raison de 10 à 15 litres par pied. C’est l’un des plus gros consommateurs d’eau du potager.

Durée de vie : Vivace exploitée 3 à 4 ans. Passé ce délai la souche s’épuise et l’on replante des œilletons sur une autre planche.

Multiplication : Œilletons détachés de la souche avec leur talon, de début mars à début avril, et replantés aussitôt à 1 m en tous sens.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 5 à 7 jours en avril et mai, tous les 2 ou 3 jours et copieusement de juin à août, tous les 7 à 10 jours en septembre et octobre, puis presque rien de novembre à mars. Arroser au pied et jamais dans le cœur de la rosette, où l’eau fait pourrir les jeunes capitules.

Fertilisation : 3 à 4 kg de compost bien mûr par pied au démarrage en mars, puis un apport riche en potasse après la première récolte pour relancer la seconde. La plante est très gourmande et monte une masse énorme de feuillage en quelques semaines.

Rempotage : Mal adapté au pot, qui doit faire au moins 50 cm de profondeur et de diamètre pour sa racine pivotante. Au potager on ne rempote pas : on œilletonne au printemps et l’on renouvelle la planche tous les 3 ou 4 ans.

Taille : Œilletonner en mars en ne gardant que deux ou trois rejets par souche, les autres servant de plants. Après la récolte, couper les hampes à la base et rabattre le feuillage à 25 ou 30 cm avant de butter pour l’hiver.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum et toute la journée si possible. À l’ombre, il fait de belles feuilles et très peu de capitules.

Emplacement : Extérieur au potager toute l’année, exposition sud ou sud-ouest, à l’abri des vents dominants. Ses grandes feuilles portent au vent et les hampes se couchent facilement en juin.

Substrat : Terre profonde, meuble, riche en matière organique, travaillée sur 40 cm et généreusement compostée. Les sols superficiels ou caillouteux ne conviennent pas à sa racine pivotante.

pH : 6,5 à 7,5, de légèrement acide à neutre.

Drainage : Drainage hivernal impératif, c’est lui qui décide de la survie de la souche. Une terre lourde et détrempée de novembre à février fait pourrir le collet : en sol argileux, planter sur butte.

Multiplication

Méthode conseillée

Œilletons : de début mars à début avril, dégager la souche et détacher d’un coup de couteau ou de bêche les rejets de 20 à 25 cm du pourtour, avec leur talon et quelques racines, en ne laissant sur la mère que 2 ou 3 rejets vigoureux. Raccourcir leurs feuilles de moitié et les planter aussitôt, à 1 m en tous sens, dans une terre riche et ameublie. Arroser copieusement et tenir frais jusqu’à la reprise, en 3 semaines environ. La plantation d’œilletons détachés de la souche de début mars à début avril : c’est la méthode classique, qui reproduit fidèlement la variété.

Les autres méthodes

Bouturage : l’artichaut ne se bouture pas.

Semis :

Semerpossible en février ou mars, à l’intérieur, graines enterrées à 1 cm dans des godets, à 20 °C, avec une levée en 2 à 3 semaines ; planter dehors en mai, après les gelées. Les semis donnent des plants inégaux, souvent épineux, et ne reproduisent pas les variétés multipliées par œilletons ; seules quelques variétés de semis sont fidèles.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : les fleurs d’un capitule se fécondent entre elles. Laisser fleurir un capitule, que les abeilles et les bourdons pollinisent ; les graines mûrissent en septembre, quand le cœur se dessèche et se couvre de duvet, et se secouent du capitule coupé et séché à l’abri. Différentes variétés voisines se croisent : pour une variété de semis fidèle, mieux vaut acheter les graines, qui se gardent 5 ans au sec et au frais.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium couvre le feuillage d’un feutrage blanc en été, surtout après un coup de sec suivi d’humidité ; soufre ou décoction de prêle en viennent à bout. Le mildiou marque les feuilles de plages jaunes puis brunes par temps doux et humide au printemps. La verticilliose fait faner brutalement un pied entier et impose de changer de planche, le champignon persistant des années dans le sol.

Parasites fréquents : Le puceron noir de la fève est le grand ennemi : il forme des manchons serrés sur les hampes en mai et juin puis se glisse entre les bractées, où plus rien ne l’atteint. Les limaces dévorent les jeunes œilletons au printemps. La vanesse du chardon pond sur les feuilles, et ses chenilles les squelettisent en quelques jours.

Prévention : Déloger au jet d’eau les premiers manchons, sinon traiter avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », avant que les pucerons n’entrent dans les capitules, et attirer les coccinelles en laissant fèves ou capucines à proximité. Espacer les pieds d’1 m en tous sens et arroser au pied le matin. Changer de planche tous les 3 ou 4 ans rompt les cycles du sol.

Toxicité

Toxicité humaine : Non toxique, c’est un légume consommé depuis l’Antiquité. Seules les personnes allergiques aux Astéracées peuvent réagir, la cynarine des feuilles étant très amère mais sans danger aux doses alimentaires.

Toxicité animaux : Non toxique pour le chien et le chat, et il ne figure sur aucune liste de plantes dangereuses des centres antipoison vétérinaires ; l’extrait de feuille est même vendu comme drainant hépatique pour ces animaux. Le vrai risque est mécanique : les bractées de certaines variétés, le Violet de Provence par exemple, portent des épines acérées.

Symptômes : Une ingestion importante de feuilles peut donner ballonnements, gaz et diarrhée légère chez un animal, sans gravité. Le feuillage rêche provoque parfois de petites irritations cutanées chez les personnes sensibles.

Précautions : Des gants suffisent pour l’œilletonnage et pour récolter les variétés épineuses. Rien à craindre pour un enfant ou un animal qui croquerait une feuille au potager.

Associations de plantes

Bonnes associations : La fève et la capucine plantées à proximité, qui attirent le puceron noir sur elles et jouent le rôle de plantes pièges. Le pois et le haricot, légumineuses qui enrichissent le sol en azote dont l’artichaut est friand. La laitue et la mâche à son pied la première année, qui occupent l’espace tant que la touffe ne s’est pas étalée.

Associations à éviter : Les autres Astéracées, chicorée, salsifis, topinambour et laitue en culture prolongée, qui partagent ses maladies et notamment la verticilliose. La pomme de terre et la tomate, gourmandes en eau et en azote sur les mêmes semaines et hôtes des mêmes champignons du sol. Les légumes bas exigeant du soleil, qui se retrouvent sous 1,50 m de feuillage dès le mois de juin.

Conseil : Réservez-lui une planche à part, en bordure nord du potager plutôt qu’au milieu : il occupe 1 m carré par pied pendant 4 ans et fait de l’ombre à tout ce qui pousse derrière lui. Plantez les œilletons de renouvellement une saison à l’avance, ailleurs, pour ne jamais rester sans récolte l’année du changement de planche.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Souche installée au potager en pleine terre, en plein soleil et à l’abri du vent, dans un sol profond travaillé sur 40 cm, généreusement composté et drainé en hiver, avec 1 m en tous sens par pied.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à octobre : tous les 7 à 10 jours ; de novembre à mars : toutes les 3 à 4 semaines C’est l’un des plus gros buveurs du potager : un manque d’eau en juin donne des capitules petits et fibreux qui s’ouvrent trop vite. L’hiver, la pluie suffit et l’excès d’eau tue la souche.10 à 15 litres par pied en été, au pied et jamais dans le cœur
Mise en place des plantsEssentiel De mars à avril Planter dès que la terre est ressuyée, en automne seulement dans le Midi. Renouveler la planche tous les 3 ou 4 ans en changeant d’emplacement, la souche s’épuisant et les maladies du sol s’y accumulant.œilletons ou godets, 1 m en tous sens, collet au niveau du sol
Division de touffeEssentiel De début mars à mi-avril Détacher au printemps les rejets périphériques en ne laissant que les plus vigoureux : une souche laissée entière donne une foule de petits capitules au lieu de quelques beaux. Les rejets arrachés avec leur talon servent de plants pour la planche suivante.œilletonnage : deux ou trois rejets gardés par souche, les autres arrachés avec un talon
Compost, amendementEssentiel De début mars à mi-avril Enfouir superficiellement une bonne pelletée autour de chaque souche au démarrage de la végétation : l’artichaut est très gourmand et monte une masse énorme de feuillage en quelques semaines.3 à 4 kg de compost mûr par pied, puis de la potasse après la première récolte
PaillageUtile De début mai à mi-juin Pailler épais avant les chaleurs pour espacer les arrosages et garder le sol frais, ce qui tient directement la tendreté des capitules à venir.7 à 10 cm de tonte séchée ou de paille, écartés du collet
Inspection parasitaireEssentiel De mai à août Regarder chaque semaine le cœur des rosettes et le dessous des feuilles : le puceron noir colonise les hampes juste avant la récolte et devient impossible à déloger une fois glissé entre les bractées.puceron noir de la fève, en manchons serrés sur les hampes
Fructification, récolteEssentiel De juin à septembre Récolter le capitule central d’abord, les latéraux quelques semaines plus tard, toujours avant que les écailles ne s’écartent : passé ce stade la fleur se forme et le fond devient filandreux. Un pied planté au printemps ne produit qu’en août et septembre.couper 5 cm sous le capitule, écailles encore serrées
RabattageUtile De mi-octobre à fin novembre Supprimer les tiges ayant produit et raccourcir les grandes feuilles une fois la récolte finie, pour que le pied n’offre plus de prise à l’humidité de l’hiver.hampes coupées à la base, feuillage raccourci à 25 ou 30 cm
Protection des racinesEssentiel De début novembre à mi-décembre Butter le pied et le couvrir d’une couche épaisse et aérée avant les fortes gelées : ainsi protégé l’artichaut tient -10 °C, alors qu’il pourrit dans une terre froide et détrempée.buttage sur 20 cm puis feuilles sèches ou fougère, à découvrir en mars