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Arbuste · Thyméléacées

Daphné odorant Daphne odora

Aussi appelé : Daphné de Chine, Winter daphne

Le daphné odorant est un petit arbuste persistant originaire de Chine, cultivé pour ses bouquets de fleurs rose pourpré dont le parfum sucré porte à plusieurs mètres, de février à mars. Il forme lentement une boule dense de 1 à 1,5 m. Il demande une terre riche en humus, fraîche mais très bien drainée, à mi-ombre ou au soleil doux du matin, à l’abri des vents froids. Il redoute surtout les sols lourds qui gardent l’eau, où ses racines pourrissent et où il peut dépérir brutalement.

Daphné odorant (Daphne odora)
Photo : Qwert1234, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Thyméléacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-12 °C
Floraison
De février à mars
Difficulté
Exigeante

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 7 à 9 : il supporte -10 à -12 °C dans un sol bien drainé et à l’abri des vents froids ; dès -8 °C annoncés, un voile d’hivernage protège son feuillage et ses boutons floraux.

Dimensions : 1 à 1,5 m de haut et autant d’étalement, en boule dense, de croissance lente.

Floraison : De février à mars, plus tôt en climat doux et jusqu’en avril dans les régions froides : bouquets de fleurs rose pourpré, blanc rosé à l’intérieur, au parfum puissant et sucré qui porte à plusieurs mètres.

Substrat : Terre riche en humus, fraîche mais très bien drainée, de pH 6 à 7,5 ; il redoute par-dessus tout les sols lourds qui gardent l’eau.

Exposition : Mi-ombre ou soleil doux du matin, à l’abri du soleil brûlant de l’après-midi et des vents froids, les racines toujours à l’ombre.

Arrosage : Environ 10 litres au pied tous les 7 à 10 jours en été la première année, puis seulement par temps sec, sans jamais laisser l’eau stagner.

Durée de vie : Arbuste vivace persistant de vie assez courte, 8 à 10 ans en moyenne, parfois davantage dans un sol qui lui convient ; il peut dépérir brutalement si ses racines pourrissent.

Multiplication : Marcottage d’une branche basse au printemps, ou bouturage de rameaux semi-aoûtés en juillet et août, à l’étouffée, avec des gants.

Arrosage & entretien

Arrosage : La première année, arrosez dès que le sol sèche en surface, environ 10 litres au pied tous les 7 à 10 jours en été, puis seulement par temps sec. En pot, arrosez quand les 2 à 3 premiers centimètres sont secs et videz la soucoupe, car l’eau stagnante fait pourrir ses racines.

Fertilisation : En pleine terre, il se passe d’engrais : un paillis de compost de feuilles étalé chaque printemps suffit à nourrir le sol. En pot, un engrais organique à libération lente, apporté une fois après la floraison, couvre ses besoins de l’année.

Rempotage : En pleine terre, ne le déplacez jamais : il supporte très mal qu’on dérange ses racines, et une transplantation peut le tuer. En pot, rempotez-le tous les 2 à 3 ans après la floraison, sans briser la motte, dans un pot à peine plus grand garni d’un mélange de terreau, de terre de jardin et de pouzzolane.

Taille : Ne le taillez pas : une coupe dans le bois vivant fait souvent sécher le rameau, parfois la plante entière. Contentez-vous de supprimer le bois mort après la floraison, avec des gants.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre lumineuse, avec 3 à 4 heures de soleil doux le matin. Le soleil brûlant de l’après-midi grille son feuillage et dessèche ses racines.

Emplacement : À l’extérieur, en pleine terre ou en grand pot, à l’est ou au nord-est, abrité des vents froids par un mur ou une haie. Placez-le près d’une entrée ou d’une allée pour profiter de son parfum en fin d’hiver.

Substrat : Une terre riche en humus, allégée de compost de feuilles et de sable ou de gravier si elle est lourde. En pot, utilisez un terreau de qualité mêlé d’un tiers de terre de jardin et d’un tiers de pouzzolane.

pH : De 6 à 7,5 : neutre, légèrement acide ou légèrement calcaire. Dans un sol très calcaire, ses feuilles jaunissent entre les nervures.

Drainage : Indispensable : l’eau stagnante en hiver fait pourrir ses racines, première cause de sa mort brutale. En terre lourde, plantez-le sur une butte de 20 à 30 cm ou dans un massif surélevé.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : en avril, avec des gants, courber une branche basse jusqu’au sol, l’entailler légèrement par-dessous, l’enterrer sur 10 cm en la maintenant d’un crochet, l’extrémité redressée hors de terre. Garder la terre fraîche ; sevrer la marcotte au printemps suivant et la planter aussitôt, car le daphné supporte mal d’être déplacé. Le marcottage simple d’une branche basse au printemps est le plus sûr pour un amateur ; le bouturage de juillet et août réussit aussi, mais plus lentement et moins souvent.

Les autres méthodes

Bouturage : en juillet et août, avec des gants, la sève étant irritante et toute la plante toxique, prélever des pousses semi-aoûtées de 8 à 10 cm, avec un talon. Les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous abri, à l’étouffée et à l’ombre ; l’hormone de bouturage, facultative, améliore la reprise. L’enracinement prend 8 à 10 semaines, et les jeunes plants passent leur premier hiver à l’abri du gel.

Semis :

Semerun amateur ne le sème pas : il donne rarement des fruits en culture, et la plupart des daphnés vendus sont des cultivars que le semis ne reproduirait pas.

Récolter les grainesPas de graines en culture : les daphnés odorants vendus sont pour la plupart des clones qui ne se fécondent pas entre eux, et les rares baies rouges sont très toxiques. On le multiplie par marcotte ou par bouture.

Division et autres méthodes : Les cultivars se multiplient par bouture ou par marcotte.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture des racines due au Phytophthora est la plus grave : le feuillage jaunit, flétrit, et l’arbuste meurt en quelques semaines, sans remède. Des virus marbrent ou déforment les feuilles et l’affaiblissent peu à peu, sans traitement possible : on garde un sujet qui reste vigoureux, et l’on arrache un sujet trop touché. Par temps humide, des taches brunes marquent parfois les feuilles : on retire les feuilles atteintes et, en recours, on pulvérise un fongicide à base de cuivre portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les jeunes pousses au printemps et peuvent lui transmettre des virus : un jet d’eau les déloge, et les coccinelles font le reste. En recours, pulvérisez le soir un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les autres ravageurs sont rares.

Prévention : Un sol drainant, un paillis qui ne touche pas le collet et des arrosages mesurés évitent l’essentiel des maladies. Achetez des plants sains, au feuillage sans marbrure, et ne le déplacez jamais une fois installé.

Toxicité

Toxicité humaine : Très toxique : toutes les parties le sont, en particulier l’écorce, la sève et les baies rouges, rares en culture mais très dangereuses pour les enfants. La sève irrite fortement la peau et les yeux.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat, le cheval et le bétail : feuilles, écorce et baies brûlent la bouche et le tube digestif. Les animaux qui mâchonnent les végétaux, comme les chiots et les lapins, sont les plus exposés.

Symptômes : Brûlure immédiate de la bouche et de la gorge, gonflement des lèvres et de la langue, salivation, vomissements et diarrhée parfois sanglante. Au contact, la sève provoque rougeurs, cloques et démangeaisons, et une atteinte douloureuse de l’œil.

Précautions : Portez des gants pour toute intervention et lavez-vous les mains ensuite ; ne le plantez pas à portée des jeunes enfants ni des animaux. En cas d’ingestion, appelez sans attendre un centre antipoison, ou le vétérinaire pour un animal.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les hellébores et les pulmonaires aiment la même mi-ombre fraîche et fleurissent avec lui en fin d’hiver. Les fougères, comme le polystic à soies, et les heuchères couvrent le sol sans concurrencer ses racines et gardent son pied à l’ombre en été. Les sarcococcas, persistants et parfumés comme lui, ouvrent la saison des parfums dès décembre.

Associations à éviter : La grande pervenche et les autres couvre-sols envahissants étouffent son pied et lui disputent l’eau. Les hortensias et les plantes qui réclament des arrosages fréquents en été lui imposent une humidité qui fait pourrir ses racines. Les annuelles de massif, qu’on arrache et replante chaque saison, obligent à travailler la terre autour de lui, ce que ses racines supportent mal.

Conseil : Plantez-le au bord d’une allée, près d’une porte ou sous une fenêtre, où son parfum se respire en fin d’hiver. Installez ses compagnes en même temps que lui, pour ne plus avoir à bêcher autour de ses racines.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste persistant planté en pleine terre, à mi-ombre ou au soleil doux du matin, à l’abri des vents froids, dans une terre humifère et très bien drainée.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De juin à août : tous les 7 à 10 jours Environ 10 litres au pied, le matin, sans jamais détremper le sol. Ses racines craignent autant la sécheresse que l’eau stagnante, qui les fait pourrir.la première année, puis par temps sec, quand le sol a séché en surface
FloraisonOptionnel De février à mars Elle commence plus tôt en climat doux et se prolonge jusqu’en avril dans les régions froides. Les baies rouges qui peuvent lui succéder sont rares en culture, et très toxiques.bouquets de fleurs rose pourpré, blanc rosé à l’intérieur, au parfum puissant
Bois mort et feuilles abîméesUtile En avril C’est la seule taille qu’il accepte : une coupe dans le bois vivant fait souvent sécher le rameau, parfois la plante entière.rameaux secs ou abîmés par le gel, coupés avec des gants
PaillageUtile De début avril à mi-mai Le paillis garde ses racines au frais en été et nourrit le sol, ce qui dispense d’engrais. Collé au pied, il entretiendrait une humidité qui fait pourrir l’écorce.compost de feuilles ou écorces fines, en laissant le collet dégagé sur 5 à 10 cm
BouturageOptionnel De juillet à août Les piquer, avec des gants, dans un mélange de terreau et de sable, à l’étouffée et à l’ombre. L’enracinement prend plusieurs semaines, et les jeunes plants passent leur premier hiver à l’abri du gel.pousses de l’année sans fleurs, de 7 à 10 cm, dont la base commence à durcir
Voile d'hivernageUtile De décembre à févrierDès que : à l’annonce de gelées de -8 °C ou plus fortes Il protège le feuillage et les boutons floraux déjà formés. Au-delà de -10 à -12 °C, même voilé, il risque de geler : dans les régions aux hivers rudes, mieux vaut le cultiver en grand pot, que l’on emmaillote et que l’on rentre en serre froide ou en véranda non chauffée pendant les fortes gelées.voile d’hivernage en double épaisseur, posé le soir, retiré au redoux