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Arbuste · Fabacées

Genêt à balais Cytisus scoparius

Aussi appelé : Genêt commun, Grand genêt, Scotch broom

Le genêt à balais est un arbuste de la famille du pois, spontané dans les landes et les friches de toute l’Europe de l’Ouest, dont les rameaux verts font le travail de feuilles presque absentes. Au jardin, il forme une gerbe souple de 1,50 à 2,50 m qui se couvre de fleurs jaune d’or de fin avril à début juin. Il demande plein soleil et un sol pauvre, sableux, parfaitement drainé, sans engrais ni arrosage une fois installé. Une terre riche, l’ombre ou l’eau stagnante en hiver abrègent sa vie, déjà courte.

Genêt à balais (Cytisus scoparius)
Photo : The original uploader was Jeffdelonge at French Wikipedia., CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Fabacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
D’avril à juin
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 5 à 8, soit environ -25 °C. Il pousse spontanément dans toute la France, y compris en moyenne montagne, mais l’humidité hivernale stagnante le tue bien plus sûrement que le froid.

Dimensions : 1,50 à 2,50 m de haut pour 1,50 à 2 m d’étalement, atteints en 4 ou 5 ans. Le port est souple, en gerbe de rameaux verts qui assurent la photosynthèse à la place des feuilles, minuscules et vite tombées.

Floraison : De fin avril à début juin, une profusion de fleurs papilionacées jaune d’or au parfum léger. Toute la plante est toxique.

Substrat : sol pauvre, sableux ou caillouteux, parfaitement drainant, pH 5 à 6,5. Une terre riche ou amendée lui est nettement défavorable.

Exposition : plein soleil sans concession, 6 heures minimum. À l’ombre il s’étiole, ne fleurit presque pas et se couche.

Arrosage : aucun une fois installé. Un arrosage copieux par semaine de juin à début septembre les deux premiers étés, puis plus rien du tout.

Durée de vie : arbuste vivace mais de vie brève, 10 à 15 ans, souvent moins en sol riche ou arrosé. On prévoit son remplaçant vers sa huitième année.

Multiplication : Semis en place ou en godet profond, de mars à début avril, après trempage des graines dans l’eau chaude.

Arrosage & entretien

Arrosage : les deux premiers étés, un arrosage copieux par semaine de juin à début septembre, le temps que la racine pivotante descende. Ensuite rien, quelle que soit la saison : c’est une plante de lande sèche, et un sol qui reste humide en hiver fait pourrir son collet.

Fertilisation : aucune, jamais. C’est une légumineuse qui fixe son propre azote, et un engrais le fait filer en rameaux mous, cassants et peu fleuris.

Rempotage : la culture en bac lui convient mal à cause de sa racine pivotante. En bac de 40 litres minimum, on se contente de renouveler les trois premiers centimètres de substrat au printemps plutôt que de déranger la motte.

Taille : en juin, dès les pétales tombés, raccourcir d’un tiers les rameaux verts qui viennent de fleurir. Ne jamais couper dans le bois gris et sans feuilles : il ne repart pas et le moignon reste visible à vie.

Exposition & substrat

Exposition : plein soleil, 6 heures et plus par jour. La floraison est proportionnelle à la lumière reçue.

Emplacement : extérieur toute l’année, sans abri. Une exposition sud ou ouest lui va, et il encaisse très bien le vent et les embruns, ce qui en fait un arbuste de bord de mer.

Substrat : terre de jardin pauvre allégée d’un tiers de sable grossier ou de gravier. Ni compost, ni terreau, ni fumier à la plantation.

pH : 5,0 à 6,5. En terre calcaire il jaunit par chlorose, s’affaiblit et meurt en 2 ou 3 ans, sans remède durable.

Drainage : impératif et non négociable. Un talus, une pente ou une butte sont ses meilleures places ; en sol lourd et gorgé d’eau l’hiver, il dépérit en une saison.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : verser sur les graines de l’eau à 80 °C et les laisser tremper 24 h, ou frotter le tégument au papier de verre. Les semer dehors, en place ou en godets profonds, à 5 mm de profondeur ; la levée prend 2 à 4 semaines. Les graines reproduisent fidèlement l’espèce, pas les variétés colorées. Le semis de mars à début avril, en place ou en godet profond, après avoir ramolli le tégument : il lève bien et évite de déplacer la racine pivotante.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le genêt est en grande partie autostérile. Les fleurs sont fécondées par les bourdons, dont le poids déclenche l’éjection du pollen, et un pied isolé donne peu de gousses : il en faut plusieurs pour une récolte abondante. Elles noircissent en juillet et août et éclatent en projetant les graines : les cueillir dès qu’elles virent au noir et les laisser s’ouvrir dans un sac en papier. Grâce à leur tégument dur, les graines se gardent plusieurs années au sec.

Les autres méthodes

Bouturage : possible en juillet et août pour conserver un genêt de couleur particulière, que le semis ne reproduit pas : boutures semi-aoûtées de 8 à 10 cm, prélevées avec un talon. Les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous abri, à l’étouffée et à l’ombre ; l’hormone de bouturage, facultative, aide cette reprise moyenne. L’enracinement prend 6 à 8 semaines, et les jeunes plants se mettent en place au printemps, motte intacte.

Division et autres méthodes : aucune : arbuste à racine pivotante, il ne drageonne pas et ne se divise pas.

Maladies & parasites

Maladies courantes : très peu sensible en sol sec. En sol lourd, on voit un dépérissement brutal de rameaux entiers, puis du sujet, lié à une pourriture du collet et des racines. Il n’existe pas de traitement : on coupe au propre et on revoit le drainage, ou on replante ailleurs.

Parasites fréquents : pucerons noirs en manchon au bout des jeunes pousses en mai et juin, délogés par un simple jet d’eau. La bruche des graines loge dans les gousses sans nuire à l’arbuste. Des cochenilles apparaissent parfois sur les sujets âgés et encombrés de bois mort.

Prévention : ne pas arroser, ne pas fertiliser, c’est l’essentiel de la prophylaxie. Nettoyer le bois mort en mars pour aérer la touffe. Éviter de replanter un genêt exactement à l’emplacement d’un genêt mort.

Toxicité

Toxicité humaine : toute la plante est toxique, par ses alcaloïdes quinolizidiniques, cytisine et spartéine. Les graines et les gousses sont les parties les plus concentrées, et malgré un ancien usage médicinal des sommités fleuries, aucune partie ne se consomme.

Toxicité animaux : toxique pour le chien, le chat, et surtout pour le cheval, qui y est particulièrement sensible. Les bovins et les ovins s’en détournent le plus souvent, sauf en pâture rase où il ne reste rien d’autre à brouter.

Symptômes : salivation, vomissements, douleurs abdominales, puis vertiges, tremblements et troubles du rythme cardiaque quand la dose est importante. Le contact avec le feuillage ne provoque en revanche rien de particulier.

Précautions : ne pas le planter en bordure de pâture équine ni en limite d’un enclos. Ramasser les gousses sèches si de jeunes enfants jouent à proximité ; un lavage des mains suffit après la taille, les gants ne sont pas nécessaires.

Associations de plantes

Bonnes associations : la bruyère callune, qui demande le même sol acide et drainé et prend le relais de la floraison en fin d’été. Le ciste, qui partage exactement ses besoins de soleil, de pauvreté et de sécheresse. Les graminées sèches comme la fétuque bleue ou la stipe, qui habillent son pied dégarni sans rien lui disputer.

Associations à éviter : les rosiers et les vivaces gourmandes, dont la fumure le fait filer. Les hortensias et les hostas, dont les arrosages d’été pourrissent son collet. Plus généralement tout ce qui se plante ou se replante chaque année à son pied, car sa racine pivotante ne supporte aucun coup de plantoir.

Conseil : l’acheter jeune, en godet de moins de 2 ans, et ne plus jamais toucher à son pied ensuite. Comme il s’épuise vite, planter un second sujet à 2 m vers sa huitième année : il aura pris le relais quand le premier partira.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste installé en pleine terre, en plein soleil, dans un sol pauvre, sableux ou caillouteux, drainant et plutôt acide, jamais calcaire ni enrichi.

GesteQuandComment
Bois mort et feuilles abîméesUtile En mars Couper au ras du sol les branches sèches de l’intérieur avant le départ de végétation, car le genêt vieillit par le bas et s’encombre vite de bois mort qui étouffe les jeunes pousses.rameaux gris et cassants du centre de la touffe
SemisOptionnel De début mars à mi-avril Semer en place ou en godet profond après avoir ramolli le tégument dur, car le genêt supporte très mal d’être déplacé une fois sa racine pivotante formée.graines ébouillantées puis trempées 24 heures
FloraisonUtile De mi-avril à mi-juin Les fleurs naissent sur le bois poussé l’année précédente, ce qui fixe la seule date de taille possible, juste après leur chute.jaune d’or, odeur de miel aux heures chaudes
Inspection parasitaireUtile De mi-avril à fin juin Passer la main sur les extrémités une fois par semaine au printemps, un jet d’eau suffit tant que les colonies sont jeunes.pucerons noirs en manchon au bout des pousses tendres
Taille après floraisonEssentiel De début juin à mi-juillet Raccourcir d’un tiers les rameaux qui viennent de fleurir dès les pétales tombés, pour garder un buisson dense et retarder son dégarnissement. Une coupe dans le bois âgé, sans feuilles, ne repart jamais et laisse un moignon définitif.un tiers des rameaux verts, jamais le bois gris
ArrosageUtile De début juin à mi-septembre Un arrosage copieux par semaine le temps que la racine pivotante descende. Passé 2 ans, le genêt se passe totalement d’eau et redoute bien davantage un sol qui reste humide qu’une sécheresse.les deux premiers étés seulement, puis plus rien